Paroles de doctorants, de docteurs

Les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche (70 chroniques du blog) ont réussi un de leurs objectifs : « libérer la parole » ! Les contributions nationales et territoriales sont fort nombreuses ; il sera possible d’en poster de nouvelles sur le site jusque fin novembre. La chronique d’aujourd’hui est dédiée aux contributions qui portent sur le doctorat (organisation), les doctorants (conditions d’études et de vie), les docteurs (accès à la vie professionnelle et parcours dans le public ou le privé).

Doctrix, un autre regard sur le doctorat (blog d’EducPros) relaie et classe les nombreuses contributions collectives ou individuelles qu’il a, avec bonheur et rigueur, recensées. Contributions d’associations de doctorants et de docteurs, d’organisations diverses, locales ou nationales, de partis politiques, de syndicats nationaux.

Points forts des contributions : leur nombre et l’implication que ce nombre signifie. Points faibles : leur nombre et ce que cela signifie en terme de faible visibilité et crédibilité, et donc de force de frappe limitée. Pas moins de  quatre contributions sur le site des Assises en Alsace : Docteurs et doctorants d’Alsace, Assemblée des jeunes chercheurs, Confédération des jeunes chercheurs, Pour la valorisation des compétences des docteurs

Atomisation des contributions de doctorants et de docteurs. La raison en est simple et le dilemme cruel. Doivent-ils et ont-ils les moyens de constituer une organisation nationale représentative unique alors qu’ils sont dans une situation temporaire ? Confier leurs intérêts aux organisations syndicales d’enseignants-chercheurs au sein desquelles ils ne représenteront toujours qu’une minorité, fut-elle fort agissante ? Faire prendre en charge leurs revendications par les syndicats représentatifs des salariés qui sont les seuls admis à la table des négociations collectives ? Je crains qu’il n’y ait pas de bonne solution.

Au-delà de prises de parole consensuelles – « il faut valoriser le doctorat » -, quelles sont les propositions, recommandations, revendications vraiment concrètes ? Ce sera l’objet d’une chronique de demain.

D’ici là, quelques données statistiques sur le devenir professionnel des docteurs. « Un doctorat et après ? Le devenir des docteurs 2008 de l’université de Strasbourg » (enquête de l’ORESIPE auprès de 408 docteurs 2008 enquêtés sur leur situation au 1er mars 2011). 25% sont en post-doc, 65% en emploi. 40% des docteurs en emploi travaillent à l’étranger. Ceux qui travaillent en France se répartissent presque à égalité entre « emplois dans la fonction publique ou le public » et « emplois dans le secteur privé ». La question de la reconnaissance du titre de docteur se pose donc bien dans le public et dans le privé.

Commentaires fermés sur Paroles de doctorants, de docteurs

Classé dans C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Une réponse à “Paroles de doctorants, de docteurs

  1. Styrène

    L’enquête de Strasbourg présente aussi les résultats des différentes ED et ils sont assez différents, ce qui était prévisible. On constate aussi que la proportion de docteurs qui ne répondent pas n’est pas négligeable : sont-ils plus satisfaits de leur sort que les autres ?

  2. Pierre Dubois

    @ Styrène. J’admire votre vigilance ! Pour l’enquête sur les docteurs de Strasbourg, je n’ai donné que des résultats généraux. L’important pour cette chronique était de montrer que les débouchés des docteurs se situaient, grosso modo à parts égales, entre privé et public. Ce que confirment toutes les enquêtes sur les docteurs, au niveau national et au niveau de chacune des universités.

    Je n’ai pas attiré l’attention sur les données, école doctorale par école doctorale. Et pour cause ! Une telle publication a choqué l’ancien directeur d’observatoire que je suis. Quand le nombre de docteurs est peu élevé et que le taux de réponse est bas, on s’abstient de publier les résultats. Dans ce cas, on ne peut absolument pas « redresser » les chiffres par rapport à la population totale. Les données publées ne veulent donc rien dire.

    Et donc pour répondre à votre question : « les non-répondants sont-ils plus satisfaits de leur sort que les autres » ? On n’en sait rien ! vraiment rien !

  3. renard

    je suis avec plaisir votre blog. je trouve tous de même quelques contributions individuelles très enrichissantes par rapport au dogmatisme lancinant de certaines organisations syndicales. toute la question est de savoir dans quelle mesure une telle réforme bénéficierait à tous les acteurs de l’enseignant supérieur et non pas à une institution landa.

  4. Anthony G.

    Cela faisait longtemps que je n’étais pas venu sur le blog (fin de manip, rédaction…), et je suis agréablement surpris de voir un billet sur le Doctorat : le thème oublié des Assises.

    C’est d’ailleurs assez surprenant, comment parler de la Recherche de « demain » en ne mettant pas autour de la table, les doctorants (les futurs chercheurs titulaires). A mes yeux c’est un non sens. Je commence à avoir une certaine expériences des Conseils (ED, CS, PRES) et systématiquement les doctorants ne sont que peu consultés sauf si ces derniers bousculent un peu l’ordre établi 😉

    Pour les Assises il en va de même : quel est le poids des doctorants ? Comme décrit dans ce billet, il n’y a pas vraiment de fédération/structuration des jeunes chercheurs. Même la CJC, qui est pourtant « représentative » (un membre au CNESER) ne parvient pas à se faire convenablement entendre. Les convictions, les expertises et les motivations sont là mais ça n’avance pas. On ne reconnait pas assez les qualités des doctorants (encore considérés, à tord, comme de vulgaires stagiaires ou des éternels étudiants).

    Les doctorants ont, eux-aussi, une part de responsabilité ! Peu sont ceux qui s’intéressent aux rouages de l’université, de la Recherche. Le doctorat est une bulle dont l’éclatement est douloureux pour ceux n’ayant pas pris l’initiative de prendre des précautions. Le soucis vient pour ceux qui sont motivés pour faire avancer leurs droits : un manque criant d’accompagnement (du soutien, il y en a toujours ! Mais quand il faut mettre la main à la pâte, les réponses classiques sont « j’ai une manip » « je rédige, désolé » « là je suis en plein rush » « mon directeur de thèse ne veut pas que je m’écarte de ma thèse », etc…).

    Les Assises sont une chance pour les doctorants de se faire, un peu entendre, et de démontrer qu’ils peuvent être déjà compétents. Le hic, c’est le nombre : Combien de doctorants seront là aux Assises Nationales ? Vu comment ça se passe dans les délégations territoriales ils seront ultra minoritaires !!