Modalités illégales de contrôle

L’année universitaire touche à sa fin. Les cours et les travaux dirigés vont laisser place aux sessions d’examens, session pour le second semestre, session de rattrapage. L’histoire des examens – modalités de contrôle des connaissances, MCC dans le jargon académique – est, bien sûr, aussi ancienne que celle des universités. Changement décisif introduit par la loi Faure de 1968 : le contrôle continu des connaissances est devenu aussi important que l’examen terminal.

L’arrêté du 1 août 2011 réformant la licence, arrêté qui a multiplié les compensations entre unités d’enseignements et semestres (La licence est bradée) est la dernière réforme en date (articles de l’arrêté sur les MCC). Fioraso veut-elle aller encore plus loin que WauquiezFioraso démagogique avec l’UNEF ? 40% d’élus étudiants, dans un CEVU devenu décisionnel et non plus seulement consultatif, avec l’aide d’une ou deux élus enseignants démagogiques, feraient la loi en matière d’examens !

L’université de Lorraine est en train de peaufiner les modalités de contrôle des connaissances pour l’année 2013-2014. Il était temps. Depuis 2002, à Nancy et à Metz, la réglementation sur les MCC n’était pas totalement appliquée. En témoigne par exemple le point 6 du compte-rendu du Collegium Sciences Humaines et Sociales, en date du 5 octobre 2012.

Bref, des pratiques étaient illégales depuis l’arrêté d’avril 2002 sur le LMD, sans que cela n’émeuve, en définitive, grand monde. Non conformité à la règlementation pour plusieurs filières : système de coefficients utilisé pour calculer les moyennes semestrielles et annuelles des étudiants de licence ; modalités d’adoption des règles relatives aux examens et des modalités de contrôle des connaissances des licences et masters pour l’année 2012-2013 ; délai légal d’un mois suivant la rentrée pour arrêter et diffuser les modalités de contrôle des connaissances non respecté. Un exemple de non conformité pour l’année 2012-2013 : la 1ère année de licence d’histoire ; les coefficients doivent être égaux aux ECTS.

L’homogénéisation des modalités de contrôle des connaissances de licence pour les rendre conformes à la réglementation, homogénéisation sur l’ensemble des sites de l’université fusionnée et dans l’ensemble des filières, représente un véritable casse-tête comme le lecteur peut s’en rendre compte en ouvrant ce tableau synoptique : nombre d’inscriptions, capitalisation des unités d’enseignement, contrôle continu et examen terminal, compensation et calcul des moyennes, progression dans le diplôme, gestion des absences.

Dix ans de non conformités à la réglementation sur les MCC. Des étudiants ont obtenu leur diplôme alors qu’ils ne l’auraient pas dû. Des étudiants n’ont pas obtenu leur diplôme alors qu’ils auraient dû l’obtenir. Combien? Ils pourraient être des milliers. Un recours a été déposé auprès du Recteur d’académie, lui demandant de vérifier si les règles de calcul des moyennes ont bien été respectées depuis le passage au LMD.

La mise en conformité des MCC avec la réglementation ne suffira pas à régler les problèmes du quotidien. Les enseignants de licence, et en particulier les ATER, les moniteurs, les vacataires, ne connaissent pas les subtilités complexes des MCC et diffusent donc des informations fausses. Plus gravement, ils sont sans cesse confrontés à la pression des étudiants chasseurs d’ECTS. Un professeur étranger invité, ignorant tout des MCC françaises, me racontait récemment des évènements navrants : « Monsieur, nous ne voulons pas de deux contrôles continus ; si vous faites deux contrôles, ne tenez compte que de la meilleure des deux notes ; nous refusons de passer un oral, ce n’est pas prévu en France et ce serait impossible de le caser dans nos semaines d’examen ». Plus grave encore : au premier contrôle sur table, des étudiants ont plagié, recopiant sans vergogne des informations « pompées » sur leur smartphone.

Les modalités de contrôle des connaissances ne sont plus sous contrôle ; elles ne l’ont jamais été. Vivement un examen terminal à la fin de la 3ème année de licence ! Proposition 11 du projet de création des Instituts d’enseignement supérieur.

16 Commentaires

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16 réponses à “Modalités illégales de contrôle

  1. Anthony G.

    L’université devrait réagir et s’adapter à l’évolution des technologies et de leur utilisation.

    La fraude lors des examens (incluant le plagiat) est problématique. Il existe pourtant des solutions pour diminuer les tentatives :
    – mise à disposition par l’université des outils (crayons, gomme, règles, etc..) : cela a un coût mais est réutilisable.
    – Interdire les téléphones portables/tablettes (les éteindre)
    – Couper le WiFi durant les périodes d’exams
    – Brouilleur GSM dans la salle d’exam (mais avec un téléphone filaire à disposition) <– c'est légal sous certaines conditions (http://www.arcep.fr/?id=10935)

    Concernant le "pouvoir" donné aux étudiants, c'est le but ultime de l'UNEF : avoir sa Licence, Master juste en faisant acte de figuration en cours…

  2. Damien

    Ben oui, quand on accumule les règles absurdes et inapplicables, il est normal qu’elles ne soient pas appliquées.

    Les MCCs sont un parfait exemple, typique de l’organisation actuelle de l’université, de la façon dont sont répartis les « pouvoirs » : au niveau national, une réglementation abstraite, de plus en plus détaillée mais complètement détachée du terrain et de toute responsabilité pratique. Au niveau de l’université, des conseils centraux dirigés par des intérêts particuliers (syndicats étudiants, groupes disciplinaires mieux organisés) dont l’objectif est essentiellement d’adapter la réglementation nationale pour défendre leurs intérêts (peu importe les autres). Enfin, plus bas, ceux qui essayent tant bien que mal de sauver les meubles tout en respectant les règles qu’on leur impose. Et qui sont bien évidemment responsables en cas de problème.

    Sur le principe, peu importe l’échelon, mais trois échelons, c’est déjà trop. Et surtout, ceux qui fixent les détails des MCCs devraient être responsables de leur organisation. Si le ministère en est au point de fixer le nombre de sessions, les délais entre chaque, les systèmes de compensation, mais qu’il fasse les examens !

  3. membre de jury

    dans mon UFR, plus personne ne comprend rien depuis des années à ce qui se passe dans les jurys d’examen, tous les calculs sont faits par les ordinateurs, il y a de moins en moins de monde dans les jurys…le jury c’est l’ordinateur, le président du jury celui qui rentre les règles…

    Alors si c’est pas la bonne règle qui est dans la machine (comme ca semble être le cas ici), que la moyenne est fausse, c’est grave, à l’arrivée ca fait des dégâts humains considérables, des jeunes qui n’ont pas leur année ou semestre ou qui loupent une mention ou carrément toutes leurs études.

    C’est vrai qu’en L, les coeffs appliqués, j’ai toujours vu que c’était les ECTS

    Alors dix ans de non conformité, ca fout le vertige, sans doute des vies plantées…ce serait intéressant de savoir ce que pense le rectorat et ministère de tout ca. Puisque les collègues bougent pas !

    Suffirait qu’un étudiant planté aille voir un avocat pour foutre le feu si tout ca est vrai.

  4. Olivier Ridoux

    On sait bien que la réforme LMD a été conduite n’importe comment et a forcé les acteurs de terrain à résoudre une équation impossible : faire du neuf en préservant l’ancien. On a voulu faire de l’ECTS à l’européenne en préservant un système de moyenne et donc de compensation à la française. C’était irresponsable dès le début, mais cela nous a été imposé. Il n’y a donc pas de mystère à ce qu’on constate peu d’entrain à faire les choses selon la loi. C’est évidemment dommage, mais la faute revient d’abord aux auteurs de lois idiotes.

    Quand on remplit les tableau de MCC, on trouve deux colonnes coefficient et ECTS, c’est la loi, mais on découvre qu’elles doivent être proportionnelles. Pourquoi alors maintenir la fiction des coefficients ?

    On sait bien que si on passe aux vrais ECTS, en supprimant la compensation, des étudiants qui auraient eu le diplôme avec l’ancien calcul ne l’auraient plus. Mais inversement, les ECTS ouvrent des voies d’accès au diplôme que ne permettaient pas le calcul ancien. Il n’y a aucune injustice à cela, mais on a voulu le présenter comme une injustice et combiner les deux systèmes.

    Et si on fait le bilan environ 10 ans après, observe-t-on beaucoup de transfert de crédit (le T de ECTS), de capitalisation pan-européenne (le E de ECTS), de capitalisation raisonnée (le C de ECTS est pour crédit, cousin de capital) ?

    Le système ECTS sans compensation est parent de l’approche par compétence où on dit souvent que savoir très bien décoller ne compense pas de mal savoir atterrir. Il y avait un ensemble cohérent à rechercher. Le résultat net est que nous n’avons quasiment rien des objectifs affichés de la réforme LMD, et rien d’une vison saine de l’approche par compétence.

    Curieusement, ou pas curieusement en fait, l’approche par compétence est appliquée dans toute sa rigueur dans de nombreux domaines, à commencer par le permis de conduire, mais pensez aussi aux certifications en langues vivantes et en usage de l’informatique qui sont présentées comme des compétences non-compensables pour obtenir le brevet des collèges.

  5. Damien

    @membre du jury
    « Alors si c’est pas la bonne règle qui est dans la machine (comme ca semble être le cas ici), que la moyenne est fausse, c’est grave, à l’arrivée ca fait des dégâts humains considérables, »

    Il faudrait voir à ne pas exagérer le « ça fait des dégâts humains considérables ». Tout examen a une part d’arbitraire, que ça soit dans le sujet particulier, la santé de l’étudiant le jour J, l’humeur et les critères personnels du correcteur, et ici le calcul de la note et les modalités de capitalisation/compensations. Je doute sérieusement que les calculs et règles aient été faussées au point de faire échouer un étudiant largement au-dessus de la barre (ou réussir un étudiant largement en-dessous). Le reste se perd dans la part d’arbitraire. Oui, pour un étudiant ne pas avoir son examen peut avoir des conséquences ennuyeuses, mais ça ne change pas grand chose si c’était à cause d’une erreur de calcul mineure ou simplement parce que ce n’était pas son jour, sauf peut-être psychologiquement pour lui s’il l’apprend. Les « bons » étudiants ont certainement eu leur licence de toute façon, les « mauvais » ne l’ont pas. Quant à ceux qui sont limites, je dirais bien que c’est à eux, par leur travail, de s’arranger au mieux pour ne pas l’être. Trop d’étudiants visent le 10 de moyenne.

    Qu’on ne se méprenne pas : je ne défends pas les erreurs de calcul. En tant que président de jury en L, je vérifie personnellement les calculs de moyenne, et je respecte autant que possible les règles de compensation (semestrielles et annuelles) qu’on m’impose (je suis très voire trop légaliste). Cela ne m’empêche pas de penser que ces règles absurdes font nettement plus des « dégâts humains considérables » (la double compensation semestrielle-annuelle couplée à la capitalisation est une énorme ânerie qui place certains étudiants dans des situations ingérables) que quelques erreurs de calculs.

  6. Pierre Dubois

    Merci pour ces commentaires argumentés.Indépendamment de la non application des réglementations définies au niveau national, des erreurs de calcul éventuelles dues à des défauts de paramétrage des logiciels ou à des erreurs de saisie, les modalités de contrôle des connaissances ne font pas consensus !

    Le débat sur les MCC ne sera engagé ni par le MESR, ni par les syndicats étudiants.

    Il mériterait évidemment de l’être sur les points suivants :
    – compensations multiples versus une acquisition d’un certain nombre de certificats non compensables entre eux (logique des compétences)
    – suppression ou non de la semestrialisation. J’y suis favorable.
    – nombre d’UE par semestre ou par an. Aller au délà de 3 ou 6 (15 ou 30 ECTS) semble déraisonnable !
    – contrôle continu versus contrôle terminal. Contrôle continu intégral ?
    – place des examens oraux dans l’ensemble des examens
    – examen terminal (écrit et oral) en fin de licence, portant sur les 3 années de licence, et valant autant que les notes de contrôle continu des 3 années de licence. J’y suis favorable !
    – dans une licence à 1500 heures de présentiel, temps de travail personnel hors cours, TD et TP ?
    – sanction du plagiat
    – …

  7. Olivier Ridoux

    Pierre Dubois di « [Le débat sur les MCC] mériterait évidemment de l’être sur les points suivants : »

    Eh bien allons-y ! En douceur…

    – compensations multiples versus une acquisition d’un certain nombre de certificats non compensables entre eux (logique des compétences)

    Je préfère évidemment la logique de compétence sans compensation, mais attention, il faut le faire avec discernement. Bien se rappeler que compenser veut dire faire une moyenne, qui veut dire faire une addition ; le tout est d’éviter d’additionner des choux et des carottes. Il faut construire des UE (unités d’enseignement) assez grosses, composées de plusieurs éléments pédagogiques comparables et compensables entre eux dans une certaine mesure (par exemple avec des seuils éliminatoires vers 8/20). Il y aurait donc relativement peu d’UE, et toutes de taille homogène. Ça me fait toujours rêver de voir des MCC avec des UE à 6 ECTS qui voisinent des UE à 7 ECTS, quelle science permet de peser avec une telle précision le poids de chaque UE ? C’est de la numérologie !

    – suppression ou non de la semestrialisation. J’y suis favorable.

    Si semestrialisation veut dire compensation au semestre alors non, bien sûr. Mais si cela signifie que chaque UE est bouclée à l’intérieur d’un semestre, alors oui, pour favoriser la mobilité.

    – nombre d’UE par semestre ou par an. Aller au délà de 3 ou 6 (15 ou 30 ECTS) semble déraisonnable !

    Bien sûr.

    – contrôle continu versus contrôle terminal. Contrôle continu intégral ?

    J’ai pu tester le contrôle continu intégral. C’est moi qui l’imposait et j’ai fait grincé des dents, et en retour je me suis fait souvent avoir par des collègues qui cachaient de l’examen terminal sous du contrôle continu. Après environ 4 ans d’expérience, on voit que c’est ni plus laxiste, ni plus sévère qu’un contrôle terminal ; c’est une question de réglage. Par contre, ça oblige à considérer l’évaluation comme un acte pédagogique dans une boucle maître-élève, et cela me semble évidemment une bonne chose.

    – place des examens oraux dans l’ensemble des examens

    Il faut quand même considérer le temps que ça prendrait, et le poids de l’affectif à l’oral. Je ne suis pas trop pour.

    – examen terminal (écrit et oral) en fin de licence, portant sur les 3 années de licence, et valant autant que les notes de contrôle continu des 3 années de licence. J’y suis favorable !

    C’est grandiose, mais je ne crois pas cela adapté à des carrières d’étudiants étalées sur de nombreuses années (alors que le système ECTS devrait le permettre), en particulier parce que ces carrières risquent de chevaucher plusieurs habilitations, donc plusieurs maquettes pédagogiques, donc des objectifs pas forcément comparables.

    – dans une licence à 1500 heures de présentiel, temps de travail personnel hors cours, TD et TP ?

    En terme de volumétrie, pour moi l’objectif à atteindre d’urgence serait des semestres nettement plus longs (6 mois est évidemment hors de propos, mais 4 mois semble raisonnable), mais sans contenu supplémentaire, de façon à pouvoir exiger des étudiants du travail personnel sans être ridicule. En effet, chaque enseignant se croyant seul au monde demande du travail personnel alors que les semaines sont déjà pleines. Pour la volumétrie horaire, j’aurais tendance à m’aligner sur le code du travail, arrondi un peu vers le haut, par exemple 40 heures x 32 semaines tout compris, soit 1280 heures tout compris par an incluant CM, TD, TP, évaluation et travail personnel.

    – sanction du plagiat

    Je dirais prévention et sanction. Prévention par l’information, et aussi en ne le facilitant pas, c’est-à-dire en ne créant pas les conditions qui encouragent le plagiat (un Décalogue moderne dirait « Tu ne soumettras pas à la tentation » !). Sanction par application des lois.

    – …

  8. Quand on voit la maquette d’histoire plus haut, avec des coefficients qui vont de 1 à 3 alors qu’ils devraient aller de 1 à 1, à l’arrivée, ça fait pas une erreur de quelques centièmes de points, mais beaucoup plus…

    On répète l’opération sur des centaines (plus ?) de cas par an,pendant 10 ans, évidemment que ça fait des dégâts énormes … si vraiment il y a mauvaise lecture de la loi (une mauvaise loi, ça reste une loi, et les profs doivent l’appliquer), l’université doit refaire les calculs et en tirer les conséquences, et sans traîner.

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  10. Damien

    @membre du jury
    « Quand on voit la maquette d’histoire plus haut, avec des coefficients qui vont de 1 à 3 alors qu’ils devraient aller de 1 à 1, à l’arrivée, ça fait pas une erreur de quelques centièmes de points, mais beaucoup plus… »

    Certes. Mais si on avait forcé les enseignants à équilibrer coefficients et ECTS, croyez-vous vraiment que la modification aurait été du côté des coefficients ? Sur le principe, ce sont bien les coefficients qui étaient valables, et non les ECTS. Les dégâts seraient plutôt si on devait rétroactivement considérer les ECTS comme les coefficients (ce qu’un jugement peut faire… quand on dit que c’est bien la loi qui fait des dégâts énormes).

    « une mauvaise loi, ça reste une loi, et les profs doivent l’appliquer »

    Oui mais qu’on ne vienne pas se plaindre s’il y a des dégâts.

    @Pierre et Olivier

    Mon avis personnel est que, _tant que le programme des licences et le sujet des examens est décidé localement_, les détails des MCC (compensation ou pas, contrôle continu ou pas, nombre d’UEs par semestre, etc.) ne devraient pas faire l’objet de règles nationales. Les règles nationales devraient se limiter à quelques principes très larges (nombre d’heures minimum, présences d’évaluations). Et localement ça devrait être décidé au niveau des composantes, en gardant bien en tête qu’il n’y a aucune raison que ce qui est bon pour Pierre (une licence de l’UFR X) le soit aussi pour Jacques (une licence de l’UFR Y). Je ne donne pas de leçon au professeur d’Histoire comment il doit évaluer sa licence, j’aimerais bien qu’il ne me donne pas de leçon sur comment évaluer la mienne.

    Maintenant, si on passe à des programmes et examens réellement nationaux (une option qui se défend), je pense ENCORE que les modalités d’évaluation ne doivent pas forcément suivre un modèle « taille unique » quelles que soient les disciplines.

    Par exemple, dans mon domaine je vois d’excellentes raisons de garder plus de 3 UEs par semestre (5 est un bon nombre), ce qui n’interdirait pas éventuellement des compensations entre elles. Evidemment, on « peut » regrouper certaines en unités capitalisables d’une année sur l’autre, en prétextant un lien ténu entre ces unités, ce qui revient à faire des petites UEs sans le dire… Non, franchement je préfère avoir des UEs bien homogènes plutôt que de créer toute une hiérarchie alambiquée. Mais bon, c’est mon avis et je ne tiens pas à l’imposer à d’autres.

    Pour terminer, sur le plagiat (ou la triche en général), il y a consensus sur l’importance de la prévention et de la sanction. Mais c’est facile de dire « ne pas créer les conditions qui encouragent le plagiat » : en gros c’est se limiter strictement à des examens écrits sans documents (on fournit le papier, le crayon et les gommes) ? Et si on a besoin d’autre chose ?

  11. membre de jury

    Damien, les ECTS, ils sont fixés dans les discussions avec le ministère au moment de l’habilitation, il n y a pas moyen de les bouger, sinon ça voudrait dire qu’on délivre des diplômes maison,des sortes de DU… là ce serait la totale, mais bon, y a des collègues qui reculent devant rien 🙂

    …pour calculer la moyenne, en L, on utilise les ECTS, et puis c’est tout. Les coefficients, en L, ce sont les ECTS de la maquette négociée avec le ministère.

  12. RGJ

    pq pensez-vous que ce chantier ne pourrait être ouvert par les syndicats étudiants @Pierre ?

  13. Pierre Arnoux

    Il ne faut pas oublier dans la discussion un point important : le taux de reçus final. On a imposé des règles de contrôle des connaissance particulièrement démagogiques, merci à l’action de l’UNEF sur ce point, mais on a réussi le prodige d’avoir en même temps en université le taux de réussite le plus bas des diverses filières de l’enseignement supérieur : c’est le grand chelem! Les modalités actuelles dissuadent tout simplement les étudiants de travailler correctement; un contrôle continu intégral effectué chaque semaine par l’enseignant permet, sans tricher, de passer le taux de réussite de 30% à 85%. Tout le monde se bat donc contre ce système.

  14. Damien

    @membre du jury
    Les ECTS sont dans la maquette comme le contenu (sommaire) des UEs, le nombre d’heures, les MCC dont les coefficients (qui devraient certes être les ECTS), etc. Toutes choses que j’ai déjà vues modifiées en cours d’habilitation. Et à juste titre : je ne comprends même pas comment on peut s’attendre à faire un nouveau chambardement tous les 4 ans sans aucune adaptation entre (certes, on pourrait imaginer que chaque habilitation n’est qu’une adaptation du précédent, mais le LMD ne date que de 10 ans, autant dire que tout ça n’est pas très stable).

    Quant à dire « des sortes de DU… là ce serait la totale », sérieusement… L’enseignant écrit un descriptif sommaire des UEs, mais c’est vrai que c’est lu, ou plutôt survolé (quand je vois le nombre d’aberrations qui ont pu passer au travers d’un dossier d’habilitation) par « le ministère » (un espèce d’entité éthérée et mystique, en tout cas pour le petit enseignant-chercheur de base que je suis). Mais une fois la maquette validée, qui fixe le contenu détaillé du cours ? L’enseignant. Qui fixe les sujets d’évaluation ? L’enseignant. Qui corrige les copies ? L’enseignant. Autant dire que celui qui décide ce que devront connaître les étudiants pour avoir leur diplôme, c’est l’enseignant et lui seul (allez, soyons gentil, l’équipe pédagogique).

    Mais, par la détermination des ECTS avec le ministère et l’égalité ECTS-coefficients, on transformerait ces enseignements et évaluations locaux en « diplômes nationaux » ? Gloria alléluia, c’est encore mieux que la transsubstantiation !

    Soit on donne un minimum de confiance aux enseignants-chercheurs pour garder un « standard national », et dans ce cas ce ne sont pas les ECTS, les coefficients ou autres détails des MCCs mais la conscience professionnelle des ECs et elle seule qui « garantit » le caractère national du diplôme (ce qui n’interdit pas l’existence de règles générales, mais sans exagérer leur portée). Soit on retire cette confiance, et dans ce cas il faut des programmes et examens nationaux.

  15. Professeur

    La question des MCC est totalement subsidiaire. J’ai toujours refusé de lire celles de mon université, incroyable pensum qui n’a rien à voir avec la réalité.

    Je fais un contrôle continu pendant tout le semestre, chaque étudiant a plus de 15 notes (devoirs, interros, DS…) et je détermine ainsi la note finale. Ensuite, je fais un examen, je note ça question par question pour chaque copie sur un tableur excel, puis je choisis le barème de telle sorte que les étudiants reçoivent tous la note prévue au départ (la corrélation entre l’examen terminal et le contrôle continu est telle que je n’ai aucun besoin de tricher, je sais avant l’examen qui ne sera pas reçu, ça ne rate jamais, même si je laisse toute possibilité aux gens de se racheter). Je note sur la copie les points obtenus pour chaque question, et j’ajoute 1 au total pour obtenir la note finale.

    Ensuite j’affiche fièrement sur le PV la note obtenue, qui correspond parfaitement aux règles de l’université. Je n’ai jamais aucune réclamation ; il faut dire que mon taux de réussite est particulièrement élevé, et que ceux qui sont recalés, ayant en général rendu copie blanche ou à peu près, n’ont aucune raison de se plaindre.

    Et que de toute façon, quand quelqu’un vient se plaindre, on s’aperçoit en faisant le total que j’ai fait une erreur de calcul, et que la note obtenue est supérieure d’un point à la note donnée par le barème, ce qui met vite fin à la discussion.

  16. Martinville

    Au point où on en est (compensation, fraude, etc…) il faut donner la licence à tout étudiant inscrit depuis trois ans… cela fera des économies de moyens et d’intelligence.