Un Ecomusée et ses métiers

Le retraité blogueur profite de ses vacances perpétuelles pour visiter et comprendre la région où il n’habite que depuis deux ans : l’Alsace. Vendredi 22 juillet, découverte, entre soleil et averses, de l’Ecomusée d’Alsace (le site), entre Colmar et Mulhouse. Occasion de prendre 137 photos et de se poser des questions sur les métiers d’hier et d’aujourd’hui (sauvegarde et valorisation du patrimoine), sur la formation à ces métiers (l’enseignement supérieur y tient toute sa place). La découverte du village vaut le détour.

Informations sur le site Internet. « L’Ecomusée d’Alsace est ouvert au public depuis 1984″… « Grand musée vivant, c’est le plus important musée à ciel ouvert de France »… « Village alsacien reconstitué, il rassemble aujourd’hui plus de 70 maisons et bâtiments de la campagne alsacienne qui, à l’initiative de bénévoles passionnés, ont été démontés puis reconstruits sur un même site, les sauvant d’une démolition programmée. Maisons, fermes, ateliers d’artisans, gare, chapelle, scierie, moulin, école »…

137 photos. Album 1. Maisons et fermes. Album 2. L’évolution des techniques : le moulin à eau et la scierie, la saboterie mécanique, la locomobile et les trains de battage. Album 3. La distillerie de Schnaps qui a fonctionné jusqu’en 1985. Album 4. Les Mobiliers dans des pièces qui nous semblent aujourd’hui fort petites. Album 5. La fête foraine itinérante : son manège, son carrousel salon, ses skooter-cars. Quant à la gastronomie alsacienne et son association des 31 Etoiles flamboyantes, elles se sont installées dans une ancienne gare : album 6. L’envie de déguster le menu « découverte » de chez Haeberlin. 158 euros : j’attendrai qu’on m’y invite !

Les métiers de la société rurale et de l’artisanat, et leurs outils sont partout présents dans l’Ecomusée : le charpentier, le sabotier, le ferronnier, le paysan, le distillateur, le potier, le boulanger, l’instituteur… Certains artisans sont présents et travaillent dans les maisons démontées puis remontées. On peut même passer commande à certains d’entre eux.

L’Ecomusée possède un Centre de formation. Celui-ci « a notamment pour vocation d’apporter une réponse aux besoins des bénévoles de l’AEA (Association de l’Ecomusée d’Alsace) ainsi qu’aux vacataires et saisonniers de l’Ecomusée d’Alsace »… « Les salariés vacataires et saisonniers qui sont appelés à intervenir sur le site doivent avoir reçu une formation tant sur le fond que sur la forme. En 2009 et 2010, les salariés saisonniers ont bénéficié de quatre semaines de formation avant l’ouverture du site »…

En projet. « Un pôle de formation professionnelle à l’intention des professionnels du bâtiment. Celui-ci se constituerait autour de la thématique de la rénovation du bâtiment ancien »… « Les dispositifs de type chantiers d’insertion, plate forme de réinsertion, programme d’accès aux parcours qualifiants, stages de pré-qualification professionnelle doivent pouvoir être mobilisés ».

Les métiers de la société rurale et de l’artisanat exigent de plus en plus de qualifications, même si la transmission des savoir-faire sur le tas demeure nécessaire. Des diplômes de l’enseignement supérieur existent pour les candidats à ces métiers. Il suffit de parcourir la liste des 87 spécialités de BTS, des diplômes des métiers d’Art, des diplômes des Arts appliqués. Un exemple dans l’agriculture à Figeac : le BTS « analyse et conduite des systèmes d’exploitation » (chronique : « Figeac. Le soutien de la région« ).

Et puis il y a les licences et les masters professionnels. Je suis étonné de ne pas voir de guides étudiants dans le village, étudiants en histoire des arts et traditions populaires. Le site web de l’Ecomusée est trop commercial à mon goût. Il pourrait pourtant être aussi un site scientifique et technique. Je rêve que deux étudiant(e)s de l’université de Strasbourg ou de Haute-Alsace Mulhouse soient engagé(e)s par L’Ecomusée comme apprentis durant leur année de licence ou de master professionnel : l’un(e) pourrait s’atteler à constituer une base de données sur les 70 maisons et bâtiments, l’autre pourrait développer cette base sur le site Internet. L’Ecomusée a un statut d’Association 1901. Il a des partenaires dont la Région et le Conseil général du Haut-Rhin : ces collectivités territoriales pourraient tout à fait financer deux contrats d’apprentissage.

Commentaires fermés sur Un Ecomusée et ses métiers

Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Une réponse à “Un Ecomusée et ses métiers

  1. mabherve

    Ce remarquable Eco musée est issu de l’intiative de jeunes bénévoles qui voulaient sauvegarder le patrimoine architectural rural alsacien, et étaient un peu en avance sur le degré de conscience de la valeur de ce patrimoine
    Les premières maisons ont été démontées et reconstruites par des chantiers de bénévoles, organisés par Maisons Paysannes d’Alsace et le Mouvement Chrétien pour la Paix il ya plus de 30 ans