Minovez, président du Mirail

Jean-Michel Minovez a toutes chances d’être élu président de l’université Toulouse Le Mirail par le Conseil d’administration, élu le 27 mars 2012. Il sera élu grâce à la prime de sièges attribuée à la liste arrivée en tête. Histoire du Campus du Mirail et 90 photos.

Résultats des élections au CA : fort belle transparence et réactivité de l’université en matière de communication externe. Enjeux majeurs de l’élection : l’IDEX Toulouse (« IDEX malmené« ), la LRU, la reconstruction de l’université…

Jean-Michel Minovez a été élu au CA, en tête de la liste SNESUP FSU avec la participation de l’UNSA et le soutien de la CGT et de SUD. La liste a emporté 5 des 7 sièges au CA dans le collège des professeurs et 5 des 7 sièges dans celui des autres enseignants. 10 des 14 sièges. Le futur président peut compter également sur les 3 élus BIATOSS (CGT et SUD, SNASUB FSU, UNSA), et sans doute sur 3 des 5 voix des élus étudiants. Score attendu pour l’élection à la présidence : 16 voix sur 22. Mais… la liste Minovez (« Donnons du sens à l’UTM« ) n’a obtenu que la majorité relative des suffrages exprimés dans les 2 collèges enseignants (respectivement 39,2 % et 48% des voix).

Quatre singularités du scrutin du Mirail. 1. La liste soutenant Jean-Michel Minovez affrontait deux autres listes, soutenant chacune un vice-président de l’équipe de Daniel Filâtre : Pierre-Yves Boisseau, VP en charge du CA (liste « Avancer et construire ensemble« ), Marie-Christine Jaillet (liste « Pour une université dynamique, ouverte et solidaire« ), VP en charge du Conseil scientifique.Voir et entendre les 3 candidats débattre 1 heure 30, le 26 mars en séance publique : « Toulouse, ils débattent en direct« .

Les deux listes battues ont obtenu chacune 2 sièges au CA. Elles n’ont obtenu aucun siège chez les BIATOSS alors qu’elles présentaient des candidats dans ce collège. Les deux listes subissent donc de plein fouet les effets de « la prime tueuse« . « Oui, il faut abroger la gouvernance LRU« .

2. Pierre-Yves Boisseau et Marie-Christine Jaillet étaint tous deux en tête de leur liste. Ils sont élus au CA et y seront en position très minoritaire. Vont-ils sièger ou démissionner d’emblée ? 3. S’ils avaient fait alliance et présenté une seule liste, ils auraient emporté l’élection. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Alors qu’ils étaient tous dans l’équipe présidentielle sortante. Alors que je n’ai entendu que des nuances entre eux au cours du débat public. Querelles d’egos ? Ambitions de devenir Khalife ? Méconnaissance des effets de la prime tueuse ?

Quatrième singularité liée au coeur de l’éléction, l’IDEX Université de Toulouse. Daniel Filâtre, président sortant de Toulouse Le Mirail, a écrit une lettre, datée du 23 mars, au président du PRES et président de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Gilbert Casamatta. « Daniel Filâtre prend position contre une signature précipitée de la convention attributive de l’Idex, mise à l’ordre du jour du prochain CA du PRES toulousain, le 6 avril prochain » (Frédéric Dessort, Educpros). Lire aussi « Le projet UNITI face à une bronca syndicale » (Jessica Gourdon, EducPros).

Le gouvernement met la pression sur les universités IDEX pour signer les conventions avant les élections nationales, manière de rendre les IDEX irréversibles. Jean-Michel Minovez et Daniel Filâtre s’y opposent. Les deux VP, candidats à sa succession, n’étaient-ils donc pas ses dauphins ? Help au lecteur !

8 Commentaires

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8 réponses à “Minovez, président du Mirail

  1. christian pihet

    A Paul Sabatier, à côté c’est l’ancien leader de SLR, Bertrand Monthubert qui sera le futur président. Ses listes ont défait sans appel celles du président sortant.

  2. Gabriela Pfeifle

    Alors qu’en général j’aime bien votre lecture critique des événements dans les universités, je vous trouve, sur le sujet de l’élection à Toulouse 2, moins bien informé, et donc bien moins concis…

    « 2. Pierre-Yves Boisseau et Marie-Christine Jaillet étaint tous deux en tête de leur liste. Ils sont élus au CA et y seront en position très minoritaire. Vont-ils sièger ou démissionner d’emblée ? »

    Ne peut-on donc participer à un CA d’Université qu’en position de force ? Vous traduisez, par vos paroles, ce que nous avons pointé : pour contrer le déficit démocratique imposé par la LRU, la seule possibilité est de constituer une liste ouverte, un collectif pluriel, représentant les forces de tous côtés. Avec un candidat, un président, capable de rassembler largement – une conviction optimiste, peut-être, mais vraie.

    « 3. S’ils avaient fait alliance et présenté une seule liste, ils auraient emporté l’élection. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Alors qu’ils étaient tous dans l’équipe présidentielle sortante. Alors que je n’ai entendu que des nuances entre eux au cours du débat public. Querelles d’egos ? Ambitions de devenir Khalife ? Méconnaissance des effets de la prime tueuse ? »

    Votre manque de connaissance de la situation vous fait écrire des « inepties »… Si vous aviez pris le temps de suivre la campagne, de lire les textes produits par toutes les listes, vous auriez certainement trouvé plus que « des nuances ». Nous savions que c’était risqué, mais ne vaut-il pas mieux courir un risque que de se trahir ? Ne vaut-il pas parfois mieux perdre que de gagner en promettant l’intenable ? Pas très politicienne comme position, j’en conviens, mais comptons sur l’intelligence collective…un peu !
    J’attends de voir…l’IDEX, la gestion humaine et humaniste…beaucoup de promesses ont été faites, j’espère qu’elles seront tenues. Pour le bien de la collectivité, de la communauté.

  3. Jean-Marie Pailler

    Attendons. Les voix, hélas, se monnayent quelquefois. Un premier communiqué de la CGT de l’université du Mirail, comme il était prévisible, vient aussitôt de rappeler « ses promesses » à J.-M. Minovez. Sur l’ARTT et sur d’autres sujets, la nouvelle équipe saura-t-elle résister aux pressions visant au retour à des errements anciens ? Des errements trop connus, qui ont tant fait de mal à l’université et à son image. L’avenir le dira.

    Quant à l’origine des divisions meurtrières dans l’autre « camp », il n’est plus temps d’ergoter. L’obstination n’est pas une vertu en soi. Les plus lucides avaient prévu l’inévitable issue. Par où l’on voit que les universitaires sont souvent meilleurs commentateurs qu’acteurs de la chose politique.

    Il reste le bilan considérable du président sortant, Daniel Filâtre, que la CGT considère comme « désavoué » par ce vote. Là encore, wait and see.

  4. @ Gabriella et @ Jean-Marie. Merci pour vos deux commentaires fort bien informés et argumentés. Le plus important maintenant est la prochaine mandature : tant de chantiers en projet et à réaliser.

    Pour ce qui concerne les élections aux conseils centraux, ce blog défend la transparence totale de l’information de la part de la communication externe de l’université. Les élections universitaires concernent tout le monde, ne serait-ce que parce que les universités sont dotées majoritairement par l’Etat et donc par les impôts des Français. Ils doivent donc savoir ce qui est fait de leur argent !

    Pour l’élection du Mirail, c’est assez comique pour moi de lire que je dis des « inepties » (lesquelles d’ailleurs?). J’ai passé une journée au Mirail (6 mars), j’ai vu et écouté le débat d’une heure 30 entre les trois candidats, j’ai lu les programmes et les professions de foi. Tous les personnels (donc les électeurs) se sont-ils autant informés que moi ?

    @ Gabriella. Ce serait gentil de me faire une piqûre de rappel : deux ou trois propositions sur lesquelles divergeaient les deux candidats battus ?

  5. Gabriela Pfeifle

    Je conviens qu’il peut être difficile de différencier l’une de l’autre quand les listes d’une candidate portent le nom « UT2 Autrement – Pour une université dynamique, ouverte et solidaire »…et que l’autre candidat déclare lors du débat rêver d’une « université solidaire, ouverte et dynamique ». N’empêche que…

    D’un côté, vous trouvez une description de projet pour l’université, faite de promesses et de choses qui seront réalisées – comparable au projet proposé par Minovez, même si les directions ne sont pas toujours les mêmes.

    Ensuite, vous avez une proposition de méthode de travail sur la base de relations de confiance et d’un partage des contraintes. Une vision qui fait de la place aux incertitudes. Des promesses ? Celle de faire fonctionner la démocratie universitaire, celle de donner un espace de liberté aux composantes, celle de défendre les intérêts de l’université, et celle de respecter les valeurs et principes du service public de l’enseignement supérieur. Cela me semble bien différent, quand-même…

    Ceux qui connaissent les candidats, qui les ont vu dans l’exercice de leurs fonctions respectives – les dernières : directeur d’UFR, vice-président du CA, vice-présidente du CS – savent que les différences sont de taille.

    Les électeurs, d’ailleurs, parlons-en : vous écrivez qu’en additionnant les voix obtenues par les 2 listes qui n’ont pas gagnées…certes, sauf que ceux et celles qui ont voté d’un côté n’auraient peut-être pas voté de l’autre ? Que ceux et celles qui ont choisi une autre voie ici auraient peut-être voté blanc, n’auraient pas voté, ou auraient même voté SNESUP ? A mon avis, il est faux de dire que ce sont les mêmes voix, les mêmes sensibilités qui se sont exprimées pour ces deux listes dont il est question ici. Le vote est secret, certes, mais on sait quand-même à peu près qui a voté pour quoi…

  6. Jean-Marie Pailler

    On n’a vraiment pas envie d’ergoter, encore moins d' »égoter » après un tel gâchis. Mais quand même on se félicité d’être à distance du plafond quand on lit : « Des promesses ? Celle de faire fonctionner la démocratie universitaire, celle de donner un espace de liberté aux composantes, celle de défendre les intérêts de l’université, et celle de respecter les valeurs et principes du service public de l’enseignement supérieur. Cela me semble bien différent, quand-même… »
    J’ai l’impression que même pendant la campagne de telles accusations (être contre la démocratie, en pas respecter les valeurs etc) n’ont pas été portées par quiconque contre quiconque.

    Il est préférable de briser là. Quant au report de voix au cas où la fusion avait pu se faire, on peut en effet le traiter par la soustraction des plus « anti-Boissau », mais ce mal, dans de rares cas très aigu, a semblé bien réduit en nombre. Et l’effet multiplicateur de l’unité, peut-on penser, aurait largement compensé ce handicap.

    Avec des « si », Toulouse serait déjà en bouteille. Mieux vaut maintenant se tourner vers l’avenir, en essayant de préserver l’essentiel, face aux pesanteurs du « conservatisme de gauche ».

  7. « Mieux vaut se tourner maintenant vers l’avenir » : d’accord ! Quel rattachement, regroupement d’établissements d’enseignement supérieur à Toulouse. Pour faire quoi et pour quelle valeur ajoutée ?

  8. Thomas D

    D’après ce que l’on m’a dit, il y aurait eu une primaire interne entre Marie-Christine Jaillet et Pierre-Yves Boissau. Selon mes sources, Pierre-Yves Boissau aurait gagné et madame Jaillet aurait refusé de se retirer. Il est vrai que sur le fond rien ne differencie madame Jaillet et monsieur Boissau. Il y a une différence de méthode. Il semblerait que madame Jaillet soit beaucoup plus dans le dialogue et la négociation. Elle reprocherait à Pierre-Yves Boissau de ne pas être assez patient.
    D’autre part, il n’a jamais été question pour les deux perdants de démissioner.Je suis presque certains qu’ils siègeront et assumerons leur échec.
    Enfin, le scrutin n’a en rien désavoué le président Filâtre. En effet, l’équipe sortante (Boissau + Jaillet) reste largement majoritaire en nombre de voix (60% chez les professeurs et 52% chez les MCF). Minovez ne devra sa probable élections qu’à la prime majoritaire accordée à la liste arrivée en tête. C’est donc une équipe minoritaire en nombre de voix qui devra assumer la charge de diriger l’université.