Archives mensuelles : février 2011

Brèves du 28 février 2011

Communiqués, manifestations, newletters d’université, publications... Classement alphabétique par mots-clés. Les brèves précédentes.

Masters. 2ème Salon des masters, organisé par les 3 universités d’Aix-Marseille et par l’université d’Avignon : cliquer ici. 9 et 10 mars 2011, à l’espace Bergamon de la mairie de Marseille. Une offre de formation de plus de 400 spécialités. L’offre des 3 universités qui vont fusionner en 2012 est présentée sur le site du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (offre du PRES). Plus de 400 spécialités, n’est-ce pas trop ?

Plan Campus et PPP (Partenariat public-privé). Lundi 14 mars 2011, Grande arche de la Défense. 5ème séminaire Universités & Territoires : « L’Etat et le plan Campus : évolution des acteurs et des politiques. Le cas des PPP » (programme de la journée, dont une Table ronde : « L’Université  et le développement durable : le rôle des PPP« . Lire aussi les chroniques du blog sur le Plan Campus, sur le Patrimoine immobilier des universités.

PRES ou fusions d’universités ? « On peut toujours rêver » : éditorial courageux de Richard Messina, président de l’université d’Evry, dans ActuUEVE de février 2011, à propos de l’annonce d’un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PREs) pré-fusionnel entre les deux universités « nouvelles » de Versailles Saint-Quentin et de Cergy Pontoise. Il s’agit « d’un pas de plus vers la dislocation du paysage universitaire dans le Sud de l’Ile-de-France« . « Comment ne pas toujours rêver d’un monde où les cinq université du Rectorat de Versailles (UCP, UVSQ, Paris 11, Paris 10, Evry) se seraient entendues pour constituer une seule et même université « multisites ». Oui, une université fédérale dont la visibilité internationale aurait été infiniment plus grande que celle qui pourra émerger du plateau de Saclay. Faute à Paris 11 de ne pas avoir pu – ou voulu – ambitionner un tel projet, la recherche publique s’enferme dans des logiques territoriales qui lui font perdre son horizon social« . Bravo, Président Messina, pour cette vision d’avenir ! Mais ne faudrait-il pas, alors et en même temps que la création de cette université fédérale, penser la création d’Instituts d’enseignement supérieur, dédiés au cycle licence et partenaires de l’université nouvelle. Toutes les chroniques de ce blog sur les PRES, sur les IES.

Prix des initiatives étudiantes pour l’éducation au développement. Le PIEED est organisé par Etudiants et Développement (lire aussi la chronique du 18 janvier 2011). Dépôt des candidatures jusqu’au 6 avril 2011. « Pour que vos projets de solidarité internationale laissent une empreinte, le PIEED vous donne un coup de main ». « 5 lauréats seront recompensés : premier prix : 5.000 euros.

Universités et mondes socio-économiquesRapport de recherche de Robi Morder et Martino Nieddu, laboratoire « Organisations marchandes et institutions » (OMI), Université de Reims Champagne-Ardenne, juillet 2010, 102 pages. Partie 1. Les personnalités extérieures dans les institutions universitaires : un demi-siècle de débats et réformes. Partie 2. Les personnalités extérieures dans les universités à l’heure de la LRU. Partie 3. L’insertion professionnelle. Partie 4. Relations avec les mondes socio-économiques et financements. Conclusion : participation ou partenariat ?

Université Jean Monnet (Saint-Etienne). Communiqué du 25 février 2011 : « le Ministère valide notre stratégie immobilière ». « L’objectif de l’université de configuer trois grands pôles thématiques urbains reliés par des axes de communication forts est cohérent ». « La volonté de s’inscrire dans une démarche d’éco-campus durable et d’améliorer l’accueil des étudiants est saluée ». Pour en savoir plus sur les trois campus, cliquer ici. Dommage cependant que le Schéma directeur immobilier ne soit pas en ligne sur le site de l’université.

Université Paris 7 Denis Diderot. 2 mars 2011, La lumière de la nuit, rencontre avec Pierre Léna et Hugues de Montalembert (plus d’informations). « Discerner et rendre visibles les taches du soleil, les anneaux de Saturne, les satellites autour de Jupiter, résoudre en une poussière d’étoiles le « blanc ruisseau » de la Voie lactée, autant de découvertes qui ont permis à Galilée et à ses successeurs de nous ouvrir le grand livre de l’univers ».

Week-ends d’intégration. Rapport de Martine Raoust, rectrice de l’académie de Poitiers, au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (communiqué du MESR). Mieux protéger les étudiants par trois mesures : oligation de la déclaration préalable des soirées et week-ends d’intégration, organisation d’opérations de « testing » au cours des soirées, renforcement du volet prévention par la publication d’un guide pour les chefs d’établissements. Communiqué de PDE (Promotion et Défense des Etudiants) : « le rapport reconnaît la responsabilité et les compétences des associations étudiantes pour organiser des événements fédérateurs et des activités riches et diversifiées pour la vie des campus universitaires ». Les associations de PDE « s’associent par conséquent pleinement à la volonté de réduction des risques dans le milieu étudiant, sans stigmatisation ». Elles « participeront à la mise en place de propositions pragmatiques et efficaces ».

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Paris 13 Nord en 140 photos

Mardi 15 février 2011. Université de Paris 13 Nord, site de Villetaneuse. L’université (le site) a fêté ses 40 ans en 2010 (photos). Plus de 22.000 étudiants (les chiffres 2009-2010).

J’ai rendez-vous avec Jean-Loup Salzmann, président, et Jean-Claude Piat, chargé de mission à l’insertion professionnelle : compte-rendu de l’entretien, la semaine prochaine.

Gauthier Lamarre du service de communication me fait visiter le Campus. C’est la première fois que je viens à Villetaneuse, alors que je suis allé au cours de ma vie active dans les 16 autres campus franciliens. Je m’attendais à un site assez triste. Mes représentations étaient sans fondements. Le temps est pourtant à la pluie. Prenez le temps d’y faire un tour (c’est à peine à 20 minutes de la gare du Nord) ; vous découvrirez un beau campus, fort fonctionnel (me semble-t-il) et à la signalétique remarquable.

Album 1 : 40 photos. Le terminus de la navette « bus » entre la gare d’Epinay-Villetaneuse et le campus, l’Institut Galilée, les amphis A,B,C,D, E.

Album 2 : 40 photos. La coursive centrale (Présidence, Service de la recherche, Institut Galilée), le gymnase (en cours d’extension).

Album 3 : 30 photos. IUT. Lettres et communication. Philosophie, psychologie, religions. Accueil. CIDO. D’autres amphis.

 Album 4 : 30 photos. Paris 13 fête ses 40 ans. Le Forum. Le restaurant Arlequin. Le centre de médecine préventive.

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Quiz. Quelle université ?

Quiz. 5 photos prises le 25 février 2011. Quelle est cette université ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indices. 1. Immeuble à venir de cette université. Un « Partenariat public-privé » (PPP)

Indices. 2. Les vélos de la cité

Quiz complémentaire. Dans quel établissement voisin, cette cheminée a-t-elle été préservée ?

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L'échec en 1ère année de santé

« L’échec en première année de médecine n’est pas jugulé« . « La réforme de l’année commune des études de santé offre des voies de réorientation encore très limitées ». Excellent article de Laetitia Clavreul et de Philippe Jacqué, Le Monde.fr du vendredi 26 février 2001. Abonnés : cliquer ici. Ce premier bilan insatisfaisant de la réforme de la 1ère année des études de santé montre bien qu’il faut réformer, en même temps, toutes les filières de l’enseignement supérieur (CPGE, BTS, DUT et licence universitaire). C’est le projet porté par ce blog : créer 600 Instituts d’enseignement supérieur, dédiés au cycle Licence en 3 ans (chroniques de ce blog sur les IES).

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223.700 étudiants en STS

223.700 étudiants en Sections de techniciens supérieurs en 2010-2011 (hors Ministère de l’agriculture – 7,5% des effectifs totaux – et hors apprentissage – 45.000 apprentis), 223.700 étudiants dont 94.400 bacheliers néo-entrants. La dernière Note d’information, publiée par le MESR (Gaëlle Gateaud, « Les étudiants en sections de techniciens supérieurs. Rentrée 2010 », DEPP, Note d’information, février 2011, n°11.04), observe une progression de 0,8% par rapport à l’année précédente, observée tant dans les spécialités de la production que dans celles des services, ces dernières étant nettement majoritaires (71,2% des étudiants). La progression de 0,8% est moins forte que celle observée lors des rentrées 2007 à 2009. Photos ci-contre : les lycées Jean Rostand et Cassin-Frey de Strasbourg offrent des formations de CPGE et de BTS.

Les tableaux 1 et 3 de la Note d’information détaillent les inscriptions 1. Par types d’établissement : 2/3 environ des étudiants dans les lycées publics. 2. Par spécialités : 6 spécialités accueillent plus de 10.000 étudiants : 42.000 en commerce et vente, 31.600 en comptabilité-gestion ; à l’inverse, 11 spécialités forment moins de 500 étudiants ; les services à la personne attirent 4,6% d’étudiants de plus que l’année précédente et les services à la collectivité 11,1% de plus. 3. Par taux de féminisation : 52% de femmes dans l’ensemble, 64% dans les spécialités de services mais 21% seulement dans celles de la production. On aimerait évidemment en savoir plus : qui sont les 7% de femmes inscrites dans les spécialités du bois et de l’ameublement ? qui sont les 3% d’hommes inscrits en travail social et le 1% inscrit en coiffure et esthétique ? 4. Par nationalités : seulement 2% d’étudiants étrangers.

Le graphique 5 de la Note répartit les inscrits selon le type de baccalauréat obtenu. Les bacheliers technologiques sont nettement majoritaires (56%) ; viennent ensuite les bacheliers généraux (24%) et les bacheliers professionnels (20%). L’évolution de 1999 à 2000 est importante : diminution de la part des bacheliers technologiques (69% en 1999), stabilisation du taux de bacheliers généraux (24%), et progression du taux de bacheliers professionnels (8% en 2009). La répartition des types de bacs par spécialités est marquée (tableau 4) : 89% des bacheliers technologiques STI et 42% des bacheliers généraux S sont inscrits en « production » ; plus de 90% des bacheliers généraux ES, des bacheliers technologiques ST2S et STG sont inscrits dans les « services ». Photo ci-contre : Marie-Claude Mathieu, proviseur du lycée Cassin-Frey de strasbourg. 

6. Une minorité de bacheliers (16%) ont changé d’académie après l’obtention du bac pour s’inscrire en BTS ; la proportion de « mobiles » est plus forte pour les spécialités de production (20%), plus concentrées sur le territoire. Les STS constituent l’enseignement supérieur le plus disséminé sur le territoire : la carte des lycées avec BTS, localisés dans les métropoles, dans les villes moyennes et grandes du territoire, pourraient préfigurer la carte des Instituts d’enseignement supérieur. Deux exemples sur ce blog : « Offre et carte des formations post-bac en Alsace« , « BTS, DUT, CPGE en Midi-Pyrénées« . Photo ci-contre : Adrien, professeur dans le BTS Imagerie médicale (lycée Jean Rostand). « BTS et DUT paramédicaux à la loupe » dans l’Etudiant.

Pour connaître les taux de succès en BTS, il faut se reporter, dans L’état de l’enseignement supérieur, MESR, édition 2010, à l’indicateur 14. Malheureusement, il s’agit de taux anciens, antérieurs à certaines réformes du BTS : ils concernent des cohortes d’étudiants ayant obtenu le bac entre 2002 et 2005. Les taux sont relativement inquiétants : alors que 90% des bacheliers généraux ont obtenu leur BTS en 2 ou 3 ans, c’est le cas seulement pour 69% des bacheliers technologiques et 48% des bacheliers professionnels. Certains bacheliers sont encore inscrits en BTS ou se sont réorientés. Les autres sont sortis de l’enseignement supérieur sans diplôme : 10% des bacheliers généraux, 24% des bacheliers technologiques et 48% des bacheliers professionnels. Ces taux posent évidemment question : les BTS sélectionnent à l’entrée ; filières professionnelles, ils devraient atteindre des taux de succès bien plus élevés.

Ces différents résultats m’amènent à revenir sur des chroniques-bilans déjà dressées sur ce blog, dans la perspective de la création d’instituts d’enseignement supérieur (IES), dont une des deux voies d’études est la licence professionnelle en 3 ans, faisant disparaître les DUT et les BTS en tant que diplômes en 2 ans, réduisant très sensiblement le nombre de spécialités, au moins en 1ère année. Toutes les chroniques du blog sur les STS : cliquer ici, et en particulier 1. Points forts et points faibles des BTS, 2. Succès en BTS, 3. Avoir un BTS et après ? Photo ci-contre : Etudiantes en BTS de diététicien (lycée Jean-Rostand de Strasbourg). Chronique à suivre sur les classes supérieures (CPGE et STS) des 2 lycées mentionnés ici.

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Les IES sur Radio Campus Paris

Radio Campus Paris. « Matinale » du 21 février 2011 de 19 à 20 heures : podcaster l’émission. J’ai l’occasion de présenter et d’argumenter le projet que je défends sur le blog pour réformer l’université : créer des Instituts d’enseignement supérieur (IES). Toutes les chroniques sur les IES.

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PPP : Clignancourt et ailleurs

Les partenariats public-privé sont opérationnels depuis 2004 (la construction de plusieurs prisons s’est inscrite dans ce cadre). Ils concernent l’enseignement supérieur depuis 2009. Point sur les PPP à l’occasion d’un court reportage photos sur le site de Clignancourt de Sorbonne Paris 4 : album de 40 photos, prises le 14 février 2011. La construction d’une première tranche d’un nouveau bâtiment est en cours (permis de démolir du 19 mai 2009 et permis de construire du 22 janvier 2010). Le « provisoire » vieux de 40 ans devrait être démoli en fin d’année et une seconde tranche de travaux s’ensuivra, pour fournir au final un ensemble de facture désormais classique pour une université : parois de verre donnant sur la rue Francis de Croisset (18ème arrondissement). Un des points forts des PPP est effectivement concrétisé : un délai de réalisation relativement court.

La construction de Clignancourt se fait en site occupé, ouvert aux 4.800 étudiants. Les enseignements de 1ère et de 2ème de licence (philosophie, histoire, géographie, anglais, études ibériques) sont dispensés dans le bâtiment non encore démoli et dans l’annexe de la rue Championnet, dédiée également à la bibliothèque et prêtée par la mairie de Paris pour la durée des travaux. Etudier à Clignancourt, c’est possible, même si c’est moins agréable et moins « noble » que de fréquenter les amphis de la Sorbonne ! Les années de licence entre le boulevard des Maréchaux et le périphérique, une sorte de purgatoire. Le Crous de Paris est présent : restaurant universitaire (Rabelais) et résidence de 350 chambres (Francis de Croisset) : album de 25 photos.

La reconstruction du site de Clignancourt est un des deux premiers partenariats public-privé, signés le 22 juillet 2009 par Valérie Pécresse, par le président Georges Molinié et par les partenaires privés (site du MESR et chronique de Mathieu Oui sur EducPros). Sorbonne Paris 4 s’est lancée dans le projet d’un PPP en 2008 : recrutement d’un chef de projet contractuel pour piloter les deux cabinets extérieurs – l’un jyuridique, l’autre financier – chargés de l’étude préalable (chronique de Céline Manceau sur EducPros).

L’autre PPP, signé en juillet 2009, concerne 4 bâtiments pour Paris 7 Denis Diderot sur la ZAC Rive gauche ; Valérie Pécresse y a posé la première pierre en janvier 2011 (site du MESR). Un autre PPP est signé en novembre 2009 : un bâtiment pour l’UFR de Médecine de l’UVSQ (site du MESR). D’autres PPP (dont celui du zoo de Vincennes, qui dépend du Museum d’Histoire naturelle) ne sont pas référencés dans cette chronique.

Site de Clignancourt de Paris 4. Investissement de 68 millions d’euros. Bouygues est « promoteur » et « constructeur », Exprimm est « mainteneur ». Cette filiale de Bouygues assurera la maintenance et l’entretien du bâtiment pendant 28 ans. Le PPP fournit, dans la durée, une garantie de maintenance à l’université, présentée comme un point fort du PPP.

Dans la chronique du 2 mai 2010, consacrée aux opérations du Plan Campus de l’université de Strasbourg (ici), le vice-président en charge de l’immobilier et l’architecte en charge des projets Campus listaient les arguments en faveur du PPP : « l’aide apportée par Bercy (mission d’appui aux contrats de partenariat), le délai de réalisation plus court (l’opérateur privé ne perçoit le premier loyer qu’une fois le bâtiment terminé !), le partage équilibré des risques, la visibilité budgétaire (montant des loyers fixé pour environ 30 ans) ». Et les arguments contre, outre un coût plus élevé reconnu par Valérie Pécresse elle-même : « les risques qu’il peut faire courir et qui ne peuvent être aujourd’hui anticipés (absence de jurisprudence en matière de contentieux). Perte de contrôle du bâti (si on confie au privé toute la maintenance). Maîtrise de la contractualisation sur le long terme (éventuel désengagement de l’Etat !). Comment anticiper l’apparition, dans les 25 à 30 ans, d’objets techniques innovants qui obligeraient à intervenir sur le bâti (la wifi comme exemple récent) » ?

La critique la plus argumentée contre les PPP est publiée le 24 juillet 2010 par le site POOLP : « PPP : l’Ordre des Architectes lance l’alerte » : « endettement caché de l’Etat », « procédure très onéreuse en raisin de la limitation drastique de la concurrence à 3 ou 4 majors du BTP », « coût de l’emprunt plus élevé que pour une collectivité publique », « risques qualitatifs évidents », « concurrence architecturale limitée ». « L’iceberg PPP de la dette n’est malheureusement pas soumis au changement climatique, il grossit et sa part immergée augmente de façon exponentielle, se chiffrant en milliards voire en dizaines de milliards d’€ chez les grands pays européens ». J’ajoute une autre crainte : « l’Etat assurera-t-il pendant 30 ans le versement des fonds nécessaires pour permettre aux universités de verser les loyers au secteur privé » ? Personne ne peut jurer de cela ! L’Etat que nous connaissons actuellement se désengage de l’Education (chronique du blog). Dans le cadre des responsabilités et compétences élargies (RCE) des universités « autonomes », rien ne dit que cet Etat assumera sa responsabilité de co-signataire de PPP.

Mais revenons au PPP de Sorbonne Paris 4, université membre fondateur du PRES non fusionnel Sorbonne Universités, aux côtés de Paris 2 et Paris 6. Le PRES n’a pas de mission en matière d’immobilier : les universités fondatrices ne lui ont pas délégué cette compétence (cliquer ici). Quelles peuvent être alors les perspectives immobilières des 3 universités PRESsées ? Se sont-elles coordonnées pour leur schéma directeur immobilier ? Paris 4 suit-elle Paris 6 dans sa volonté d’obtenir rapidement la dévolution de son patrimoine immobilier ? Mais qu’est-ce que la dévolution du patrimoine si la plupart des opérations du plan Campus se font sous le régime du PPP ? Paris 4 possède un Pôle Patrimoine, composé de deux services techniques, le Service technique immobilier (STI), le Service hygiène et sécurité. Le Pôle ne devrait plus avoir son mot à dire dans la maintenance du nouveau bâtiment de Clignancourt puisque celle-ci est d’ores et déjà confiée à Exprimm (Bouygues). J’ai, comme l’impression, que, dans une dizaine d’années, ce sera une sacrée pagaille dans l’immobilier universitaire !

Plus d’infos : chroniques du blog sur le patrimoine immobilier des universités.

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Brèves du 20 février 2011

Communiqués, manifestations, newletters d’université, publications... Classement alphabétique par mots-clés. Les brèves précédentes.

Allemagne. Cidal Paris, 1 février 2011, signalement par Michel Abhervé. « Les jeunes Allemands se ruent vers les études supérieures » (ici). « Le gouvernement allemand se frotte les mains : à l’heure où les entreprises recherchent de la main-d’oeuvre qualifiée, les jeunes s’inscrivent en masse dans les cursus d’études supérieures. A la rentrée 2010-2011, 441.000 d’entre eux ont ainsi reçu leur première carte d’étudiant – un record. En seulement cinq as, la proportion d’une classe d’âge suivant des études post-bac est passée de 37 à 46%« . En France, le taux de jeunes poursuivant des études après le bac est plus élevé. Mais le taux de ceux qui obtiennent un diplôme reste figé à 42%  (chronique de ce blog : « Les Politiques et l’orientation« ).

Engagement Etudiant. Premier Salon de l’Engagement étudiant (Limoges, 24 février 2011). Conférence de Martin Hirsch sur le Service civique. « Si vous êtes tenté par l’action, si vous avez envie de vous engager, ou si tout simplement vous souhaitez être utile, n’hésitez pas et venez choisir votre domaine d’engagement et discuter avec les bénévoles qui agissent au quotidien ». Toute les chroniques du blog sur la vie et l’engagement étudiants.

Excellence. Sur Mediapart, billet d’humeur de Pascal Maillard, enseignant-chercheur à l’université de Strasbourg… « Nicolas Sarkozy doit laisser [sa marque] dans les livres d’histoire : « Son Excellence l’excellence ». « L’incarnation la plus visible sera le Plateau de Saclay, bien au centre de l’hexagone, aussi grand et aussi beau que le Grand Paris, même si la dépense doit être pharaonique. Qu’on se le dise : la décentralisation a vécu. L’excellence est une égologie politique. L’écologie, comme la province, repasseront » ».

Financement de l’ESR. Sauvons l’Université, « A propos d’indécence. La politique budgétaire de l’ESR« , 13 février 2011 (ici). Longue réponse parfaitement argumentée à la déclaration provocatrice de Valérie Pécresse sur le budget 2011 de l’ESR (Public Sénat, 26 janvier 2011). La Ministre : « il est indécent de la part des universités de se plaindre ». Le texte de SLU comprend quatre parties : « Les comptes fantastiques du MESR », « La LRU et ses effets budgétaires : la stratégie du garrot », « Grand emprunt, vessies, lanternes et illusions », « Bureaucratisation et externalisation : les coûts cachés ». Toutes les chroniques de ce blog sur le financement de l’ESR.

Fondation Européenne de la Science (site). Appel solennel du Cercle Gutenberg (site) contre les « menaces qui pèsent sur la Fondation et sur Human Frontier Science Program Organization, deux institutions internationales remarquables qui sont basées à Strasbourg et qui, en promouvant les collaborations internationales, oeuvrent en faveur de l’excellence de la recherche ». Le Cercle adresse un appel aux élus d’Alsace et aux plus hautes autorités de la République Française pour attirer leur attention sur les menaces que le départ de ces institutions de Strasbourg, voire leur cessation d’acitvité, feraient peser sur l’avenir de la recherche en Alsace, en France et en Europe ».

Méritocratie. Elise Tenret, « Les étudiants et le mérite. A quoi bon être diplômé ?« , Prix de l’OVE, La Documentation française, 15 février 2011. L’auteur a « choisi de donner la parole à des étudiants aux trajectoires variées appartenant à quatre grandes filières de l’enseignement supérieur (IUT, STS, CPGE et Universités) afin de recueillir leurs représentations du mérite et de la méritocratie et de souligner l’influence de la socialisation scolaire et universitaire sur les représentations des inégalités et de la justice sociale« . Et aussi, Info OVE, n°25, janvier 2011, « La méritocratie scolaire contestée« .

Orientation. « Il y a une vie après le bac. Tout ce qu’il faut savoir pour s’orienter dans l’enseignement supérieur. Blog d’Olivier Rollot, rédacteur en chef, Le Monde Etudiant, sur le Monde.fr. Chroniques récentes : « Faut-il absolument faire un MBA ? ». « Les universités aussi sont classées ! » (chronique de ce blog : « Peut-on classer les universités ?« ). « Ecoles de commerce : de la recherche mais pas trop ? ». « Admission post-bac : encore un mois pour faire ses premiers choix » (toutes les chroniques de ce blog sur Admission Post-bac).

Université Jean Monnet (Saint-Etienne). Plusieurs communiqués par semaine (actualités en page d’accueil du site). 24 Février 2011 à 19 heures : « la Faculté de Musicologie et le Conservatoire de Saint-Etienne proposent un concert de clarinette classique pour permettre au grand public de découvrir la nouvelle salle de spectacle de la Maison de l’Université » (plus d’infos)… 21 février, vernissage de l’exposition photos des étudiants de 3ème année de droit : voyage à la Cour européenne des droits de l’homme (Strasbourg).

Université de Nice Sophia Antipolis. Infolettre n°7, 20 février 2011. La Lettre est hebdomadaire depuis le 1er janvier 2011 : belle performance ! Mieux encore : l’actualité est gérée sur un portail dédié, le fil UNSDeux évènements à venir. Lundi 21 février à 18 heures 30, conférence de Nicole Fontaine, « L’Union Européenne et l’adhésion des citoyens ». 24 février de 18 à 20 heures, 2ème International Students Welcome Day.

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PRES : "stop à la gabegie !"

Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Cour des Comptes, « Les PRES : un second souffle nécessaire« , rapport, 29 pages, Février 2011. Les critiques de la Cour pleuvent : « résultats modestes »… ; « impact encore faible sur la recherche et la formation » (« PRES peu impliqués dans la rationalisation de la carte des masters »)… ; « politiques de sites à peine ébauchées en matière de recherche) »…; « gouvernance faible et mutualisation insuffisante des fonctions de soutien ». « En définitive, la politique de recomposition de la carte universitaire reste encore largement à accomplir »… « L’efficience et l’efficacité des PRES restent encore à établir. La Cour estime qu’ils ne doivent pas devenir, dans un paysage déjà encombré, de nouveaux centres de coût sans valeur ajoutée« . Lire aussi le dossier de Camille Stromboni, sur EducPros : « Le rapport de la Cour des Comptes épingle les PRES ».

La possibilité de créer des PRES a été instaurée par la loi Goulard de l’été 2006. 4 ans et demi déjà. Le rapport de la Cour des comptes enfonce le clou : ça ne peut plus durer ! Du petit lait pour le blogueur qui s’éreinte depuis janvier 2009 à dire que les PRES ne sont pas l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. Toutes les chroniques de ce blog sur les PRES : cliquer ici. Et en particulier : « Le PRES est obsolète« , « Le PRES HESAM« , « Le PRES Paris PSL« , « Performance des PRES ?« .

Rapport de la Cour des Comptes. « Il faut remédier à cette situation préoccupante par une nouvelle étape de la politique de regroupement« . Laquelle ? Les recommandations de la Cour surprennent : comment peut-elle dire, après toutes ses critiques, que « les PRES sont un outil pertinent pour les recompositions en cours ». Les PRES n’ont pas réalisé leurs missions et ont ainsi perdu toute légitimité. Celle-ci « doit être confortée », recommande pourtant la Cour  ! « Renforcer le pilotage et l’accompagnement de l’Etat » : depuis la création des PRES en 2006, l’Etat a failli dans cet accompagnement. Pourquoi changerait-il aujourd’hui alors que le jury des initiatives d’excellence (IDEX) ne s’est pas encore réuni et que les IDEX n’ont pas le même périmètre institutionnel que les PRES (chronique « IDEX. Pire qu’une usine à gaz !« ).

La Cour recommande à l’Etat d’orienter le devenir des PRES dans deux directions. 1. « Soutenir les fusions », 2. « Quand la fusion ne semble pas pertinente, au regard par exemple du nombre d’acteurs… favoriser la constitution d’ensembles confédéraux pérennes à la forte identité et aux compétences et responsabilités renforcées ». Bref, la Cour propose de pérenniser la pagaille et l’illisibilité actuelles ! Dommage !

Réponse clairvoyante du Ministre du budget au rapport de la Cour. « L’enquête de la Cour montre bien que certains PRES ont recours à des personnels contractuels payés sur leurs ressources propres, qui proviennent notamment des contributions des membres, sans que cela corresponde à une diminution de l’emploi de ces établissements« . Superbement dit ! Plus de ressources humaines consommées pour des résultats faibles ou nuls ! Bravo les PRES !

Réponse de Valérie Pécresse (MESR). Sans vergogne, elle commence par contester le rapport de la Cour : « le bilan des PRES est plus contrasté que la Cour ne le dit »… Mais elle poursuit : « la coordination stratégique à l’échelle d’un site, quand elle est affichée comme une volonté du PRES, s’est heurtée à un double écueil : la propension des membres fondateurs à vouloir préserver leur politique propre » [normal, ne sont-ils pas autonomes depuis la LRU ?] « et les réticences des organismesde recherche, à quelques exceptions près, à s’inscrire dans une telle démarche ». Rien qu’un double écueil ? Un petit écueil ou la cime émergée d’un iceberg destructeur ? Arrête-t-on pour autant les PRES, dotés par le MESR de « 62 millions d’euros et de 33 postes » ? Non ! On poursuit et on accélère, dit la Ministre. « Accélérer la mise en place des stratégies territoriales, en déclinant la stratégie nationale de recherche et d’innovation » [c’est quoi cette stratégie nationale ?]. « Le calendrier de l’opération STRATER a été modifié pour s’articulier au mieux avec le calendrier des investissements d’avenir ». Que le lecteur daigne m’excuser, c’est la 1ère fois que j’entends parler de STRATEX, STARTEX, pardon ! STRATER !

Depuis 2006 et encore plus depuis 2007, l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) sont maltraités, humiliés par le gouvernement. Au lieu de faire « simple », celui-ci fait « compliqué » à force de faire miroiter des milliards d’euros et de proposer de nouveaux périmètres de gouvernance de l’ESR : périmètres différents pour les PRES, les opérations du plan Campus, les investissements d’avenir (Equipex, Labex, Idex) et maintenant STRATER. Ce gouvernement n’a pas de stratégie pour l’ESR, sauf celle de désengager l’Etat, de mettre en concurrence « Privé » et « Public », pour achever ce dernier. Il sera redevable devant l’Histoire !

Faire « simple » plutôt que « compliqué ». La France est devenue un pays d’envergure « moyenne » dans la compétition internationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Tirons-en les conséquences ! Une quinzaine d’universités françaises de recherche ont une chance à terme d’avoir une visibilité et une performance de niveau international. La priorité est donc d’organiser les fusions nécessaires. Mais pas n’importe quelles fusions ! Il faut des universités de recherche, de 20 à 25.000 étudiants, dédiées aux seuls masters et doctorats, intégrant écoles de santé, de droit, de sciences et d’ingénierie, de commerce et de management…

Et pour cela, il faut créer de nouveaux établissements publics d’enseignement supérieur, dédiés au seul cycle « Licence », regroupant les classes supérieures des lycées (CPGE et STS) et les filières universitaires d’IUT et de licences. Bref, il faut créer des Instituts d’enseignement supérieur (IES), organisés en deux voies de 3 ans, une voie préparant aux études universitaires et une voie professionnelle préparant aux fonctions des professions intermédaires, plus nombreuses sur le marché du travail que les fonctions de cadres et de dirigeants (toutes les chroniques de ce blog sur les IES).

La création de 600 IES permet non seulement d’accélérer les fusions nécessaires, mais elle est aussi la seule voie possible pour permettre à 50% des jeunes d’obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur. L’IES, c’est la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur ! 2011 est d’ores et déjà une année gâchée ! Vivement 2012 ! Mais l’opposition au gouvernement actuel se tromperait lourdement si elle n’avançait pour projet que la seule augmentation des moyens pour l’ESR. Elle doit pouvoir penser et proposer une révolution de l’ESR en France, mais aussi en Europe ! Débattre des IES : Radio Campus Paris m’a invité à argumenter en direct le projet IES, lundi 21 février 2011, de 19 à 20 heures.

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Artiste, professeur. Mécène, docteur

Deux Bade-Wurtembergeois de la même génération. Deux trajectoires professionnelles qui, un jour, se sont croisées. Anselm Kiefer, 66 ans, est artiste, peintre et plasticien : certaines de ses oeuvres sont exposées jusqu’au 25 septembre 2011, dans le Musée Würth, à Erstein dans le Bas-Rhin : album de 60 photos.

Reinhold Würth, 76 ans, préside le conseil de surveillance du Groupe Würth, spécialiste mondial de la fixation (60.000 collaborateurs dans 84 pays) : album de 30 photos. 60 ans de carrière et une passion pour l’art. 12.000 oeuvres acquises et exposées tour à tour dans l’un des 14 musées du groupe, « tous implantés à côté du siège des filiales étrangères » (dont la filiale française d’Erstein). Quiz : en quelle année, Reinhold Würth a-t-il acheté, pour la 1ère fois, une oeuvre d’Anselm Kiefer ?

Anselm Kiefer est né le 3 mars 1945 à Donaueschingen (Bade-Wurtemberg), deux mois avant la fin de la seconde guerre mondiale. Après des études de langues romanes à l’université de Fribourg en Brisgau, il se … réoriente : école des Beaux-arts à Fribourg, puis académie de Beaux-arts à Kalrsruhe. En 1969, il fait un « break », voyage en Suisse, en France et en Italie… Puis, de 1970 à 1972, il poursuit sa formation à l’école des Beaux-arts de Düsseldorf, mais il a déjà commencé à « produire » ; il est, en quelque sorte, un « étudiant travailleur ». Anselm Kiefer sur Wikipédia.

La quête identitaire est présente dans l’oeuvre dès le départ. « Comment, après l’Holocauste, être un artiste qui s’inscrit dans la tradition allemande » ? Lors du voyage de Europe, il se fait photographier pour l’édition d’un livre, « Occupations« . Les peintures, le réprésentant faisant le salut hitlérien, sont critiquées : « je ne voulais pas faire de provocation… Je voulais juste savoir qui je suis, d’où je viens, le nazisme étant mon antériorité la plus proche »…

Les années passent et, avec elles, arrivent la reconnaissance et le succès. 1980 : Anselm Kiefer a 35 ans ; il représente l’Allemagne à la Biennale de Venise. Il fait de nombreux voyages entre 1983 et 1995 ; il interrompt même un temps sa production. 1993 : à 48 ans, il s’installe en France, à Barjac puis à Paris, à partir de 2007. Il inaugure le programme Monumenta du Grand Palais. 2008, Am Anfang à l’Opéra Bastille. 2010-2011, titulaire de la chaire de création artistique au Collége de France. A 66 ans, l’artiste est devenu professeur dans l’une des plus prestigieuses Institutions d’enseignement supérieur françaises.

Reinhold Würth est né le 20 avril 1935. Au lendemain de la guerre, son père tient un commerce de gros en quincaillerie dans le Bade-Wurtemberg. Le père mort, le fils développe l’entreprise, devenue aujourd’hui une entreprise internationale fort prospère. La Fondation Würth, créée en 1987, a pour objet de « promouvoir la science et la recherche, de même que l’art et la culture » (site : « Lieu de travail, lieu de culture« ). Les interventions de la Fondation sont appréciées : Reinhold est fait Docteur Honoris causa de plusieurs universités allemandes ; il est appelé à sièger dans des Conseils ; de 1999 à 2003, il dirige l’Institut interfacultaire de l’entrepreneuriat de l’université de Kalrsruhe » (IEP).

Deux Bade-Wurtembergeois. Un artiste, peintre et plasticien, Anselm Kiefer, est devenu professeur au Collège de France. Un entrepreneur, self-made man, Reinhold Würth, est devenu mécène, docteur et directeur d’institut universitaire. Trajectoires professionnelles, inattendues parce qu’elles mettent un jour les pieds dans l’enseignement supérieur. Elles se croisent au musée Würth d’Erstein jusque fin septembre 2011 : il ne faut pas rater l’occasion de s’y rendre ! 

Et je m’interroge. Atout pour les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace : la présence du Groupe Würth en Alsace. Combien de diplômés ont-ils été recrutés depuis 1966, date de l’implantation à Erstein ? La filiale française du Groupe ne figure pas parmi les « donateurs » de la Fondation Université de Strasbourg. Pourquoi ? Parce qu’elle ne veut pas ou parce que les « leveurs de fonds » ne l’ont pas démarchée ?

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Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), F. 19ème et 20ème siècles