Pôles universitaires de proximité

Lors de la commission élargie pour le budget 2011 de la MIRES (cliquer ici et chronique : « GVT : le pied de nez de Valérie« ), la Ministre a annoncé, en réponse à une question de Monsieur Marc, une révolution dans l’organisation de l’enseignement supérieur : la création d’un premier cycle universitaire fondamental au sein de pôles universitaires de proximité (PUP), intégrant des CPGE, des BTS, des DUT, des licences dont des licences professionnelles. 

Je demande à voir, mais cette nouvelle structuration commence à ressembler aux Instituts d’enseignement supérieur (IES), dont le lecteur assidu sait qu’ils constituent le projet politique de ce blog (pour les chroniques sur les IES, cliquer sur le tag). Un des points importants de l’annonce est l’intégration de CPGE dans ces pôles. Il faudra suivre avec une grande attention les premières esquisses de ce projet encore imprécis. Une différence demeure entre le PUP et l’IES, le premier émanerait des universités, le second serait un type nouveau d’établissement public d’enseignement supérieur, distinct des lycées et des universités. Je pense qu’il faut « sortir » le cycle « Licence » de l’université, comme, à l’ère moderne, le baccalauréat a été « sorti » de l’université (des collèges des jésuites de la fin du 16ème au lycée napoléonien). Il faut franchir aujourd’hui cette étape historique.  

Valérie Pécresse : « en même temps que nous cherchons à faire émerger des pôles universitaires à visibilité mondiale, nous souhaitons consolider les pôles universitaires de proximité. Nous travaillons ainsi à la mise en place d’un premier cycle universitaire fondamental qui réunirait les classes préparatoires, les classes de BTS, les IUT, les licences, jusqu’à la licence professionnelle, et aurait vocation à dynamiser l’enseignement supérieur dans les villes moyennes. C’est toute la logique de l’expérimentation en cours avec les BTS, du plan de sauvegarde et de développement des IUT, du plan de développement des licences professionnelles, de la création de classes préparatoires dans des villes qui jusqu’à présent n’en avaient pas. Nous avons besoin de ces pôles de proximité, qui seront des pôles de professionnalisation et devront travailler en réseau avec les grands centres universitaires régionaux, dont ils seront une émanation. Nous travaillons à l’élaboration des schémas universitaires régionaux avec les conseils régionaux, les préfets et les recteurs. Nous espérons pouvoir vous en rendre compte d’ici à la fin de l’année ».

La ministre poursuit quelques minutes plus tard. « Quand j’évoque les pôles universitaires de proximité, je n’entends pas les universités de moins de dix mille étudiants, mais les IUT, les BTS et les centres universitaires des villes moyennes qui résultent du démembrement de certaines universités – comme à Châlons-sur-Marne [sic]. Je pense qu’il faut regrouper toutes ces formations de niveau bac + 2, voire les intégrer dans des cursus de niveau bac + 3, du type de la licence professionnelle ». Cette seconde intervention est déjà moins précise que la première : « regrouper, voire intégrer ».

Pôles universitaires de proximité ? Qu’en est-il aujourd’hui de la situation de l’ enseignement supérieur de proximité en Midi-Pyrénées ? Quelques enseignements tirés d’un reportage dans deux lycées et à l’IUT de Figeac dans le Lot, fin septembre 2010 : chronique à suivre.

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Une réponse à “Pôles universitaires de proximité

  1. Marianne

    Ca veut dire quoi « le démembrement de certaines universités ». Lesquelles?
    Qu’est-ce qu’on garde?
    Sinon, je ne suis pas contre les IES. Ca y ressemble mais quel est le contour précis de ce projet?

  2. pdubois

    Dans l’agriculture de l’après seconde guerre mondiale, le « remembrement » agitait beaucoup les campagnes ; il était vu comme la condition de l’accroissement de la productivité, en particulier parce qu’il facilitait la mécanisation.

    Parler de « démembrement » est donc intéressant : démembre-t-on les universités pour qu’elles deviennent moins productivistes , qu’elles fassent des formations en petite échelle, en petits groupes, en interfaces entre enseignants et étudiants. Ce pourrait être fort bien !

    Je crois évidemment que Valérie Pécresse a voulu parler de délocalisation ou de duplication de certains départements de DUT ou de certaines licences comme c’est le cas à Chalons en Champagne (et non plus sur Marne !) ou encore de créations d’antennes. Le problème, c’est que ces formations rapprochées du territoire n’ont de cesse que de prendre, de fait, leur autonomie vis-à-vis de l’université mère et que cela donne beaucoup de « soucis » aux équipes de direction !

    Pour les IES : clairement, le premier cycle de l’enseignement supérieur – le cycle licence – doit être « sorti » de l’université. Celle-ci ne devrait pouvoir se consacrer qu’aux masters, aux écoles d’ingénieurs, de commerce et de management, aux doctorats. 600 IES de 2.000 étudiants environ et une quinzaine d’universités d’environ 20.000 étudiants.

  3. Et si c’était tout simplement les « collèges universitaires » du rapport Aghion ? Cela a exactement la géométrie proposée. http://rachelgliese.wordpress.com/2010/09/04/vers-un-enseignement-superieur-enfin-unifie/