Le fleuve, le pont et… l'université

Rhenus, Rhein, Rhin, histoire d’une ville et de son fleuve. Exposition aux Archives de la Ville et de la Communauté urbaine de Strasbourg, jusqu’au 15 février 2013. Album de 40 photos.

Exposition en 8 tableaux. 1. Les relations constantes entre Strasbourg et les fleuves, Ill et Rhin. 2. Le Rhin, coupure ou couture ? 3. Les ponts (photos). Le premier pont fixe sur le Rhin date de 1388. « Il prend appui sur plusieurs îles, avec une redoute au centre du parcours ». 4. La navigation. « La corporation de l’Ancre, formée en 1331, regroupe les bateliers et les constructeurs de bateaux ». 5. Les différents ports de Strasbourg. « Au Moyen-Age, l’activité se concentre dans le secteur de l’ancienne douane » (photo). 6. Les activités liées au fleuve. « Le temps de l’or et du saumon dans le Rhin » est-il terminé » ? Bassin d’Austerlitz et entrepôts de l’Armement Seegmuller dans les années 30 (photos). 7. Se divertir sur les rives du Rhin ; vedette sur les canaux (photo) de la Tour Seegmuller, future Cité internationale de l’université. 8. Le quartier du Port du Rhin.

C’est Jean-François Kovar, président de l’Université Populaire de la Krutenau, qui fait visiter l’exposition. Il raconte un épisode du tout début de la Guerre de Trente ans (1618-1648). Strasbourg, ville libre du Saint-Empire, est passée très tôt à la Réforme luthérienne ; elle ne veut pas être impliquée dans le conflit, mais elle contrôle un point stratégique : le  pont sur le Rhin. Le Magistrat refuse le passage aux troupes protestantes de Von Mansfeld. Puis, il autorise le passage aux troupes impériales catholiques. En récompense de sa « souplesse », l’empereur Ferdinand II accorde en 1621 à l’académie de Strasbourg les privilèges d’une université de plein exercice, délivrant non seulement la licence et la maîtrise, mais aussi le doctorat.

On ne trouve pas de confirmation directe de cette anecdote amusante sur « le fleuve, le pont et l’université ». Il faut en fait la situer dans le contexte général. En matière de Haute École, « la guerre apporta enfin le succès que Strasbourg s’était efforcée de remporter depuis 1594 : en exploitant habilement une situation diplomatique, le Dr Anton Wolff, syndic, réussit en 1621 à obtenir de l’empereur Ferdinand II le privilège universitaire complet tant désiré. Le motif de cette décision ? Le retrait de Strasbourg de l’Union évangélique. En 1608, la ville était devenue membre de cette union, ce qui ne l’avait pas empêchée de poursuivre sa politique prudente à l’égard de l’empire. Quand, après la victoire des Impériaux à la bataille de la Montagne Blanche, s’annonça la défaite de l’Union, Strasbourg resserra ses liens, jamais rompus, avec l’Empereur. Fin 1620, début 1621, l’archevêque de Mayence et le landgrave de Hesse-Darmstadt proposèrent leurs services comme intermédiaires entre l’Empereur et Strasbourg. La ville accepta cette offre… Les négociations eurent lieu à Aschaffenbourg, la résidence secondaire des électeurs de Mayence. Anton Wolff reconnut très vite qu’il importait aux mandataires de Ferdinand II de gagner à une attitude neutre cette importante ville libre du Rhin supérieur, avant que ne commençât l’attaque contre le Palatinat Électoral. On pouvait s’attendre à des contreparties. Le syndic exigea donc, non seulement que les Impériaux confirmassent les anciens privilèges de la ville, mais en plus qu’ils accordassent un nouveau privilège conférant tous les droits de promotion à la Haute École » (in Histoire du Gymnase Jean Sturm, Éditions Oberlin, 1988, page 152).

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Classé dans A. Histoire moderne, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

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