IDEX : gouvernance ingouvernable

Dans ma chronique du 8 décembre 2010 (« IDEX. Pire qu’une usine à gaz« ), je critiquais l’ingouvernabilité des « Initiatives d’excellence ». « Un des trois critères pour la sélection est l’efficacité de la gouvernance“. Qu’entend-on par là ? “L’initiative d’excellence devra développer une politique globale impliquant l’ensemble des partenaires et des actions qui devront viser en particulier à atteindre un degré élevé d’autonomie et une gouvernance équilibrée : un partage des rôles entre la communauté académique et l’exécutif pour le pilotage de l’initiative d’excellence, une grande autonomie de gestion, sous le contrôle d’un conseil d’administration resserré, largement ouvert à des représentants extérieurs, une capacité de décision rapide sur les choix stratégiques et leur mise en oeuvre”…

L’IDEX doit viser aussi à “mettre en place les structures de pilotage appropriées (gestion des moyens et ressources humaines, de la propriété annoncée,…), des mécanismes d’interface avec les entités et les activités du porteur situées hors du périmètre d’excellence, et garantir un dispositif rigoureux permettant l’évolution dynamique de ce périmètre”. Le lecteur peut avouer : “que tout ceci est bien compliqué !”. Je vais plus loin : “ces phrases ne veulent strictement rien dire, ne peuvent être opérationnalisées, ne sont que du vent” !

Voici la gouvernance de l’IDEX SUPER (PRES Sorbonne Universités), pré-sélectionné aujourd’hui. Que le lecteur juge par lui-même le texte de l’IDEXconsacré à sa gouvernance (pages 52 et ss) ! Fort joli et fort managérial projet ! De vraies « bonnes feuilles » de consultants. Mais ce sera l’horreur et la bagarre infinie quand il s’agira de distribuer les intérêts du capital. Il faut espérer qu’on n’en arrive point là ! Contrôle de la communauté académique ? Nenni ! Attention : il faut se retenir pour ne pas rire. Lire la chronique : « Deux IDEX franciliens : absurdités« .

« Une gouvernance forte, réactive et transparente. Le succès d’une telle initiative nécessite une gouvernance efficace et transparente. Il faut éviter de créer de nouvelles structures qui risquent de se transformer – à l’opposé de l’objectif du projet – en forteresses étanches, ou d’empiler les strates technico‐administratives intermédiaires. Ainsi, dans le champ de la formation, le Collège de la Sorbonne est conçu comme une marque plutôt que comme une nouvelle structure ».

Le statut de Sorbonne Universités en tant que Fondation de Coopération Scientifique est particulièrement adapté. Elle dispose en effet déjà d’un conseil d’administration resserré constitué de membres nommés par les CA des établissements, dont des personnalités extérieures. Le Président est secondé d’un directeur. La vocation de la FCS est de porter les actions dans un principe de subsidiarité par rapport aux établissements ».

La gouvernance de l’Idex sera assurée au sein de la FCS par un comité exécutif dédié à l’Idex associant 4 représentants de Sorbonne Universités, 2 représentants du CNRS, 1 représentant de l’Inserm et 1 représentant de l’IRD. Un représentant de l’Etat assistera au comité exécutif avec voix consultative. La composition de ce comité pourra évoluer au cours de la décennie en accord avec les partenaires et en fonction de l’évolution du périmètre de l’Idex.

Un délégué général de l’Idex assurera la mise en oeuvre des décisions du comité exécutif, qui s’appuiera sur un comité scientifique composé d’une part de représentants des différents établissements participants à l’Idex et d’autre part de personnalités extérieures reconnues pour leurs compétences dans le champ scientifique, culturel, économique et social. Ce dispositif sera introduit dans les statuts de la FCS ».

« Le comité exécutif affectera en toute transparence les moyens consolidés apportés par l’Initiative d’excellence et par les partenaires aux différentes opérations et assurera leur traçabilité. Pour chaque opération, une convention pourra être établie avec un établissement gestionnaire dans le principe de la simplification administrative et de la délégation globale de gestion. Outre les dotations spécifiques aux opérations, différents appels à projets, tels que décrits dans les stratégies de recherche, de formation ou de valorisation, seront lancés au sein de l’Idex et seront gérés par des comités ad hoc avec une dotation allouée par le comité exécutif ».

« Le pilotage des opérations s’appuiera sur des objectifs‐cibles et des indicateurs de performance définis au lancement de l’opération et révisables au cours de la décennie ».

Commentaires fermés sur IDEX : gouvernance ingouvernable

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Une réponse à “IDEX : gouvernance ingouvernable

  1. Cher Pierre,
    Tout ceci a quelque chose de définitivement inquiétant.
    Bien à vous.
    J.-Ph. Denis