Contrat de site : 1,5 Mn € par an

Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg, à EducPros (24 mai 2013). « Signé avec l’État, le contrat de site alsacien se traduit par des moyens financiers supplémentaires apportés par le ministère de l’Enseignement supérieur aux quatre établissements signataires, notamment 5 millions d’euros en masse salariale et 2,5 millions d’euros pour la politique documentaire sur 2013-2017. « En terme d’image, ce contrat apporte aussi de la valeur en donnant une meilleure visibilité à chaque établissement ».

7,5 millions d’euros pour 5 ans, soit 1,5 million par an, dont 1 million hors politique documentaire. 1 million, c’est un peu de beurre dans les épinards, mais ce n’est que des clopinettes pour réaliser les objectifs du contrat.

Quatre établissements engagés dans le contrat de site. Il serait logique que la BNU de Strasbourg soit pilote pour les 2,5 millions affectés à la politique documentaire. Il se pourrait aussi que le million d’euros soit affecté à l’université de Strasbourg pour les opérations communes prévues par le contrat. A moins qu’il ne vienne abonder le budget de chacun des 3 établissements, qu’il n’y soit noyé pour remonter le fonds de roulement ou pour l’empêcher de diminuer.

Si ce million est réparti, il faudra inventer une clé de répartition. Celle-ci pourrait être basée sur le montant des budgets 2012 de chacun des 3 établissements. Budgets 2012. Université de Strasbourg : 432 millions d’euros, université de Haute-Alsace : 109,5 millions d’euros, INSA Strasbourg : pas d’information, mais son budget, vu la taille de l’établissement, est certainement inférieur à 50 millions d’euros. Arrondissons à 600 millions le budget global annuel des 3 établissements :  l’argent du contrat de site représenterait donc 0,166 %. Une clé de répartition pourrait être : 70% pour Strasbourg (700 K€ par an), 20% pour Haute-Alsace (200 K€ par an), 10% pour l’INSA (100 K€).

Dès lors, pourquoi les Conseils d’administration des 4 établissements ont-ils voté en faveur de la signature du contrat de site  ? Pour être les premiers de tous les regroupements à se « faire avoir » ? Est-il utile de rappeler que Geneviève Fioraso a fait fi, quand elle est venue à Strasbourg le 11 avril 2013, de la signature de l’État pour le plan Campus. Elle a subtilisé sans vergogne plusieurs millions d’euros à l’université.

L’université de Strasbourg a tout gagné au cours de ces dernières années : le plan Campus, les investissements d’avenir. Les intérêts des dotations en capital, liées à ces victoires, représentent plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Pourquoi alors signer un nouveau contrat  pour seulement 700 K€ par an ? Pourquoi l’université de Strasbourg fait-elle encore confiance à la signature de l’État ? Les contrats que celui-ci signe ne sont d’ailleurs pas des contrats qui l’engagent (Faux contrats et indicateurs bidons).

Le contrat de site fera-t-il progresser la coopération entre les 3 établissements ? J’en doute ! Si les conseils d’administration de l’université de Haute-Alsace et de l’INSA de Strasbourg ont voté en faveur de la signature, n’est-ce pas parce qu’ils croient avoir sauvegardé l’essentiel ? A savoir, une gouvernance propre (une direction, des conseils centraux, un budget autonome). Je défends pour ma part une autre vision de l’avenir : celle de la fusion des deux universités (chronique du 3 décembre 2011) et de la création en parallèle d’Instituts d’enseignement supérieur de 1er cycle (dresser la carte des IES en Alsace). Et c’est pour cela que j’ai défendu, en 2012, la candidature de Pierre-Alain Muller à la présidence de l’université de Haute-Alsace.

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