Accueil, réussite : les IUT s'engagent

« Accueil et réussite de tous dans l’enseignement supérieur : les IUT s’engagent et proposent une méthode au ministère » (communiqué du réseau des IUT). L’assemblée des directeurs d’IUT et l’union nationale des présidents d’IUT invitent à une Conférence de presse débat, le 27 mars à Paris.

La grogne monte dans les IUT. Mais le réseau, avec une grande persévérance depuis des années (113 chroniques du blog sur les IUT), demande à la Ministre d’écouter et de prendre en compte ses propositions constructives. Deux engagements.

1. « Rénovation des Programmes Pédagogiques Nationaux (PPN). Mobilisation sans précédent de tous les acteurs du réseau des IUT pour la réussite des bacheliers technologiques et généraux, pour la réaffirmation du rôle d’ascenseur social des IUT, pour contribuer à la compétitivité des entreprises et à la qualification des salariés sur tous les territoires ».

2. « Engagement des IUT dans les Contrats d’Objectifs et de Moyens (COM). Favorables à augmenter l’accueil des bacheliers technologiques en préservant l’ambition d’offrir une voie de réussite pour tous les bacheliers, les IUT ont proposé au ministère une méthode contractuelle basée sur l’engagement et la responsabilisation »… Le Contrat d’Objectifs et de Moyens intégré au contrat d’établissement doit être inscrit dans la loi sur l’enseignement supérieur »… Le COM doit permettre en particulier l’existence d’une « filière technologique du bac -3 au bac +3 ». Chroniques du blog sur les COM.

Par ce communiqué et cette conférence de presse, le réseau des IUT porte une initiative excellente et de bon sens : un premier cycle technologique en 3 ans, des programmes pédagogiques nationaux régulièrement modifiés,  un contrat d’objectifs et de moyens, assurant des moyens humains et matériels sur une période pluriannuelle.

Je souhaite pour ma part que les IUT portent un projet encore plus ambitieux, celui d’une filière technologique et professionnelle, fusionnant les IUT et les STS, organisée dans des établissements, autonomes des universités mais associées à elles. Bref le réseau des IUT pourrait porter une révolution, celle de la création d’Instituts d’enseignement supérieur.

4 Commentaires

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4 réponses à “Accueil, réussite : les IUT s'engagent

  1. Fabien

    Enseignant-chercheur dans un IUT, je ne peux que saluer votre opiniâtreté
    à mettre en avant, dès que possible, le modèle des IES…
    Cependant, je ne partage pas votre opinion et je ne partage pas non
    plus la position des directeurs d’IUT…

    Il est vrai que la question de la rationalisation de l’enseignement supérieur est vraiment l’oubliée de cette loi… Nous conserverons donc les BTS et les IUT et les licences générales. S’il est louable de vouloir réduire le nombre de structures, il est quand même étonnant de vouloir créer des structures hors des Universités : partout dans le monde, c’est le modèle universitaire qui est promu mais pas en France… Pourquoi ?
    Qui plus est peut être serait-il souhaitable que l’on parle un peu plus de missions de service publique, non ?

    N’oublions donc pas que les BTS et les DUT sont à accès sélectifs et que personne ne soutient une seconde que ces modèles tiendraient si ce critère venait à disparaître, n’est-ce pas là la véritable inquiétude montante dans les IUT ?… le ministère l’a d’ailleurs parfaitement compris en faisant le chemin inverse : permettre aux universités de sélectionner dans leur licence…

    On pourra objecter la partie « technologique » mais il serait quand même opportun de se demander si les DUT tertiaires requièrent réellement un environnement qu’on ne trouve pas dans les licences d’Economie-Gestion ou autre… alors qu’effectivement pour les DUT secondaires, il y matière à discussion sur la légitimité de ces limites…

    Enfin, n’en déplaise à mes collègues des IUT, les IUT ont été créés pour faire de l’emploi à bac+2 via les DUT et ils ont remplis leur mission, il fut un temps… avec (de mémoire) 83 % de poursuite d’études (+ de 90 % dans les filières tertiaires), ne pas remettre en cause le statut actuel des IUT est une position bien curieuse… vous ne trouvez pas ?

    Une petite dernière : et si les universités avaient les moyens de faire des licences à 2700 h avec une part importante de TD, croyez-vous que le résultat serait si différent de ce que l’on trouve dans les IUT ?

    Quant aux contrats d’objectifs et de moyens des IUT, c’est une lubie des directeurs d’IUT qui veulent garder un pouvoir de décision (l’ordonnateur secondaire de droit) alors même que la véritable question n’est pas de savoir si l’on peut réorienter une dotation chauffage en dotation pédagogique ou l’inverse mais bien plutôt de se poser la question du cout de la maintenance des infrastructures nécessaires à la formation des jeunes en DUT… de ce point de vue, une nouvelle fois, ne mettons pas sur un même pieds d’égalité des DUT secondaires consommateurs de matériels en lien avec leur époque technologique et des départements tertiaires bien moins gourmands…

    Nous nous rejoignons sur un point essentiel, il faut simplifier ! donc tout mettre dans les universités – sans détruire bien entendu – et rediscuter effectivement enfin des questions qui fâchent… des décisions doivent être prises et malheureusement, la France n’est pas partie pour le faire… Quel dommage !

  2. Sirius

    Les IUT ne s’engagent pas à grand chose.
    Rénover les programmes, c’est bien, mais normal de temps à autre.
    Par contre il est clair que les IUT ne prennent aucun engagement précis concernant l’accueil des bacheliers technologiques.
    Toute cette agitation a pour objectif principal de détourner l’attention du privilège dont bénéficient les IUT sur les filières générales des universités, pouvoir sélectionner leurs étudiants. Tant que cette aberration persistera, aucune rénovation de l’université ne sera possible.

  3. IUT Paris Descartes

    Le Conseil de l’IUT Paris Descartes, réuni le 26 Mars 2013

    – regrette l’écart abyssal entre les promesses et les contraintes nouvelles induites pat le projet de loi Fioraso
    – s’insurge contre une exigence aussi peu définie que mal pensée sur l’accueil prioritaire des bacheliers technologiques
    – se lasse d’une reconnaissance de la réussite des IUT qui ne vise qu’à alourdir leurs contraintes et tarir leurs ressources
    – exige le retrait du projet de loi
    – réclame un vrai débat sur les missions, les moyens et sur l’avenir des IUT
    – en appelle à la mobilisation des personnels et des étudiants

    adopté à l’unanimité moins deux abstentions

  4. lionel

    Pour répondre à quelques remarques faites dans les commentaires précédents:

    Le concept de sélectivité, même s’il existe sur le papier, est à nuancer suivant les spécialités. Dans les DUT tertiaires, elle existe réellement (1 place pour 30 étudiants dans mon département). Dans les DUT secondaires, elle est souvent affichée sans être réelle, la plupart de mes collègues prennent tous les étudiants. Au global, nous avons fait une étude sur l’ensemble de notre université et il y a dans l’IUT strictement la même proportion de mention passable, AB, Bien et Trés Bien qu’en licence classique. Cela ne veut pas dire que cela soit normal que nous sélectionnons nos étudiants, cela signifie simplement que l’impact doit être nuancé.

    Sur la poursuite d’études, il est vrai que le DUT n’insère plus à bac +2. Par contre, il insère trés fortement à bac +3 via les licences pro vers lesquelles s’orientent la majorité des étudiants de DUT. La raison de cette poursuite est assez simple, le DUT n’a pas de lisibilité nette dans le LMD et les étudiants souhaitent avoir un niveau L. Faudrait-il créer des licences technologiques englobant DUT+ LP?

    Sur les DUT tertiaires, les programmes n’ont strictement rien à voir avec le programme d’économie gestion. Pour enseigner dans plusieurs programmes (DUT, IAE et école de commerce), les DUT tertiaires ont des programmes beaucoup plus appliqués et bien moins théoriques. L’aspect technologique est aussi dans le contenu des disciplines et non uniquement dans le matériel. J’accueille à l’heure actuelle 30 % de STG et les mettre face à des programmes d’économie formalisée serait les envoyer à un échec certain.

    Il faut reposer la question différemment : pourquoi les étudiants choisissent le DUT?

    La réponse réside plus dans les programmes et l’encadrement que dans le taux de sélectivité. La plupart des étudiants de DUT vous diront qu’ils veulent rester dans une formation à taille humaine où ils sont cadrés et font des matières appliquées. Supprimer ou déstabiliser les DUT ne rendra pas plus attractif les licences classiques. Un étudiant qui venait en DUT pour faire du marketing après le bac n’ira pas en licence pour faire de l’histoire de la pensée économique. Les étudiants s’orienteront, comme c’est déjà le cas, vers des formations privées (Ecole de commerce postbac ou école d’ingénieur).