Archives mensuelles : avril 2013

Paris Nord et ses 1.500 évaporés

Paris 13 Nord (à Villetaneuse). Président, Jean-Loup Salzmann, également président de la CPU. L’université publie-t-elle les résultats des étudiants inscrits en 1ère année de licence et leur devenir l’année suivante ? Oui. Elle peut donc être rangée dans les bons élèves de la communication, comme les universités déjà identifiées. Communiqué de la CPU sur la nomenclature des formations de licence (19 avril 2013).

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Courageux de la part de Paris 13 car elle a de mauvais résultats d’ensemble selon la DEPP : sur les 1.743 bacheliers néo-entrants en 2010-2001 en 1ère année de licence, 25,4% seulement ont accédé à la L2 en 2011-2012, 29,8% ont redoublé leur L1, 2% ont changé d’orientation au sein de l’université, 42,8% ont quitté l’université. Ce dernier taux est le plus élevé, avec celui de l’université d’Evry, de ceux observés dans toutes les universités françaises. Les mauvais résultats de Paris Nord tiennent largement à la structure de sa population de bacheliers (42,5% de bacheliers technologiques, 17,6% de bacheliers professionnels). Mais l’université ne parvient pas à faire beaucoup mieux que ce qui est attendu d’elle, eu égard à cette population (taux de succès observé : 25,4% ; taux attendu ou simulé : 24,5). Et ce en dépit de la mobilisation de ses enseignants et personnels (seconde partie de la chronique).

La publication de la DEPP concerne la totalité des néo-entrants. Elle ne permet pas d’identifier les différences de performance d’une licence à l’autre. Heureusement, l’observatoire des formations de Paris 13 a publié en parallèle des résultats pour les 4 domaines de formation et les 19 mentions de licence (organisées en L2 ou en L3 en 48 parcours ou spécialités). Ces résultats portent sur les inscrits en 1ère année en 2008-2009 ou en 2010-2011 ; il ne semble pas que ces inscrits soient seulement des bacheliers néo-entrants : il ne s’agit donc pas d’un début de suivi de cohortes. Dommage !

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Classé dans C. Ile-de-France

Le LaM, Art moderne et Art brut

Retour dans ma région d’origine, Le Nord Pas-de-Calais. Après le Louvre Lens (190 photos), visite du LaM, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, situé à Villeneuve d’Ascq. Temps gris le 10 avril 2013. Un musée en 225 photos.

Mon ami, Jean-Michel Stievenard, ancien maire de Villeneuve d’Ascq, « a présidé pendant 25 ans les travaux du conseil d’administration du Musée ». Dans son ouvrage, L’Art moderne à Villeneuve d’Ascq (Ravet-Anceau, 2010), il raconte l’exceptionnelle histoire de la collection commencée en 1905 par Roger Dutilleul et transmise à son neveu Jean Masurel, qui a continué à l’enrichir. Sociologue, Jean-Michel Stievenard développe une passionnante analyse de sociologie politique sur les relations entre le politique et l’art, sur les tensions entre le « donateur, l’architecte, le conservateur : un cocktail détonnant ». Ci-dessous Roger Dutilleul par Gertrude O’Brady, 1946.

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Album 1 (60 photos). Deux architectes et deux architectures pour le LaM. Roland Simounet conçoit le premier bâtiment, inauguré en 1983. Manuelle Gautrand, le second, inauguré en 2010.

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Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

Communiquer sur le décrochage

Suite des chroniques sur les parcours de formation en licence : succès, redoublements, réorientations au sein ou en dehors de l’université, abandons des études supérieures. Le suivi de cohortes de bacheliers néo-entrants traite des situations individuelles durant 4 ans ; c’est un instrument de pilotage qui devrait d’ailleurs être rendu obligatoire par la réglementation. La connaissance et l’interprétation des parcours observés et simulés (neutralisation des effets de structure en matière de population étudiante) est indispensable pour l’élaboration et la mise en œuvre des réformes de niveau national et de la contractualisation quinquennale, pour les décisions stratégiques de chaque université en matière d’offre de formation et quelquefois de carte des formations.

L’État, les collectivités territoriales, les universités doivent être les premiers utilisateurs des statistiques concernant les parcours de formation. Ces trois opérateurs se doivent de communiquer, en toute transparence, sur les faits observés. Les bacheliers et leurs familles ne sont pas directement intéressés par les résultats agrégés au niveau de chaque université : ils veulent des informations, diplôme par diplôme, pour déterminer leurs choix de telle ou telle licence après le bac. Dès lors la question : les universités doivent-elles communiquer tous les résultats, même quand des licences connaissent des « décrochages » importants. Ma réponse est : oui !

Tour d’horizon des pratiques de communication sur le décrochage en 1ère année de licence. Les bons élèves. La communication transparente de trois universités a déjà été signalée : Strasbourg, Paris 7 Denis Diderot, Bretagne occidentale.

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Classé dans C. Bretagne Normandie, C. Ile-de-France, C. Occitanie (Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon), C. Rhône-Alpes Auvergne

Licence : domaines, mentions, et…

Le comité de suivi de la licence et de la licence professionnelle a proposé, dans un document daté du 28 mars 2013, une nomenclature, une liste d’intitulés pour les licences. La préoccupation de Geneviève Fioraso est de rendre plus lisibles les intitulés en en diminuant le nombre, et ce pour faciliter l’orientation et une éventuelle réorientation des étudiants. Par la même occasion, la Ministre joue d’effets d’annonce :  « je m’attaque non seulement au millefeuille institutionnel, mais aussi au millefeuille des diplômes ».

Pendant que les comités pensent, causent et proposent, les universités agissent. Elles ont bien sûr mis en ligne, admission post-bac oblige, leur offre de formation pour l’année 2013-2014. Cette offre ne tient évidemment pas compte des propositions du comité de suivi. C’est le cas de l’offre de formation de l’université de Strasbourg. A-t-elle tenu compte de l’offre inscrite dans son contrat quinquennal 2013-2017… qui n’est pas encore signé ?

Où en est-on aujourd’hui ? Trois réglementations sont en vigueur. Celle de 1999 sur la licence professionnelle. Celle de 2002 sur l’architecture des diplômes en 3 cycles, dite LMD (licence, master, doctorat) et sur leur transposition en crédits européens (180 ECTS pour la licence). Celle de 2011 réformant la licence a prévu, pour chacune des licences, l’écriture de référentiels des compétences et l’instauration, au plus tard à la rentrée de 2014, d’un minimum de 1.500 heures d’enseignement pour chacune des licences ; les deux changements voulus par Laurent Wauquiez sont restés « lettre morte ». Aucune de ces 3 réglementations n’a instauré de programmes nationaux pour chacun des diplômes. Ce serait affronter l’autonomie pédagogique des universités. Ce serait aller contre leurs libertés et responsabilités ! Communiqué de la CPU du 19 avril 2013 : « oui aux nomenclatures, mais…, mais…, mais… »

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Que font-ils après un échec en L1 ?

Les échecs sont particulièrement nombreux en 1ère année de licence : 57% des bacheliers entrés en 2010 en 1ère année de licence ne sont pas passés directement en deuxième année de licence à la rentrée 2011 : 25,5% ont redoublé la L1, 28,4% sont sortis de l’université mais n’ont pas forcément abandonné les études supérieures (réorientation vers une STS, une école paramédicale ou sociale), 3,1% ont changé d’orientation dans l’université. Que sont devenus ces bacheliers en échec ?

La Note d’information de la DEPP (avril 2013) ne permet pas de connaître le devenir de ceux qui ne sont plus inscrits dans l’université : sont-ils inscrits en BTS ? dans une école paramédicale ou sociale ? exercent-ils une activité professionnelle ? sont-ils au chômage ou inactifs (sans emploi et ne recherchant pas d’emploi) ? L’infinité des situations observées en Bretagne laisse pantois. Les services universitaires d’orientation ne pourront jamais maîtriser des choix d’étudiants qui ne paraissent pas tous guidés par la rationalité. Euphémisme !

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Une initiative excellente. L’observatoire des parcours de formation et de l’insertion professionnelle (Cap’ Avenir) de l’université de Bretagne Occidentale (UBO) a effectué un suivi des étudiants de 1ère année de licence et de DUT (promotion 2008-2009), un suivi des non réinscrits à l’UBO  en 2009-2010 (situation en janvier 2010). Le document m’a été signalé par Michel Abhervé : merci à lui.

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Explications des échecs en licence

Explications des échecs en licence universitaire par les commentateurs de la chronique 38,9% des bacheliers 2007 ont obtenu la licence en 3 ou 4 ans. Deux rappels. 1. Les échecs sont particulièrement nombreux en 1ère année : 57% des bacheliers entrés en 2010 en 1ère année de licence ne sont pas passés directement en deuxième année de licence à la rentrée 2011 : 25,5% ont redoublé la L1, 28,4% sont sortis de l’université mais n’ont pas forcément abandonné les études supérieures (réorientation vers une STS, une école paramédicale ou sociale), 3,1% ont changé d’orientation dans l’université (inscription en DUT ou dans un diplôme d’université). Taux de passage de L1 en L2. Les réorientations, les redoublements, les abandons sont dénommés « le décrochage« .

2. Le taux de réussite en licence dépend d’un certain nombre de facteurs pris en compte par la DEPP : sexe, âge au baccalauréat, ancienneté d’obtention du bac, origine socioprofessionnelle, groupe disciplinaire d’insertion en L1, série du baccalauréat. La DEPP, en l’absence de mise en relation de la base de données SISE et des bases de données Autres établissements d’enseignement supérieur, ne peut mesurer la réorientation des bacheliers de L1 vers les STS et les écoles paramédicales et sociales.

Explications des échecs par les commentateurs. 1. Vincent persifle : « malgré ces chiffres, certains osent prétendre que les diplômes sont bradés ». Allusion aux multiples compensations entre unités d’enseignement introduites au fil du temps. Les mauvais résultats ne seraient donc pas dus au laxisme des modalités de contrôle des connaissances (MCC). Pas si sûr !

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Fondation Université de Strasbourg

Le rapport d’activité 2012 de la Fondation Université de Strasbourg est en ligne. Il est l’occasion de faire campagne pour une nouvelle levée de fonds. L’objectif est de collecter 20 millions d’euros au terme de la période 2010-2014. Fin 2012, les fonds collectés depuis le 1er janvier 2010 ont atteint 12,5 millions, ce qui est conforme à l’objectif quinquennal, même si la collecte 2012 (2,3 millions) s’est effectuée dans un contexte économique difficile. 12,5 millions (dont 8,4 millions de fonds consomptibles) de la part de 522 donateurs. Les entreprises ont à ce jour apporté 96% des fonds et les particuliers 4% (possibilité de dons de moins de 100 euros ; souscription possible en ligne).

Un peu d’histoire. « Deux fondations mutualisées. La Fondation pour la Recherche en Chimie a été créée en 2007 pour soutenir la recherche et l’innovation en chimie à Strasbourg, premier pôle français et parmi les leaders européens et mondiaux dans cette discipline. La Fondation Université de Strasbourg a été créée début 2009 pour accélérer le développement et le rayonnement de l’Université de Strasbourg et intensifier ses liens avec le monde socio-économique. Le 1er octobre 2012, la Fondation Université de Strasbourg a adopté les statuts de Fondation de coopération scientifique (FCS). Les hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont rejoint l’Université comme membre fondateur ». LA FCS est une « personne morale de droit privé à but non lucratif soumise aux règles relatives aux fondations reconnues d’utilité publique ».

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Histoire de l'Art à Strasbourg

Strasbourg et Mulhouse. Pas de diplôme de médiation culturelle parmi les 22 diplômes de la Haute École des Arts du Rhin. Ni dans le Département des Arts visuels de l’université. L’Institut d’Histoire de l’Art propose des formations de la licence au doctorat. « La licence mention sciences historiques-parcours histoire de l’art forme à l’étude de l’objet d’art (principalement peinture, sculpture, architecture, gravure) et de sa mise en valeur ».

Une seule licence professionnelle du champ à Mulhouse : administration et gestion des entreprises culturelles. En Master à Strasbourg, une spécialité Histoire de l’art et architecture. « Un certain nombre des enseignements, fondés sur une collaboration avec les acteurs de la vie des musées et du patrimoine, permettent aux étudiants de se familiariser avec les laboratoires de l’histoire de l’art et de l’architecture que sont les musées et les monuments ». Pas de stage obligatoire ?

Réussite et parcours des 97 bacheliers 2009, inscrits en Histoire de l’Art. 28 ont réussi leurs deux semestres de 1ère année. A la rentrée 2010, 37 parmi ces 97 bacheliers de 2009 sont inscrits en L2 (dont 9 avec un semestre manquant de L1), 17 redoublent, 16 se sont réorientés au sein de l’université, 27 ne sont plus inscrits. Ces chiffres varient d’un baccalauréat à l’autre. Les bacheliers littéraires sont les plus nombreux (49) à avoir opté pour cette licence, mais leur taux de succès est faible : 13 admis en L1, 21 inscrits en L2 en 2010, 8 redoublements en L1. Les 24 bacheliers scientifiques ont mieux réussi : 12 admis, 12 inscrits en L2, 4 redoublements. Parmi les 24 autres bacheliers (15 bacheliers ES, 7 bacheliers technologiques, 2 bacheliers professionnels), l’insuccès est très fort : 4 admis, 4 inscrits en L2 en 2010, 7 redoublements.

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Diplômés en médiation culturelle

Lors de visites récentes de musées, j’ai chaque fois rencontré des groupes scolaires accompagnés de leurs enseignants, groupes de l’école primaire au lycée. Photo 2, Louvre-Lens (album de 10 photos). Photos 3 et 4, LaM de Villeneuve d’Ascq. Photo 5. Piscine de Roubaix. Photo 6, Beaux-Arts de Nancy. Les enseignants ont préparé la visite : « visiter le musée avec ses élèves ». Mais c’est un salarié du musée qui présente les œuvres. Il est appelé « médiateur culturel« . Le Louvre-Lens en compte 15. Qui exerce ce métier ? Avec quel diplôme ? Combien d’emplois ?

Pour le Louvre Lens, les architectes ont dû prendre en compte, parmi les 5 critères imposés des « nouvelles orientations de l’architecture muséale contemporaine », la création d’espaces « pour les ateliers pédagogiques et un centre de ressources (plateforme de détente, de travail et découverte) ». Les ateliers « permettent de comprendre une technique artistique, en l’expérimentant auprès d’un artiste spécialiste ».

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Visites et ateliers sont animés par des professionnels. Sont-ils diplômés du supérieur ?

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Quiz. L'enlèvement de l'Europe

Deux représentations de l’Enlèvement d’Europe (photos des 20 février et 19 avril 2013). Quiz. Dans quelles villes (l’une est universitaire, l’autre non) sont installées ces deux sculptures ? Début mai 2013, le mythe figurera sur un support que chacun pourra toucher et manipuler : lequel ? L’Europe de la connaissance, l’enlèvement de l’Europe de la connaissance : chaque semaine, des entreprises de la vieille Europe ferment des services de R&D, les externalisent au loin. Pour les jeunes diplômes du supérieur, les docteurs en particulier, refondons le mythe en urgence !

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