Le plagiat était toujours vivant (2)

Suite de la chronique sur la question du plagiat dans l’université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Point sur la situation dans les universités de Bretagne Sud (150 photos) et de Toulouse Le Mirail (90 photos). Photo du siège de la Présidence de Bretagne Sud à Vannes (août 2012).

Université de Bretagne Sud. Lors de la campagne pour les élections universitaires de mars 2012, Virginie Dupont, maître de conférences et candidate à la présidence, avait, dans sa profession de foi, copié-collé des parties de programme de plusieurs candidats à la présidence dans d’autres universités.

Jean Peeters, aujourd’hui président de l’université, avait écrit dans un commentaire sur la chronique du 11 mars 2012, “Olivier Sire accuse Virginie Dupont” : “je trouve inélégant, si cela est avéré, le copier-coller d’autres dossiers provenant d’autres universités“. Je répondais dans la chronique du 5 avril, “Le président et le plagiat“, il serait “élégant” de la part de Jean Peeters de se poser la question et d’y répondre publiquement : “dois-je réunir la section disciplinaire de l’établissement (= le conseil d’administration siégeant en formation restreinte ; dans ce cas, les élus “professeurs”) pour instruire le cas” ? Instruire n’est pas condamner (toute une échelle de sanctions existe)”.

Nous voici en Octobre 2012. L’Université européenne de Bretagne a mis en ligne, le 3 septembre, un dossier fort complet sur le plagiat, dans lequel on peut lire: “cet acte, qu’il soit intentionnel ou l’effet d’une négligence, est susceptible, notamment dans un travail de recherche, d’entraîner des conséquences non négligeables sur une carrière universitaire.

Conséquences non négligeables ? En tous cas, conséquence positive pour Virginie Dupont. Après la démission de son premier vice-président quelques mois seulement après son élection, Jean Peeters a sollicité la candidate malheureuse à l’élection présidentielle pour remplacer le VP démissionnaire. Le Conseil d’administration de l’université de Bretagne a élu, sans sourciller, Virginie Dupont comme première vice-présidente de Bretagne Sud. Plagier, ça paie ! Ce cas de figure, abracadabrantesque à mes yeux, fait que “le plagiat sera toujours vivant” !

Au fait qu’est devenu Olivier Sire, l’ancien président de l’université, battu par Jean Peeters mais néanmoins élu au CA au printemps 2012 ? Il a démissionné du CA en septembre. L’université de Bretagne Sud, engoncée dans des problèmes financiers, est-elle en train de sombrer ?

Université de Toulouse 2 Le Mirail. “Le plagiat était toujours vivant !”. L’université le confirme en lançant une “vaste campagne de sensibilisation” auprès des… étudiants : “C’est moi qui écris. Zéro plagiat“. Jean-Luc Raymond en rend compte sur NetPublic.

Les rubriques du site toulousain : définition du plagiat, charte du non-plagiat, citation des sources, prévention du plagiat, contrôle, sanctions. “En cas de fraude avérée et de contentieux grave avec l’étudiant incriminé, l’enseignant peut demander le jugement de la section disciplinaire du Conseil d’Administration de l’université. Les risques encourus peuvent aller jusqu’à plusieurs années d’exclusion de tout établissement public d’enseignement supérieur.

Commentaires fermés sur Le plagiat était toujours vivant (2)

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Une réponse à “Le plagiat était toujours vivant (2)

  1. mado1959

    En matière de plagiat « professoral », qu’est donc devenu ce prof de socio de Rennes 2 vice président du CNU 19, plagiaire décrié pendant des mois et démis de toutes ses fonctions à la fac et au niveau national? A t’il été poursuivi en justice? traduit devant les instances disciplinaires de la fac?
    Apparemment rien de tout cela et il parait même que depuis il a quasi déserté la fac pour se caser en toute impunité dans un maximum de colloques, congrés, séminaires… en Europe, magreb et même outre atlantique, avec des indemnités de présence substantielles. Finalement le plagiat ça paie: renommée internationale, et bouclage de fin de mois confortables. Alors tant que ça continuera à fonctionner comme ça il n’y a aucune raison que ça s’arrête. Mais pourquoi demander aux étudiants de rester « corrects » et de respecter les règles alors que de nombreux enseignants chercheurs ne s’appliquent pas à eux m^me ce qu’ils exigent des autres! et de surcroit sont « couverts » par le système et leur institution! Un comble! Heureusement que quelques profs pugnaces et courageux n’hésitent pas à dénoncer cette « omerta » pour tenter de s’attaquer aux origines de ce mal

  2. Balogh

    « Apparemment rien de tout cela et il parait même que ». Et la rumeur, a-t-elle place dans un tel débat, mado1959 ? Je ne me positionne pas sur l’affaire, mais note qu’il y a des façons plus élégantes et plus crédibles que la vôtre de le faire. Quant au plagiat, je suis d’accord pour dire que qu’y succomber, c’est être bien médiocre.

  3. Martainville

    En réalité, le plagiat, tout le monde s’en contrefiche… L’ambition, le pouvoir, la carrière, voilà ce qui motive tout ces apparatchiks…