Wauquiez et les Comités de suivi

Que font les ministres des rapports d’études qu’ils commandent à des personnalités ou à des consultants ? Qu’a fait Valérie Pécresse et que fait Laurent Wauquiez-Motte, le 1er partout, des rapports annuels des Comités de suivi de la licence et du master, comités institués par la réglementation ? Il est important de rappeler que seuls les ministres commanditaires sont maîtres de la publication des rapports. Ils peuvent les « enterrer ».

Tel n’est pas le cas pour le rapport du Comité de suivi de la licence. Il est maintenant public (chronique : « Rapport 2011 du Comité de suivi de la licence« ). Le rapport comporte par exemple des recommandations sur les stages en licence générale (pages 41 à 45 du rapport). Le Comité a écrit : « le caractère obligatoire du stage se heurte à la capacité du monde académique et socioéconomique à accueillir les stagiaires ». Exeunt les stages ! L’arrêté d’août 2011 ne les rend pas obligatoires. Laurent Wauquiez a fort bien fait d’écouter le Comité. Ce n’est pas le cas pour d’autres recommandations du Comité.

Lors de son audition par Valérie Pécresse en juin 2011, le Comité a fait part des questions qui restent « ouvertes », i.e. encore à débattre. Laurent Wauquiez s’est empressé de les refermer par l’arrêté d’août 2011 ! Il est important d’exposer les 3 questions essentielles.

1. Les référentiels disciplinaires. « Le comité souhaite une plus grande transparence dans l’élaboration des référentiels qui doivent être construits de concert avec le monde universitaire et socio-économique ». Selon Louis Vogel, président de la CPU, aucune réunion de travail n’est encore prévue pour discuter de ces référentiels (chronique : « Vogel et ses trois présidences« ). Ils sont d’ailleurs à combattre s’ils ne sont pas accompagnés de programmes nationaux de formation (chronique : « des référentiels et pas de programmes« ).

2. Les modalités de contrôle des connaissances et des aptitudes. « S’il y a consensus sur la nécessité d’une harmonisation entre les universités, par exemple en matière de compensation, en revanche il n’y a pas encore convergence sur les méthodes d’harmonisation ». Il faut discuter. Le ministre n’en a eu cure. Il a tranché en faveur des demandes des organisations étudiantes. (chronique : « Laxisme accru des MCC« ). Claque donnée au Comité.

3. Le volume horaire minimum de la licence. « Le comité approuve le volume horaire minimum envisagé mais il s’interroge sur le contenu de ces 1500 heures ; dans un processus d’évolution pédagogique, comment sont comptabilisés les stages, les projets, l’encadrement personnalisé…? » Ce n’est plus un problème : les 1.500 heures ont été renvoyées aux calendes grecques. Le point 2 de l’article 26 de l’arrêté a réglé l’affaire (chronique : « Laurent 1er, le 1er août« ).

Que pense Gilles Raby de la légèreté avec laquelle Laurent Wauquiez traite le Comité de suivi qu’il préside ? Ce sera une question que je lui poserai demain ! Nous participons en effet tous les deux à une table ronde à Reims, organisée en ouverture du Congrès annuel de l’ARES, Association nationale des étudiants en Sciences sociales, Droit, Eco et AES (FAGE). Teaser du Congrès. Thème de la table ronde : « La mise en place de la nouvelle licence dans nos formations« . Les questions : décloisonnement des filières et passerelles, accueil et accompagnement des étudiants, modalités de contrôle des connaissances, évaluation et pédagogie, professionnalisation.

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