Bretagne-Sud. Sire accuse Dupont

Il faudra un jour écrire l’histoire des élections 2012 à la présidence des universités, tant elle est un feuilleton à rebondissements, feuilleton trop souvent burlesque et sinistre.

Les élections à l’université Bretagne-Sud (UBS) ont eu lieu les 7 et 8 mars 2012. Quelques informationssur le site de l’université. Trois jours après la clôture du scrutin, les résultats ne sont pas encore en ligne. C’est un article d’Ouest France qui les révèle : « Vannes. L’université de Bretagne-Sud devrait changer de président« . Echec des listes soutenant le président sortant, Olivier Sire. Virginie Dupont, tête de liste et candidate à la présidence, observe : « la participation record est un signe que la gouvernance n’a pas convenu ».

L’élection de la ou du président est prévue le 22 mars. Coup de théâtre. Olivier Sire accuse Virginie Dupont de plagiat : le programme de celle-ci comporte des copiés-collés sans guillemets issus de programmes ou de professions de foi d’élections dans d’autres universités. Incroyable !

Que cherche le président de l’UBS ? Discréditer sa concurrente ? Obtenir une annulation des élections en recourant à la Commission académique de contrôle des opérations électorales ? Convoquer Virginie Dupont devant la section disciplinaire de l’établissement ? Attendre des collègues plagiés qu’ils attaquent son opposante au pénal pour contrefaçon ? Vraisemblablement non ! Mais il a eu raison de mettre sur la place publique un comportement éthiquement inadmissible. Mais pourquoi Virginie Dupont s’est-elle laissé aller à de telles « facilités » ?

Olivier Sire appuie son argumentation sur un document intitulé « Un programme à tout prix« , comparant, en deux colonnes parallèles, des éléments de programme de Virginie Dupont et 7 textes dont des morceaux ont été « plagiés ». Je connais l’exercice difficile de repérage de plagiats : aller plus loin sur la question du plagiat dans les universités. Olivier Sire a, semble-t-il, reçu le document au cours de la campagne électorale ; il l’a fait examiner par des collègues et l’a transmis aux « plagiés ». Il n’a pas rencontré un enthousiasme débordant, même si l’un des « plagiés » a confirmé que Virginie Dupont avait plagié son programme. Les dénonciateurs du plagiat enseignant mènent toujours un combat solitaire ; j’en ai fait l’expérience.

Conclusion du texte par Olivier Sire. « Ce relevé ne se prétend pas exhaustif de l’ensemble des « sources », utilisées dans le programme V. Dupont. Cependant, il prouve : l’absence de renvoi à plusieurs sources ; l’absence de guillemets pour les citations ; la manipulation marginale et maladroite du texte source, pour atténuer l’effet de copié-collé ; plusieurs omissions significatives à partir du texte source… Quand nos étudiants s’adonnent à de telles pratiques, ils encourent les sanctions de la commission disciplinaire. Une candidate à la présidence de l’UBS a-t-elle droit au plagiat » ?

Commentaires fermés sur Bretagne-Sud. Sire accuse Dupont

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Une réponse à “Bretagne-Sud. Sire accuse Dupont

  1. Bonsoir
    Voyez vous se dégager une tendance pour ou anti-LRU dans ces différentes élections? Pro- ou anti-IDEX? Finalement, il paraît difficile de synthétiser les choses dans un sens ou dans l’autre, me semble t il. LEs préoccupations locales sont dominantes, non? EN tout cas, j’espère qu’à l’issue de ce cylce électoral, vous ferez un billet récapitulatif.

  2. @Everd. D’accord avec vous pour dire si des tendances pro ou anti LRU, pro ou anti IDEX se dessinent chez les enseignants-chercheurs. Prudence et pragmatisme obligent. Chez les syndicats représentant les BIATSS, l’opposition est nettement pus affichée. Un billet récapitulatif ? On verra !

  3. mado

    Décidémment on dirait que l’air breton est propice aux plagiats et contrefaçons diverses, mais toujours dans le monde universitaire, c’est étrange non?
    On s’interroge: Y aurait il des cours (cachés) de plagiat en Armorique?
    Qui les délivre? Ali Aït Abdelmalek ferait il des émules? A ce niveau de ressemblance est ce du hasard? Ou y a t’il des HDR en plagiat dans les universités bretonnes?
    Pour un(e) futur(e) président(e) d’université est ce une faute? une erreur? une stratégie (grossière)de déstabilisation? de récupération?
    Si tous les coups semblent permis dans cette course au pouvoir (le contexte politique actuel parait déteindre on dirait) qui songe encore aux étudiants? Quel bel exemple ils ont sous les yeux! Et quelle crédibilité pour l’université qui se veut d’excellence! Si la morale est « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » alors il n’y a plus de morale!
    Donc ne condamnez pas trop vite les étudiants qui eux « copient » ceux qui se trouvent au dessus d’eux (le corps professoral) dans ce qu’il n’a pas forcément de meilleur. Triste constat que cette histoire de course à la présidence met en évidence: la perte de repères et de valeurs des dirigeants prêts à tout pour rester ou récupérer le pouvoir, même à l’université. Ca promet un bel avenir…

  4. Cher Collègue, Votre article fait dire que « l’un des “plagiés” a confirmé que Virginie Dupont avait plagié son programme ».
    Candidat également à la présidence de l’UBS, j’ai écrit le 29 février au président Olivier Sire la chose suivante lorsqu’il m’a contacté: « Je trouve, en effet, inélégant, si cela est avéré, le copier-coller d’autres dossiers provenant d’autres universités. » Et j’ai ajouté: « Cependant, cela me paraît bien moins grave que la situation exsangue dans laquelle se trouve aujourd’hui notre université et son ambiance délétère. »
    Cordialement. Jean Peeters

  5. Dorian McILROY

    C’est absolument lamentable. Je pense la même chose de la candidate Dupont que je pense des étudiants qui tentent de faire passer des copiés-collés pour un travail personnel. D’une part, ils sont condamnables parce qu’ils ont triché, et d’autre part c’est une insulte vis-à-vis des personnes à qui ils adressent ces « travaux » car ils semblent imaginer que l’on est tellement stupide, que l’on ne va pas le remarquer.

    DMc

  6. visiteur

    Où se situe vraiment le scandale ? Dans le fait qu’une candidate s’inspire des mises en formes trouvées sur le net ou de la vacuité d’une campagne où le débat se pose sur la forme quand le fond n’intéresse personne ? Le Président n’a t-il vraiment que ça à faire que de pointer les programmes des autres candidats, de les faire éplucher par son équipe pour y trouver les failles et tenter de ridiculiser les opposants ? Qui ne s’est jamais inspiré des autres, n’a jamais cherché sur le web ou auprès de confrères l’inspiration pour mettre en mots ses idées, son programme, son cours ? Si même les personnes « plagiées » ne se plaignent pas, ne peut-on recentrer les débat sur le contenu ? Et quelle image pour les deux candidats : celle qui passe pour une plagiaire, celui qui passe pour un délateur/fouineur…

  7. moriarty

    Bonjour

    La méthode de M. Sire (ou sans doute plutôt celle de son âme damnée) est parfaitement représentative de la façon dont l’UBS a été dirigée pendant deux ans: menaces plus ou moins masquées, calomnie sur le niveau scientifique des collègues (utilisé pendant la campagne contre J. Peeters), clientélisme…
    M. Sire dit payer la LRU qu’il incarnerait à son corps défendant, ses pires travers lui vont comme un gant (et à certains membres de son équipe).

    Voilà bien le risque de l’autonomie: confier des établissements de service public à des gens qui les gèrent comme des entreprises familiales d’un autre siècle…

    Bon, le plagiat, ce n’est pas très élégant…

    Il ne nous reste qu’à compter sur uncollègues responsable et partisan du consensus…

    L’UBS est une belle université qui mérite mieux.

  8. Damien

    La dénonciation de plagiat ne me choque pas, pas plus que le fait de « fouiner ». Néanmoins, je trouve abusif le rapprochement avec les copiés-collés d’étudiants (ou du plagiat en recherche).

    Tout d’abord, ce n’est pas un examen ni un article de recherche (ou une publication originale), on demande un programme, pas spécifiquement un « travail personnel ».

    D’autre part, le plus gros morceau « plagié » est cité (rapport 2010 du comité de suivi de la LRU), au point que M. Sire mentionne des « omissions significatives » (le terme « significatif » est relatif, je n’ai pas vu que ça changeait fondamentalement le sens du texte cité) comme s’il reprochait à Mme Dupont de ne pas avoir plagié assez ! Après, on reproche la forme (l’absence de guillemets), qui pourrait gêner la lecture, mais surtout je doute qu’on ait jamais envoyé un étudiant en commission disciplinaire pour une question de forme.

    Une partie du reste (par exemple la référence à la plaquette des doyens d’UFR sciences) est plus de l’ordre de l’emprunt que de la copie de mon point de vue. Et quand il s’agit d’égréner des banalités ou des slogans creux, je comprends que Mme Sire n’ait pas envie de multiplier les reformulations inutiles.

    Je comprends que Pierre Dubois réagisse ainsi, étant donné ses efforts dans la lutte contre le plagiat. Mais j’ai l’impression ici que l’acte, s’il peut être « inélégant » (pour reprendre le terme employé par Peeters), ne mérite pas condamnation.
    Tout ceci dit sans aucun avis sur les candidats à la présidence de l’UBS.

  9. Manu

    cela sent le mauvais perdant quand même…

    et sans parti pris les listes de mr sire et de mdme dupont ont récolté combien de siège ?

    en tout cas bonne chance au futur(e) président(e) de l’ubs pour réussir a ramener une sérénité dans ce paquebot ivre.

  10. calibri

    cela montre que la place est convoitée, par des gens pas toujours à la hauteur de la fonction….grandeur et décadence universitaire…Appel de l’ESR: Plus de 7000 signataires (http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr/spip.php?article1)

  11. Parole libre

    Je trouve cela dommage qu’un candidat, le candidat Sire, en arrive à ce genre de stratégies et d’attaques. Cela démontre qu’il n’y a plus de respect, entre autre entre les candidats, qui seront de part leurs fonctions, amener à travailler ensemble par la suite.
    Cette élection montre qu’il n’y a plus de limites décentes et que les candidats, du moins certains sont près à tout, pour récupérer leur siège de président au détriment du sentiment collectif de changement exprimé lors de ces élections à l’UBS.
    Le candidat Peeters n’est pas rentré dans ce « jeu » machiavélique, de même pour la candidate Dupont et le candidat Menier qui ne se sont pas abaissés à telles bassesses. Point besoin de préciser que pourtant ils auraient pu jeter en pâture sur la place public bien des torts et travers qui auraient certainement coûtés cher au règne de Mr Sire et de sa Cour (basse-cous oserais-je dire, non…).
    Plus généralement, ces élections montrent que le cœur de l’université ne bat plus, et que son objectif premier, que tous, enseignants, personnels devraient avoir en tête, à savoir former les étudiants, n’est que devenu bien secondaire…
    Qui pourra mener le bateau à bon port dans le respect de tous, la transparence tant souhaité des personnels, l’impartialité ? Qui sera en mesure de représenter l’UBS, ses étudiants, ses diplômes, ses programmes de recherche et l’élever au plus au niveau ?
    Il (nous) faut un homme ou une femme qui a foi, qui a envie de se battre et qui nous donne envie de nous battre et de travailler pour la réussite de notre université. Réponse le 23 mars…

  12. Michel

    Je trouve abusif de parler de plagiat pour une profession de foi ! Cela n’a rien à voir avec un travail de recherche. On a le droit de reprendre des idées ailleurs, si on les juge bonnes, pour une profession de foi.

  13. Hortensius

    Selon le Petit Robert 2006, plagier c’est « copier (un auteur)en s’attribuant indûment des passages de son oeuvre ». Le genre ne semble rien à voir dans la qualification des faits, ni le but de la copie.En ce sens, le parallèle avec les « travaux » de certains étudiants me semble parfaitement légitime!
    Dans les réactions que je lis, je constate une grande confusion entre le fait de « reprendre des idées d’ailleurs », et ce qui est en question, à savoir que la candidate Dupont a repris sans mentionner ses sources, comme si cela venait d’elle même! N’est-ce pas tromper les électeurs?! Qui n’a pas cherché des idées sur le net, écrit le « visiteur »? mais c’est une chose de chercher des idées, et une autre de faire du copier-coller sans citation! C’est déontologiquement inadmissible, même si nous ne sommes pas dans le cadre de la production d’un travail de recherche ou pour obtenir un diplôme. Et réduire ceci à une « inélégance », c’est montrer à quel point certains en manquent, de déontologie.
    Moi, je dis aux étudiants de Bretagne Sud: n’hésitez pas à faire pareil, aucune commission ne pourra plus vous condamner vu ce précédent!

  14. Damien

    « Selon le Petit Robert 2006, plagier c’est “copier (un auteur)en s’attribuant indûment des passages de son oeuvre”. »

    Ouais, et moi j’aimerais savoir ce qu’on appelle « s’attribuer » et « une oeuvre ». En particulier, tout écrit est-il « une oeuvre » ? Et est-ce la forme ou le fond qui constitue cette « oeuvre » ?

    « mais c’est une chose de chercher des idées, et une autre de faire du copier-coller sans citation!  »

    Donc une idée n’est pas « une oeuvre », seule la forme l’est. Désolé, dans une publication scientifique, reformuler le résultat d’un autre reste répréhensible, même si on ne le copie-colle pas.
    Donc si, le genre a à voir avec la qualification des faits. On ne juge pas les mêmes choses selon le type de document.

    « Moi, je dis aux étudiants de Bretagne Sud: n’hésitez pas à faire pareil, aucune commission ne pourra plus vous condamner vu ce précédent! »

    On ne demande pas forcément aux étudiants de produire un travail original. En fait, je dirais même qu’on demande très rarement aux étudiants de produire un travail original. Caricaturalement, l’étudiant qui copierait par coeur le cours de l’enseignant (ou au moins reprendrait ses idées) serait bien noté (je parle d’examen écrit en salle, là), et pourtant c’est exactement un plagiat de l' »oeuvre » de l’enseignant. Par contre, celui qui copierait directement de papier à papier (sans passage par la mémoire) serait coupable, non de plagiat, mais de fraude. Et c’est la fraude (c’est-à-dire le non respect des règles de l’évaluation) qui est condamnée en commission, non le plagiat.

    En conclusion, je dirais aux étudiants de Bretagne Sud que vous racontez des bêtises.

  15. Hortensius

    Fort intéressante cette conception de l’enseignement supérieur! Y avez-vous vu beaucoup d’examens où l’étudiant n’aurait autre chose à faire que reproduire des connaissances?! Ce que vient d’être écrit est exactement ce que dénonce « Sauvons l’université » quand elle parle de la secondarisation des études supérieures: une vision de l’université où les étudiants sont des « élèves », censés reproduire ce que leur a dit le « prof », sans distance critique et sans apport réflexif.
    D’aucuns diraient qu’on s’éloigne de la question principale (le plagiat d’un programme et l’approbation de ce plagiat par certains), mais non: c’est bien la même médiocrité qui s’y manifeste, la même certitude que tout est permis, le même manque de déontologie.

  16. Damien

    @Hortensius
    « Y avez-vous vu beaucoup d’examens où l’étudiant n’aurait autre chose à faire que reproduire des connaissances?! Ce que vient d’être écrit est exactement ce que dénonce “Sauvons l’université” quand elle parle de la secondarisation des études supérieures: une vision de l’université où les étudiants sont des “élèves”, censés reproduire ce que leur a dit le “prof”, sans distance critique et sans apport réflexif. »

    Je me demande si vous cherchez à comprendre ce que je dis ou si vous appliquez juste votre filtre de lecture. Je vais donner un exemple : dans un examen de mathématiques, on vous demande de prouver quelque chose. Mais on ne vous demandera jamais (pas avant le DEA, et encore) d’inventer un nouveau théorème, et la preuve ne sera jamais qu’une adaptation d’autres preuves vues en cours. Ce n’est pas un « travail original », ça ne ferait jamais l’objet d’un article. C’est tout. Et c’est valable pour tout l’enseignement scientifique, parce que si les étudiants devaient réellement faire du nouveau dans les quelques heures (ou même les quelques mois) de l’évaluation, ce ne seraient pas des étudiants, mais des chercheurs, ou plutôt des génies.

    Et je suis à peu près persuadé que c’est valable ailleurs. L' »apport réflexif » et la « distance critique », tout cela est relatif (et je suis gentil). Restons modestes, parlons d’esprit de synthèse et de capacité d’analyse, et ce sera déjà très bien (et pas différent de ce qui était demandé auparavant).

  17. Serge

    Michel : je vous invite à lire la page « Plagiat et contrefaçon »
    (http://www.leplagiat.net/Page047.html) dont je reprends ci-dessous
    trois phrases qui me semblent s’appliquer particulièrement à la
    situation présente.

    « le juge distingue entre les emprunts concernant les idées –qui ne
    sont pas condamnables- et les emprunts -condamnables- concernant la
    forme sous laquelle sont présentées les idées, à savoir l’expression
    et la composition. »

    « Un recopiage, même s’il s’intègre dans un ensemble beaucoup plus
    vaste et lui-même doté d’une certaine originalité, est illicite. »

    Vous avez certainement parcouru le document « Un programme à tout prix »
    mis en ligne sur ce blog; on a clairement affaire ici à du « copié-collé »,
    assez éloigné de ce qu’on pourrait qualifier de plagiat habile où l’auteur
    du plagiat reformulerait les arguments de l’oeuvre plagiée :

    « comme le dit R. Plaisant dans Le Droit d’auteur, « le plagiat habile est
    moralement coupable mais juridiquement irréprochable.  »  »

  18. Valentin

    Moi je trouve toute cette histoire lamentable, mais surtout la façon dont ce blog devient un lieu d’affrontement entre les partisans des différents candidats à la présidence de Bretagne Sud. La discussion sur la question de fonds (le cancer du plagiat dans l’université) est soit évitée, soit abordée avec des tonnes de mauvaise foi, et seuls les aveugles ne voient pas le message de certains post: « votez pas Sire, on va quand même pas voter Dupont parce qu’elle a été inélégante, donc choisissez Peeters ».Franchement, de l’extérieur de l’UBS, ça n’intéresse pas beaucoup.

  19. Dorian McILROY

    @Damien
    « On ne demande pas forcément aux étudiants de produire un travail original. En fait, je dirais même qu’on demande très rarement aux étudiants de produire un travail original. »

    Lire un texte, et en faire une critique (exercice classique en Lettres); analyser les résultats d’un TP et en faire un compte-rendu (exercice classique en Sciences). Dans les deux cas, on demande un travail personnel, même si il n’est pas « original » dans le sens d’une avancée en recherche. Il est clair que quelqu’un qui ne fait que copier-coller le texte d’un autre n’a pas montré qu’il comprend quoi que ce soit au texte, ou aux données que l’on lui demande d’analyser.

  20. Damien

    « Dans les deux cas, on demande un travail personnel, même si il n’est pas “original” dans le sens d’une avancée en recherche »

    Il n’est pas « original » du tout. Un TP est quelque chose d’extrêmement cadré, et on ne s’attend pas des étudiants qu’ils trouvent autre chose que ce qu’on leur demande de trouver. De même pour la critique d’un texte, on n’attend aucune idée originale de cette critique, au mieux une reformulation d’idées déjà vues. A la limite, des idées réellement « originales », trop excentriques, auraient plus de chances d’être mal notées qu’une production purement académique (même si nombre d’enseignants affirmeraient le contraire, en parlant de leur notation bien sur).

    Pour moi le débat n’est pas sur l’approbation ou non du plagiat, mais sur le fait qu’il n’existe pas une forme unique de plagiat (quand bien même le Petit Robert donnerait une seule définition, ambigüe de surcroit), et d’autre part que les étudiants ne sont pas essentiellement sanctionnés pour plagiat mais pour fraude (et donc que l’analogie ne tient pas).

    « Il est clair que quelqu’un qui ne fait que copier-coller le texte d’un autre n’a pas montré qu’il comprend quoi que ce soit au texte, ou aux données que l’on lui demande d’analyser. »

    Et justement, il est sanctionné parce que, en trichant, il a empêché l’évaluation d’atteindre son objectif.
    Maintenant, est-ce que l’élection d’un président d’université est une « évaluation » ? Est-ce que ces « copiés-collés » ont empêché le bon déroulement de cette élection, ou est-ce qu’ils montrent que Mme Dupont n’a pas compris ce qu’elle copiait ? Je ne suis pas vraiment convaincu (mais bon, je dois être un médiocre dépourvu de déontologie).

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  22. Jerem

    C est vrai que le plagiat est ici flagrant sans discussion possible. Maintenant il s’agit de savoir si la construction d’un programme ne peut pas aussi consister dans un travail de synthese que Mme Dupont n’a pas pousse (faire la synthese) jusqu’a son terme probablement par insouciance (elle n’imaginait sans doute pas se faire prendre par la patrouille) mais aussi par une ambition probblement excessive (la fin justifie les moyens). Tout ca est surtout pittoyable et ne vole pas tres haut. En tout cas, Mme Dupont est bien totalement discreditee et elle ne pourra plus concourrir desormais, a mon sens, a une fonction elective.

  23. fab

    Mesdames,messieurs,pensez-vous que ce maudit spectacle pour acceder ou conserver « le pouvoir »dans ce digne lieu d’enseignement,soit à la hauteur des efforts effectués par la majorité des etudiants pour valider leur année de cours.Dans quel etat d’esprit pensez vous que professeurs et jeunes adultes se trouvent au vu de ces écrits?Cette société a véritablement besoin d’être secouée.Le futur n’est pas écrit,ma parole est libre et sincére,comme celles de toutes ces fantastiques personnalités signataires de l’appel de l’enseignement supérieur.

  24. V. SImon

    Quelqu’un sait-il si une suite quelconque a été donnée à cette triste histoire de plagiat à l’Université de Bretagne Sud ? Je n’en trouve en tout cas aucune trace, que ce soit sur ce blog ou ailleurs.

    Virginie Dupont (la candidate qui s’est illustrée dans cette affaire) n’a pas été élue, mais l’histoire va-t-elle simplement en rester là ? On oublie le scandale, et on fait comme si de rien n’était ?!?

    Certes les auteurs plagiés ont apparemment préféré hausser les épaules plutôt que de porter plainte, comme ils étaient en droit de le faire. Mais les collègues de V. Dupont sont-ils censés être aussi magnanimes ? Car eux ont tout de même été victimes de tromperie, ou en tout cas, de tentative de tromperie. Et c’est l’image de leur établissement qui est éclaboussée par cette affaire.

    Si les enseignants-chercheurs banalisent le plagiat, soit en le pratiquant eux-mêmes, soit en « l’excusant » lorsqu’il est pratiqué par l’une des leurs (doyenne de faculté qui plus est !), comment ces mêmes enseignants-chercheurs pourraient-ils prétendre inculquer aux étudiants une quelconque éthique dans leur travail ?

  25. Trompée

    Étant enseignante à l’UBS (Université de Bretagne Sud), j’ai milité lors des dernières élections en faveur de Virginie Dupont. J’étais séduite par son discours, et par les idées qu’elle soutenait.
    Je viens de parcourir les articles de ce blog, dont quelques étudiants m’ont parlé. C’est un véritable choc! Je réalise à présent que ces idées qui me paraissaient intéressantes n’étaient pas celles de V. Dupont. Pensez un peu: lors du renouvellement des conseils de l’UBS elle appuyait une liste qui revendiquait entre autres des valeurs de confiance, de transparence, et d’intégrité! Où est la confiance, où est l’intégrité, lorsqu’on clame haut et fort « Voici MON programme,
    voici MES idées », alors qu’on n’a fait que les « emprunter » à d’autres?
    J’ai honte à présent. Honte d’avoir été aussi naïve. Et je suis aussi très en colère.
    Certains intervenants sur ce blog accusent Olivier Sire d’avoir joué les corbeaux en dénonçant cette affaire. Je trouve, moi, qu’O. Sire a été bien trop gentil! Car enfin, si je ne découvre qu’aujourd’hui toute cette histoire, c’est que l’information a pour ainsi dire été étouffée pendant toute la campagne précédant les élections.
    C’est malsain de dénoncer ses collègues, diront certains. Mais n’est-il pas encore plus malsain de les laisser se faire berner, tout en sachant parfaitement ce qu’il en est?
    J’ai maintenant l’impression d’avoir été doublement abusée: d’abord par V. Dupont elle-même, et ensuite par ceux qui savaient et n’ont rien dit (ou en tout cas pas assez fort).

  26. Loïc

    Est-ce que le plagiat est un délit? D’après l’article 335-2 du code de la propriété intellectuelle, on dirait bien que oui:

    Art. L 335-2 « Toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon ; et toute contrefaçon est un délit. »

    Notez bien que les juristes appellent contrefaçon ce que le commun des mortels appelle plagiat.

    Mais notez aussi que la loi semble se préoccuper beaucoup plus des auteurs plagiés que de ceux auxquels l’oeuvre plagiée est destinée. Donc si les auteurs plagiés ne portent pas plainte, le plagiaire ne risque pas grand-chose. Les autres victimes dans l’affaire, ceux auxquels le plagiaire a fait prendre des vessies pour des lanternes en leur disant « ceci est MON oeuvre », n’ont apparemment aucun recours face à ce type de tromperie.

    Faut-il en déduire que si un faussaire génial réalise une copie parfaite de la Joconde, personne ne pourra le lui reprocher parce que l’auteur du tableau ne sera pas en mesure de porter plainte?

    Non, il doit y avoir un truc qui cloche quelque part. Est-ce qu’un juriste pourrait nous dire exactement ce qu’il en est?

  27. Solenn

    Même si le plagiat peut éventuellement être considéré comme un délit, il serait un peu démesuré de vouloir poursuivre devant un tribunal un candidat à une présidence d’université pour cause de programme plagié. Les tribunaux ont surement mieux à faire que s’occuper de la politique interne des universités!

    Par contre, que l’université elle même s’intéresse au problème, ça c’est une autre affaire. Sans aller chercher trop loin il me semble qu’une personne qui a cherché à tromper ses collègues devrait au minimum être écartée de toute fonction de direction. On ne peut demander à des enseignants-chercheurs de travailler quotidiennement sous la direction de quelqu’un qu’ils ne respectent sans doute plus.