La Rochelle. Minoritaire mais réélu

3 et 16 avril 2012 : élections universitaires à l’université de La Rochelle. Gérard Blanchard (CV) a été réélu président par le Conseil d’administration nouvellement élu, au premier tour de scrutin, et à une large majorité : 14 voix contre 8 pour Jean-Marie Piot (CV). Un score sans appel. Pourquoi donc intituler cette chronique : « minoritaire mais réélu » ? Chaque élection universitaire est singulière : celle de La Rochelle l’est à plusieurs titres.

Singularité que celle des résultats des élections du 3 avril 2012 au Conseil d’administration. Dans le collège A, celui des professeurs, la liste « Construire ensemble une nouvelle génération d’université« , conduite par Gérard Blanchard, a emporté les 7 sièges à pourvoir. 76 professeurs inscrits, 67 votants, 37 pour la liste Blanchard et… 30 votes nuls. Ce nombre de votes nuls est exceptionnel et signifie que l’opposition au président sortant n’a pas été à même ou n’a pas voulu constituer une liste. Pourquoi ? Trouver 7 professeurs parmi un corps électoral de 76, volontaires pour constituer une liste : un exercice trop difficile ? Jean-Marie Piot, professeur, s’est présenté à la présidence de l’université, sans être lui-même élu. Collège A : 37 voix pour Blanchard contre 30 votes nuls, 7 sièges à zéro.

Les opposants à Gérard Blanchard ont par contre réussi à constituer une liste dans le collège B, celui des maîtres de conférences et autres enseignants (218 votants seulement sur 306 inscrits). Sous le titre « ULR Démocratique, Pluraliste, Humaniste et Solidaire » (DPHS), la liste a recueilli 111 voix contre 100 à la liste du président sortant. Par l’effet de la « prime tueuse« , elle a obtenu 6 des 7 sièges. Collège B : 111 voix à 100, 6 sièges à 1.

Total sur les deux collèges enseignants : 137 voix pour la liste du président sortant (8 sièges), 111 voix pour la liste DPHS (6 sièges), 30 votes nuls dans le collège A. J’estime que ces votes nuls sont des votes d’opposition au président sortant. 30 + 111 = 141 contre 137. Le président Blanchard a donc été réélu, tout en étant battu, d’une courte tête certes, dans l’ensemble des deux collèges enseignants. « Minoritaire mais réélu« . Il n’est pas le seul dans ce cas. Bien sûr, je m’attends à ce que cette interprétation soit contredite ! Un débat à poursuivre : celui du mode d’élection du président d’université.

8 sièges à 6 au CA : l’élection à la présidence de l’université n’était donc pas jouée le 3 avril 2012. Elu au Conseil d’administration, Gérard Blanchard a fort logiquement candidaté pour être réélu (sa profession de foi). S’attendait-il à avoir un challenger, non élu au CA ? Jean-Marie-Piot s’est lui aussi porté candidat, fort du soutien de la liste DPSH (sa profession de foi). Singularité que cette candidature d’un non-élu ? Une telle situation a été observée dans moins de 10 élections (synthèse à venir).

Comme dans toutes les élections qui, par l’effet de la prime majoritaire inversée dans les deux collèges enseignants, les BIATOSS et les étudiants allaient faire, le 16 avril, l’élection du président. Aucune des 4 listes BIATOSS ne s’est présentée aux électeurs sous la bannière d’une des deux listes enseignantes : 3 listes ont emporté chacune un siège. Même situation pour les 5 listes étudiantes : Cé a obtenu 2 sièges, 3 autres listes emportant chacune 1 siège. Dispersion des listes et dispersion des sièges chez les BIATOSS et chez les étudiants : situation non singulière à La Rochelle !

Que s’est-il passé entre le 3 et le 16 avril 2012 ? Quelles négociations ? Quelqu’un écrira-t-il, comme à Bordeaux 3l’histoire de l’entre-deux tours à La Rochelle ? Le 16 avril, Gérard Blanchard l’a emporté par 14 voix contre 8 à Jean-Marie Piot (PV de l’élection). Le premier a donc eu le soutien de 6 des 8 élus étudiants et BIATOSS (8 + 6), Jean-Marie Piot n’a convaincu que 2 élus étudiants ou BIATOSS. 6 à 2 : en situation de dispersion des origines des élus BIATOSS et Etudiants, cet écart me questionne ! Interprétation ? Help au lecteur de La Rochelle.

Sitôt après la réélection de Gérard Blanchard, le Conseil d’administration, par 20 voix contre 2 abstentions, a approuvé la désignation de 5 des 8 personnalités extérieures, les collectivités territoriales devant désigner par la suite leurs 3 représentants au CA. Deux points singuliers à La Rochelle. Les 5 personnalités appartiennent toutes au monde économique dirigeant (3 cadres dirigeants d’entreprise et 2 représentants de fédérations patronales de branche).

Etonnant qu’il n’y ait aucun représentant des syndicats de salariés, du monde associatif ou culturel. Surprenant également que la désignation des personnalités extérieures ait eu lieu le même jour que l’élection du président ; si Jean-Marie Piot avait été élu, aurait-il proposé les mêmes personnalités ? Associer dans le même ordre du jour du CA l’élection du président et la désignation des personnalités extérieures me semble pouvoir faire l’objet d’un recours en contentieux.

Profession de foi de Gérard Blanchard : « Construire ensemble une nouvelle génération d’université« . Qu’est-ce à dire ? Ce sera l’objet de la prochaine chronique.

2 Commentaires

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2 réponses à “La Rochelle. Minoritaire mais réélu

  1. PIOT Jean-Marie

    Bonjour,
    Tout d’abord merci pour votre article au sujet duquel je désire apporter une précision. Si la liste « ULR Démocratique, Pluraliste, Humaniste et Solidaire” (DPHS) n’a pas pu se présenter aux élections pour le collège A du Conseil d’Administration de l’Université de La Rochelle, c’est uniquement parce qu’ aucun professeur de l’UFR FLASH (Lettres) n’a voulu y figurer. Cette « exceptionnelle unanimité » à notre encontre semble avoir été le résultat de pressions exercées par un membre de la liste adverse envers certains de ces professeurs: j’ai moi même reçu un mail (et conservé) très explicite à ce sujet de la part d’un professeur de l’UFR FLASH concerné, qui se disait « pas fier » de son attitude, « pas glorieux » et conscient qu’avec une seule liste du collège A pour le CA,  » l’Université de La Rochelle risque d’être un cas unique en France »: cette prise de conscience est édifiante mais ce professeur est resté immobile !!
    Voilà pourquoi la « pensée unique » a prévalu lors de ces élections pour le collège A. Aussi, la liste DPHS, bien que non validée et ne pouvant ainsi prétendre à des suffrages, a demandé explicitement aux électeurs de voter « Nul ». Le résultat de près de 45% de votes nuls nous a permis d’estimer notre représentativité !
    Fort heureusement pour le collège B, ce type de manoeuvre n’a pas abouti et la liste B DHPS l’a emporté !
    A l’issue de ces élections, ou l’opposition au président sortant était majoritaire ( 141 voix contre 137) j’ai décidé, en qualité de porteur de cette liste invalidée, de me présenter pour l’élection à la présidence…….là encore il y aurait beaucoup à dire quant aux pressions que j’ai personnellement reçues (preuve à l’appui) pour ne pas poursuivre, mais, je suis allé au bout du processus démocratique.
    Merci encore pour votre article,
    Bien cordialement,
    Jean-Marie Piot-Professeur de Biochimie

  2. Eris

    A lire les précisions apportées par Jean-Marie PIOT, on ne peut que s’interroger sur la dégradation des valeurs que sont censées porter un professeur des universités. Est-il vraiment encore utile que nous soyons nommés par le président de la république ? Une nomination « Flash » serait sans doute plus appropriée.