Les non-produisants sanctionnés

Les effets délétères du passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) commencent à se faire sentir dans les universités. Celles-ci avaient cru le discours ministériel : « les RCE accroîtront vos marges de manoeuvre financières parce que vous aurez la mainmise sur votre masse salariale et que vous serez responsables de votre gestion des ressources humaines ». Il n’était pas dit que les RCE contraindraient, aussi rapidement, à faire des choix financiers insupportables pour les personnels, fonctionnaires et sur contrat (CDD ou CDI).

L’université de Limoges a ouvert le feu des restrictions dès 2010 : gel d’une dizaine d’emplois vacants pendant une année, étalement sur un ou deux ans de l’augmentation de l’indemnité indiciaire pour les BIATOSS (« RCE et GVT : Limoges dans le mur« ). Le 1er vice-président de l’université de Strasbourg s’inquiète d’un possible désengagement de l’Etat (« Un VP Finances inquiet« ). L’université de Savoie se met à recruter des enseignants contractuels nettement moins coûteux que des enseignants-chercheurs (« RCE = + d’enseignants contractuels« .

L’université Pierre Mendès France (UPMF Grenoble) attaque de front ses enseignants-chercheurs non produisants en inventant sa propre modulation des services d’enseignement. Elle veut les sanctionner en ne leur payant plus une partie des heures complémentaires qu’ils feraient. Propositions pour la recherche présentées en Comité technique paritaire le 20 juin 2011 et qui devraient être soumises au Conseil d’administration le 4 juillet 2011 (lire la page 6 en particulier). La politique de l’équipe de direction proposée à ses enseignants non produisants : « travailler autant et gagner moins« . Chroniques du blog sur les universités de Grenoble : « Campus en 270 photos« , « Cultiver le Campus« , « Promotion profilée au fil de l’eau« , « Indicateurs de réorientation« , « SUIO et réorientations« .

On peut certes s’étonner et s’indigner du nombre élevé d’enseignants-chercheurs de l’UPMF, classés « non produisants » par l’AERES (180 sur 437 soit 41%). Mais l’économie, attendue du non-paiement d’une partie des heures complémentaires effectuées et censée compenser la diminution de la dotation de l’Etat (sanction pour une performance insuffisante en recherche), ressemble fort à une économie de bouts de chandelle. Je suis prêt à parier que l’université n’économisera pas 1,5 million d’euros par ces propositions.

Les syndicalistes, élus au CA de l’UPMF, s’insurgent contre « la destruction du statut d’enseignant-chercheur et de la grave remise en cause des missions d’université de service public ». Ce texte, à l’argumentation rigoureuse, explique pourquoi l’université en est arrivée là. Il rappelle les conditions du passage à la réforme LMD (réforme « à coût zéro »), l’engagement dans la professionnalisation fort coûteuse des formations, l’absence de rigueur des experts de l’AERES pour le classement des EC en « produisants » et « non produisants »… Egalement : autre résumé de la situation à l’UPMF.

Les élus syndicaux sont clairvoyants. Que vont faire les composantes qui ne peuvent plus payer les heures complémentaires ? Elles penseront à fermer des diplômes, ou à ouvrir des diplômes d’université avec droits d’inscription élevés, ou encore à passer des accords avec des écoles privées pour qu’elles prennent la relève, tout en ouvrant leurs portes aux enseignants-chercheurs qui souhaiteraient y faire des heures complémentaires.

Mais pourquoi l’UPMF, en phase de contractualisation, ne s’est-elle pas posé la question de son offre de formation, de sa soutenabilité à terme ? L’offre de formation est, partout en France, pléthorique : l’équipe de direction n’a donc pas eu le courage politique de s’y confronter ; elle tente maintenant d’y pallier par des mesures discriminatoires vis-à-vis de certains de ses enseignants-chercheurs. La pire des solutions.

L’offre de formation est pléthorique dans toutes les universités. Il faut la réduire significativement : c’est un des enjeux d’une réforme réelle de l’enseignement supérieur. Celle-ci passe par la création d’une quinzaine d’universités fusionnées et dédiées aux masters et aux doctorats, par la création de quelques 600 Instituts d’enseignement supérieur dédiés au cycle « Licence » (chroniques du blog sur les IES).

Commentaires fermés sur Les non-produisants sanctionnés

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Une réponse à “Les non-produisants sanctionnés

  1. Nico

    Une bonne nouvelle !!!

    Rappelons que les enseignants-chercheurs ont pour mission, comme leur nom l’indique, de faire de la recherche…

    Et ils sont payés pour ça, c’est dans leur statut !

    Ors, jusqu’à maintenant, nombre d’entre eux ne réalisaient pas cette obligation statutaire… sans aucune sanction.

    Quel beau métier, que d’être payé pour quelque chose qu’on ne fait pas !

    Mais le mieux, c’était de faire des heures complémentaires, et de doubler (ou plus) son salaire, toujours sans faire la recherche pour laquelle on était payé.
    Payé plus de 8000 euros par mois pour 10 heures d’enseignement équivalent TD par semaine… et rien d’autre !

    Un statut plus qu’enviable…

    Enfin, ces abus sont sanctionnés. L’impunité du sacro-saint statut universitaire n’est plus garantie. Il était temps !

    Rappelons que pour être considéré comme non publiant, il faut pour un enseignant-chercheur produire moins d’une publication tous les 2 ans…
    On ne peux pas appeler ça une pression intense.

    Bien sur, on va répondre que cela favorise la quantité au détriment de la qualité… mais pour ceux qui n’ont rien publié depuis plus de 10 ans, il n’y a ni qualité, ni quantité.

    Il faut toutefois ne pas faire d’amalgame systématique avec les « non-publiants » qui assurent d’autres responsabilités, notamment administrative.
    Je suis tout à fait pour que les taches administratives soient prises en compte dans le service statutaire…
    A conditions quelles soient réelles, et contrôlées… et qu’elle ne se limitent pas à être responsable d’un Master avec 2 étudiants inscrits par an et 100% de chômage 2 ans après l’obtention du diplôme (sis si, ça existe)… juste parce que ça étoffe le dossier, et qu’on touche une prime en plus.

    Tout cela montre la nécessité de rationaliser l’utilisation de l’argent public…

    Et de rémunérer les gens en fonction de ce qu’ils font, et non en fonction de ce qu’ils ne font pas.

  2. Amedeo

    Bon, le commentaire précédent laisse apparaître les fantasmes classiques sur les enseignants du supérieur : non ils ne gagnent pas 8000 euros par mois (1600 nets en début de carrière, 6000 max. pour un prof classe exceptionnelle dernier échelon, 3000 à 3500 euros en moyenne en fin de carrière).

    Cela dit, limiter le nombre d’heures sup. payées pour les non publiants n’est pas un mal. On peut en effet s’étonner qu’il soit permis de doubler son nombre d’heures d’enseignement pour être payé en heures sup. (ce qui ne permet pas de doubler son salaire en passant : Nico n’a pas tout compris au pb visiblement) alors qu’on ne fait déjà pas son service de base !

    Je m’étonne toujours que les gens prétendent défendre le service public en défendant des situation qui témoignent d’un mépris pour le service public, car ne pas faire son service correctement (ne pas faire de recherche pour un enseignant chercheur) c’est du mépris.

  3. Un autre Nico

    Rappelons aussi que l’Université (en tout cas celle que je connais, Toulouse 3), NE FONCTIONNERAIT PAS si certains enseignant-chercheurs ne sacrifiaient pas leur carrière en renonçant à la recherche. L’administration étant complètement défaillante, en partie par manque criants de moyens, ceux qui font tourner la boutique, c’est nous. Ca va de faire les emplois du temps (une tâche très complexe pour ceux qui connaissent), faire le ménage dans son bureau, voire (si si!) le repeindre de temps en temps. Et des heures sups, dans certains domaines, en particulier les IUT, il n’y a pas le choix. Les enseignants sont bien trop peu nombreux. Certains renoncent donc à faire de la recherche car ils sont, disons, fortement incités à faire plus dec400 heures par an (de présentiel). Et maintenant on les traite de parasites ? Merci pour eux !!

    Quant aux fantasmes sur les fonctionnaires, il y aurait beaucoup à redire ! Je suis Prof de fac, j’ai 20 ans d’ancienneté dans l’Education Nationale, et je n’ai pas encore atteint les 3000 euros (net). J’ai la chance de faire partie des trop rares bénéficiaire de la Prime d’Excellence Scientifique (quel nom ronflant !!), 4500 euros net par an. ET C’EST TOUT. Bac+8, quand même. Je ne me plains pas, mais il faut arêter ce discours anti-fonctionnaire primaire ! Et des classe exceptionnelle dernier échelon, il se comptent sur les doigts de quelques mains en France.

  4. Damien

    « et qu’elle ne se limitent pas à être responsable d’un Master avec 2 étudiants inscrits par an et 100% de chômage 2 ans après l’obtention du diplôme (sis si, ça existe)… »

    Des noms, des noms (du master, pas du responsable). Et, par la même occasion, si on peut connaître le nombre d’heures (ou la prime) représentées par cette responsabilité, ce serait pas de refus.
    C’est vrai, quoi, « ça existe », mais je ne trouve pas où.

    « (ne pas faire de recherche pour un enseignant chercheur) c’est du mépris. »

    Certes, mais c’est quand même un peu limité de dire « faire de la recherche, c’est une publication tous les 2 ans » (et pas n’importe quelle publication, quand on commence à distinguer les publications « qui comptent » de celles « qui ne comptent pas », on se rend vite compte que c’est extrêmement compliqué, et avec beaucoup d’effets pervers).
    De plus, il y a des cas où les heures sup doivent être faites, de toute façon. Donc l’EC qui fait ses heures n’a pas toujours le choix.

  5. Marianne

    Je rejoins quand meme les deux premiers commentaires…a partir du moment ou on ne fait pas une partie de sa mission ne pas etre paye pour 48H eq TD (= 2000E env) ne me parait pas ultra choquant…
    A titre de compatraison imaginons qu un prag fasse 350H au lieu de 384 ou qu un prof de lycée soit en sous service. Et bien a terme (peut etre pas la premiere annee) il serait soit recase dans un autre poste, soit oblige de completer son service dans une autre UFR. Imaginons aussi un cadre qui ne travaille que quatre jours par semaine au lieu de cinq…Il serait vire ou son salaire serait revu a la baisse
    Le seul point qui me semble genant c’est qu’on introduit une forme de flicage qui dans le boulot risque d’induire des relations de travail pourries entre les gens et une pression. On est quand meme de plus en plus dans une logique de mise en concurrence entre les gens du au fait que justement il y a des gens qui ont fortement abuse du systeme. C’est dommage!

  6. Marianne

    Neanmoins apres avoir lu l’argumentaire que vous mettez en lien, je reconnais que la responsabilite n’est pas uniquement celle des enseignats et qu’il y a des structures (IUT, ecoles d’inge) ou on est fortement « incite » a faire des heures sup oua prendre des responsabilites administratives importantes en masse ce qui empeche un jeune MCF qui arrive de faire de la recherche
    Dans une ecole d’inge de ma connaissance les prag et MCF qui arrivaeint avaient d’office (sans qu’on leur demande leur avis) 100 à 150H sup dans leur service
    Je connais aussi un jeune prof qui s’est fait refile la première année l responsabilité d’un master par apprentissage et dont on m’adit qu’il avait decroche
    Donc j’admets que ceci combine au fait que qd on debute on a envie de gagner des sous peut inciter des jeunes a faire des heures sup ce qui a pour consequence de les faire decrocher
    Et la effectivement le probleme est financier
    D’accord aussi avec le constat qu’on cree des EC a differentes vitesses. C’est vrai aussi pour les prag (statut classique ou statut contractuel à 768H) cf votre chronique récente sur les nouveeaux statuts de contractuels
    Donc toujours choquée par les gens qui ne font pas leur boulot mais d’accord pour admettre que la situation est complexe et les responsabilités multiples

  7. Pierre

    Trois remarques simples :
    1) le statut d’EC implique une activité de recherche représentant 50% du temps payé. Il est donc inadmissible d’avoir des « non produisants » sur de longues périodes. Surtout s’ils font de nombreuses heures supplémentaires
    2) les responsabilités « administratives » doivent être prises en compte. Il est donc nécessaire d’avoir un barème permettant de valoriser le temps consacré à ces tâches, une fiche d’activité reprenant ces données et surtout des gens chargés de veiller à l’application de ces normes. Ce n’est pas du « flicage », c’est juste de la rigueur.
    3) Les universités qui s’attaquent aux mauvaises habitudes doivent comprendre qu’elles ne vont pas régler le problème par une procédure bureaucratique. Il faut beaucoup d’investissement humain dans ces opérations de redressement.

  8. janine

    Peut être y a t il des abus, mais je sens dans vos commentaires la même hargne aveugle que dans mon établissement. Les EC parasites sont ils donc si nombreux ?
    J’ai la douleur d’être une EC non publiante depuis plus de dix. Piégée dans des charges administratives lourdes dès ma prise de fonction il y a 20 ans, après avoir subi deux conversions thématiques pour suivre les évolutions du labo imposées par nos instances, après m’être battue plusieurs fois pour garder un thésard qui finalement abandonne au bout d’un an, j’ai fini par jeter l’éponge, et ne plus faire de la « vraie » recherche publiante. A la place, je décroche et je gère des contrats entreprises-labos-université qui cumulent aujourd’hui plus de 500 keuros chaque année. Je n’ai pas le bénéfice direct de cela sur ma propre carrière, j’ai décroché depuis trop longtemps. Et je ne m’y remettrai probablement jamais : à 46 ans, pourquoi quand je vois les difficultés qu’ont mes collègues HDR à devenir PU ?
    Je comptabilise mes heures de travail depuis 2000, parce qu’on m’a fait culpabiliser, oui, déjà à l’époque. L’an passé, malgré trois mois d’arrêt maladie, j’ai atteint les 2000 heures de travail annuel (pas d’heures sup, hein, de travail) : il parait que notre statut s’appuie sur les 1600h annuelles ? En tant que responsable d’une licence pro en FI et en CFA, j’ai généreusement été gratifiée d’une prime de 1500 euros à l’année. Ceux qui gèrent des filières apprécieront. Je répond présente chaque fois qu’il faut remplacer un produisant qui a quelque chose de plus important à faire que surveiller son examen, participer à des jurys, des soutenances de stage ou des réunions pédagogiques. Je suis un maudit parasite qui dévoie le statut d’EC.

    On me dit que les charges administratives seront prises en compte : quand je vois le nombre d’heures attribuées, et les responsabilités ou tâches identifiées, je vois que cela n’ira pas bien loin. On me dit que je n’aurai plis le droit de faire d’heures sup : je m’y tiendrai, chouette : on me donne le droit d’en faire encore moins pour la France !

    Moi, je garantis qu’à la première mise en pratique de modification de mon statut et des modalités d’attribution des heures sup, je demanderai à passer à 384h sans heures sup. Mais je promets aussi que je ne ferai plus que ces 384h d’enseignement, sans heures sup, et sans implication autre. Juste ce que je dois donc à l’état : je crois l’avoir déjà suffisamment remboursé par anticipation de ma non production.

  9. Fabrice

    Je souscrit pleinement aux remarques de Pierre, entre autres. Il est clair que la situation actuelle est inadmissible en raison de l’absence totale de gestion des ressources humaines au sein de la fonction publique. Gérer des femmes et des hommes à coups de décrets en imaginant que tout doit rentrer dans des cases est un hérésie totale. Du coup, chacun s’adapte au système et on retrouve comme dans tout groupe humain des gens vertueux, efficaces et dévoués et d’autres qui profitent de la situation.
    L’autonomie des universités est l’occasion d’introduire enfin une dose de gestion des ressources humaines à une échelle raisonnable (locale). Bien sûr, cela causera à court terme des difficultés, voir des dérives mais sur le long terme, c’est indispensable pour retrouver un certain dynamisme dans l’enseignement supérieur et la recherche. Plutôt que de raisonner en terme de quantité, il faut réintroduire la notion de qualité. Par ailleurs, l’idée que toutes les universités doivent être au même niveau est une autre hérésie. Partout dans le monde, on trouve des universités de premier rang, fortement impliquées dans la recherche et d’autres où il n’existe que peu voir pas de recherche et chacune de ces universités trouve sa place dans le paysage.

  10. ec en colère

    Juste pour rappeler que le profil moyen d’un EC est un MCF de classe normal. Si on lit http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/08/3/demog09fniv2_172083.pdf, il y a 18 234 PR et 35 263 MCF, soit environ 54 000 EC. Donc les 2/3 des universitaires sont des MCF dont 10 % d’une cohorte finira hors classe soit 3760 € nets en zone 2 (chevron A3, indice 963) au mieux. On trouvera les infos sur les salaires ici : documents http://www.dgdr.cnrs.fr/drh/remuneration/pdf/grille-indic.pdf http://www.dgdr.cnrs.fr/drh/remuneration/pdf/bareme-remun.pdf
    Le document le plus effarant est celui_là : http://nicolas.tentillier.free.fr/Salaires/index.html
    En 2025, un EC, Bac+8, commencera sa carrière au SMIG !
    Concernant l’obligation de faire de la recherche pour un EC, les fameuses 803,5h sur les 1607h inscrites dans le marbre du nouveau statut des EC (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020552216&dateTexte=&categorieLien=id#), je voudrais savoir où est l’obligation de moyens de l’état, c’est à dire donner des bourses de thèse en nombre suffisant à chacun car tout EC sait que pour faire avancer sa recherche, il faut des doctorants. Enfin, je rappelle qu’un EC n’est pas payé à la fin du mois pour son activité de recherche car jusqu’à MCF hors classe ou PR 2ème classe, sa grille indiciaire est celle des professeurs agrégés du secondaire recrutés à Bac+4 et maintenant à Bac+5 avec la mastérisation. L’état « arnaque » ses EC, Bac+8 en les payant sur un grille indiciaire de Bac+4 (les mastérisés devraient se poser des questions aussi sur leur Bac+5 payé Bac+4). Alors la chasse aux sorcières au non publiants n’a pas de sens déjà si l’on regarde du côté financier car les EC ne sont pas payés pour cela (hormis les PR 1ère classe et supérieurs). Comme signalé, les collèges EC carriéristes et la carrière ne se fait que sur la recherche et jamais sur l’investissement dans la formation (cela mériterait bien un billet ?) sont bien contents d’avoir des collègues EC qui font beaucoup d’HC et pas de recherche, sacrifiés sur l’autel d’un système bancal pourri par la logique marchande, la LRU et la bêtise de nos gouvernants actuels…

  11. mcf

    Autre mythe du 1er commentaire : un enseignant-chercheur qui doublerait son service ne double pas son salaire. Pour mémoire une heure complémentaire est payée 40 euros brut. Un doublement de service (192h par an) équivaut donc en gros à moins de 7700 euros bruts par an, soit 640 euros par mois.

    Le pourcentage d’enseignants-chercheur non publiants est effectivement trop important. Mais voir cela comme une situation globale conduisant à une seule mesure de retorsion est totalement studpide. Pour certains, c’est lié à des investissements administratifs à l’université (que d’autres ne font pas, comme le signe un commentaire). Sanctionner ces situations, c’est mettre en danger le fonctionnement de l’université. Pour d’autres, c’est lié à des activités faites hors de l’université (conseil, activités dans le privé, etc.) : c’est ceux là qu’il faut sanctionner !

  12. devine112

    les heures complémentaires ne sont en aucun cas imposable, donc d’où l’intérêt pour eux de faire ces mêmes heures, 192h de service, 192h d’heures complémentaires et on est partis.
    Ce qu’il faut faire c’est limiter les heures des formations pour chaque licence et faire les 192h pour chaque enseignant et intervenir là où ils sont compétents sans avoir recours aux contractuels, après l’intervention des professionnels est importante, il faut un partenariat éducatif avec les entrepreneurs, les consultants, ils savent ce qu’est la réalité du marché, pas les enseignants chercheurs (pour certains ils n’ont jamais connu le travail dans le privé), le secteur privé demande de la rentabilité, les enseignants chercheurs on leur demande de donner des cours de « qualité » à des étudiants, mais on est pas dedans du tout, il faut connaître ce qu’est le capitalisme, un salarié qui coute 2500€ charges sociales comprises, il faut qu’il rapporte + de 2500€ pour que l’entreprise qui l’a embauché ne fasse pas faillite.

  13. A quand une réforme en profondeur

    C’est probablement parmi tous ces commentaires que se trouve une partie de la réalité.
    Personnellement, je pense que c’est l’ensemble du statut d’Enseignant-Chercheur qu’il faut repenser avec la prise en compte de l’ensemble des missions sous 3 pôles (enseignement, recherche, administration). Il faut en finir avec la rémunération au regard d’un état de service effectué uniquement en fonction d’enseignements. Le système de primes à l’excellence (administrative ou de recherche) n’est qu’un système trompe l’œil qui récompense les plus acharnés, motive les quelques envieux et crée des jalousies et des tensions au sein des structures.
    Pourquoi les Universités et le Ministère ne mettent pas en place un système comptabilisant un total d’heures générales à réaliser pour tous les enseignants chercheurs qui pourra s’ajuster en fonction des trois pôles (enseignement/administration/recherche) permettant aux composantes de l’université de s’ajuster au mieux et aux enseignants-chercheurs de moduler en fonction de leurs intérêts et de leurs investissements en enseignement, en charges administratives, en recherche.
    Ce système serait simple, transparent, juste et bénéfique pour tous (employés comme employeurs).
    Pourquoi alors ce système facilement réalisable par les universités et probablement pensé par les quelques énarques du ministère n’est pas mis en place? Tout simplement car ce système génèrerait des tensions avec les personnels et leurs représentants peu enclin à perdre leur autonomie mais surtout car ce système impliquerait de repenser la grille des salaires puisque si une centaine d’euros pour une heure TD (en prenant le nombre d’heures effectués (200 hTD) en fonction du salaire d’un nouveau MCF (2000€/Mois)) donne l’illusion d’un salaire convenable pour des personnels BAC+8 la prise en compte d’un volume d’heures de 1600h/an pour l’ensemble des charges de l’E-C (équivalent 30h par semaines sur 52 semaines) amènerait chaque personnel à être payer 15 euros de l’heure (24000€ (salaire nouveau MCF)/1600 (Heures devant être réalisées au total entre enseignement/administration/recherche)). Vous comprendrez tous que ce taux horaire n’est pas tenable au regard de personnels ayant effectué 8 ans d’études. Une revalorisation du taux horaire amènerait une augmentation importante de la masse salariale alors même que le Gouvernement souhaite faire des économies en remplaçant 1 fonctionnaire sur 2 partants à la retraite et que les Universités voient leurs moyens de plus en plus réduits. Vous aurez donc compris que le système des primes constitue un système peu coûteux prétendant faire changer les mentalités…
    Si on le sait, chacun des E-C n’embrasse pas la carrière en souhaitant faire fortune, il est tout à fait normal que ces personnels soient payés au regard de leur compétence et de leur charge de travail.
    Alors que certains E-C s’interrogent sur la baisse importante d’étudiants désirant poursuivre un doctorat alors qu’il gagnerait autant avec un master (1700 euros net en moyenne lors de leur recrutement) et sur un nombre conséquent de doctorants qui ne peuvent ou se refusent à travailler à l’université pour embrasser des postes dans les entreprises beaucoup plus généreux (en terme de salaires), une réforme profonde du statuts et des salaires des E-C s’imposent… A bon entendeur, salut!

  14. John Smith

    @ec en colère
    Vous vous trompez. Un maître de conférence est payé pour faire de la recherche puisque qu’il ne doit que la moitié du service d’enseignement d’un agrégé à l’université (PRAG). (Un agrégé en classe préparatoire doit 10h hebdomadaire, et un agrégé dans le secondaire doit 15h hebdomadaire).

  15. "Edward J. Smith"

    Juste trois remarques afin de compenser certains jugements hâtifs ou ignorant de la réalité universitaire française…

    Première remarque : les fonctions de l’enseignant-chercheur…
    Les réduire au couple enseigner / chercher repose sur une ignorance des textes gérant les enseignants du supérieur !

    Au fil du temps et depuis le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 (cf. Art .3), on a ajouté à ce couple « fondateur » la direction, le conseil, le tutorat et l’orientation des étudiants, une contribution à leur insertion professionnelle, la coopération avec les entreprises publiques ou privées, la formation des maîtres, la formation tout au long de la vie, le développement, l’expertise et la coordination de la recherche fondamentale, appliquée, pédagogique ou technologique, la valorisation de ses résultats, le développement scientifique et technologique en liaison avec les grands organismes de recherche et avec les secteurs sociaux et économiques concernes, la coopération entre la recherche universitaire, la recherche industrielle et l’ensemble des secteurs de production, le dialogue entre sciences et sociétés, notamment par la diffusion de la culture et de l’information scientifique et technique, la conservation et l’enrichissement des collections et archives confiées aux établissements, la transmission des connaissances et à la formation à la recherche et par la recherche, le progrès de la recherche internationale et la vie collective des établissements…
    Excusez du peu… mais recherchez et adorez celles et ceux qui remplissent ces obligations car elles ou ils seront les idoles de ce monde parfait mais imaginaire…

    Seconde remarque : les critères d’évaluation des enseignants-chercheurs…
    Le « publish or perish » mâtiné de fantasmes shangaïens est désormais l’unique règle…

    Si le « perish » est bien défini, qu’en est-il du « publish » ? Prenons deux exemples apparemment totalement opposés : un chercheur allemand travaillant à la demande (et en grande urgence) sur la diffusion de e-coli peut avoir un grand « impact factor » pour ses publications mais, aussi, une très grande influence négative sur tout un secteur de l’agriculture ! A l’opposé, un économiste ou un « gestionnaire » « hétérodoxe » (par définition, un futur orthodoxe !) ne travaillant pas sur les paradigmes dominant ne trouvera pas de revue pour publier ses travaux puisque toutes les revues « étoilées » le refuseront car « classées » et dirigées par des « orthodoxes » soucieux de leur domination… Mais s’il ne trouve pas de lieu de publication « reconnu », il n’aura pas d’impact sur le réel !
    Que déduire de ces exemples sinon le constat de l’impossibilité de définir des critères justes et totalement partagés qui tiennent compte aussi de la réalité économique et sociale des produits de la recherche ! Si on ajoute aussi le fait que dans certaines disciplines seuls les articles comptent et les ouvrages (en particulier de synthèse ou considérés comme « manuels ») sont totalement ignorés, on ne peut que s’inquiéter de la survalorisation des recherches ignorant les visions globales et historiques (en particulier en sciences sociales et humaines…)
    Respectez la règle à la lettre car seul ce respect pourra vous garantir une mort moins probable !

    Troisième remarque : la mort des soutiers…
    … ou comment le bateau va couler !

    Si nous rapprochons les deux premières remarques nous sommes au cœur d’un dilemme qui ne peut se ramener à la seule évaluation des enseignants-chercheurs. Les fonctions qu’on leur affecte individuellement sont en fait celles de l’institution car seule l’alma mater est capable d’assurer la liste élargie des fonctions de cet article 3 ! Or ces fonctions sont devenues indispensables au financement de l’ensemble ! Combien de Facultés ou d’universités ont trouvé leur équilibre financier par la formation continue, par des expertises ou par des contrats « alimentaires » sans impact sur le pourcentage de « publiants » ? Ces travaux sont désormais assurés par des « soutiers » semblant désormais soumis au travail « gratuit » (le cas de Grenoble) qui devient « forcé », non par décision administrative, mais sous la double contrainte de la pression collective (« tu ainsi sauves le labo ! ») et de la survie individuelle face à des salaires ridicules au sein de l’enseignement supérieur (car la liberté de penser –même réduite dans certains cas- a un prix…) Mais ces soutiers sont désormais face à un mur de questions. Doivent-ils continuer à se sacrifier pour l’alma mater avec des revenus supérieurs en compensation ou entrer dans le rang et publier en espérant que d’autres prennent le relais de la survie de l’institution ? Doivent-ils devenir autistes au point de réduire leurs horizons de pensée à leur prochain article, au deux en cours de révision et aux trois autres soumis ? Peuvent-ils jouer de leurs pouvoirs (faibles) pour ajouter leurs noms à des longues listes d’auteurs signataires d’articles de plus en plus courts ?
    …et certains cumulent…

    Cette évolution d’une rapidité inquiétante, est aussi l’annonciation du dernier voyage d’un bateau enivré de senteurs shangaïennes transportant des soutiers cherchant à fuir le naufrage annoncé et accueillant sur le pont supérieur beaucoup de capitaines étoilés ignorant les règles de navigation…

  16. Nico

    C’est amusant…

    Dès que l’on critique une situation au sein de l’Université, on est tout de suite taxé de faire de « l’antifonctionnarisme primaire »…

    Quelques commentaires issus des réponses :
    « même hargne aveugle que dans mon établissement »
    « mépris pour le service public «
    « on les traite de parasites ? Merci pour eux !! »
    « fantasmes classiques sur les enseignants du supérieur »
    « ignorant de la réalité universitaire française »
    « totalement stupide »

    Je constate donc que sur un blog dédié aux universités, institutions de la république, le principe démocratique de libre expression ne s’applique pas sans s’attirer les remarques véhémentes de ceux qui le prônent.
    Un classique

    De quel droit, en effet, j’ose critiquer ces pontes qui ont un « bac + 8 » et qui oeuvrent pour le bien de la société.

    Donc, deux points :

    1- je n’ai pas critiqué les enseignants-chercheurs. Je n’ai pas non plus critiqué les enseignants-chercheurs qui font des heures comp.
    J’ai juste critiqué ceux QUI NE FONT PAS DE RECHERCHE (alors qu’ils sont payés pour) et qui abusent d’une situation à revoir, en faisant des heures et des heures et des heures comp.
    Mais à voir les réactions, j’en déduis que beaucoup se retrouvent dans ce cas de figure… et se sentent attaqués.
    Je suis donc un méchant capitaliste rentabiliste méprisant envers les EC, envieux de leur statut et de leur salaire.

    2- j’ai aussi un bac + 8, je fais aussi de la recherche, et je travaille aussi à l’Université, depuis plus de 10 ans (CNU 64 pour tout dire).
    Je critique donc en parfaite connaissance de cause.
    J’ai l’habitude d’être mal vu pour ça… un universitaire qui critique les universitaires !
    En effet, au sein d’un univers ancré dans des traditions d’heures comp et autres primes en compensation du manque de reconnaissance et de salaire de la part de notre ministère, quiconque ne cautionne pas ce système n’y a pas sa place.

    Pourquoi serait-ce différent sur le web…

    Quelques éléments techniques… pour info et ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas savoir

    Quand je lis qu’un PR classe ex gagne environ 3000 euros pas mois en fin de carrière (cf commentaire de Amedeo), je m’interroge. C’est soit de la méconnaissance soit de la mauvaise foi.

    L’échelon moyen pour un PR classe Ex correspond à l’INM 1269… soit un salaire net de 4927 euros/mois environ… et c’est échelon moyen, PAS le MAXIMUM…
    Cela sans compter les indemnités de résidence, supplément familial etc.
    (rien a voir avec la grille du CNRS citée plus haut… le statut d’enseignant-chercheur n’existant pas au CNRS, je me demande ce que cette grille vient faire dans la discussion)
    Ensuite, les primes…
    Celle que tout le monde a (ironie – pour les autres, franchement vous vous être mal débrouillés…), la Prime de Recherche et d’Enseignement Supérieur… même si en théorie elle est réservée à ceux assurant l’intégralité de leurs obligations statutaires de service

    Ensuite vient la batterie des autres primes

    – L’ex PEDR / PES
    – La prime de charges administratives
    – Les indemnités de participation aux conseils de truc et de machin
    – La prime de responsabilités pédagogiques

    Ces primes allant de 1 000 à 10 000 euros, et étant le plus souvent cumulables si on s’y prend bien (sauf pour la prime de responsabilités pédagogiques)

    Ensuite, les fameuses heures comp

    Compter un peu plus de 7500 euros pour un doublement de service…
    Mais si on ne fait pas recherche, ça laisse encore du temps… donc on fait encore plus d’heures comp.
    Et si on estime que ce n’est pas encore suffisant, on fait une demande d’autorisation de cumul de rémunération au SRH… et on fait des heures en BTS, en écoles sup etc… si on ne fait pas de recherche, on le fait même pendant son amplitude horaire présumée de service.

    Avec un peu d’organisation, on atteint facilement les 25 K euros / an

    Ensuite, les autres primes diverses :
    – responsable de formation
    – chargé de mission
    – vice président ou membre particulier d’un des conseils de l’université

    environ 1000 à 10 000 d’euros a chaque fois

    sans oublier
    – indemnités de participation à des jurys
    – expertises de projets (ANR et autre)
    – prime au brevet
    – consultance
    – prime à la réalisation de contrat
    – redevances sur brevet au savoir-faire exploité
    – etc.
    compter que qq centaines d’euros a qq dizaines de milliers d’euros
    Bon, j’avoue, pour cette dernière liste, il faut parfois faire de la recherche quand même

    La liste n’est certainement pas exhaustive… ceux que j’ai oublié se reconnaîtront

    je persiste donc à dire :

    – un enseignant-chercheur peut doubler son salaire

    – un enseignant-chercheur peut gagner 8 000 euros /mois

    Ces éléments peuvent être vérifiés auprès du Ministère, de la CNU, en consultant les textes de loi, notamment le code de la recherche, le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 modifié, les décrets relatifs divers et variés, le CPI etc…

    donc qu’on ne me dise pas que je fabule
    ni que je ne sais pas de quoi je parle

    Que ca ne fasse pas plaisir à certains, c’est autre chose

    Je persiste également à dire que c’est une bonne chose que l’on puisse enfin sanctionner ceux qui profitent du système !

    Bien sur, les heures comp sont nécessaires dans certains cas, bien sur tout le monde n’a pas forcément le choix.

    Mais il y a une différence entre une situation liée à un état de fait, et une situation que certains ont volontairement choisie, en abusant du système pour jouer les cumulards

    Evidement, je ne généralise pas à l’ensemble de la communauté des enseignant-chercheurs, qui en majorité assure correctement ses obligations statutaires

    Mais c’est une réalité, beaucoup trop fréquente, et malheureusement encore considérée comme normale par certains (cf début de mon message).

    Une chose est sure pour changer quelque chose à l’université il faudra du temps… et certains EC s’indigneront de l’atteinte portée à leur soi-disant liberté conceptuelle qui se limite à faire du cumul.

    Mais avons-nous le choix, et ce système, dont je fais moi-même partie, pourra t il survivre longtemps dans ces conditions ?

    Il est temps de réagir, et même sui c’est insuffisant, que beaucoup de chose sont à revoir, c’est un bon début.

    Sur le principe, sur l’exemple.

  17. Sébastien

    Amusant comme Nico reste dans sa propre mauvaise foi, notamment en citant Amadeo :

    « (1600 nets en début de carrière, 6000 max. pour un prof classe exceptionnelle dernier échelon, 3000 à 3500 euros en moyenne en fin de carrière). »

    ça semblait pourtant clair.

    Pour le reste, le deal du métier d’EC semble clair : une obligation légère (192h eq. TD) pour une rémunération, elle aussi, légère étant donné le niveau d’étude. Nous payons cher le ticket d’entrée pour un métier dont la première caractéristique est la liberté.

    Si ensuite certains aliènent tout ou partie de cette liberté contre des primes, qu’on leur foute la paix, c’est un choix.

  18. Nico

    @sebastien

    Autant pour moi… j’ai mal lu, j’ai zappé une ligne (celle des 6 000 euros)
    Ce que dit Amadeo est donc exact… mes excuses à elle

    Après, conclure d’une mauvaise lecture que je persiste dans ma mauvaise fois, en argumentant uniquement la dessus…
    C’est de la démagogie à 2 sous.

    Le reste de mon message n’appelle-t-il aucun commentaire de notre part …
    Ou bien n’avez-vous simplement pas d’argument valable pour me contredire et illustrer ma mauvaise foi ?

    Je note que votre conclusion est sans appel : si certains veulent profiter du système pour sans mettre plein les poches de manière plus que discutable, c’est normal… il ne faut surtout rien dire

    Vous parlez de liberté…celle que vous prenez avec l’argent du contribuable qui paye tout ça me semble bien grande.

  19. Pierre2

    @nico
    Effectivement, vous avez mal lu, et mal interprété; un prof de classe exceptionnelle en fin d’échelon 1 gagne 4927 euros, et en fin d’échelon 2, le bout du bout, environ 5200 euros, c’est le MAXIMUM du salaire de base, ça doit concerner moins de 1000 personnes (dont peu de non publiants). Et c’est nettement moisn de 6000 euros.
    La prime de recherche et d’enseignement supérieur, résidu d’un ancien système, fait environ 1000 euros par an, soit une 53ème semaine de salaire; la PES au taux maximum fait 6400 euros, soit moins de 600 euros par mois. Toucher la PES interdit le cumul de la plupart des autres primes, et limite sévèrement le nombre d’heures sup que l’on peut faire. Il est, par construction, rare qu’un non-publiant touche la PES 😉
    Vous faites la liste de toutes les primes possibles, sans préciser leur montant (de 1000 à 10 000 euros…) et vous les additionnez toutes au salaire de base maximal, sans préciser qu’elles sont pour la plupart incompatibles. Si ce n’est pas de la mauvaise fois, je ne sais pas ce que c’est.
    Rappel: la PES, la prime de charges administratives et la prime de responsabilité pédagogiques sont incompatibles. Les ajouter est démagogique.
    Donnez-nous une vraie feuille de paie d’un EC touchant plus de 8000 euros par mois (je n’en connais pas): si ce n’est pas un juriste ou un professeur de médecine, il s’agit probablement d’une personne exerçant des responsabilités multiples, et qui serait nettement mieu payée ailleurs…

    P.S. j’ai dû rater quelque chose: combien êtes-vous payé pour expertiser un projet ANR? Moi, on ne m’a rien donné pour ça…
    P.S.2 Oui, j’

  20. EC

    @Nico (et d’autres). Si tu ne vises que les EC qui ne font pas de recherche, alors :
    1. N’écris pas « les » EC, mais « certains » EC…
    2. Précise que « non-produisant » ne signifie pas que l’EC « ne fait pas de recherche », mais que l’activité de recherche n’est pas jugée par l’AERES comme une « production de rang A ». Ceci peut s’expliquer par de « bonnes » raisons (investissement non ou peu rémunéré dans l’administration de l’enseignement ou de la recherche, par exemple) ou de « mauvaises raisons (faire des HC pour gagner plus, aller à la pêche), et aussi sous contraintes : faire des HC parce que le salaire en début de carrière n’est vraiment pas mirobolant ou parce que l’institution fait pression (fréquent dans les IUT) ; faire de l’administratif parce que l’EC a le souci d’un enseignement de qualité, et passe du temps à décrocher des stages, des contrats pros, des conseils aux étudiants, etc.

    Au total, vouloir réformer par des primes et sanctions financières témoigne d’une bien pauvre compétence GRH…