Archives mensuelles : mai 2010

Néo-entrants en L1 : +5,7%

Pierre Arnoux est professeur de mathématiques à l’université de la Méditerranée et blogueur : « Attirer en Sciences« . Il s’est procuré à la DEPP les données d’inscription à l’université pour l’année 2009-2010 : cliquer ici. Espérons que la Note d’information sur le sujet paraîtra avant les vacances d’été ! Ce n’est pas sûr du tout : la Direction des études statistiques de la DGESIP ne se précipite pas pour publier de nombreuses Notes d’information.

Première surprise ! Le nombre total d’étudiants inscrits à l’université en 2009-2010 est en progression de 2,9% par rapport à 2008-2009 ; l’augmentation concerne toutes les disciplines, y compris les sciences ; seul le nombre d’inscrits en IUFM diminue (-6,4%).

Seconde surpriseLe nombre de néo-entrants en 1ère année de licence est en progression de 5,7% par rapport à l’année précédente : 262.000 entrants en L1 en 2008, 277.000 en 2009. L’augmentation dépasse les 10% en Administration économique et sociale, en Sciences humaines et sociales, en STAPS ; à l’inverse, la pharmacie enregistre une baisse de ses néo-entrants de plus de 10%.

Pierre Arnoux comme moi, nous nous attendions à une nouvelle diminution des entrants en 1ère année de licence. Le mouvement enseignant et étudiant du second semestre de l’année 2008-2009 n’avait-il pas terni fortement l’image de l’université ? De plus, « fuir la licence » est un fait observé depuis 2000 et confirmé par plusieurs Notes d’information de la DEPP. Il faudrait donc se féliciter de cette inversion de tendance.

Dans la chronique du 15 avril 2010, j’écrivais : « les bacheliers fuient l’université« . « Pour les bacheliers 2008, le taux moyen de poursuites à l’université est de 43,5% : 53,8% pour les bacheliers généraux (59,6% en 2000, 56% en 2007), de 20,9% pour les bacheliers technologiques (24,6% en 2000, 21,2% en 2007), de 20% pour les bacheliers professionnels (37,2% en 2000, 23 % en 2007). Comment expliquer le changement de cap en 2009 ? Pourquoi davantage de bacheliers prendraient-ils le chemin de l’université ?

Note méthodologique. Qu’est-ce qu’un néo-entrant ? Dans toutes les enquêtes de la DEPP, il s’agit d’un bachelier qui poursuit immédiatement des études supérieures après son bac. Autrement dit, un bachelier qui n’entreprend des études supérieures qu’un an après l’obtention du bac n’est pas un néo-entrant. Je suppose que la DEPP n’a pas changé la définition du néo-entrant, que la population de référence (les bacheliers de l’année) demeure la même.

Explorons plusieurs hypothèses pour essayer de comprendre la progression de 5,7% en L1 universitaire. 1. Les bacheliers 2009 auraient été moins nombreux à entrer dans les filières sélectives. Ce n’est pas le cas. Les Sections de techniciens supérieurs (chronique de ce blog du 22 avril, « Plus de bacs pros en STS« ), à la rentrée 2009, ont accueilli 19,2% de bacheliers professionnels en plus. Progression également des entrants en IUT : +1,7%. Pas de données encore sur les CPGE. Notons que la progression 2009 a donc été plus importante en L1 qu’en STS et qu’en IUT : capacités d’accueil insuffisantes dans les filières sélectives ? Je ne le pense pas.

2. Les +5,7% ne seraient-ils pas dûs à une demande plus forte de poursuites d’études supérieures ? La réponse pourrait être « oui » et pour plusieurs raisons. La première est : les bacheliers 2009 ont été plus nombreux que les bacheliers 2008 (+3,9%). A taux constant de poursuite d’études supérieures après le bac de la part de ces bacheliers, il est logique que les néo-entrants dans le supérieur soient plus nombreux. Toutefois, la progression de bacheliers en 2009 (+3,9%) ne peut expliquer l’importance de la progression en L1 (+5,7%).

3. Les +5,7% ne seraient-ils pas dûs à une progression du taux de poursuites d’études immédiates après le baccalauréat ? Il faudrait s’en féliciter : l’objectif de la loi de 2005 est de porter à 50% le taux de diplômés du supérieur dans les générations jeunes. Or, le taux de poursuite immédiates d’études après le bac avait diminué ces dernières années ; l’inversion de tendance serait une bonne nouvelle. Elle concernerait surtout l’université, faute, sans doute / peut-être, de capacités d’accueil suffisantes dans les filières sélectives.

Mais se pose tout de suite la question : pourquoi une inversion de tendance ? pourquoi un changement de comportement d’une partie des bacheliers ? Bien évidemment, chacun pense à un effet du marché du travail : plus de poursuites d’études pour éviter de galérer dans un marché du travail hyper-dur pour les jeunes. Comment prouver que cette hypothèse est la bonne ? Il n’y a qu’une méthode pour la confirmer ou l’infirmer : c’est celle du suivi de la cohorte des bacheliers 2009, de l’enquête auprès d’eux. Hélas, la DEPP ne mène plus de suivis de cohorte (la dernière est celle des bacheliers 2004).

Si c’est l’état dégradé du marché du travail des jeunes qui explique le regain d’attractivité de l’université, il faut s’interroger sur sa pérennité… Sauf que le marché du travail pour les jeunes ne semble pas prêt de s’embellir ! Le pire serait que la France atteigne 50% de diplômés du supérieur parmi les jeunes parce que le marché du travail les pénalise, les sacrifie. On reparlerait alors d’universités « parkings à chômeurs ».

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Pécresse : "Rénover la filière STS"

En France, les réformes du système d’éducation sont toujours précédées de rapports produits par des commissions d’experts, pilotées par des personnalités plutôt consensuelles. Mais, évidemment, ces rapports ne sont pas toujours suivis de réformes !

En janvier 2010, deux rapports. Rapport de Jean Sarrazin, recteur chancelier des universités, Eléments de réflexion sur les formations technologiques supérieures courtes et tout particulièrement les sections de techniciens supérieurs (STS), 35 pages, janvier 2010 (cliquer ici). Rapport de Bernard Saint-Girons, délégué interministériel à l’orientation, Rapport annuel d’activité 2009, 73 pages, janvier 2010 (cliquer ici).

Les deux rapports proposent de réformer les sections de techniciens supérieurs (STS) et le diplôme auquel elles préparent, le brevet de technicien supérieur (BTS). Les propositions de Bernard Saint-Girons ont été analysées et largement critiquées dans une chronique de ce blog : « Saint-Girons : « réformer le BTS« . J’écrivais : « le problème est que ce rapport, qui s’attaque avec raison à l’organisation vieillotte du diplôme de BTS, est lui-même atteint de sénilité précoce. Toute réforme des diplômes professionnels du premier cycle de l’enseignement supérieur doit concerner en même temps les DUT et les BTS ; elle doit se faire sur la base de 3 années d’études et non de deux ».

En avril 2010, autre chronique de ce blog « Davantage de bacs pros en STS » (cliquer ici). J’écrivais : « la progression des effectifs en STS, de bacheliers professionnels en particulier, donne un signal intéressant. Pour parvenir à 50% de jeunes diplômés du supérieur dans les nouvelles générations, il faut absolument faire progresser le taux de poursuites d’études des bacheliers professionnels ».

Valérie Pécresse semble décidée à prendre en compte les rapports Sarrazin et Saint-Girons. Elle vient de faire 10 propositions pour rénover la filière STS (en ligne sur le site du MERS). Objectifs : « renforcer le taux de réussite (notamment ceux des bacheliers technologiques et professionnels), l’insertion professionnelle et la poursuite d’études de ceux qui en ont le goût et le potentiel ». Les moyens pour y parvenir : « davantage d’alternance, d’accompagnement personnalisé, de passerelles avec les autres formations, de plates-formes technologiques ».

Ces propositions « ne mangent pas de pain ». Elles se contentent d’énoncer des orientations générales, classiques, peu ou pas critiquables quand on les considère une à une. Peut être dénoncé comme effet d’annonce (Valérie Pécresse est experte en la matière) : la ministre ne mentionne ni réforme de la réglementation, ni calendrier, ni budget. Les 10 propositions ne sont donc pas sérieuses. Analysons seulement trois d’entre elles.

Proposition 1. Développer fortement les voies de l’alternance… dans un contexte de recul du nombre de contrats signés (chronique « L’alternance en recul« ). Les chiffres cités pour les contrats en alternance sont d’ailleurs faux et l’objectif de 20.000 contrats fait sourire quand on sait que 45.000 étudiants en BTS sont en apprentissage ! Moyen pour développer l’alternance : « une nouvelle section de BTS sur deux doit être ouverte en alternance » (on ne sait pas combien de nouvelles STS ouvrent chaque année !). Développer l’alternance est, pour nos gouvernants, une « tarte à la crème » : lire les chroniques « Laurent le Meetic » et « Valérie la poussière« .

Proposition 6. Développer les « plates formes » (sic !) technologiques (PFT). « Elles ont pour vocation de mettre les moyens et les compétences des établissements publics d’enseignement secondaire au service des entreprises et en particulier des PME. Les PFT sont labellisées par le ministère chargé de la recherche après avis d’une commission nationale. A ce jour, 25 structures ont reçu le label PFT »… « Objectif : labelliser 200 nouvelles plates-formes au cours des trois prochaines années ». J’avoue que j’ignorais l’existence de ces PFT ! Des exemples de 4 PFT en Champagne-Ardennes : cliquer ici. Problème : le site semble en déshérence : pas de nouvelle actualité depuis un an. Et une question : « Comment est financée une PFT » ?

Proposition 9. Renforcer le pilotage et la cohérence de la carte des formations. « La loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie prévoit, au niveau de chaque région, la conclusion d’un contrat de plan régional de développement des formations professionnelles. Celui-ci déterminera les objectifs communs aux différents acteurs, notamment en termes de filières de formation professionnelle initiale et continue, sur la base des besoins en termes d’emplois et de compétences par bassin d’emploi. Il sera signé par le président du conseil régional, le représentant de l’Etat dans la région et l’autorité académique ».

J’approuve à 100% la nécessité du pilotage et de la cohérence de la carte des formations : STS et IUT se « tirent la bourre » sur le territoire depuis 45 ans ! Les filières se chevauchent et se font une concurrence gaspilleuse des deniers publics. Mais ces contrats constituent un « serpent de mer » ou une « tarte à la crème » : ils sont le fruit de compromis politiques au sein de chaque région, de compromis entre la région et l’Etat. Ils ne peuvent être sérieusement établis selon les besoins d’emplois et de compétences par bassin d’emploi. Les Observatoires régionaux de l’emploi et de la formation (OREF) sont bien incapables de faire de la prospective à ce niveau fin du territoire !

Bref, les propositions de Valérie Pécresse ne sont pas crédibles. Ce sont, comme d’habitude et pire que d’habitude (pas de financement annoncé !), des effets d’annonce. Et pourtant, la réforme des STS et des IUT est nécessaire : il faut les fusionner dans le cadre de la création d’Instituts d’enseignement supérieur (chroniques de ce blog sur les IES). Dans chacun des IES, il y a une filière professionnelle de 3 (et non de 2) ans ; elle conduit à la licence professionnelle, point d’accès au marché du travail. 

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Démission d'un directeur d'UFR

Arnaud Mercier, 41 ans, professeur en information et communication, directeur de l’UFR de Sciences Humaines et Arts de l’université Paul Verlaine de Metz, a annoncé à ses collègues, par courriel le 4 mai 2010 qu’il présenterait sa démission au Conseil le 7 juin. Il n’aura fait qu’un demi-mandat. Il n’est pas fréquent qu’un directeur de composante démissionne et surtout qu’il le fasse savoir publiquement. Sa longue lettre de démission a été communiquée au groupe Google de discussion des sociologues de l’enseignement supérieur. Je suis entré en contact, par mail et par téléphone, avec Arnaud Mercier. Je le remercie sincèrement des compléments d’information qu’il m’a donnés et de sa confiance.

Le débat de fond est le suivant : faut-il supprimer la fonction de directeur d’UFR, directeur élu par un conseil, et la remplacer par une fonction plus adéquate, celle de directeur des études, personnel de catégorie A de la fonction publique et nommé par le directeur des services de l’université. Les arguments avancés par Arnaud Mercier pour sa démission me font pencher pour la seconde solution. Elle devrait être appliquée le jour où les universités seront seulement dédiées aux masters et aux doctorats et où les Instituts d’enseignement supérieur (IES) seront créés. Le lecteur sait que cette réforme de fond de l’enseignement supérieur est le projet porté par ce blog !

Mais revenons au parcours d’Arnaud Mercier, à ses responsabiités et aux raisons de sa démission. La carrière est fort belle et la personne fort dynamique ; pour les photos, utiliser les moteurs de recherche ! « Je suis devenu directeur d’UFR parce que des collègues m’y ont poussé dans un contexte de crise des vocations. J’avais critiqué l’absence d’ambition et une certaine passivité du directeur d’UFR en place. Les collègues estimaient aussi que c’était mieux d’avoir un professeur à la tête de l’UFR (4.000 étudiants) qu’un maître de conférences et, de plus, j’avais une sorte d’aura liée à ma nomination comme délégué scientifique à l’AERES pour ma discipline. Et surtout, j’avais envie de réaliser des projets ; je voulais faire revivre de « R » d’UFR ». Arnaud Mercier démissionne, tant pis pour la décharge de services d’enseignement et la prime administrative liée à la fonction : « je touche une prime d’environ 5.000 euros et je ne dois faire que 64 heures, mais j’en fais en fait 150, soit 86 heures non rémunérées ».

Le bilan après deux ans et demi de mandat. Le positif. « J’ai relancé les associations étudiantes disciplinaires » (il y a 9 départements disciplinaires dans l’UFR), réussi à leur attribuer des locaux et quelques moyens. « J’ai amélioré le cadre de vie ; il y a désormais des canapés dans la salle des professeurs. L’assemblée générale des personnels a été réunie de nouveau. J’ai cherché à réorganiser les flux de circulation pour éviter que les gens n’entrent par l’endroit où étaient entreposées les poubelles ». Faut-il un enseignant-chercheur pour s’occuper et réussir cela ? Je pense évidemment que non !

Et les échecs ? « J’ai supporté de moins en moins les contraintes bureaucratiques venant du centre de l’université : l’imposition d’un logiciel non performant pour les emplois du temps, la contrainte du calendrier annuel ; j’ai été convoqué en CA parce que je refusais d’appliquer à l’UFR un calendrier inapplicable ; la personne qui s’en occupait a perçu une prime de pénibilité pour ce travail ; ça n’a pas empêché sa démission ». « La logique d’ensemble de l’université ne nous laisse quasiment aucune marge de manoeuvre et nous met souvent dans la situation de gestionnaire applicatif de mesures que l’on condamne plus qu’on ne les approuve ». Faut-il qu’un enseignant-chercheur passe une partie de son temps pour régler des problèmes logistiques ? Evidemment non !

Mais ces raisons d’une démission ne sont pas essentielles. Arnaud Mercier a très vite fait un diagnostic de « mort » des composantes dans un contexte de plus grande centralisation, centralisation souhaitée par le MESR, par l’AERES et qui va se poursuivre avec la naissance de l’université de Lorraine le 1er janvier 2012. « Les UFR ont été évidemment consultées pour la fusion des 4 universités lorraines, mais les directeurs n’ont guère été écoutés. Avec les collègues des UFR de Nancy 2, nous souhaitions créer, pour faire contrepoids aux sciences, une grande UFR de Lettres, langues, arts, sciences humaines et sociales, UFR forte de 13.000 étudiants. On nous l’a refusée, nous disant qu’il fallait respecter les grands domaines définis nationalement (d’un côté les lettres et langues, de l’autre côté les sciences humaines et sociales) et qu’il ne pouvait être question de créer une université dans l’université fusionnée ». 

Et le « R » d’UFR ? « Je n’ai pas réussi à le faire ressusciter ». Logique ! Les directeurs d’UFR ont perdu le contrôle des postes, des profils, des recrutements, des redéploiements, surtout dans une UFR qui comprend neuf disciplines. Le pouvoir appartient désormais aux écoles doctorales et aux centres de recherche labellisés qui les composent : aujourd’hui, on recrute un chercheur (un bon ou un excellent « publiant ») et incidemment un enseignant-chercheur pour la fonction d’enseignement. Par ailleurs, « les crédits des labos ne sont plus dans les budgets des UFR » ; il n’y a pas de mutualisation possible de la recherche vers les innovations pédagogiques. Les directeurs d’UFR n’y peuvent mais. Puisque la recherche n’est plus dans les fonctions du directeur d’UFR, il est inutile que ça soit un enseignant-chercheur qui occupe la fonction.

Bien sûr, la démission d’Arnaud Mercier est liée à d’autres facteurs que ceux évoqués ci-dessus. « Les responsabilités vont aux responsabilités » ! Et les responsabiltés, Arnaud Mercier n’en manque pas ! « Je m’éclate comme un fou à créer cette licence professionnelle webjournalisme totalement inédite en France sous cette forme. Je reprends plaisir à faire de la recherche depuis que j’ai un peu (pas assez justement à mon goût) repris contact avec la recherche pour diriger le programme de 100.000 euros que j’ai décroché pour un observatoire du webjournalisme, et enfin, à l’AERES, j’ai la chance d’avoir quelque convictions à défendre dans la façon de concevoir les comités, de conduire les expertises, qui m’ont valu globalement la reconnaissance de mes pairs pour une certaine forme d’intégrité des expertises, et j’ai là l’impression d’avoir la possibilité d’apporter ma touche personnelle dans un dispositif certes très contraint, mais une touche personnelle quand même ». Et ce n’est pas tout, Arnaud Mercier enseigne à Sciences Po et à Genève.

Trop de responsabilités : il faut un jour en éliminer et se recentrer sur ses missions d’enseignement et de recherche. Arnaud Mercier dans sa lettre de démission et sans langue de bois : « ma décision est très liée à une accumulation de responsabilités et que tout ceci est devenu au sens propre du terme : insupportable. Il me fallait donc faire des choix et j’ai éliminé ce qui était le moins gratifiant à mes yeux car le plus frustrant dans la capacité à agir sur le cours des choses« .

A 41 ans, Arnaud Mercier a l’avenir devant lui. Il prendra, c’est sûr, d’autres responsabilités dans sa vie professionnelle. Peut-être, sans doute, dans une autre université. Il est aujourd’hui professeur à Metz; auparavant, il avait « fait » le maître de conférences à Nice. La mobilité ne lui fait pas peur et c’est une compétence encore trop rare chez les enseignants-chercheurs !

Toujours est-il que cette démission doit entraîner un vrai débat, un débat en urgence : qui doit diriger composantes de formation dans les universités fusionnées et dédiées aux seuls masters et doctorats ? Il est devenu encore plus clair pour moi que ça ne doit pas être des enseignants-chercheurs mais être des directeurs des études non-enseignants ! Merci, Arnaud Mercier, et bon vent !

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Formation continue en université

La formation professionnelle continue (FPC), devenue « formation tout au long de la vie » par la loi de 2004, est-elle une source de revenus significative pour les universités passées aux « responsabilités et compétences élargies » (RCE) ? Faut-il inclure la FPC dans leurs indicateurs de performance ? Existe-t-elle en 1er cycle, le cycle « Licence », et pourrait-elle se développer dans les Instituts d’enseignement supérieur (IES) dont ce blog porte le projet ?

La DEPP vient de publier les chiffres de la FPC dans les établissements supérieurs publics (universités, grands établissements, CNAM)… en 2007 (DEPP, Note d’information, n°10.05, mars 2010). Le bilan global n’est pas fameux et les universités s’en sortent moins bien que les autres établissements (tableau 1) : chiffres d’affaires en baisse (203 millions en 2007 contre 206 millions en 2006), plus grand nombre de stagiaires (347.000 en 2007) mais diminution du nombre moyen d’heures par stage (120 heures en 2007 contre 124 heures en 2006).

Les universités, désireuses d’augmenter leurs ressources en FPC, doivent savoir plusieurs choses et adapter leur offre de formation en conséquence. 1. Les financeurs de la FPC sont, de plus en plus, les entreprises, directement ou par l’intermédiaire de leurs OPCA (mais qu’en a-t-il été en 2008 et en 2009 ?) ; les fonds publics (Etat, régions) ont reculé ces dernières années (graphique 1).

2. La PFC concerne des publics divers (tableau 2) : la demande la plus importante (en heures stagiaires) est celle des particuliers (dont celle des publics du 3ème âge), en léger recul cependant de 2006 à 2007, puis celle des salariés (demande en recul pour ce qui est du plan de formation de l’entreprise et du congé individuel de formation, demande en forte hausse pour ce qui est du contrat de professionnalisation ; et enfin demande en progression pour les demandeurs d’emploi.

3. La durée moyenne des formations diminue d’année en année et n’était plus que de 120 heures par an ; les universités doivent en tenir compte sauf à négliger les signaux envoyés par le « marché ». Elles doivent également accélérer la montée en puissance des VAE partielles.

4. Quatre universités se distinguent en matière de formation proposée aux « particuliers inter-âges » (tableau 3). En 2007, Paris 4 a accueilli 31.500 stagiaires de ce type pour une durée moyenne de 9 heures dans l’année, Nantes, 14.600 stagiaires (moyenne : 15 heures), Lyon 2, 11.500 stagiaires (moyenne : 46 heures). L’université de Caen n’a accueilli que 7.400 stagiaires, mais pour une durée moyenne de 256 heures ; elle emporte la palme dans cette catégorie.

5. Moins de la moitié des stagiaires viennent rechercher un diplôme (national ou d’université) (graphique 2). Un peu plus de la moitié se sont inscrits dans des formations inférieures à 100 heures ou dans des formations culturelles.

6. En 2007, les universités ont délivré aux stagiaires de formation continue 26.000 diplômes d’université (tableau 4) et 31.000 diplômes nationaux, dont 6.600 licences professionnelles (en forte hausse par rapport à 2006) et 6.850 masters professionnels (tableau 5). 6.600 licences professionnelles, c’est encore peu mais cela signifie qu’il y a un espace pour la formation continue dans les Instituts d’enseignement supérieur.

7. Cinq spécialités dépassent les 3 millions d’heures / stagiaires (tableau 6) : les services à la personne, échange et gestion, sciences humaines et droit, formations générales, communication et information.

8. Les universités utilisent encore peu la formation à distance (tableau 7) : 12.000 stagiaires sur 347.000 ; une progression ne devrait pas être trop difficile !

Bref, il ne devrait pas être bien difficile pour les universités de mieux faire en « formation tout au long de la vie ». Pourquoi ne font-elles pas mieux ? Aux commentateurs de cette chronique de le dire !

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