Diplômes en partenariat

Strasbourg, Cité de la danse et de la musique (Conservatoire). Les universités développent des partenariats en recherche et formation. Ce n’est pas nouveau mais on observe une intensification, volontaire ou obligée, de ces partenariats. Ils s’incarnent dans des conventions qui fixent les objectifs à atteindre, les actions à mettre en oeuvre et les tâches à partager (qui fait quoi ?), les ressources à mobiliser. Travailler ensemble permet de fixer des objectifs plus ambitieux, de mobiliser des compétences complémentaires, d’économiser des ressources (chacun « met au pot »). Conclure un partenariat demande du temps et le mettre en oeuvre n’est pas sans écueils.

Evaluer les résultats et les impacts d’un partenariat est un exercice difficile. En particulier en matière financière : quels sont les coûts, les ressources et les dépenses ? On oublie trop souvent les coûts « cachés« , ce que Williamson a appelé les « coûts de coordination » pour la conception, la réalisation, le suivi, l’évaluation. Coûts de coordination, à savoir le temps passé aux échanges à distance par différents moyens de communication et aux nombreuses réunions. Quand un partenariat existe, il devient difficile de se poser la question : « au lieu de se partager les tâches, ne serait-il pas mieux de les faire toutes soi-même » ? Les partenariats contraints dans la plupart des investissements d’avenir sont « pires qu’une usine à gaz » (Chronique : « Investissements d’avenir : « je t’embrouille !« ).

Ce n’est pas le propos de cette chronique d’évaluer le partenariat entre l’université de Strasbourg et le Conservatoire de la ville, conservatoire créé en 1855. Je n’ai aucune idée de sa pertinence et de sa performance, de ses points forts et de ses points faibles. L’idée de la chronique m’est venue de ma promenade du dimanche 5 juin, inscrite dans mon projet de base de données « photos » du patrimoine immobilier de l’enseignement supérieur et de la recherche à Strasbourg. Au programme, photographier la Cité de la danse et de la musique (elle accueille le Conservatoire). Album de 40 photos. Le fort beau bâtiment, inauguré en 2006, est l’oeuvre de l’architecte Henri Gaudin.

Le schéma du cursus des études musicales du Conservatoire de Strasbourg comprend deux diplômes d’enseignement supérieur, organisés en partenariat avec l’université de Strasbourg et objets d’une sélection à l’entrée : la licence intégrée (licence pour interprètes et diplôme national supérieur professionnel de musicien), organisée en six semestres, et le master professionnel d’interprète et de compositeur. Dans l’université, les enseignements (livret guide « Musique » de 90 pages) sont pris en charge par le Département Musique de l’UFR des Arts. Celle-ci comprend trois autres départements : Arts visuels, Arts du spectacle, Centre de formation de musiciens intervenants (CFMI). Question : « combien d’enseignants titulaires et d’enseignants contractuels ou vacataires dans cette UFR » ?

Les avantages de ce cursus énoncés sur le site du Conservatoire : « une parfaite complémentarité des enseignements pratiques et théoriques proposés par les deux institutions, une compatibilité des emplois du temps, des groupes de niveau permettant d’avancer plus rapidement dans certains cours, des cours spécifiquement orientés vers l’interprétation, la délivrance d’un diplôme universitaire reconnu internationalement, la délivrance d’un diplôme professionnel de musicien ».

Autre avantage : la poursuite d’études et la diversification des débouchés professionnels. « Le cursus intégré de licence débouche naturellement sur le master professionnel « Composition et interprétation musicales », délivré depuis 2006 à l’Université de Strasbourg, en partenariat avec le Conservatoire. Il est toutefois également possible de préparer le master des métiers de l’enseignement (CAPES, Agrégation), le master recherche « Musique et musicologie » ainsi que toute formation au niveau master en France et à l’étranger. Le cursus intégré est aussi pensé pour permettre aux étudiants une plus grande mobilité nationale et internationale« . Le conservatoire est ouvert le Dimanche : beaucoup d’élèves présents avec leurs instruments de musique, quelques parents ; un concert est prévu à 17 heures. C’est très plaisant ! Je poursuis ma promenade le long des canaux, en direction de l’Ill. 

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