Doctorant, élu au Conseil scientifique

Kenneth Vanhoey a commenté la chronique « 3 doctorants au Conseil scientifique« . J’ai eu envie d’en savoir plus et je l’ai rencontré, mercredi 13 février 2013, dans son bureau au Pôle Application et Promotion de l’Innovation à Illkirch-Graffenstaden (40 photos des bâtiments de l’API, œuvre d’Aymeric Zublena). Chronique à suivre : « le parcours de Kenneth ».

Elu au Conseil scientifique de l’université de Strasbourg. « Je suis en 3ème année de doctorat d’informatique et j’ai été élu fin 2012 au conseil scientifique de l’université. C’est mon premier mandat. Mais auparavant, je représentais les associations de jeunes chercheurs strasbourgeoises au conseil, mais sans droit de vote. C’est Simon, un de mes collègues de travail, qui m’a fait connaître ces associations. Je suis intéressé à améliorer la situation des jeunes chercheurs. Dans le CS précédent, les élus doctorants étaient peu investis. Nous voulons faire mieux ; nous tenons une réunion mensuelle et nous souhaitons soumettre des propositions concrètes au CS, en particulier sur la situation des doctorants étrangers non francophones et/ou non communautaires (« ils sont souvent assez perdus »), sur l’accès aux bibliothèques et aux salles du personnel dans les restaurants universitaires ».

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« Le doctorant a une carte d’étudiant mais n’a pas de carte du personnel, alors qu’il a un contrat de travail avec l’université. Ainsi, il n’a pas d’accès aux restaurants du personnel« . Pourquoi ? Est-ce un salarié de seconde zone ? « Tout le monde se renvoie la balle. L’an dernier, j’ai fait des démarches pour obtenir la carte du personnel. En vain, après plusieurs mois. Nous allons faire des propositions au CS« .

Les premiers pas au Conseil scientifique. « La nouvelle vice-présidente en charge de la recherche, Catherine Florentz, a organisé une première réunion. Elle était directrice de l’école doctorale en sciences de la vie et de la santé. Elle connaît encore peu les champs disciplinaires en dehors des sciences, mais elle est ouverte, elle veut apprendre et vite. Il s’agit de rapprocher les pratiques dans l’ensemble des secteurs scientifiques en matière d’encadrement doctoral, de durée de la thèse (spécificités à prendre en compte en droit et sciences humaines), de conditions de travail des doctorants, de suivi ». Bref, d’appliquer encore mieux la Charte du doctorat.

« La situation budgétaire pour le CS s’est plutôt dégradée : moins d’argent à distribuer. Cependant, les subventions aux associations de doctorants n’ont que peu baissé : 7.300 euros pour les 3 associations, et c’est un financement reportable d’une année sur l’autre. Les labos de recherche nous envient ce report, possible pour les associations ! Nous organisons des rencontres avec les entreprises qui recrutent, des débats, des week-ends Jeunes chercheurs, et nous avons des dépenses de représentations et de formation. Les associations de doctorants et de docteurs auront bientôt un bureau au sein du Collège doctoral européen : on y organisera nos manifestations ».

La représentations des doctorants, post-doctorants, jeunes chercheurs non titulaires. « Pour les élections de l’automne dernier, nous n’avons pas été satisfaits de la situation. Pour les élections au conseil scientifique, nous avons présenté des candidats sur une liste Jeunes Chercheurs, fédérant 3 associations, ADDAL, DEHSPUS, DOXTRA. Nous étions éparpillés dans plusieurs collèges : électeurs dans le collège des usagers, mais nous pouvions demander, si nous avions un avenant enseignement, à être affectés dans le collège des enseignants non titulaires d’un doctorat. Mais il y a eu peu de communication institutionnelle sur cette possibilité et les délais pour s’inscrire étaient bien trop courts ». Les doctorants sont-ils des étudiants qui font des études longues ou des jeunes chercheurs ayant un contrat de travail avec l’université ? Le problème n’est pas nouveau. Les associations de jeunes chercheurs demandent un collège spécifique.

Avec le projet de loi Fioraso (version du 8 février 2013), docteurs et doctorants continueront à être affectés à des collèges différents et n’auront pas davantage de sièges au conseil scientifique. « La commission de la recherche comprend. a) De 60 à 80 % de représentants des personnels. Le nombre de sièges est attribué pour la moitié au moins aux professeurs et aux autres personnes qui sont habilitées à diriger des recherches, pour un sixième au moins aux docteurs n’appartenant pas à la catégorie précédente, pour un douzième au moins aux autres personnels parmi lesquels la moitié au moins d’ingénieurs et de techniciens. b) De 10 à 15 % de représentants des doctorants inscrits en formation initiale ou continue« … Et pourtant, Kenneth rappelle à juste titre que les doctorants constituent à peu près la moitié du personnel de recherche de l’université.

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3 Commentaires

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3 réponses à “Doctorant, élu au Conseil scientifique

  1. Styrène

    « Les doctorants sont-ils des étudiants qui font des études longues ou des jeunes chercheurs ayant un contrat de travail avec l’université ?  »

    Les deux ! Ce sont clairement des jeunes chercheurs qui contribuent à la production des laboratoires. Mais en même temps, ils sont en formation. Je dirais que leur situation est un peu celle d’un apprenti (ce qui n’est pas désobligeant).
    La logique de notre système repose sur des catégories : ceux qui ont tel diplôme et ceux qui ne l’ont pas. On peut bien entendu le contester, mais est-ce l’intérêt de ceux qui cherchent à obtenir un diplôme et qui en espèrent probablement les bénéfices ?
    Enfin, il faut se souvenir que tous les doctorants ne sont pas sous contrat de l’université. Sans même parler ceux, encore trop nombreux, qui ne sont pas rémunérés, il y a des doctorants avec CIFRE (contrat avec une entreprise), avec contrat d’un EPST ou d’un EPIC, avec financement d’un gouvernement étranger, etc… Il y a aussi ceux qui sont rémunérés pour un autre métier exercé en parallèle : enseignement secondaire, praticien hospitalier, etc… La situation est donc de toute manière complexe.

  2. Simon

    Hé, Kenneth, elle jaunit un peu, la plante, derrière toi ! Prends-en soin, elle a tenu plusieurs générations de doctorants avant toi 🙂

  3. Anthony G.

    N’est-ce pas un peu « risqué » de postuler au CS en 3ieme année ? Un mandat dure 2 ans… donc à moins qu’il fasse une thèse de doctorat en au moins 4 (voir 5) ans il va démissionner à mi-parcours (dès qu’il passera sa soutenance en fait). En informatique la moyenne est de 3,2 ans donc s’il ne sort pas des clous, il devra rendre son mandat fin 2013. J’espère que son suppléant est bien formé car arriver comme un cheveu sur la soupe c’est délicat ! 😛

    Il est amusant de voir « comment ça se passe ailleurs ». Pour avoir rencontré des élus d’autres universités le fil rouge pour les doctorants c’est qu’ils sont souvent peu considérés par le conseil. Combien d’élus sont dans des groupes de travail ? Comment sont pris en considération leurs revendications ? Concrètement que font-ils ?

    Souvent, hélas, ces élus n’ont qu’un rôle secondaire d’écoute « tais-toi et apprends » (je mets de côté ceux qui sont élus mais qui ne siègent pas) et il faut une vrai persévérance pour se faire entendre et reconnaitre notre travail. Je trouve déplorable qu’aux yeux de beaucoup de titulaires, les doctorants soient considérés comme des « stagiaires/étudiants ». Et pourtant on peut abattre un travail monstre en un minimum de temps ! 😉

    Avec mes collègues nous avons rempilé pour un second mandat au CS car nous avons dû faire « notre place » lors du 1er mandat (montrer et démontrer nos compétences) justement car les anciens élus n’avaient rien fait/proposé. Cela a plutôt bien marché (record de participation aux élections) et le Conseil était heureux de nous revoir.

    A l’université, et encore plus dans les Conseils tout prend du temps (c’est dingue comme c’est lent…), c’est pour ça que les doctorants élus ont leur carte à jouer en apportant cette vivacité d’esprit/de travail ! A eux de se faire entendre 😉

    Bon courage à Kenneth pour construire et développer ses projets. Un p’tit conseil : formes ton suppléant en même temps, mais surtout potasses les sujets et apprends vite !