Promotion pour ex-président

“Par décret du Président de la République en date du 29 novembre 2012, M. DELIGNON (Martial) est nommé et titularisé en qualité de professeur des universités (5e section), au titre de l’article 46-1 du décret du 6 juin 1984 modifié fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences, et affecté à l’université de Lorraine à compter de la date de son installation au cours de l’année universitaire 2012-2013″. 35 chroniques sur l’enseignement supérieur en Lorraine.

Martial Delignon a été président de l’université de l’université de Nancy 2 de mars 2011 (date de son élection par le CA de l’université) à septembre 2011 (date de création par décret de l’université de Lorraine). Être promu au grade de professeur alors qu’on est maître de conférences, et ce pour avoir fait le président pendant un printemps et un été… Merci, l’article 46.1 !

Que dit cet article 46.1 daté du 6 juin 1984 ? “Dans la limite d’un nombre d’emplois fixé par arrêté conjoint du ministre chargé de l’enseignement supérieur… des concours sont réservés aux maîtres de conférences et enseignants-chercheurs assimilés ayant achevé depuis moins de cinq ans… un mandat de président d’université. La liste des candidats retenus est arrêtée par le ministre chargé de l’enseignement supérieur sur proposition d’un jury. Le jury se prononce au vu de l’ensemble des activités du candidat et après avoir pris connaissance de l’avis motivé de la section compétente du Conseil national des universités”…

Le jury est composé de membres nommés par le ministre chargé de l’enseignement supérieur parmi les professeurs des universités … dont la moitié parmi les membres élus du Conseil national des universités de rang égal à celui de l’emploi postulé… Les membres du jury élisent en leur sein, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, le président du jury qui a voix prépondérante en cas de partage égal des voix. La composition et les modalités de fonctionnement du jury sont fixées par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur”.

Composition du jury. “Par arrêté du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche en date du 1er mars 2012, sont nommés en qualité de membre du jury: Dominique Arlettaz, université de Lausanne, Ginette Arliguie, université Paul-Sabatier – Toulouse-III, Françoise Bévalot, université de Franche-Comté, Gwendal Denis, université Rennes-II, Jean-Pierre Finance, université de Lorraine, Thomas Jobert, université de Nice. Bernard Lachaise, université Bordeaux-III, Pascale Le Gall, université d’Evry-Val d’Essonne, Pierre de Maret, université libre de Bruxelles, Françoise Moulin-Civil, université de Cergy-Pontoise, Sylvie Plane, université Paris-IV, IUFM de Paris, Josette Travert, université de Caen”.

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Une réponse à “Promotion pour ex-président

  1. Il me souvient que pendant un de mes mandats de membre du CNU (section 5), la section s’était prononcée contre la qualification de ce candidat (qui n’était pas Président d’université, à l’époque…). Ceci étant, les critères du 46.1 sont différents du 46.3…

  2. Calibri

    La situation actuelle ravive la question de la fonction (si ce n’est la pertinence) de distinguer deux corps (professeurs et MCF) à moins que les professeurs considèrent le management et l’asservissement des maitres de conférences comme relevant de leurs légitimes prérogatives.

  3. Martainville

    Quelle est la vraie question ? Aujourd’hui, je conseille à chacun de faire une carrière d’apparatchik, l’avancement est plus rapide que pour l’universitaire qui publie.

    Un président en fonction a une prime, un avancement en cours de mandat, puis une prébende en fin de mandat… le beurre, l’argent du beurre, et la crémière avec.

    Un président en fin de fonction, après avoir servi l’institution, devrait retourner dans son labo. Et s’il ne veut pas, il démissionne et va voir Paul Emploi, le spécialiste des sans-emplois.

    Mais, les fonctions administratives sont devenus un cursus honorum rémunérateur. Prenez l’exemple de l’ancienne président de l’Université de Franche-Comté que l’on retrouve dans le jury… après son mandat, elle se promène de prébende en prébende… elle est actuellement conseiller d’établissement, fonction qu’il faudrait supprimer puisqu’inutile : la surveillance des universités et du contrat quadriennal relève du recteur, chancelier des Universités. En supprimant les prébendes, on fera des économies budgétaires (RGPP)

    L’Université se soviétise, aux prolétaires la vie rude du travail, aux apparatchiks, les honneurs, les datchas, les rémunérations… La leçon de tout ça, c’est la prime à la médiocrité : Il vaut mieux être un universitaire médiocre et faire une carrière administrative que d’être un bon chercheur. Voilà ce qui ne va pas à l’Université (et ailleurs dans le pays, ce n’est plus le travail de fond qu’on récompense, mais le pouvoir, politique, administratif, syndical, économique…).

    Proposition
    1. le CA est présidé par un président. Les fonctions sont gratuites (première version) ou les fonctions sont rémunérées mais ne peuvent conditionner aucun avancement particulier (2° version)

    2. L’université est gérée par un directeur général, sous statut de droit privé, révocable ad nutum, sous la responsabilité du président.

    Moralité : les clercs ont trahi et se sont vautrés dans le pouvoir, ses ors et ses privilèges. Le malaise de notre pays s’explique ainsi. Enarques, universitaires collabos (de la technocratie) c’est la même chose.

  4. Patoche

    Qui est le plus méritant? Celui qui a fouetté des thèsards pendant 10 ans et qui soutient une habilitation dont le seul mérite a été de fusionner les travaux encadrés? Celui qui assure un enseignement de qualité, qui a monté des manips et qui assure un double service sans jamais avoir la moindre chance de promotion sauf peut-être un jour la HC des MCF ? (seuls les profs sont exceptionnels!)
    Oui celui qui a accepté des tâches administratives aussi nécessaires que peu valorisantes et dont personne ne veut?
    La carrière des universitaires devrait prendre en compte les trois volets de nos activités . C’est une vieille revendication mais il devient de plus en plus difficile de trouver des volontaires pour faire tourner les UFR.
    A Mulhouse, un seul directeur d’UFR est prof! C’est un signe non! Même la présidente est MCF!

  5. François

    Il faudrait aussi souligner le cas des présidents d’université qui se font promouvoir sans vergogne au niveau local (et ceci plusieurs fois de suite!) par des Conseils d’Administration restreints ou siègent parfois jusque 100% de leurs colistiers. La déontologie devrait interdire toute promotion pendant un mandat présidentiel, sachant que la prime annuelle atteint en moyenne 25 000 euros, et, ceci sans obligation de résultat (contrairement à la PES par exemple)

  6. TonnerredeBrest

    On connaissait l’histoire depuis le printemps, puisque l’UL autrement avait essayé de mobiliser contre les listes de M. Mutzenhardt avec cet argument. D’un point de vue cynique, c’est assez normal que M. Delignon soit ainsi récompensé parce qu’il a été une aide très précieuse pour l’élection de l’actuel président de l’UL. Combien de candidats à la présidence de l’UL ont essayé d’appâter des petites mains pour les mettre à leur service en leur faisant miroiter des promotions (dont ils n’avaient d’ailleurs pas forcément envie) ? C’est logique que celui qui a été élu et se retrouve donc en position de concrétiser ses promesses les tienne : encore heureux même :-)…

    Sur le fond, et plus sérieusement, le problème de fond n’est-il pas la façon dont la situation est quasiment bloquée à 30 ans dans les sections 1 à 6 avec des petits princes PR à 30-32 ans d’un côté et de l’autre des MCF qui pour avoir raté un concours à 30 ans se voient quasiment condamnés à rester MCF jusqu’à la retraite ? S’il y avait un réel espoir de promotion dans la carrière en pouvant passer PR un peu plus tard, peut-être que certains collègues ne seraient pas tentés de s’investir surtout dans l’administration de leur Université en y voyant l’unique chance de promotion (et après tout, c’est vrai qu’ils y consacrent un temps que beaucoup d’universitaires ne veulent pas donner à ce qui n’est ni enseignement ni recherche ni loisir).

    Je dois dire que je n’arrive pas à être choqué à 100% par cette promotion, d’autant que l’heureux élu a la soixantaine sauf erreur. Je ne suis pas un apparatchik, j’ai choisi l’Université pour l’enseignement et la recherche ensemble, mais cette promotion ne me scandalise pas vraiment, peut-être parce qu’il est si difficile actuellement de passer de MCF à PR.

  7. TonnerredeBrest

    Surtout, je suis moins choqué par la promotion d’un MCF de 60 ans au grade de PR que par celle d’un MCF de 35 ans obtenue avec un dossier light sans le fameux second livre que le CNU demande au moins dans certaines sections dont la mienne, parce que là c’est une personne qui va avoir tout un déroulement de carrière facilité, qui va ainsi arriver à la première classe (au moins) plus rapidement, qui va occuper une chaise de PR pendant 30 ans aux dépens d’autres qui auront eu des dossiers plus lourds. Là, oui, ça me dérange, je dois bien le dire.

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