CPGE à la rentrée : la vie continue

Le projet de loi Fioraso est débattu en commission avant de l’être au Parlement fin mai 2013, mais la vie suit son cours. Qui souhaite, qui soutient cette réforme ? Mais pourquoi donc la Ministre ne retire-t-elle pas son projet ? Pas de réforme de l’ensemble du premier cycle ! Pas d’argent pour réformer ! Stop !

Le Ministère de l’Éducation Nationale, et non le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche – les CPGE sont organisées dans les lycées – , a publié ce 25 avril 2013 au Bulletin officiel la liste des établissements habilités à ouvrir des Classes préparatoires aux grandes écoles à la rentrée 2013. 25 avril : la date surprend. Les vœux des bacheliers 2013 ne devaient-ils pas être formulés sur Admission PostBac avant le 20 mars 2013 ? L’intendance n’a pas suivi. Mais qu’importe ! La vie continue !

La localisation des CPGE ne surprend pas : ce ne sont pas des filières de proximité ; elles sont organisées dans les chefs-lieux de département et dans quelques autres grandes villes. Elles sont très nombreuses dans Paris intra-muros. Démocratisation de l’accès aux CPGE : le changement, c’était en mai 2012.

Les bacheliers généraux de cette année n’ont pas dû s’amuser quand ils ont formulé des vœux pour accéder à une CPGE. 13 types de CPGE scientifiques ; certes, c’est moins que le nombre de mentions de licence ! Mais quand même. Un bachelier plutôt déterminé : « mais où puis-je donc faire une prépa scientifique PC/SI option SI«  ? La réponse ? La vie suit son cours.

L’article 18 de la loi Fioraso, réformant le Code de l’Éducation, prévoit : « Chaque lycée disposant d’au moins une formation d’enseignement supérieur conclut une convention avec un ou plusieurs établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel de son choix dans son académie afin de prévoir des rapprochements dans les domaines pédagogique et de la recherche et de faciliter les parcours de formation des étudiants ». Lycées à CPGE et Universités signeront des conventions. Des conventions qui ne changeront rien, qui ne feront plaisir qu’aux Recteurs d’académie.

Circulez, il n’y a rien à voir. Sauf la vie qui continue, qui ne veut pas voir l’hécatombe en première année de licence universitaire.

Pour aller plus loin : 73 chroniques du blog sur les CPGE.

9 Commentaires

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9 réponses à “CPGE à la rentrée : la vie continue

  1. Damien

    « Démocratisation de l’accès aux CPGE : le changement, c’était en mai 2012. »

    Le problème c’est que quand on ouvre les CPGE, il faut pouvoir mettre des élèves dedans. Il y a 10 ans déjà je discutais avec un prof de prépa dans une classe récemment ouverte dans une « petite » préfecture qui peinait à mettre 15 élèves dans sa classe (autant dire qu’il ne faisait pas le difficile en terme de sélection). Il n’y a pas demande massive pour aller en prépa : le CPGE font à peu près 8 % des premiers voeux dans APB et récupèrent 7,5 % des bacheliers, autant dire qu’un lycéen demandant à aller en prépa peut normalement y aller (ce qui ne veut pas dire qu’il ira dans la prépa de son choix : moins de la moitié des premiers voeux de CPGE sont acceptés, mais on peut demander plusieurs prépas).

    On ne peut pas négliger, bien sur, le fait que certains élèves s’autocensurent, mais je pense qu’il faut aussi admettre, derrière les bons discours sur l’intérêt de la prépa et sa nécessaire « démocratisation », que la prépa n’intéresse qu’une minorité d’élèves, en terme de programmes, de pédagogie, et en terme de débouchés.
    Dès lors, ouvrir une CPGE dans chaque lycée est simplement irréaliste.

  2. Samuel BLIMAN

    Tout d’abord, il faut souligner combien la relation coordination entre ministère de l’éducation nationale et ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est éloquente: degré quasi zéro pour ce qui concerne l’enseignement post secondaire!!

    Maintenant faisons nous les avocats du diable: il faudrait créer encore plus de « CPGE » dans chaque département permettant ainsi leur « banalisation » au détriment des L1 des universités!Avantage…apparent, un plus grand nombre de classes avec des effectifs faibles et donc un retour à des espèces de préceptorat.De toute façon, examinant les résultats des CPGE , bon an mal an, en deux ou trois ans,on sort avec « quelque chose ». Si cela devait fonctionner , alors on parlerait moins des échecs et sortie « nu ». Mais il faudrait aussi inventer un nombre significatif des « vocationnal schools »car enfin tout le monde ne peut ni ne veut devenir « président »!!
    Contre partie de cela: les lycées verront poindre les problèmes d’intendance que connaissent les universités: personnel, budget.gestionnaire.

    Peut-être par cette « manoeuvre » verrait on naitre l’équivalent des « community colleges », les universités évoluant alors vers les « research universities » ne comportant plus alors que préparation aux Masters et PhD

    Ceci s’inscrirait assez bien dans la vue de certains s’interrogeant sur la question: »le modèle américain est-il adoptable »?

  3. Pierre Dubois

    @ Damien et @ Samuel. J’observe la concentration des CPGE en Ile-d-france et dans les grandes villes ; on ne peut dire que ce sont des établissements de proximité. Les STS le sont et ont un recrutement plus « démocratisé » que les CPGE.

    Je ne suis pas pour autant pour l’implantation de CPGE – en l’état – dans les petites villes et pour un gaspillage de l’argent public quand ces éventuelles CPGE recruteraient moins de 10 ou 15 élèves.

    Vous connaissez fort bien le projet porté par ce blog : la création d’Instituts d’enseignement supérieur de proximté dédiés au cycle Licence, voie longue et voie professionnelle. @ Samuel : je préfère réfléchir sur la situation française plutôt que sur la situation anglo-saxonne, la France étant le seul pays au monde où la formatin post-bac est répartie entre les lycées, les universités et bien d’autres établissements d’enseignement supérieur.

    Comme vous pouvez le constater par vous-même, le projet de loi Fioraso ne change rien à l’éclatement coûteux du post-bac. Le rapporteur du projet à l’assemblée nationale étudie actuellement les amendements déposés par les lobbyers d’une vingtaine d’organisations « représentatives ». Aucune ne peut évidemment penser, vouloir une réforme de l’ensemble du premier cycle. Chacun pour défendre les intérêts de son pré carré !

  4. Damien

    @Pierre
    « Comme vous pouvez le constater par vous-même, le projet de loi Fioraso ne change rien à l’éclatement coûteux du post-bac. »

    Très franchement je n’ai que très peu suivi le projet de loi Fioraso (depuis le temps que je me dis que je devrais y jeter un oeil). Je m’attendais tellement à ce qu’il n’y ait rien que je n’ai même pas pris la peine de vérifier qu’il n’y avait rien, me contentant des commentaires trouvés ici et là sur internet (entre ceux qui trouvent que ça ne va pas assez loin dans une certaine direction et ceux qui annoncent l’apocalypse parce qu’on va dans cette même direction), commentaires qui ne m’incitent pas à croire à un quelconque changement.

    Je ne vois pas, de toute façon, par quel miracle la ministre aurait pu sortir une réforme globale du premier cycle, quand tous les acteurs ne voient et ne pensent qu’en se limitant à leur petit environnement. « Chacun pour défendre les intérêts de son pré carré », dites-vous ? Mais c’est exactement ça et ça l’est de plus en plus. Un mélange d’hypocrisie, de frilosité, d’orgueil et de préjugés qui font que chacun ne veut surtout pas perdre les « avantages » (forcément justifiés) qu’il a, tout en jalousant ouvertement les « avantages » (réels ou supposés) des « autres ». Quelle réforme attendre à partir d’une telle situation ?

  5. Martinville

    Pipeau… toutes ces réformes c’est du pipeau. Hollande fut un excellent joueur de pipeau en mai 2012, comme celui de Hammeln, il conduit aujourd’hui un orchestre de fifrelins… et la pauvre Fioraso joue bien mal de son pipeau…. Le pipeau pour conduire les enfants hors de la ville, le pipeau pour charmer les serpents, le pipeau pour conduire les troupes à la mitraille… Bref, il n’y a rien à attendre des politiques… qu’ils nous laissent tranquilles et l’Université ne s’en portera pas plus mal… et qui sait, peut être mieux.

  6. Bloc-notes

    Damien, êtes vous prof en prépa ou ancien élève de prépa ? Ne dites pas qu’il est facile de rentrer en prépa. Celles-ci continuent à sélectionner à l’entrée et à prendre les meilleurs. De plus, si les élèves moyens postulaient et étaient acceptés sous prétexte qu’il faut remplir la classe, l’échec y seraient encore plus important car il est très dur de suivre une prépa et d’aller jusqu’au concours. 60 à 65 heures par semaine. Il faut tenir le rythme. De plus, ne parlons pas du stress et de la fatigue lorsque l’on arrive en fin de 2ème année et l’angoisse des concours car ce sont des concours et non des examens. Il ne suffit pas d’avoir la moyenne pour être admis. Il y a un grand nombre d’échec en licence alors que pour la valider il suffit d’avoir la moyenne. Arrêtez d’être médisant sur les prépa !!!!!!!!

  7. Damien

    @Bloc-notes
    Je suis ancien élève de prépa (et on peut dire que j’ai plutôt réussi ma scolarité en prépa) et je connais bien plusieurs profs de prépa (à la fois dans ma famille proche et dans mes relations amicales), dans différents « types » de prépa. J’ai également eu l’occasion de faire passer des concours (en plus d’en avoir, bien évidemment, passé moi-même). Et vous, connaissez-vous vraiment le système des prépas en général, ou juste un petit morceau (genre une « grande » prépa d’une
    grande ville) ? Les prépas ne se limitent pas à 15 ou 20 lycées prestigieux.

    Oui, les prépas sélectionnent. Mais les plus « grandes » sélectionnent plus que les autres, qui finissent à la limite par prendre (je parle de prépas scientifiques ici) des terminales S avec plus de 10 de moyenne en maths. C’est déjà nettement plus que la fac (qui ne prend pas que des S et ne se limite pas à 10), et ça aide pour avoir une classe un peu homogène, mais le terme de « meilleur » devient discutable dans ces conditions.

    60 à 65 heures de travail par semaine ? J’ai fait une MP* (enfin à l’époque c’était M’) et je n’ai jamais atteint cette moyenne. Mais vous avez raison, la prépa a un rythme élevé, et je ne vois pas en quoi c’est médire sur le prépa que de dire que tous les élèves n’ont pas ENVIE de suivre un tel rythme. Ce ne serait pas médire non plus (de mon point de vue) que de dire qu’un rythme imposé de 60 à 65 h est inutilement élevé pour les étudiants. Mais on peut se rassurer : je connais un prof de prépa qui se plaint que ses élèves ne travaillent presque plus en dehors des cours (et ce serait une évolution relativement récente). Hé oui, même en prépa (pas LLG bien sur) !

    Concernant le taux d’échec et l’aspect « concours pas examen », cette différence est complètement artificielle. Au-delà d’un certain nombre de candidats et de places, la barre d’admission est statistiquement semblable d’une année à l’autre. On rentre dans une école parce qu’on a statistiquement le niveau pour y rentrer, et ce niveau se mesure par un seuil, et que ce seuil soit à 10 ou ailleurs (et il peut être à 8 pour un concours) n’a aucune importance. Et la difficulté de la prépa tient dans son rythme, mais pour ce qui est d’avoir une place à la sortie (là encore, si on ne cherche pas une école prestigieuse spécifique), je ne vois pas comment ce serait si difficile quand le nombre total de places disponibles est semblable au nombre de candidats. Justement, c’est un concours, donc dès lors qu’il y a autant de places que de candidat, c’est plus simple.

    « Arrêtez d’être médisant sur les prépa !!!!!!!! »

    Et vous, arrêtez d’utiliser les points d’exclamation à tort et à travers. Et, par la même occasion, faites fonctionner votre cerveau (parce que le message auquel vous répondiez n’était absolument pas médisant sur les prépas).

  8. Damien

    @Bloc-notes
    Dernière chose : je n’ai aucunement l’intention de médire ou de porter un quelconque jugement sur les élèves ou les enseignants de prépa. Mais si vous considérez que critiquer le système des CPGE (en lui-même, indépendamment de la question de la dualité prépa-universités), c’est « médire sur les prépas », alors sans hésiter je réclame le droit de « médire sur les prépas ». Tout n’y est pas mauvais, bien sur, mais je considère que c’est un système critiquable (globalement, même si ça dépend des enseignants, il y a trop de pression concentrée sur 2 ans, et trop de contraintes pour des élèves qui sont justement ceux qui pourraient bénéficier au mieux d’une certaine liberté) et je ne vois pas pourquoi je me priverais de le dire.
    A contrario, si je trouve critiquable le système des CPGE, je n’ai pas vraiment de critique sur les GE elles-mêmes (en dehors de leur tendance à se « reposer » sur les CPGE pour faire le sale boulot).

  9. Bloc-notes

    Damien, apparement en lisant mon message vous vous êtes senti agressé. Je crois que vous avez mal interprêté mes dires et le ton qui n’y était pas donné. Quant aux points d’exclamation, ce ne sont justement que des points d’exclamation. Je m’exclamais mais n’était pas en colère après vous. Si vous vous êtes senti attaqué, veuillez m’en excusez ! Je réagis vivement à chaque fois que je vois des propos négatifs au sujet des CPGE. Non, je n’ai pas la prétention de connaître à fond le système des classes préparatoires. Encore une fois je suis désolée. (et cette fois sans point d’exclamation).

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