Statistiques. Parution des RRS 2012

Parution des Repères et Références Statistiques 2012 (RRS 2012). Parution avec quelques jours d’avance par rapport aux années précédentes. Les RRS : une mine d’informations. Bravo la DEPP ! Bravo Geneviève Fioraso ! Les RRS constituent la source statistique la plus complète sur le système éducatif français. Les données sur l’enseignement supérieur englobent l’année 2011-2012, les évolutions depuis 1990 ; elles doivent être mobilisées par les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Premier chiffre clé : le nombre d’étudiants inscrits dans le SUP (indicateur 6.1). Une mine explosive en cette période de rentrée ? Les universités scolarisent de moins en moins d’étudiants (1,445 million en 2009-2010, 1,400 en 2011-2012). Les trois cycles d’enseignement sont affectés par la diminution des effectifs (indicateur 6.4) : 900.200 étudiants en licence en 2005-2006 (année record), 845.200 en 2011-2012. 270.400 néo-entrants en première année de licence en 2011-2012 (indicateur 6.6), soit bien moins de la moitié des bacheliers 2011 qui ont poursuivi des études. La majorité des bacheliers fuient l’université ; certains s’y inscrivent faute d’être admis dans une filière sélective.

Les IUT sont également concernés par la baisse des effectifs : 118.100 étudiants en 2009-2010 et 115.700 en 2011-2012. Prudence de recrutement des IUT dans un contexte financier toujours non stabilisé ? Arrêt de la création de licences professionnelles ? Comptabilisés à part, les Instituts nationaux polytechniques et les Universités de technologie perdent aussi des plumes : 16.100 élèves en 2010-2011, 12.643 en 2011-2012. Fort bizarre !

Chute des effectifs universitaires ? Les effectifs de l’université de Lorraine sont désormais décomptés dans ceux des Grands établissements : ils comptent ainsi 87.463 étudiants contre 33.993 en 2010-2011. Le choix méthodologique de la DEPP pose un problème : certes l’université de Lorraine a le statut de Grand établissement, mais elle n’a pas changé ses règles de recrutement : pas de sélection à l’entrée de la licence, droits d’inscription définis nationalement. Ce qui n’est pas le cas de Dauphine, devenu lui aussi Grand établissement, mais qui pratique depuis toujours la sélection à l’entrée et des droits d’inscription spécifiques.

La DEPP a fait un mauvais choix méthodologique : il va rendre fort compliqué voire impossible l’analyse des évolutions dans le temps. La DEPP conclut au final à une augmentation des effectifs universitaires de + 0,9%. Va savoir exactement pourquoi !

De plus en plus de jeunes poursuivent des études supérieures : 2,314 millions inscrits en 2009-2010, 2,348 millions en 2011-2012. Les effectifs étudiants progressent dans les STS, dans les CPGE, dans les écoles d’ingénieurs (en particulier dans les écoles privées), dans les écoles de commerce et de gestion, dans les établissements privés d’enseignement supérieur. L’enseignement supérieur privé taille des croupières au public. Les organisations étudiantes qui protestent contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université (« Très chères études« ) doivent s’interroger sur cette attractivité de l’enseignement privé et de la désaffection de l’enseignement universitaire, confirmés par les données d’Admission post-bac.

Les RRS 2012, une mine d’informations pour les réflexions des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ne pas se voiler les yeux : les universités perdent du terrain. Que faire pour rendre plus attractif le cycle licence ? Et si on discutait réellement de la création d’Instituts d’enseignement supérieur (110 chroniques sur les IES).

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Une réponse à “Statistiques. Parution des RRS 2012

  1. Thierry Patrice

    Vous écrivez:
    « L’enseignement supérieur privé taille des croupières au public. Les organisations étudiantes qui protestent contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université (”Très chères études“) doivent s’interroger sur cette attractivité de l’enseignement privé et de la désaffection de l’enseignement universitaire, confirmés par les données d’Admission post-bac. »

    Ce n’est pas aux étudiants de s’interroger sur cette phrase ambigue qui voudrait signifier qu’il y a un lien entre frais d’inscription et qualité. C’est plutôt aux présidents d’université, aux doyens, aux CNU de se poser la question de leur critères de recrutement, de promotion et d’évaluation. Au lieu de chercher à faire carrière dans les CNU il serait d’ailleurs préférable pour les enseignants de les boycotter, devant leur incapacité semble t-il à améliorer depuis le temps qu’ils existent.
    Ce qui différencie surtout les grandes écoles c’est le format des concours et des conditions d’admission. Là il y a matière à réflexion.

    T Patrice

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