CPGE partenariales : "du pipeau" !

Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) : admission, déroulement du cursus, partenariat avec les universités, circulaire signée par Patrick Hetzel (DGESIP), parue au bulletin officiel n°23 du 9 juin 2011. 36 chroniques du blog sur les CPGE. Le replâtrage des formations de premier cycle se poursuit. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 

Il existe des CPGE en lycée, des classes prépas en université (chronique du 14 mars 2011 : « Les limites d’une prépa universitaire« ). Et voilà que le ministère continue de vouloir développer des CPGE partenariales (chronique du 7 septembre 2010 : « Valérie Pécresse veut casser le mur de béton« ). Vivement une réflexion de fond sur les Instituts d’enseignement supérieur, projet porté par ce blog (64 chroniques sur les IES).

Point V de la circulaire du 9 juin 2011 : « les partenariats entre les lycées et les universités« . Patrick Hetzel : « je souhaite un renforcement des partenariats existant entre les lycées comportant des CPGE et les universités ». Mais, c’est d’abord un coup de patte qu’il donne aux universités. Les recteurs d’académie doivent traquer les « clauses irrégulières » dans les conventions partenariales. Les universités ne peuvent exiger des élèves de CPGE qu’ils s’inscrivent en parallèle à l’université ; elles ne peuvent lier la validation des deux années de prépas en vue d’une inscription en 3ème année de licence au fait que les étudiants ont été inscrits chez elles durant leur scolarité de CPGE. Les « inscriptions cumulatives » ont du plomb dans l’aile.

La circulaire du 9 juin s’est mise au goût du jour, celui de la nouvelle licence. Sécurité et fluidité des parcours (organisation de passerelles). La flexicurité : c’est parti ! (chronique : « Le journal de Valérie P.« ). Patrick Hetzel : « Il me paraît essentiel de décloisonner les formations de niveau licence et de favoriser une plus grande fluidité entre les différentes filières ».

Fluidité aussi pour les enseignants. « Je souhaite la participation croisée d’enseignants aux différentes formations ». De qui se moque-t-on ? Pourquoi les agrégés de classes préparatoires iraient-ils enseigner en licence à des élèves moins « bons » ? Peut-on imaginer que ces agrégés acceptent de gaité de coeur que les enseignants de licence viennent enseigner en CPGE ? En route pour la Ronde des agrégés : ceux des CPGE iraient enseigner en licence, et ceux détachés en université iraient enseigner en prépa. Surréaliste ! Irréaliste. Les CPGE partenariales, c’est du pipeau !

Et pendant ce temps, Valérie Pécresse continue de promouvoir ses Pôles universitaires de proximité. Ainsi, le 27 mai 2011, lors d’un déplacement dans l’IUT de Saint-Brieuc, elle a rappelé son attachement aux PUP. Mais un PUP, c’est quoi ? Ce sont plusieurs filières de formation post-bac sur un même territoire : des BTS, des DUT, des CPGE mais pas de licences. La Ministre a ainsi annoncé l’ouverture d’une classe préparatoire économique et commerciale au lycée Rabelais de Saint-Brieuc. 41 photos de l’IUT de Saint-Brieuc prises en juillet 2010.

Un PUP perpétue l’existence de toutes les filières ; il n’organise au mieux que des passerelles entre elles. Un IES intègre, au sein d’un même établissement, les formations préparatoires aux études universitaires de 2ème cycle et les formations professionnelles, conduisant en 3 ans au marché du travail. Un PUP, c’est timide. Un IES, c’est ambitieux !

Commentaires fermés sur CPGE partenariales : "du pipeau" !

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Une réponse à “CPGE partenariales : "du pipeau" !

  1. Jacques

    Si je ne me trompe, un des projets d’Initiative d’excellence propose un rapprochement de ce type entre CPGE et université, avec la création d’un premier cycle qui se ferait en labellisant des classes préparatoires. Bien sûr, ce n’est pas un des projets les plus « bas de gamme », puisque c’est PSL* (porté par Paris Sciences et Lettres, donc l’ENS, le Collège de France, Dauphine et d’autres établissements (très) sélectifs). Mais je me demande si ce n’est quand même pas une bonne idée. http://www.parissciencesetlettres.org/psl/default/EN/all/psl_fr/depot_du_dossier_de_selection_.htm

  2. e

    Je suis d’accord avec vous mais en tant qu’ex-khâgneux je peux aussi vous illustrer le cas des prépa littéraires et de leur rapport plus qu’ambigu à l’université.
    Il y a déjà des partenariats « informels » entre classes prépa et universités. En science, en revanche, les élèves n’ont même pas forcément à s’inscrire, tant leurs parcours sont parallèles.
    D’autre part, toujours en lettres, même en sortant d’une classé préparatoire, on rencontre bien des difficultés pour s’inscrire dans les filières qu’on désire.
    S’inscrire à la fac en sortant de prépa peut vite devenir un parcours de combattant.
    Certaines filières refusent même les élèves, ou au contraire sont bien larges dans leurs attributions d’équivalences. Le système de « réinsertion » dans la fac reste complètement opaque et dépend de chaque département. Par ailleurs, l’orientation délibérément traditionnelle des cours généralistes dispensés en prépa ferment d’emblée certaines possibilités.
    Enfin, il ne faut pas abuser dans la dévaluation des universités. Cette césure est complètement contre-productive puisque les filières littéraires n’ont comme débouchés essentiellement que cette même université…

  3. Damien

    @Jacques
    « Bien sûr, ce n’est pas un des projets les plus “bas de gamme”, puisque c’est PSL* (porté par Paris Sciences et Lettres, donc l’ENS, le Collège de France, Dauphine et d’autres établissements (très) sélectifs) »

    Remarquable : ce projet de « un rapprochement de ce type entre CPGE et université » est porté par un groupe qui ne compte _aucune_ université (Dauphine ayant un statut de « grand établissement »). Et, quand on lit le projet, on ne voit nulle part de mention de licence universitaire en dehors des formations de Dauphine (mais il est question effectivement de concertation avec les classes prépa). Bref, ça semble très très loin d’un « rapprochement CPGE/universités ».

  4. Attention, il ne faut pas confondre deux choses différentes:
    – les partenariats qui sont des conventions signées entre lycées à CPGE et universités pour permettre les poursuites d’études; à rien à dire, au contraire.
    – les partenariats consistant à créer des CPGE qui fonctionnent à la fois au lycée et à l’université, avec des enseignants de CPGE et universitaires. Là c’est beaucoup discutable, jusqu’à l’emploi du terme pipeau en effet.

    http://www.snes.edu/Le-point-sur-l-evolution-de-la.html

  5. vincent92

    Je pense pour ma part que cette initiative peut permettre d’avancer vers la réunification de l’enseignement supérieur. Ce système à deux vitesses (prépas d’un côté, Universités de l’autre) est néfaste et pénalise très nettement les Universités.

    Ayant effectué un double-cursus (Prépa Cachan et DEUG AES à Paris-I), j’ai trouvé la formule intéressante, ça permet de se confronter à l’Université et d’obtenir un diplôme Bac+2 tout en bénéficiant d’un encadrement important.