Lorraine. Mutzenhardt se fâche

Suite des chroniques sur les élections en Lorraine. Début avril 2012, le Conseil d’administration de l’université de Lorraine n’a pu élire son président. Jean-Pierre Finance, administrateur provisoire, en explique la raison dans un courriel adressé aux personnels : « à la suite des recours déposés contre le déroulement des élections au Conseil d’Administration de l’Université de Lorraine du 20 mars, la commission de contrôle des opérations électorales a décidé d’invalider les résultats concernant le collège B des enseignants-chercheurs et enseignants » (décision de la commission invalidant une des listes). Les enseignants du collège B vont donc devoir voter une… 3ème fois. Situation unique depuis qu’il existe des élections aux conseils centraux des universités, i.e. depuis plus de 40 ans.

La presse régionale consacre plusieurs articles à cette nouvelle annulation et titre. « L’université de Lorraine en panne. L’élection du président est repoussée sine die… Une spirale négative » (Républicain Lorrain, 5 avril). « Trois recours examinés par la commission de contrôle des opérations électorales. L’élection du président reportée… Une longue gestation » (Est Républication, 5 avril). « L’université de Lorraine sans président jusque fin mai… Désordre… Ubu à la Fac«  (Républicain Lorrain, 7 avril). « UdL : le retour aux urnes » (Est Républicain, 7 avril).

De nouvelles élections pour le collège B devront se tenir. Le nouveau CA pourra alors élire son président… fin mai. La situation est préjudiciable pour l’université de Lorraine. Jean-Pierre Finance : « cette situation d’incertitude institutionnelle engendre au sein de la communauté une lassitude et une inquiétude croissantes ; elle retarde les prises de décisions nécessaires au bon avancement des dossiers en cours, en particulier celui du futur « contrat quinquennal de développement ».

Pierre Mutzenhardt, qui était en position, le 5 avril, d’être élu président après la seconde vague d’élections, se fâche (courrier aux personnels). « On comprend mal la logique d’un recours qui vise à réduire le champ de l’expression démocratique et qui, in fine, conduit à réintégrer cette liste pour le prochain scrutin »… « Nous sommes dans une situation de grande urgence sur nombre de dossiers »… « Nous sommes nombreux à en avoir plus qu’assez de ces comportements irresponsables et incohérents »… « Toutes et tous nous payons le prix de cet acharnement ».

La liste des Obstiné(e)s, concernée par la décision de la commission de contrôle, réplique sur son blog. « S’il est juste de dire que ce processus particulièrement long nuit au bon fonctionnement du grand établissement dérogatoire lorrain, nous constatons tout de même que la complication introduite par le règlement intérieur pour constituer des listes dans les conseils centraux favorise les erreurs et, par suite, les recours. Nous soulignons que si les recours aboutissent, c’est qu’ils sont fondés. On ne peut pas à la fois décider de complexifier le processus électoral, en sachant très bien que cette complexité nuit à la diversité des listes, et vouloir que chacun s’accommode des effets et travers que cela engendre ».

Philippe Casin publie, le 18 avril, courriel amusé et caustique et refait le calcul de sièges. « La liste B des ObstinéEs a été déclarée valide pour le scrutin du 9 février et non valide pour celui du 20 mars, en application des mêmes règles de constitution des listes, le 9 février et le 20 mars »… « La liste en A des ObstinéEs au CA n’a pas été déclarée valide le 9 février alors qu’elle n’était ni plus ni moins non valide que celle en B »… « Si la liste B des Obstinées avait été invalidée en février, alors la répartition des sièges à l’issue du premier scrutin aurait été différente et l’élection à la Présidence [aurait connu] une issue beaucoup plus incertaine« … Avec des si, on…

Autres recours en contentieux dans les élections universitaires 2012. « Suite du feuilleton bourguignon« . « Lyon 3 confirme après annulation« . Contentieux probable à Lille 1 Sciences et Technologies : « Lille 1 : à la recherche de 6 voix« .

Commentaires fermés sur Lorraine. Mutzenhardt se fâche

Classé dans Non classé

Une réponse à “Lorraine. Mutzenhardt se fâche

  1. TonnerredeBrest

    La lettre de Monsieur Mutzenhardt qui exprime sans le moindre doute le point de vue d’un bon nombre de personnes a aussi contribué à ressouder, si besoin était, les oppositions à sa candidature en tant que candidat du camp des sortants. De ce point de vue, je ne sais pas s’il a eu complètement raison.
    Je commenterai juste deux adjectifs : incohérents, non, les choix faits par certains sont très cohérents, que ce soit de vouloir rejouer pour enfin obtenir la 1ere place et donc 4 sièges dans le collège B, ou que ce soit la volonté de ralentir un train UdL lancé à toute vitesse sans trop de concertations avec les principaux intéressés, enseignants et étudiants et BIATOSS.
    Irresponsables : ça dépend :-), les collègues qui défendent une certaine idée de l’Université à coup de recours qui soulignent les errements et les décisions contestables, peuvent très bien répondre que les irresponsables sont justement ceux qui sont actuellement aux manettes, parce que si on n’avait pas invalidé puis revalidé, validé puis invalidé à tour de bras, en dépit du bon sens souvent, on n’en serait pas là non plus. En revanche je n’ai pas beaucoup de sympathie pour d’autres personnes dont la principale motivation est l’envie de siéger coûte que coûte au CA. Si c’était encore pour viser la Présidence ou influer sur la politique de l’établissement, mais même pas… Une preuve de plus, dans le fond, que cette UdL rend fou…

  2. Claude Vigneron

    La vraie question est de savoir ce que la mise en place de l’UdL apportera réellement aux facultés. Pour les facultés du groupe « Santé », l’expérience des 30 dernières années démontre malheureusement que la constitution de grandes universités n’a fait que « détruire » leur identité et leur image sans presque rien leur apporter en retour … C’est à ce type de situation que devra réfléchir le futur président !

  3. Bernard Dussoubs

    Immense gâchis en effet que l’UL en l’état actuel : ce projet qu’on nous a vendu (et dont on a un peu trop vite bricolé un règlement intérieur) peine aujourd’hui à décoller en l’absence d’un Président.
    Nous nous trouvons face à une administration provisoire très (trop) centralisée qui perdure, des élus légitimes (depuis le 9 février pour les BIATOSS) qui ne siègent pas, des personnels BIATOSS qui subissent de plein fouet les effets de ce système provisoire délétère. Ils vivent pour certains une restructuration, des relocalisations. Il doivent se faire à de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux outils. Leur cadre de travail n’est pas harmonisé (ARTT, régime indemnitaire). Leur prolongation éventuelle de contrat (pour les nombreux collègues sur budget propre) dépend de décisions politiques non prises.
    Cette situation engendre de fortes tensions au travail, des pertes de temps et d’énergie considérables, du stress et un malaise qui vont croissants. Sans parler de la perte de crédibilité de l’Université de Lorraine auprès de ses partenaires institutionnels et dans le grand public, vu le ton de certains articles de journaux. Cela change du tram…
    Les élus UNSA BIATOSS, dont je suis, ont affirmé récemment dans une lettre ouverte aux candidats à la Présidence de l’UL leur préoccupation quant à la situation de personnels aujourd’hui en souffrance. Demain, si rien n’est fait, ce ne sont pas seulement les BIATOSS, mais l’ensemble des personnels, y compris les enseignants-chercheurs et les étudiants qui pâtiront de la situation (il suffit de continuer ainsi jusqu’à la rentrée).

    Précisons enfin que si la liste B des ObstinéEs a été validé lors de la 1ère élection du 9/2, c’était semble-t’il une erreur, que l’administration a bien dû assumer après-coup.
    On comprend alors mieux pourquoi la même liste a pu être invalidée lors du scrutin suivant. Par ailleurs, s’il est bien clair que « Si la liste B des Obstinées avait été invalidée en février », les voix se seraient réparties différemment (M. de la Palice n’eut point dit mieux), il semble difficile de conclure si simplement que la liste du candidat majoritaire en A n’aurait pas été majoritaire en B. Le second tour en B, avec deux listes du 1er tour ayant fusionné, s’est traduit d’ailleurs par un renforcement de la liste majoritaire au 1er tour. Et par une diminution substantielle du nombre d’électeurs. Ceci serait d’ailleurs un grave souci si cette érosion se poursuivait lors du 3ème tour prévu mercredi 9 mai.