Droit à la formation initiale différée

Les propositions du comité de pilotage des Assises, en matière de formation tout au long de vie, sont quasi inexistantes, ne font qu’encourager la mise en œuvre de droits reconnus. Certains d’entre eux – le congé individuel de formation – datent de plus de 40 ans !

Proposition 24. Encourager les établissements à développer le nombre des formations en alternance et par apprentissage, en formation initiale ou tout au long de la vie. 27. Développer la possibilité de doctorat en formation continue ou en alternance. 25. Faciliter la validation des acquis de l’expérience, simplifier et accélérer les procédures, diminuer les coûts selon les certifications visées. 26. Encourager le retour en formation et la formation tout au long de la vie en général en renforçant les financements de formation continue et en adaptant les rythmes et les méthodes d’enseignement aux salariés ».

Une proposition mériterait d’être précisée : « 26. Encourager la reprise d’études pour les bacheliers professionnels ou technologiques qui ont déjà eu une première expérience professionnelle ». Signifie-t-elle qu’il faut dissuader, empêcher une partie des bacheliers professionnels de poursuivre immédiatement des études après le baccalauréat ? Sélection à l’entrée de l’université : mot tabou jamais mentionné dans les 121 propositions des Assises (sauf pour la première année des études de santé).

Dommage, vraiment dommage que le comité de pilotage des Assises n’ait pas pris en compte les propositions de Jean-Marie Filloque, vice-président Formation Tout au long de la Vie, en charge du CEVU de l’université de Bretagne Occidentale (Brest), ancien président du réseau national de la Formation Continue Universitaire. Je partage totalement ses analyses, ses argumentations et ses propositions (chronique : “alarme pour les bacs pros“. Lire la contribution de Jean-Marie Filloque pour les Assises (photo du 28 novembre 2012.

Au cœur de ses propositions.« Créer un droit à la formation initiale différée. Cette proposition permettrait de limiter l’effet « couperet » de l’orientation post-bac (ou au moins souvent vécue comme telle tant par les jeunes que par leur parents) et de renforcer l’orientation raisonnée ou raisonnable. Elle renforcerait a posteriori l’égalité des chances… Elle permettrait d’offrir aux jeunes indécis, ou en difficulté scolaire, une garantie de pouvoir revenir utiliser leur compte formation, après une période de travail ou de toute autre expérience plus ou moins longue, pour lesquels une mobilisation systématique des dispositifs de validation des acquis serait assurée »…

“En 2010-2011, 69.800 personnes ont repris une formation diplômante à l’université. Pour plus de la moitié (39.000), les coûts pédagogiques étaient financés directement par les fonds de la formation professionnelle dans le cadre de conventions ou de contrats de formation (OPCA, plan de formation d’entreprise, Pôle emploi, fonds régionaux…). L’autre moitié (30.800) est financée sur le budget de MESR, et son coût évalué dans le PLF 2013 de la formation professionnelle à 626 M€”…

Commentaires fermés sur Droit à la formation initiale différée

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Une réponse à “Droit à la formation initiale différée

  1. J. Ph. Cassar

    A lire également sur ce sujet la contribution du Sgen sur la FTLV

  2. Samueel BLIMAN

    Plusieurs points à clarifier:
    En pays anglo-saxons, il est fréquent,qu’aprés la fin de la « High school »les jeunes gens prennent une année sabbatique;ils se confrontent à des mondes différents et ne définissent leur orientation qu’aprés. Candidature posée pour une ou plusieurs universités, examen de dossier effectué par un groupe d’enseignants, le candidat admissible est convoqué pour passer entretien et recevoir conseils d’orientation. Vertus essentielles de cette méthode: détermination à conduire avec succès les études.S’il y a lieu, l’étudiant pourra, en cours d’études réorienter le parcours.
    La formation continue, en France, depuis son institution légale en 1974 a été au coeur de relations orageuses: qui paie? l’entreprise; qui gère les fonds correspondant (environ 1% de la masse salariale, plus même)? les CCI, les Chambres de métiers et d’autres organismes;pour quel type de formation? en relation au travail ou bien tout autre? sujet très controversé depuis le début;qui en bénéficie?les plus qualifiés.
    Formation diplômante ou non? les entreprise préfèrent les formations « courtes » donc non diplômantes (incidence du diplôme:reclassement hiérarchique et salariale ou changement de service ou d’entreprise).
    Le droit à formation initiale différée renvoie au début de ce commentaire.
    Mettre en forme des formations continues spécifiques, à la demande d’une entreprise, est difficile : fixer le contenu, proposer le calendrier du déroulement, admettre, la proposition acceptée par l’entreprise, d’être évalué au début et à la fin de la session. Reste une question « irritante » qui gère le budget? (selon la règle administrative ou selon les règles du secteur privé) et comment paie-t-on les enseignants participant aux enseignements(heures supplémentaires du « supérieur » ou plus?). L’ensemble des questions évoquées ici permet de comprendre pourquoi la formation continue est si peu pratiquée dans le monde des universités.Il faut remarquer que nombre d’officines privées ont pris place sur ce marché.
    La validation des acquis professionnels ne peut être envisagée que cas par cas Mais elle se pratique déjà depuis prés de vingt ans.

    Le problème des « Bacs Pros »: à avoir été confronté au problème, on perçoit que la difficulté réside dans le manque criant d’ouvertures et d’accueil dans BTS et IUT. Dans ce pays, la prime va , depuis longtemps », aux diplômés jeunes.

    Ces commentaires pour éclairer la question

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  4. Olivier

    Un droit à la formation « initiale différée »?

    Non un droit à la formation durant toute sa vie pour n’importe quel diplôme et filière pour chaque salarié, avec un mode de financement clair, hors cadre d’un DIF ou d’un CIF.

    Un salarié doit pouvoir faire un cursus sans en référer à son employeur.