Archives mensuelles : février 2011

Peut-on classer les universités ?

L’Institut de Recherche sur l’Education (Université de Bourgogne, CNRS, CEREQ), plus connu sous le nom d’IREDU (le site), est un centre historique en sociologie et économie de l’éducation, fondé en 1974 par Jean-Claude Eicher. Trois axes de recherche : « construction des compétences dans les systèmes de formation, utilisation des compétences sur le marché du travail, analyse de l’action publique en éducation et des effets de contexte. Trois types de publications : Cahiers de l’IREDU, Notes, Documents de travail.

Dans la série Documents de travail, vient de paraître une étude de Jean Bourdon, Jean-François Giret, Mathieu Goudard, « Peut-on classer les universités en fonction de leur performance d’insertion ?« , février 2011, 29 pages. La question est d’importance puisque la logique qui prévaut aujourd’hui en France est le « financement selon la performance » (chroniques de ce blog sur la performance). Pour répondre à la question, les auteurs, faute d’autres données disponibles, mobilisent l’enquête DGESIP (Masters 2007) et celle, ancienne, du CEREQ (Génération 2004).

Octobre 2010, chronique de ce blog : « Insertion. Non et non, Valérie !« . Jugement identique des 3 auteurs. Ils critiquent la médiatisation des résultats de l’enquête Masters 2007 par la ministre : « la prise en compte des effets de structure liés à la composition des établissements et à leur territorialisation conduit à remettre en question la pertinence du critère d’insertion retenu [le taux de chômage à 30 mois] et surtout le classement qui a été publié ». Cela veut dire que le classement de Valérie Pécresse a été publié sans prendre en compte l’offre de formation de chaque université (les disciplines enseignées), et en ignorant le marché du travail vers lequel se portent les diplômés.

Classer les universités suppose qu’on puisse les différencier sur un certain nombre de paramètres mesurables, paramètres sur lesquels elles peuvent agir : activités (les diplômes qu’elles offrent), ressources (cf. infra) et résultats. L’insertion professionnelle des diplômés est un des indicateurs de résultats. Les auteurs recourent à une analyse toutes choses connues étant égales par ailleurs, i.e. utilisent plusieurs méthodes de modélisation. C’est tout à leur honneur de chercheurs fort compétents. Ils concluent : « globalement, les effets « établissements » sont faibles par rapport aux effets des caractéristiques individuelles et du marché du travail. Ils sont même très souvent non significatifs lorsqu’on intègre quelques variables caractéristiques des universités comme la part des étudiants boursiers sur critères sociaux » [elle a un impact négatif sur l’insertion] « et la part des formations professionnelles dans l’établissement ».

Le problème, et les auteurs le reconnaissent bien volontiers, est que le facteur explicatif « établissements » n’est encore que peu construit scientifiquement. Des informations importantes manquent pour la modélisation. C’est l’objet des développements qui suivent. Les universités peuvent se différencier sur leurs activités et leurs ressources pour être efficaces en matière d’insertion professionnelle. Seul le marché du travail régional semble être une variable « contrainte » que les universités ne peuvent a priori modifier (et encore ! cf. infra).

Premier paramètre influant sur l’insertion professionnelle : l’offre de formation, i.e. les diplômes offerts. Ce sont les universités autonomes qui décident de cette offre. Une université qui cherche à figurer dans les premières places d’un classement va donner la priorité aux diplômes professionnels, sélectifs à l’entrée et permettant d’acquérir une expérience professionnelle par des stages ou l’alternance. En contrepartie, cette université va limiter le nombre de licences générales ou de masters « recherche ». Cette stratégie d’université « individualiste » n’est évidemment pas sans effets pervers sur l’ensemble du système d’enseignement supérieur. Si toutes les universités faisaient la même chose, c’en serait fini de la plupart des diplômes de Lettres, langues, arts, sciences humaines et sociales. Inadmissible, insupportable !

Deuxième paramètre influant sur l’insertion professionnelle : les ressources à disposition des universités. Les étudiants constituent une ressource : l’université qui veut se hausser dans le classement va mettre l’accent sur les étudiants qui ont les meilleures caractéristiques individuelles. Les 3 auteurs démontrent en effet l’importance fondamentale de ces caractéristiques sur l’insertion. Les universités, ne pouvant sélectionner à l’entrée dans les filières de licence, vont sélectionner par la réussite aux examens, « l’idéal » pour elles étant de ne faire réussir que les garçons, issus d’un baccalauréat général, obtenu « à l’heure » ou « en avance », fils de pères des classes supérieures et donc non boursiers. Il faut oser dire que l’instauration de classements fondés sur l’insertion professionnelle conduit à ce genre de dérives et contrecarre la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Les auteurs mobilisent différentes données de ressources qui peuvent s’avèrer pertinentes pour faciliter l’insertion professionnelle : nombre d’enseignants, taux d’enseignants-chercheurs dans l’ensemble du corps enseignant, taux d’encadrement (nombre d’étudiants par enseignant), moyens financiers à disposition. Mais les auteurs n’utilisent que quatre ressources dans leur modélisation : la part d’autofinancement dans le budget, la part des dépenses d’investissement, la masse salariale par étudiant et le salaire moyen des enseignants. Ils concluent à une influence faible ou nulle de ces facteurs de ressources différenciant les universités. Analyse bien évidemment insuffisante ! Les « quantités » de ressources ne disent rien de leurs « qualités », de leur usage efficient. Il faut, pour le moins, mettre finement en relation « diplômes offerts » et « ressources mobilisées » pour chacun des diplômes de l’offre.

Dans cette même perspective, il faudrait pouvoir modéliser les stratégies des universités en matière de préparation à la vie professionnelle. J’ai en mémoire l’initiative excellente d’Espace Avenir de l’université de Strasbourg : « Club des partenaires« . Les étudiants qui ont bénéficié de l’opération auront-ils une meilleure insertion ? Je le crois mais faut-il encore le prouver ! Il faut aussi pouvoir modéliser les différentes initiatives que j’ai proposées dans la chronique : « Universités et partenariats« .

Pour mesurer les résultats des stratégies universitaires sur l’insertion professionnelle, il faut, bien évidemment, prendre en compte tous les paramètres de l’insertion. N’insister que sur le taux de chômage, comme dans l’enquête de la DGESIP, est totalement réducteur. Prendre en compte le salaire (paramètre non collecté dans l’enquête de la DGESIP), comme le font les 3 auteurs de l’IREDU, est évidemment plus pertinent. Leur problème est qu’ils modélisent sur des données salariales de 2007. A quand la publication des résultats de l’enquête « Génération 2007 » (chronique : « AlmaLaurea mieux que le CEREQ« ) ?

Résumons. Le classement des universités, dans l’état actuel des données disponibles tant sur leurs activités que sur leurs ressources et leurs résultats, est à proscrire. Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Il faut commencer par construire les données pertinentes sur chacun des paramètres nécessaires pour l’analyse.

Et c’est pour cela qu’il faut féliciter et encourager les 3 auteurs de l’IREDU : ils maîtrisent la modélisation des données, l’analyse toutes choses étant égales par ailleurs, mais ils font face à de graves lacunes pour certains données indispensables. Le CEREQ, ses centres associés comme l’IREDU, le GTES piloté par le CEREQ, le réseau des observatoires RESOSUP doivent s’organiser en lobby pour peser sur le ministère et la CPU. Il faut prendre le temps de construire et de collecter toutes les données pertinentes avant de publier tout classement et, surtout aussi, se poser une question éminemment politique : « Quels seront les impacts des classements sur les stratégies des universités autonomes » ? Ils entraîneront certes des stratégies de progrès mais ils risquent aussi de produire les effets pervers décrits ci-dessous. Est-ce cela que les citoyens veulent ? Est-ce cela que nous voulons ?

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Un comité d'éthique contre le plagiat

Le Conseil d’administration et le Comité d’éthique de l’université de Rennes 2 organisent, vendredi 18 mars 2011, une journée de réflexion autour du plagiat (le programme). « Il conviendra non seulement de définir le plagiat, de le qualifier et de rechercher les éléments d’une réponse adaptée aux acteurs concernés, mais également d’envisager des méthodes et des instruments de prévention, de médiation et de sanction« … « Pour nourrir la réflexion, l’Université Rennes 2 fait appel à des chercheurs expérimentés en sciences humaines et sociales, qui ont développé une expertise interdisciplinaire sur cette question », dont Michelle Bergadaà, auteur du site « Fraude et déontologie selon les acteurs universitaires » et Jean-Noël Darde, auteur du blog « Archéologie du copier-coller ».

L’initiative de Rennes, bienvenue, courageuse et a priori fort utile, donnera lieu à un « plan d’action« , à des « propositions concrètes, permettant de lutter efficacement contre le plagiat ». La convocation de la commission disciplinaire (pour les cas supposés de plagiats étudiants ou enseignants), l’établissement d’une échelle consensuelle de sanctions feront-ils partie de ces propositions ?

Les experts, cités ci-dessus, m’ont appris que la patience est une des qualités essentielles dans la traque du plagiat. Ils ont tous les deux écrit que les plagiats commis par Ali Aït Abdelmalek, professeur de sociologie à Rennes 2 et membre du conseil d’administration de cette université, sont avérés. Le premier plagiat a été révélé par une chronique de ce blog, en date du 2 décembre 2010. La journée de réflexion aura lieu le 18 mars 2011, trois mois et demi plus tard : il faut être patient.

Ali Aït Abdelmalek participera, je suppose, à cette journée de réflexion. Prendra-t-il la parole, de même qu’il a siégé au CNU et rapporté sur des candidatures à la qualification aux fonctions d’enseignant-chercheur (chronique : « Plagiat : savoir et se taire« ) ? J’aimerais tant être une petit souris pour suivre attentivement les débats. Toujours est-il que les deux experts, les membres du CA de Rennes 2 et le comité d’éthique, des personnels enseignants et BIATOSS connaissent le cas et ils ne pourront pas ne pas l’évoquer.

Les deux experts ont dû prendre des garanties pour ne pas être « instrumentés » par l’université : ils n’absoudront ni ne condamneront ; les décisions doivent être celles de l’université autonome. Je pense évidemment aux deux proverbes : « tomber dans la gueule du loup » et « introduire un loup dans la bergerie« . Quoi qu’il se passe dans et après la journée de réflexion rennaise, les débats seront riches d’enseignements et seront suivis ou non d’actions. Lesquelles ? Rennes 2 entrera-t-il dans l’histoire de la lutte efficace contre le plagiat dans l’enseignement supérieur et la recherche. Je le souhaite !

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Plagiat : savoir et se taire

La 19ème section du Conseil national des universités (sociologie et démographie) a tenu, du 7 au 11 février 2011, sa session d’hiver pour décider des qualifications aux fonctions de maître de conférences (MCF) et de professeur (PR). Plus de 500 docteurs ont demandé leur qualification aux fonctions de MCF et près d’une centaine de MCF, titulaires de l’habilitation à diriger des recherches, ont candidaté aux fonctions de PR. Le nombre de « qualifiés » et les « taux de qualification » n’ont pas encore été diffusés par le président de la section, Gilles Ferréol (chronique : « Un président illégitime« ).

Ali Aït Abdelmalek, vice-président de la section, a siégé comme les années précédentes et a rapporté sur une vingtaine de dossiers. Ce professeur de sociologie, enseignant-chercheur à Rennes 2 et membre du CA de cette université, est accusé de 4 plagiats dans deux de ses publications. Plagiats avérés selon les chercheurs spécialistes, Michelle Bergadaà et Jean-Noël Darde. Les auteurs plagiés n’ont pas porté plainte. Mieux ! Edgar Morin, l’un des plagiés, a estimé pour sa part que copier-coller sans mettre des guillemets n’est pas un plagiat (chroniques : « copier-coller sans guillemets« ).

Deux associations professionnelles, l’Association française de sociologie (AFS) et l’Association des sociologues de l’enseignement supérieur (ASES), ont publié un communiqué pour condamner ces plagiats et demandé à Ali Aït Abdelmalek de démissionner de la 19ème section du CNU. Non seulement, celui-ci a refusé mais il a siégé et rapporté sur des dossiers. Aucun de ses 35 collègues de la 19ème section n’a protesté publiquement ; aucun n’a refusé de siéger en présence de l’enseignant plagiaire ; aucun n’a démissionné. Il faut dire que ce CNU est un CNU coopté par les membres non démissionnaires (dont Ali Aït Abdelmalek, pourtant élu sur la liste du SNESUP), après l’affaire des auto-promotions et les démissions qu’elle a entraînée, après la publication par Michel Maffesoli d’un insupportable pamphlet, « Notes sur la grippe cochonne » (chroniques : « Le CNU 19 disqualifié« , « L’homme Maffesoli » et « Sociologie. En être arrivés là ? « ).

Faut-il donc accepter sans broncher qu’un enseignant plagiaire siège dans une commission nationale de qualification, se prononce sur la qualité de candidatures aux fonctions de maître de conférences ou de professeur ? Pourquoi la plupart des sociologues font-ils silence sur cette affaire ? Pourquoi laissent-ils injurier les dénonciateurs du plagiat (chronique : « L’injure comme défense« ) ? Pourquoi suivent-ils les conseils de Patrick Tacussel (à qui Michel Maffesoli a remis la légion d’honneur) ? Oublier et passer à autre chose : « la sagesse serait de faire une pause et laisser les collègues faire leur travail et accomplir leur mission, assumer leurs responsabilités pédagogiques et scientifiques tant sur le plan local que national. Vous constaterez alors que la vie universitaire de notre discipline s’en portera mieux« ) (commentaire 3 de la chronique citée ci-dessus).

Peut-être (sans doute ?), la majorité des sociologues ont-ils peur !… Pour ma part, je suis profondément triste et ulcéré par cette démission morale, par ce soutien majoritaire à une entorse déontologique grave. « Ils savent. Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas ». Toutes les chroniques du blog sur le plagiat, sur la sociologie.

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Qualifications aux fonctions de MCF

Session 2011 de la 74ème section du Conseil national des universités, Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) : qualifications aux fonctions de maître de conférences. Interrogations sur les critères de sélection des candidatures. Gildas Loirand m’a transmis et autorisé à publier le texte indexé à cette chronique. Il commente les dossiers de candidatures à la qualification et analyse des dérives possibles : « encadrement d’étudiants de M1 et de M2 par des enseignants non qualifiés, thèses à « finalités professionnelles », articles écrits à plusieurs mains, faux éditeurs universitaires, pratiques des auteurs numérotés, publications en langue anglaise, recommandations à l’appui, conséquences de la disparition des « félicitations » pour le doctorat ». C’est un texte qui, certes, « n’engage que son auteur ». Il mérite d’être lu et médité par toutes et tous ; il est courageux, rigoureux, honnête ; il démontre le travail difficile des élus et nommés dans les différentes sections du CNU.

Gildas Loirand. « Les commentaires et analyses qui suivent ont été rédigés sous forte « d’adresse » avant les réunions de la 74ème section  en vue des qualifications aux fonctions de MCF. Le nécessaire « secret des délibérations », qui ne signifie pas en l’espèce « opacité », empêche logiquement de préciser ici dans quelle mesure l’argumentation déployée ci-dessous a été on non prise en compte à l’issue de la présentation, devant la section, des 18 expertises réalisées« .

« Quoi qu’il en soit, le propos, qui n’engage que son auteur, n’est pas ici de se livrer à une critique du fonctionnement de la 74ème section qui ne le mérite absolument pas ! Tout comme l’exprimait Max Weber dans Le savant et le Politique à propos des recrutements universitaires dans l’Allemagne de Bismarck : « je puis pourtant dire que, parmi les nombreux cas qui me sont connus, j’ai constaté sans exception l’existence d’une bonne volonté soucieuse de ne faire intervenir dans la décision que des raisons purement objectives ». Mais pour ajouter aussitôt, toujours à sa manière : « ce dont il faut s’étonner, ce n’est pas que des méprises arrivent souvent dans ces conditions, mais plutôt que, toutes proportions gardées, l’on y constate aussi un nombre considérable de nominations justifiées« . Lire le texte de Gildas Loirand (9 pages).

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Quiz. Cinq sculptures du 1%

Quiz. 15 février 2011, je photographie 5 oeuvres du « 1% artistique ». Dans quelle université ?

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Animafac, agitateur de citoyenneté

Week-end au Campus, Université des Sciences et Techniques de Lille, 5 et 6 février 2011. J’y suis invité par Animafac pour intervenir dans un des débats : « pourquoi accueillir des étudiants internationaux » ? Une partie de l’équipe d’Animafac et de celle d’Etudiants & Développement : album de 25 photos.

Le point d’accueil des associations étudiantes, venues du quart Nord-Est de la France : la Maison des Etudiants (album de 15 photos). Vie sur le Campus : cliquer ici. TOA Architectes Associés, Etudes et conceptions

Temps de connaissances, débats et formations, thématiques et transversales se déroulent dans le M1, Mathématiques. Impression bizarre : une dizaine d’amphis répartis sur 5 niveaux ; une capacité d’accueil de plusieurs milliers d’étudiants ; combien d’étudiants en sciences aujourd’hui ? Cube multi-amphis obsolète ? Sera-t-il un jour transformé en cinéma multiplexe ?

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Quiz de la Bibliothèque en plomb

Quiz. Qui est cet artiste peintre plasticien ? Son rapport avec le Collège de France ? Un musée qui accueille actuellement quelques-unes de ses oeuvres dont « la Bibliothèque et les météorites » ?

Photos du 10 février 2011

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Olivier : questions pour un débat !

Olivier Diebolt a commenté la chronique « Insertion des M2 : quels salaires ? « , en posant une dizaine de questions. Je lui ai proposé de les publier en chronique, ce qu’il a fort gentiment accepté. Olivier aimerait qu’EducPros, ses journalistes et ses blogueurs répondent à ses questions, débattent.

Texte d’Olivier Diebolt. « Cela fait quelques mois que je consulte régulièrement les blogs d’EducPros et, à leur lecture, il me vient quelques questions un peu provocatrices (mais soit-on jamais, j’aurais peut-être enfin des réponses) ».

« Pourquoi en France méprise-t-on autant l’université au profit des seules classes préparatoires et des « grandes écoles » ?… « Un label école, c’est l’excellence, un label université, c’est quoi ? »… « Pourquoi certains ne voient dans les étudiants à l’université qu’une bande de « glandeurs » incapables de travailler ou de s’insérer professionnellement ? »…

« Pourquoi le taux d’échec à l’université est-il mal vu ? »… « Les études universitaires en formation initiale ne sont pas faites pour tout le monde ou pour 50% d’une classe d’âge »…. Cliquer ici pour le commentaire complet d’Olivier Diebolt.

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Les pratiques de recrutement

Grenoble. Séminaire « Enseignement Supérieur et Marché du travail », organisé par le centre associé du CEREQ. Conférence débat. Mardi 15 février 2011 à 14 heures. Les pratiques de recrutement en France, par Emmanuelle Marchal. Co-auteur, avec Géraldine Rieucau, « Le recrutement » (La découverte). Plus d’informations sur la conférence-débat.

« Les auteurs soulignent le rôle des réseaux de relations, des intermédiaires professionnels et des dispositifs qui équipent le marché. Elles s’interrogent sur les modes d’évaluation des candidats, les repères d’appariement et les méthodes utilisées, en insistant sur toutes les incertitudes qui entourent le jugement des compétences. La conférence rendra compte des principales connaissances et avancées de cet ouvrage. Le débat qui suivra sera l’occasion d’interroger les pratiques et les services d’aide à l’insertion professionnelle développés dans les universités pour leurs diplômés ».

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Indicateurs de réorientation

Suite de la chronique : « SUIO et réorientations« . Lire, dans cette chronique précédentes, le commentaire de Laurence Menu, coordinatrice du module Tremplin : elle y indique les résultats des enquêtes menées auprès des étudiants qui ont suivi le module Tremplin. Le dispositif est pleinement efficace pour les réorientations d’étudiants inscrits en 1ère année.

Observatoire des formations et du suivi des étudiants (OFE) de Joseph Fourier. Evelyne Janeau m’a par envoyé deux documents fort pertinents. L’un de février 2011 sur les trajectoires antérieures des étudiants inscrits en 2ème année de licence de l’université Joseph Fourier : cliquer ici. L’autre de juillet 2010 sur le devenir en 2009-2010 des bacheliers 2008 inscrits dans l’une des cinq universités de l’académie de Grenoble, immédiatement après l’obtention de leur bac : cliquer ici. Evelyne Janeau mène le combat pour la réalisation de suivis de cohortes depuis… 1988. Il s’agit d’un travail long fort complexe et il faut l’en féliciter. Elle n’est hélas pas souvent entendue par les décideurs !

Ce dernier document – je n’en connais pas d’équivalent et il est à ce titre une « initiative excellente » – a pour objectif d’en savoir plus sur les changements d’orientation d’une année (rentrée 2008) à l’autre (rentrée 2009). Plusieurs taux de réorientation sont calculés et figurent dans le tableau ci-dessous. Le taux de départ (% de bacheliers 2008 qui ne sont plus inscrits en 2009 dans l’université où ils étaient inscrits en 2008) est décomposé en deux sous-indicateurs : départ dans une autre université de l’académie (départ intra académique) ou mobilité vers une autre académie (départ inter-académique). Le tableau mesure également l’attractivité des universités de l’académie : le taux d’entrée inter-académique mesure la part des bacheliers 2008, inscrits en 2009 en première ou deuxième année de licence dans l’académie de Grenoble mais venus d’une autre académie à la rentrée 2009.

Université

Effectif 1èreannée 1er cycle 2008-09

Maintien

% sur effectif 2008

Départ intra académique

% sur effectif 2008

Départ inter académique

% sur effectif 2008

Entrée intra académique

% sur effectif 2009

Effectif 1ère ou 2èmeannée 1er cycle

2009-10

U. Joseph Fourier

2192

87,4 (1915)

8,5

(187)

4,1

(90)

4,8

(98)

2192 – (187+90) + 98 = 2013

U. Pierre Mendès France

2217

90,1

(1998)

5,0

(111)

4,8

(108)

9,4

(207)

2217 – (111+108) + 207 =  2205

U. Stendhal

599

74,4

(446)

16,2

(97)

9,3

(56)

11,5

(58)

599- (97+56) + 58 = 504

U.  Savoie

1707

93,4

(1594)

2,1

(37)

4,5

(76)

4,1

(69)

1707- (37+76) + 69

= 1663

Grenoble INP

151

77,5

(117)

17,2

(26)

5,3

(8)

18,2

(26)

151- (26+8) + 26 =  143

Ensemble

6866

88,4

(6070)

6,7

(458)

4,9

(338)

7,0

(458)

6528

Quelques brefs commentaires et surtout un encouragement à lire les deux documents. Le taux de maintien (inscription dans la même université en 2008 et 2009 en L2 ou en en L1 – inscrits en redoublement) est globalement fort : 88,4%. Il varie significativement d’une université à l’autre. Il est le plus faible dans l’université de Stendhal (74,4%), université de Lettres, langues et sciences humaines. Il est proche de la moyenne dans l’université Joseph Fourier (Sciences et Santé), en dépit de réorientations significatives en fin de 1ère année des étudiants en sciences de la santé.

Les universités de l’académie de Grenoble sont plutôt attractives : le solde arrivées / départs est en effet positif. 338 bacheliers 2008 se sont inscrits dans une autre académie en 2009 ; 458 bacheliers 2008 inscrits précédemment dans une autre acédémie sont arrivés dans l’académie de Grenoble. Le document apporte une autre information clé : les changements d’établissement au sein ou en dehors de l’académie entraînent fort majoritairement la « perte d’une année », i.e. une réinscription dans une première année.

Les deux documents transmis par Evelyne Janeau (à droite sur la photo ci-dessus) ne couvrent cependant pas toutes les facettes de la réorientation. A Grenoble, le changement d’établissement signifie dans la plupart des cas un changement de filière ou de discipline de formation, mais ne sont pas pris en compte les réorientations (les changements de formation) au sein de chacune des universités.

Quelle évolution des taux de réorientation au fil du temps ? Dans son courriel, Evelyne Janeau m’indique que, pour les étudiants de Joseph Fourier tout au moins, la réorientation vers un autre établissement avec validation de la 1ère année progresse au fil du temps. Et dans l’avenir ? Imaginons le futur souhaitable, i.e. la fusion des 4 voire 5 universités de l’académie : il n’y aura alors plus de « départs inter-académiques » !

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