M. Rochdi recherche la confiance

Actualisation de la chronique ci-dessous, suite à l’obtention de nouvelles informations reçues. Programme de la liste Démocratie, partage et service public, soutenant la candidature de Mohamed Rochdi à la présidence ; profession de foi de celui-ci en date du 2 juillet 2012. Programme de juin 2012 de la liste Refonder l’université de La Réunion, soutenant alors la candidature de Philippe Jean-Pierre. A lire également le 1er commentaire à la chronique.

Les élections aux conseils centraux de l’université de la Réunion ont eu lieu le 30 octobre 2012 (chroniques antérieures). Le Conseil d’administration nouvellement élu est convoqué le 15 novembre 2012 par le président de l’université.

Ordre du jour : « vote de confiance à Monsieur Mohamed Rochdi aux fonctions de président de l’université », élection de deux vice-présidents, dont le vice-président du conseil d’administration,  « validation de la liste des personnalités extérieures, membres du CA ». L’ordre du jour est signé par Mohammed Rochdi, président de l’université, et, par délégation, par le directeur général des services, Luçay Sautron.

Je suis fort étonné par les termes utilisés dans l’ordre du jour. Pourquoi la Direction des affaires juridiques, qui figure en en-tête de la convocation du CA, les a-t-elle employés ? Légèreté ou provocation ? « Vote de confiance à Mohamed Rochdi ». Non ! Les élections aux conseils centraux ont été annulées et de nouvelles élections ont eu lieu le 30 octobre ; le 15 novembre, le CA élira donc Mohamed Rochdi pour un second mandat. Tout se passe comme si les élections n’avaient pas été annulées, comme si Mohamed Rochdi ne s’était pas mis en congé pendant la période électorale. D’ailleurs, le candidat à la présidence doit déposer sa candidature, accompagnée d’une profession de foi. L’a-t-il fait ?

Autre approximation de vocabulaire commise par le service juridique : « validation de la liste des personnalités extérieures ». Non ! Le CA doit se prononcer par un vote sur la liste des personnalités proposées par le président nouvellement élu. Élire au cours de la même séance le président et les personnalités extérieures n’est pas illégal, mas ce n’est pas faire preuve de beaucoup de respect à l’égard des adversaires.

Étonnement corollaire : celui d’un calendrier précipité. 13 jours entre la publication des résultats des élections aux conseils et l’élection du président, de 2 vice-présidents, des personnalités extérieures. A Strasbourg, les élections aux conseils auront lieu le 20 novembre 2012 et l’élection des vice-présidents des conseils, le 22 janvier 2013. Certes, on peut comprendre que Mohamed Rochdi et le président de la commission électorale d’accompagnement, Philippe Forstmann, veuillent sortir au plus vite de la période de tensions de ces derniers mois, mais quand même !

Seul candidat, Mohamed Rochdi sera réélu, sans surprise, président de l’université de La Réunion, le 15 novembre. Le 23 octobre, son adversaire, Philippe Jean-Pierre, tête de liste de “Refonder l’Université de la Réunion”, avait en effet décidé de ne pas déposer de listes. Par cette action, il entendait ne “pas cautionner la nouvelle mascarade élaborée et planifiée par le président invalidé et illégitime.

Mohamed Rochdi et les listes qui l’ont soutenu peuvent savourer leur victoire aux élections du 30 octobre. Une bonne participation. 14 élus enseignants-chercheurs sur 14 au conseil d’administration. Arrêté de proclamation des résultats : les élus au CA ont obtenu la majorité absolue des électeurs inscrits et non seulement des suffrages exprimés. 52 des 94 professeurs et 229 des 414 autres enseignants ont voté pour la liste « Démocratie, partage et service public« . Les votes « blancs » ou « nuls », qui peuvent être nombreux quand une seule liste est proposée aux électeurs, ont atteint 10% des électeurs inscrits. Ce n’est pas un plébiscite mais c’est une victoire incontestable.

Il n’y aura donc pas d’opposition au Conseil d’administration. La gouvernance instaurée par la LRU rend ce cas de figure possible. Il n’est pas sûr que la réforme Fioraso mette fin à cette situation fort peu démocratique. Il faut espérer que l’équipe présidentielle de l’université de La Réunion mette en œuvre, au quotidien et dans les 4 ans à venir, les principes énoncés dans le titre de son programme : « Démocratie, partage, service public ».

Le service de communication de l’université devrait mette en ligne les engagements formulés dans ce programme.  La démocratie commence par la transparence de l’information.

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3 réponses à “M. Rochdi recherche la confiance

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  3. FabriceV

    Comme quoi il n’y a pas de limite à la suffisance… Il est pris argument dans un courriel aux membres de l’établissement de l’augmentation du corps électoral des professeurs (87 à 94) pour « démontrer » la validité des élections « injustement invalidés » en juin… Aucun rapport avec les nouveaux recrutés – promus à l’Université, n’est-il pas! Mais par contre, silence sur les chiffres du collège B qui passe de 589 à 414, soit 175 électeurs « disparus ou décédés??? ». A priori, il y avait aussi des vacataires qui enseignaient au premier semestre… Mais on ne sait pas qui les a « trié »… Cherchez l’erreur autant dans le gonflement des listes que dans sa réduction. Tout en perdant 40 voies (en absolue), la liste présidentielle gagne ainsi 10% des inscrits… Vive les corps électoraux à géométrie variable… PS: tout en citant de multiples articles de lois (en fait tous – à chaque type d’électeurs), le guide des élections éditée par la présidence omettait « malencontreusement » de signaler toute référence à la nécessité pour les vacataires de faire 64h annuelle et d’être en cours de service pour voter. Il n’était référencé que : « s’il est inscrit dans GEISHA » (c.à.d. nous l’avons fait… ou pas… avant les élections). On a un service juridique au top du top! CQFD.