Archives mensuelles : juin 2011

Luc Ferry et Michel Maffesoli

Luc Ferry et Michel Maffesoli ont bien des points en commun. Hommes, sexagénaires, mais non encore retraités. Professeurs des universités, en sciences humaines et sociales, tous deux à Paris. Auteurs de fort nombreuses publications, ouvrages « scientifiques » et essais « politiques » ; produire des best-sellers me semble un de leurs objectifs. Personnalités connues, voire reconnues par un large public (ils sont régulièrement invités par les médias), mais aussi agitateurs d’idées, moralistes, polémistes voire provocateurs. Bref des personnages controversés. Ils ne détestent pas l’être. Cela leur vaut encore plus d’invitations à la télé et ailleurs. Je les classe dans la catégorie des « intellectuels mondains ». Un avant-dernier point commun : ce sont des hommes classés à droite sur l’échiquier politique.

Une différence cependant. Luc Ferry a un début de carrière professionnelle plus brillant que celui de Michel Maffesoli. Agrégé de philosophie, il réussit le concours d’agrégation du supérieur en sciences politiques et devient ainsi professeur des universités à 31 ans. Il exerce à l’IEP de Lyon, puis à Caen. Depuis 1996, il est professeur de philosophie à l’université de Paris VII Denis Diderot. Son heure de gloire arrive en mai 2002 : il est nommé ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche, sous le gouvernement Raffarin. Mais il est « viré » avant la fin de la mandature : il est remplacé par François Fillon fin mars 2004. Que devenir quand on a « fait » le ministre ? Retourner enseigner à l’université ?

Michel Maffesoli doit attendre l’âge de 37 ans pour être nommé professeur de sociologie à l’université Paris V René Descartes. Ses « amitiés » politiques lui valent une série de nominations importantes à partir de 2005 : au Conseil d’administration du CNRS (2005), au Conseil national des universités (section sociologie) en 2007, à l’Institut universitaire de France en 2008. Ces trois nominations sont contestées par les associations professionnelles de sociologie. Il vient de publier Sarkologies. Pourquoi tant de haine(s) ? Chronique du blog : « La sociologie. De Charybde en Scylla« . Notons une récompense : « en 1992, il reçoit le grand prix des Sciences humaines de l’Académie française pour La transfiguration du politique« . Il espère beaucoup plus (cf. infra).

Lire la suite

12 Commentaires

Classé dans C. Ile-de-France

Le SNPTES UNSA en AG

La section territoriale d’Alsace du syndicat national du personnel technique de l’enseignement supérieur, de la recherche et des personnels de bibliothèques (SNPTES) de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) tenait son assemblée générale, ce 7 juin 2001, à Strasbourg. J’ai été invité à y participer par Alain Lithard, secrétaire départemental du SNPTES du Haut-Rhin et secrétaire national (photos ci-contre et dans l’album de 25 photos). L’AG se tient dans l’amphi du Collège doctoral européen de l’université de Strasbourg. Alain Lithard rappelle que le SNPTES a des élus dans les conseils d’administration des deux universités (Strasbourg et Haute-Alsace Mulhouse).

Les principes qui guident la stratégie du syndicat : « la volonté de négocier, la force de s’opposer ». « Le service public au coeur ». « Libres ensemble ». Des nouvelles excellentes données par Jacques Drouet, secrétaire général (photos ci-contre et dans l’album), dans son exposé liminaire. Le congrès extraordinaire du SNPTES, réuni le 31 mars 2011, a approuvé le projet de modification des statuts du syndicat pour en particulier, « faire face aux modifications du paysage universitaire ».

L’organisation se décline désormais ainsi : adhérents, section locale, section territoriale (académie ou région), instances nationales. L’échelon départemental disparaît. L’assemblée générale de ce matin concernait donc les adhérents et les militants d’Alsace (une centaine étaient présents) et non pas du seul département du Bas-Rhin. Elle concrétisait la montée en puissance de l’échelon régional-académique et anticipait de fait le « rapprochement » entre les universités de Strasbourg et de Haute-Alsace Mulhouse. Un syndicat qui anticipe : bravo ! Je reviendrai prochainement sur ce « rapprochement » : le SNPTES UNSA Alsace y est favorable.

Lire la suite

Commentaires fermés sur Le SNPTES UNSA en AG

Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

IDEX, LABEX… : "je t'embrouille" (3)

Plan Campus et Investissements d’avenir : 3ème chronique (les deux chroniques précédentes : ici et ici). Mission d’évaluation et de contrôle sur les financements extrabudgétaires de l’enseignement supérieur et de la recherche : 2ème audition (4 mai 2011) et 3ème audition (11 mai 2011).

La complexité atteinte avec les investissements d’avenir est encore plus grande que celle observée pour le Plan Campus. Trois structures (« trois acteurs ») de plus interviennent en effet dans le jeu. 1. Le Commissariat général à l’investissement (CGI), « chargé de la mise en oeuvre du programme d’investissement d’avenir » : « préparation des conventions entre le premier ministre et les opérateurs » (l’ANR par exemple), « gestion des appels à projets, rédaction des cahiers des charges, instruction des dossiers, évaluation par un jury », « suivi des projets ». Le CGI est doté d’une équipe « légère » : 35 personnes dont 14 directeurs ou directeurs-adjoints. Vous avez dit « légère ? » Et les structures 2 et 3 ? Attendons d’avoir lu le compte rendu de l’audition.

Patrick Hetzel, DGESIP du MESR, est auditionné le 4 mai par la MEC. René Ricol, commissaire général à l’investissement, et Jean-Luc Tavernier, commissaire général adjoint, le sont le 11 mai. Le président de la MEC, Olivier Carré : « je vous demanderai de nous rappeler comment ce fléchage des crédits a été effectué, comment vous opérez le suivi de chaque projet retenu, et comment vous vous assurez, d’ores et déjà, de l’efficacité de la dépense« . 

Lire la suite

Commentaires fermés sur IDEX, LABEX… : "je t'embrouille" (3)

Classé dans Non classé

Plan Campus : "je t'embrouille" (2)

Suite de la chronique (1). Tenter de comprendre le financement des opérations du Plan Campus (2008). 3ème chronique à venir : « Investissements d’avenir : « je t’embrouille ». La Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) s’intéresse aux financements extrabudgétaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. J’ai lu deux fois attentivement les retranscriptions des auditions, deux fois car la technicité des problèmes et la complexité des structures, des procédures et des financements sont redoutables.

Ma conclusion. Personne n’a une vision d’ensemble à la fois du Plan Campus et des Investissements d’avenir. Personne ne peut aujourd’hui savoir si l’usine à gaz mise en place va finir par des crédits de paiement aux opérateurs : combien d’argent ? quels opérateurs ? quel délais de réalisation ? A fortiori, personne n’est capable de répondre à la question : y aura-t-il un retour sur investissement de l’argent affecté ? Une meilleure recherche ? Un impact économique positif ? Des universités plus attractives grâce à un immobilier en meilleur état ? De meilleures conditions de travail et d’emploi pour la recherche et l’enseignement supérieur ? Cela me donne froid dans le dos !

Mercredi 4 mai 2011, première audition de la MECPourquoi y-a-t-il un retard du Plan Campus ? Quels sont les crédits extra-budgétaires mobilisés (ces crédits ne sont pas votés par le Parlement et ne sont pas pris en compte dans le calcul du déficit public !) ? La MEC entend Ronan Stephan, directeur général pour la recherche et l’innovation au MESR, et Alain Neveü, responsable du service « Grands projets immobiliers » et recruté en octobre 2008 (service opérationnel en mars 2009).

Lire la suite

Commentaires fermés sur Plan Campus : "je t'embrouille" (2)

Classé dans Non classé

Campus, PIA : "je t'embrouille" (1)

Plan Campus (2008) et Programme d’Investissements d’avenir (PIA) (2010). Des premiers crédits ont-ils été déjà engagés, versés aux opérateurs et dépensés ? Question simple. Réponses embrouillées des personnalités auditées par la Mission d’évaluation et de contrôle de la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire (4 et 11 mai 2011). Signalement par Michel Abhervé : blogs EducPros et Alternatives économiques.

Avant de résumer ou plutôt de tenter de résumer les faits et les raisons de l’embrouille (chronique à venir), il importe d’observer que les investissements d’avenir, qui ne sont pour l’instant que des projets sélectionnés ou présélectionnés, commencent à produire de sérieux dégâts et à être contestés, par des responsables d’établissements, par des enseignants et chercheurs de base, par de jeunes retraités. Plusieurs d’entre eux sont blogueurs.

Deux responsables d’établissement. L’université Paul Valéry Montpellier III se retire du projet IDEX (Initiatives d’excellence) parce que les Arts, Lettres, Langues et Sciences sociales et humaines ensont exclues de fait. La fusion des 3 universités de Montpellier a du plomb dans l’aile. La présidente de Paul Valéry, Anne Fraïsse est de plus en plus mécontente et le dit ouvertement (chronique : « L’AERES et l’évaluation des licences« ).

C’est aussi Philippe Jamet, directeur de l’Ecole des mines de Saint-Etienne, qui tire la sonnette d’alarme dans une chronique d’une intelligence et d’une drôlerie remarquables : « l’abus d’excellence peut nuire à la santé« , tant chez les « gagnants » que chez les « perdants » des investissements d’avenir. « Angoisse, aveuglement, délire monomaniaque, fatigue, stress, détérioration de la qualité de vie et du bien-être au travail des enseignants-chercheurs, férocité des prédateurs »…

Lire la suite

Commentaires fermés sur Campus, PIA : "je t'embrouille" (1)

Classé dans Non classé

L'AERES et l'évaluation des licences

Suite des chroniques sur la réforme de la licence. Anne Fraïsse, professeur de latin, est, depuis avril 2008, présidente de l’université Paul Valérie Montpellier III (Arts, Lettres, Langues, Sciences humaines et sociales). Elle est également, depuis décembre 2010, membre du bureau de la CPU. CV sur EducPros.

Le 23 mai 2011, elle publie une Lettre ouverte : « Quand trop d’évaluation tue l’évaluation« . « L’AERES vient de sortir un petit résumé de ses évaluations sur les licences des Universités qui tourne une fois de plus au classement des établissements : palmarès des universités pour les 16 mentions de licences qui ont obtenu A+, liste de pourcentages de A »… Ce qui inquiète la présidente, c’est « l’aspect définitif et péremptoire de jugements et de classements dont les méthodes sont encore mal définies et peu fiables ». Elle critique vertement les processus d’évaluation des formations par l’AERES. Elle « propose un moratoire d’un an sur l’emploi des mots « excellence » et « classement » dont l’abus amène nos universités au bord de la crise de foie (ou de foi si vous préférez) ».

J’ai un contentieux avec l’AERES (chronique : « Respecter les régles déontologiques« ), ma curiosité est attisée par cette lettre ouverte. Anne Fraïsse ne citant pas la source de ce classement honni – ce qui n’est pas « bien » pour un professeur des universités -, je l’ai recherché sur le site de l’AERES. Pas simple de naviguer sur ce site ; le moteur de recherche est peu performant. J’ai persévéré et trouvé le document dans la rubrique « Synthèses d’évaluation« . Première faiblessse de l’argumentation d’Anne Fraïsse : il existe non pas une synthèse de l’évaluation des licences, mais trois. Les universités sont évaluées en 4 vagues successives ; il manque donc une synthèse pour les licences (en fait, celle de la vague B). L’AERES ne peut avoir publié un classement de toutes les mentions de licences existantes. Elle s’y garderait d’ailleurs bien : tout classement exige l’unité de temps (classements établis à la même date).

Lire la suite

Commentaires fermés sur L'AERES et l'évaluation des licences

Classé dans Non classé

Le journal de Valérie P. (5)

Je fais le Pont (mon agenda est transparent). J’ai persuadé mon mari et mes enfants d’aller en Corrèze. Nous avons loué un gîte très simple. Pas de piscine, mais une rivière au fond du jardin. Je m’approprie le terroir de Jacques et de François. Un terroir de Présidents « normaux ». La carte de l’IGN est dépliée devant moi. J’y plante des petits drapeaux. Les futurs PUP dans le département. PUP ? Mes pôles universitaires de proximité à moi : Tulle, Egletons, Brive-la-Gaillarde, Ussel… Je me sens tellement bien en famille. L’université, c’est aussi ma famille.

Le Canard enchaîné me met la pression : « Valérie, profitez de votre long week-end pour commenter l’actualité brûlante » ! Je n’ai pas envie. J’ai promis à la famille de faire une pause ! « Juste quelques mots pour nos lecteurs ». Je cède. Je ne suis pas enceinte ; j’ai trois enfants, moi. Aucune compassion pour DSK ; son appartement de 600 m² dans New-York m’indigne, me révulse. D’ailleurs, il n’a jamais été mon candidat pour les primaires socialistes. Le mien, c’est François ; je le dis depuis le 31 mars 2011Tron ? Je ne savais même pas qu’il était secrétaire d’Etat.

Christine au FMI ? J’exulte. Des rumeurs courent que Chouchou, père du bébé de Carlita, aimerait me voir à Bercy. Surtout pas ! Je compte bien profiter d’un désordre passager aux Finances, créé par le remaniement ministériel, pour décrocher le jackpot pour l’enseignement supérieur et la recherche dans le budget 2012. Je suis ministre de l’enseignement supérieur et je le resterai jusqu’en 2017. 10 ans ministre des universités. Un record de longévité. J’aime les défis, les records. Bref, je déteste ce qui brille ; j’adore ce qui excelle !

Lire la suite

Commentaires fermés sur Le journal de Valérie P. (5)

Classé dans Non classé

Quiz. 22 ! Les 44 s'en vont !

En 2009, l’âge moyen de départ en retraite des professeurs des universités était de 64 ans (chronique : « Qui enseigne en L ?« ). L’âge ultime de départ, pour les professeurs de 1ère classe et de classe exceptionnelle, est 68 ans, à moins que la réforme des retraites n’ait changé cette date butoir (help !).

Les professeurs nés en 1944 sont déjà partis en retraite ou devront le faire en 2012. 2012 ne sera donc pas seulement l’année de l’élection ou de la réélection des présidents d’université.

Quiz. Citer 5 professeurs d’université, nés en 1944 et qui ont eu ou qui ont des responsabilités dans l’enseignement supérieur et la recherche. Aux lecteurs du blog de s’exprimer éventuellement sur la question de l’âge et de la prise de responsabilités !

Commentaires fermés sur Quiz. 22 ! Les 44 s'en vont !

Classé dans BF. Quiz

Quiz. Elles ont vingt ans !

14 juin 2011, grand auditorium de la Bibliothèque nationale de France, colloque « Universités nouvelles d’Ile-de-France : 20 ans d’innovations« . 4 universités « nouvelles » en 1991 : Cergy Pontoise, Evry Val d’Essonne, Marne-la-Vallée, Versailles Saint-Quentin. Professeur à Marne-la-Vallée de 1999 à 2008, j’ai reçu une invitation à ce colloque non pas du président de cette université, mais de Françoise Moulin-Civil, présidente de l’université de Cergy Pontoise (cliquer ici et ici) ! Je l’en remercie sincèrement.

Quiz. Qui étaient les présidents de ces universités en 2001, lors du 10ème anniversaire ?

Le programme de 2011. Christian Forestier est l’invité de la 1ère table ronde : la création des universités nouvelles d’Ile-de-france en 1991. L’administrateur général du CNAM est alors recteur de l’académie de Créteil (l’université de Marne-la-Vallée en dépend). C’est un personnage fascinant. Né le 8 décembre 1944, cet ingénieur de formation et ancien professeur des universités assume des responsabilités dans l’enseignement supérieur, sans discontinuité depuis 1974 (directeur de l’IUT de Saint-Etienne, puis vice-président et président dans les années 70). Responsabilités sous la droite comme sous la gauche : CV sur EducPros. Doit-il cette longévité à son appartenance à la franc-maçonnerie ? Il ne la cache pas !

Universités nouvelles : 20 ans d’innovations. Je me souviens du 10ème anniversaire des 4 universités nouvelles franciliennes, au Grand Palais. Jack Lang était ministre et présent. J’étais directeur de l’Observatoire de Marne-la-Vallée (OFIPE). Lors de la cérémonie, les 4 présidents ont annoncé la création d’un Observatoire commun pour suivre les parcours étudiants et les devenirs professionnels des diplômés. Belle innovation : elle ne sera jamais mise en oeuvre.

Lire la suite

Commentaires fermés sur Quiz. Elles ont vingt ans !

Classé dans BF. Quiz, C. Ile-de-France

Journées nationales des OVE

Les Observatoires du réseau RESOSUP tiendront leurs prochaines journées nationales à Toulouse (22 au 24 juin 2011). Organisation par les observatoires des 3 universités de Toulouse. Un programme succinct. Mais ici un programme plus détaillé. Mi-mai 2011 : 140 inscrits. Thème de la séance plénière : « A la lumière des modes d’évaluation de l’insertion professionnelle dans les universités européennes, externalisation des travaux ou certification des observatoires » ?

Ce thème est bienvenu dans un contexte 1. où le CEREQ est déstabilisé financièrement : le ministère de l’emploi et du travail, une de ses deux tutelles, lui retirerait sa subvention annuelle, 2. où les observatoires n’ont pas été particulièrement contents de la communication politisée de Valérie Pécresse sur les résultats de l’enquête sur les diplômés de master 2007. Résosup ne donne d’ailleurs aucune nouvelle de la réalisation de l’enquête sur les diplômés de master 2008 : elle est pourtant terminée. Quid des taux de réponses ? Quid de la remontée des données à la DGESIP ? Pas de numéro de Résosup Info depuis un an.

« Externalisation des travaux ou certification des observatoires » ? Quelle est la stratégie de Résosup ? Je pense que le conseil d’administration de Résosup est opposé à l’externalisation des travaux (au CEREQ, à la DEPP, au SIES MESR, à un consortium d’universités du type AlmaLaurea). Il a sans doute peur que l’externalisation signe la mort progressive des observatoires. Ce n’est pourtant pas forcément le cas : l’externalisation peut être accompagnée d’une focalisation des observatoires sur certaines des étapes de l’analyse du processus d’insertion professionnelle et de la valorisation des résultats (chronique : « Le CEREQ et les Observatoires« ).

Lire la suite

Commentaires fermés sur Journées nationales des OVE

Classé dans Non classé