Hollande. Un texte-clef pour le SUP

François Hollande, dans sa réponse du 19 avril 2012 à un courrier de Dominique Faudot, présidente de la Commission permanente du CNU, fournit (enfin !) des précisions sur ses projets pour l’enseignement supérieur et la recherche.

Toutes les chroniques du blog mentionnant « Hollande« . Photo prise par Christine au meeting de Nancy sur le SUP.

François Hollande ne se contente plus d’annoncer la convocation d’Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il précise « Assises au terme desquelles la loi LRU sera réformée et remplacée par une loi-cadre« . « Cette loi aura pour objectif de donner aux universités des moyens financiers à la hauteur des missions qui leur sont confiées ainsi que de rendre leur gouvernance plus collégiale et démocratique. Il s’agira également de réaffirmer avec force la nécessité d’un cadre national des diplômes et des statuts des personnels, ainsi que d’encadrer les possibilités de recrutement de contractuels. Le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, rendu illisible par l’accumulation de structures, sera simplifié. La place centrale de l’ unité mixte de recherche comme élément structurant de la recherche universitaire sera réaffirmée. Les soutiens de base et les crédits sur projets seront rééquilibrés« …

François Hollande a compris les attentes des personnels. Bien d’autres propositions sont précisées dans ce texte : conditions de la mise en oeuvre des investissements d’avenir, conditions d’études des doctorants et devenir des docteurs, réussite des étudiants dans les premiers cycles (5.000 nouveaux postes), bureaux d’insertion professionnelle, évaluation des enseignants-chercheurs… Cette lettre de François Hollande à Dominique Faudot a beaucoup plus de souffle que tous les textes précédents.

Certes, Nobody is perfect. Pour les financements des investissements d’avenir, la solution envisagée me paraît difficile à mettre en oeuvre, car elle ressemble au déshabillage de Pierre pour habiller Paul. « Les fonds promis seront versés. C’est le gouvernement qu’il faut sanctionner, et non les équipes qui ont travaillé et remporté les concours. Mais nous demanderons des efforts aux bénéficiaires, car je refuse de voir émerger des déserts scientifiques et universitaires. Nous mobiliserons plusieurs leviers pour corriger ces disparités, et notamment l’élargissement des périmètres pour que les « territoires oubliés » puissent y être associés et en bénéficier« .

Les projets pour réformer le premier cycle demeurent bien trop timides. « Améliorer la réussite des étudiants dans les premiers cycles d’université en améliorant l’encadrement et l’orientation des étudiants… Les nouveaux moyens seront accompagnés d’une réforme des parcours : les passerelles entre les différentes formations du supérieur seront multipliées et la spécialisation des étudiants en licence sera rendue plus progressive. Des places en STS et en IUT seront réservées aux bacheliers professionnels et technologiques ». Passerelles, spécialisation progressive, quotas de places ne sont que des cataplasmes sur une jambe de bois ; ils n’ont jamais rien amélioré. Le premier cycle mérite une révolution : la création d’Instituts d’enseignement supérieur (IES). « Universités et IES en 20 propositions« .

Egalement, les 10 propositions de Michel Destot, maire socialiste de Grenoble, dans son livre publié par la Fondation Jean Jaurès : « 2012-2017 : quel avenir pour l’enseignement supérieur et la recherche ? » La proposition de développer la professionnalisation en revalorisant les filières courtes (développement des licences professionnelles et de l’alternance) est bienvenue, mais elle n’est pas suffisamment ambitieuse. Il faut révolutionner l’ensemble du premier cycle.

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Une réponse à “Hollande. Un texte-clef pour le SUP

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  2. Anthony G.

    Étant doctorant (pour encore quelques mois), président d’un asso’ de jeunes chercheurs et membre du CS au sein de mon université, la question de la valorisation du Doctorat et des doctorants me tient particulièrement à cœur.

    J’ai du mal à croire M. Hollande sur ces questions car cela fait plus de 15 ans qu’on entend dire que le doctorat sera inscrit dans les conventions collectives. Hélas, ce n’est pas à l’État de le faire mais aux syndicats. Peut-être une raison pour laquelle cela n’a encore jamais été fait ? De la même façon reconnaître le doctorat dans les conditions d’accès aux concours de la fonction publique a déjà été évoqué dans le passé… sans résultats. Pourquoi cela changerait-il maintenant ? L’ENS n’étant clairement pas une priorité pour M. Hollande (et M. Sarkozy).

    De même les 5000 nouveaux postes prioritairement affectés au premier cycle… Quel est/sera la part des doctorants contractuels avec mission d’enseignement ? D’après M. Monthubert, ce serait compris dedans alors que M. Hollande propose parallèlement d’augmenter le nombre de « moniteurs ». Donc il ne s’agirait pas réellement de nouveaux postes puisque M. Hollande a en outre précisé il y a peu qu’il n’augmenterait pas le nombre de MCU (chaque départ en retraite est remplacé). Pas de création de poste !

    Concernant les bonus octroyés aux universités offrant plus de Contrats Doctoraux, c’est une bonne chose mais attention à ne pas favoriser les « grosses » universités, qui ont plus de moyens et donc potentiellement peuvent proposer davantage de contrats doctoraux.

    Bref cette réponse est plus étoffée que le meeting de Nancy mais n’est pas plus rassurante. En période électorale les belles paroles sont nombreuses.

    De plus l’université étant un gros mammouth, on ne va pas le dégraisser comme ça.

  3. @ Anthony. Vous posez les bonnes questions : reconnaissance du titre dans les conventions collectives et dans l’accès à la fonction publique ? les postes et les débouchés pour les jeunes docteurs ? le nombre de contrats doctoraux selon la « richesse » relative des universités ?

    Les engagements de François Hollande ne sont pour l’instant que des paroles généreuses : à suivre donc. Ce sont des jeunes et engagés comme vous qui doivent veiller au grain pour que les promesses deviennent réalité ! Bravo, Anthony !