SLU, des critiques, quel projet ?

Contribution en deux points de Sauvons l’Université aux Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. 1. Les questions de l’enseignement universitaire et du métier d’enseignant-chercheur. 2. La question des structures et des financements n’est pas abordée dans cette chronique.

L’analyse critique de la réforme de la licence par SLU (arrêté Wauquiez d’août 2011) est bienvenue. Celle des conséquences possibles est malvenue ; elle agite plusieurs chiffons rouges : universités d’enseignement, pôles universitaires de proximité ou lycées-bis peuplés d’étudiants diplômés au rabais,
alignement des cursus sur le secondaire, dénaturation du métier d’enseignant-chercheur. Paradoxalement, SLU ne formule pas de propositions pour la réforme qu’il souhaiterait voir adoptée. Que veut-il faire des STS, des IUT ? des CPGE ? des licences ?

Le projet de création d’Instituts d’enseignement supérieur de 1er cycle, qui s’appuie sur les mêmes critiques que celles de SLU, propose des solutions que SLU semble rejeter. Les IES en 20 propositions.

Critiques partagées de la licence Wauquiez par SLU et par ce blog. « Fixation sur les modalités d’évaluation et de compensation plus que sur le contenu des enseignements ». D’accord avec SLU : Licence : laxisme des modalités de contrôle des connaissances, Oui, la licence est bradée, Licence : instaurer un jury final.

« Absence de moyens qui accompagnent la réforme« . Les 1.500 heures d’enseignement en licence en 3 ans ont été reportées aux calendes grecques. D’accord avec SLU : Laurent 1er le 1er août.

« Interdisciplinarité illusoire » et « primat des compétences sur les connaissances, associé à la promotion d’initiations pluridisciplinaires sans approfondissement disciplinaire même minime, sous le prétexte de faciliter les passerelles entre les formations ». D’accord avec SLU : Ciel, que de compétences !, Des référentiels et pas de programmes

« Professionnalisation réduite à l’introduction de stages et de modules d’entretien d’embauche dans les maquettes d’enseignement »… D’accord avec SLU ! Les stages courts ne servent à rien ; de plus l’offre de stages n’est pas illimitée !

« Coup d’arrêt historique au difficile processus de démocratisation de l’université ». D’accord avec SLU : Alarme pour les bacs pros !

« Dénaturation du métier d’Enseignant-chercheur par la dilution des missions et par l’éclatement des statuts ». D’accord avec SLU : « Les PRAG du SUP fort mécontents« . A propos : aucune statistique nationale ne permet de savoir qui enseigne en 1er cycle !

L’Institut d’enseignement supérieur, dédié au cycle licence en 3 ans et organisé en deux voies – voie longue et voie professionnelle -, n’est pas « une université d’enseignement » ou un « lycée-bis ». Sauvons l’université devrait réfléchir sérieusement à ce projet !

L’IES est un établissement d’enseignement supérieur de proximité ! Oui : Dresser la carte des IES en Alsace, carte des IES en Bretagne, en Limousin et Poitou-Charentes, en Pays de Loire. La proximité est une des conditions de la démocratisation de l’accès et du succès dans l’enseignement supérieur. Elle permettra de porter à 50% le taux de jeunes obtenant un diplôme de l’enseignement supérieur (proposition 4).

L’IES ne fournit pas un enseignement au rabais : la charge d’enseignement pour un étudiant en 3 ans de licence est de 2.250 heures, ce qui équivaut à une dépense de 14.000 euros par étudiant par an (propositions 11 et 13).

L’enseignement en IES est assuré par un corps de professionnels qualifiés, celui des agrégés recrutés sur concours national (proposition 14) : Pour un corps unique en licence. Les agrégés enseignant actuellement en classe préparatoire, en STS, en IUT, en licence sont-ils moins bons que les enseignants chercheurs, les ATER, les doctorants, les vacataires ? Les Agrégés sont déjà au cœur des 4 types actuels de formation post-bac. Dans le supérieur, « ils sont fort mécontents« .

Plus difficile à admettre par SLU, la proposition de mettre en extinction le corps des maîtres de conférences. Seuls des agrégés enseignent en IES ; les agrégés qui enseignent en CPGE ne forment-ils pas déjà des étudiants fort aptes à poursuivre en Master, en Grande École, en Doctorat ? « Les IES n’ont pas de mission de recherche fondamentale ; ils peuvent avoir une mission de R & D, de diffusion de l’innovation sur le territoire régional, en coopération avec les centres de recherche des universités et avec les entreprises » (proposition 2). Débattre et encore débattre !

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