Frères siamois, candidats à Lyon 1

Elections à l’université Claude Bernard Lyon 1. Chroniques précédentes. Rappel du calendrier électoral : 31 janvier 2012, élection des représentants des personnels aux conseils centraux (4 listes en concurrence dans le collège A) ; 14 février, élection des représentants étudiants ; 28 février, clôture des candidatures à la présidence ; 6 ou éventuellement le 9 mars, élection du président par le CA. Alain Bonmartin, président de l’université en fonction, est responsable de l’opacité de la communication électorale (résultats des élections enfin en ligne). Merci aux enseignants, engagés dans la campagne électorale, d’avoir fourni à ce blog des informations clés sur les élections. Les élections universitaires ne sont pas seulement un évènement interne à la Tour d’ivoire : « Pire que n’importe nawak » (IDEX Lyon Saint-Etienne présélectionnée).

Qui sont, aujourd’hui, à une semaine de l’élection du président, les candidats ? Appel à candidatures. Nul ne le sait ! Daniel Simon l’est sûrement : le blog et la profession de foi. Loïc Blum, aussi : le blog et la profession de foi. Quid du candidat à la présidence des deux autres listes de candidats ? Quid du candidat de la liste arrivée en tête aux élections au Ca, la liste ISTS, qui a obtenu 10 des 14 sièges au CA ? Alain Bonmartin, président sortant mais non élu sur cette liste, s’en croyait-il le candidat naturel ? Quid du candidat de la liste IDDE ?

C’est alors que l’élection du président de Lyon 1 tourne à la farce farcissime, à la pantalonnade indigne. La liste gagnante décide d’organiser une audition des différents candidats à la présidence (elle aura lieu demain 1er mars). Loïc Blum et Daniel Simon s’y présenteront. Alain Bonmartin, non. S’y présentera un « candidat siamois » (dénommé tel par un commentateur du blog, cf. infra).

Deux des membres de la liste ISTS (liste qui a conquis 10 sièges sur 14 au CA dans les collèges enseignants) ont demandé à être auditionnés par la liste dont ils sont membres. Ne pas rire svp ! Ne pas rire car, pour l’occasion, les frères siamois présentent un seul et même programme. Comment leurs colistiers pourraient-ils se déterminer ? En tentant une opération de la dernière chance ? Séparer chirurgicalement les inséparables siamois ? Abject !

Ce n’est pas fini, hélas ! La liste IDDE (2 élus au CA, 22% des voix) va, comme la liste ISTS, auditionner les candidats. Pour ne pas perdre le fil : ISTS + IDDE = 12 sièges au CA sur 14 (mais j’ai peut-être raté une marche !). A ce jour, les deux listes qui ont gagné 12 sièges au CA n’ont donc pas de candidat à la présidence. J’hallucine ! Pour IDDE, audition du 27 février au 2 mars. Alain Bonmartin avait pourtant fixé la date limite des candidatures à la présidence au 28 février. Ce président n’est donc pas respecté ! Mais où va-t-on ?

Qui sera élu président de l’université Claude Bernard Lyon 1 le 6 mars prochain ? Et si c’était Loïc Blum ou Daniel Simon ? Au moins, ces deux candidats ont été clairs depuis le départ. Problème : ils ne peuvent a priori compter sur aucune voix des 14 enseignants ! Faux ! Cf. le commentaire de Daniel Simon lui-même !

Commentaire posté ce 29 février par Edgar K (pseudo). Je me sens proche de son analyse. « Le feuilleton tourne à la série Z à l’UCB… Dernier rebondissement : un nouveau candidat… siamois ! MM. Gilly (Doyen de la faculté de médecine Lyon sud) et Benhadid (ex directeur de la faculté de mécanique), respectivement n°1 et 2 de la liste ISTS au collège A, se présenteraient à la présidence… en binôme ! Avec une seule profession de foi, on suppose qu’ils se présentent donc à un tour préliminaire auprès des élus de leur liste (soit dit en passant, face aux autres candidats – tous ? – et dans les mêmes formes que l’élection présidentielle) ! A 5 jours seulement du CA qui se réunira pour élire le président ! Drôle de fonctionnement des élus ISTS qui auditionnent donc désormais leur(s) propre(s) candidat(s). Exceptionnellle “transparence”, mais procédé éminemment pervers et peu respectueux d’une certaine idée de l’Université, gérée de façon démocratique et non au sein de petits comités par une suite de tour de passe-passe. Gloire à la LRU et au gouvernement qui n’avait probablement pas envisagé un tel amateurisme, ou de telles dérives. La suite au prochain numéro… »?  Oui, il faut abroger la gouvernance LRU !

Commentaires fermés sur Frères siamois, candidats à Lyon 1

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Une réponse à “Frères siamois, candidats à Lyon 1

  1. Votre chronique traduit bien la situation dramatique dans laquelle se trouve actuellement Lyon 1 : opacité, improvisation, camouflage, manipulation. Le plus grave est que tout cela se fait au mépris complet de l’électeur. Pour moi, ce n’est pas un effet pervers de la loi LRU, mais une question d’absence de sens moral vis-à-vis du processus démocratique.

    Je confirme que je reste candidat à la présidence et que j’ai officiellement déposé ma candidature.

    J’en profite pour rectifier un point de la dernière partie de votre chronique, puisque dans la mesure où je dispose de 2 élus au CA sur mes listes, je peux compter sur au moins 2 voix ! (situation analogue pour Loïc Blum, qui est lui-même élu au CA). C’est là que l’effet pervers de la loi LRU se fait sentir, puisqu’en raison de la prime donnée à la liste majoritaire, avec 30 % des suffrages, mes listes n’ont obtenu que 2 sièges sur 14.

  2. Olivier Dezellus

    Cher Pierre,

    il y a dans votre chronique des imprécisions et des flous qui sont de votre fait et non des réalités. Je voudrais donc clarifier ce qui concerne IDDE puisque je suis élu de ce collectif au CA:

    1- nous avons toujours été clair et nous l’avons affirmé dans un <a href= »http://idde.lautre.net/Communique-IDDE-23-01-2012.html »communiqué en date du 23 janvier, nous n’avons pas de candidats pour la présidence. Aucun.

    2- comme nous l’avons toujours fait par le passé, comme nous n’avons pas de candidats mais allons participer au vote, nous souhaitons auditionner collectivement (pas seulement les élus) les candidats afin d’arrêter une position collective. Depuis la LRU et la possibilité pour un candidat de se déclarer en séance, cela rend les choses plus compliquées mais nous ferons le maximum pour auditionner les candidats avant le 6 mars.

    3- Concernant « l’opacité totale », je trouve que vous exagérez un peu en mettant tout sur le dos du président Bonmartin. Je vous accorde que les résultats du vote des personnels auraient pu être diffusés à l’extérieur avant les résultats étudiants. Ensuite, la loi LRU en permettant les candidatures de dernière minute fait le reste et d’ailleurs son prédécesseur n’avait pas procédé bien différemment.

    Sur le fond du problème, je ne sais pas si il y aura une candidature siamoise ou deux et peu importe. Le problème réside dans le processus électoral: la liste arrivée en tête (ISTS) est un résurgence des listes majoritaires de 2008, les listes AGIR. Ces listes se construisent sur une logique d’appartenance avec généralement à leurs têtes des responsables de secteur ou de composante. Dans une université comme la notre, l’histoire montre par exemple que le secteur santé vote comme un seul homme pour son doyen (cf <a href= »http://idde.lautre.net/Resultats-des-elections.html »les résultats détaillés sur le site IDDE », et de nombreuses autres composantes vote pour la liste où se trouve leur responsable ou un responsable de site. Dans ces conditions, peu importe le futur candidat à la présidence, la présence au CA doit servir de garantie à la « protection » du secteur…

    La liste ISTS, comme la liste AGIR en son temps, est construite sur ce principe et il est efficace pour obtenir une majorité au CA, notamment grâce au secteur santé. En revanche, après les élections, ce type de liste n’a plus aucune consistance, la logique de groupe s’effaçant devant la défense des particularismes et prés carrés.

    Dans ces conditions, il serait possible d’avoir plusieurs candidats provenant de cette liste sans qu’aucun de ses membres ne se sente tenu de voter pour eux… En fait chacun votera en son âme et conscience de manière libre. Difficile de faire un pronostic !

  3. locher françois

    « la loi LRU en permettant les candidatures de dernière minute fait le reste »
    Une fois encore la loi LRU a bon dos car le fait qu’un(e) candidat(e) puisse se présenter au dernier moment n’est en rien un effet maléfique voulu par Valérie Pécresse dans le cadre de la rénovation de la gouvernance universitaire mais bien un système qui existait depuis longtemps dans le paysage universitaire (l’auteur de ces lignes tient à préciser que l’élection antérieure par le Congrès lui parait un meilleur système que l’élection à une vingtaine dans le cadre strict des élus du CA). En cherchant bien dans l’histoire de Lyon1 on peut sans doute trouver des candidats à la présidence qui sont apparus très tardivement et dont la candidature n’était pas officielle jusqu’au dernier moment et donc non connue de l’ensemble de la communauté universitaire !!! Si parfois « autres temps autres moeurs » (cf autre chronique) dans d’autres cas l’histoire est un perpétuel recommencement !

  4. mabherve

    Les commentaires confirmùent qu’en matière de gouvernance la loi LRU n’a rien réglé, en créant une logique faite pour conforter le président, grâce à la prime (avec le défaut que les deux primes peuvent jouer en sens inverse) sans aller au bout de la logique de présidentialisation qui rendrait seule cette prime cohérente, en permettant des candidatures (et même de dernière minute), de non élus

  5. Olivier Dezellus

    Je rebondis sur « autre temps autre moeurs ». Rien n’est plus vrai. Et j’ajouterais que si on peut déplorer comme Pierre le manque de transparence des universités vers l’extérieur, il serait assez naïf d’oublier de manière réciproque le manque de transparence des pression extérieures qui s’exercent sur les présidents d’universités et a fortiori sur les candidats.

    Nous avons tous en tête les menaces et le chantage exercé par le président de la région Languedoc sur les universitaires Montpelliérains à la suite de leur échec dans la course à l’IDEX. Aujourd’hui, au lendemain du rejet du projet d’IDEX Lyonnais, on apprend dans Lyon Capitale que le président de la région Rhône-Alpes souhaite la création d’une université de Rhône-Alpes, de Saint-Etienne à Chambery !

    Il y a encore 10 ans, les élections universitaires n’intéressaient que les universitaires. Aujourd’hui, le gouvernement en offrant les universités au monde socio-économique en a fait un enjeu de politique locale très important et les pressions qui s’exercent sont en conséquence.

    Voilà aussi l’une des raisons pour lesquelles les candidatures ne peuvent toutes venir des mois à l’avance comme avant: parce que certaines ne sont pas souhaitées par les politiques et les officiels locaux et qu’ils agissent en conséquence pour repousser certains et favoriser d’autres. Ce jeu politique là, soyons en sûr restera lui toujours dans l’ombre…mais il contribue, en tout cas sur Lyon, au manque de transparence que l’on reproche ensuite aux acteurs universitaires.

  6. Silvia Pampani

    En tant que Biatoss et électrice à l’Université de Lyon 1, je trouve cette situation absurde, scandaleuse et antidémocratique.

  7. Au final, la tête de liste ISTS, Gilly, est validé par sa propre liste pour être le candidat de sa liste à la présidentielle. On approche les sommets de la farce.