Fioraso, Shanghaï 2013, Strasbourg

Communiqué de Geneviève Fioraso (15 août 2013). 11ème classement de Shanghaï 2013 : la France conserve son rang. La Ministre, comme ses deux prédécesseurs, critique les critères de classement, mais celui-ci s’étant imposé au niveau mondial, elle ne peut pas en taire l’existence. Son communiqué joue donc dans le registre du mi-figue mi-raisin. Débattre des critères de classement : chronique du 21 août 2011.

1. Méthodologie inadaptée mais (quand même !) 20 établissements français classés parmi les 500 ; 0 dans le top 20, 4 dans le top 100. « Avec 20 établissements présents dans ce classement en dépit d’une méthodologie inadaptée à son modèle, la France conserve son rang par rapport à 2012… La ministre rappelle « pourquoi les critères employés sont bien davantage adaptés aux universités anglo-saxonnes qu’aux universités européennes… Malgré toutes ces réserves, la France compte 20 établissements classés et ses résultats sont en progression par rapport à 2012 ».

Classement 2013 par université, par pays. Classement 2012 par université, par pays. Classement 2013 par grandes disciplines. A noter que 7 établissements de la Suisse figurent dans le classement : 1 dans le top 20 (Swiss Federal Institute of Technology Zurich : album de 23 photos de juillet 2011), 4 dans le top 100. Classement des pays européens : Allemagne (38), Royaume-Uni (37), France (20), Italie (19), Pays-Bas (12), Suède (11), Espagne (10).

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2. Changer les critères pour prouver le performance de la France. « Le MESR joue un rôle moteur en Europe pour la construction du système de qualification des universités et établissements d’enseignement supérieur : le classement U-Multirank. Avec des critères relatifs à l’enseignement et aux formations, au rayonnement régional, à l’internationalisation, à la recherche et à l’innovation et au transfert des connaissances, U-Multirank présentera une mesure plus pertinente de l’attractivité internationale de nos universités et un outil plus efficace pour l’orientation des étudiants et donc leur réussite. La première édition des résultats de U-Multirank devrait avoir lieu au printemps 2014″.

3. La France mène la même politique depuis la création du classement de Shanghaï : regrouper les établissements pour qu’ils « montent » mécaniquement dans le classement. « La Ministre indique également que le Gouvernement n’a pas attendu les résultats des classements internationaux pour doter la France de moyens lui permettant de renforcer son attractivité universitaire et scientifique et d’attirer davantage d’étudiants et doctorants venus des pays émergents, notamment dans les disciplines scientifiques et technologiques. Ainsi, la loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur et la recherche permet la création de 30 grands pôles de formation, de recherche et d’innovation de dimension mondiale« … Hélas, ces pôles continueront à porter le « boulet » de leurs premiers cycles.

Les universités qui ont fusionné ou qui cheminent vers la fusion figurent effectivement dans le classement de Shanghaï : Aix-Marseille, Bordeaux, Lorraine, Strasbourg, Toulouse… Mais pas de fusions envisagées en Ile-de-France. Paris 6 Marie Curie (42ème en 2012, 37ème en 2013) et Paris 11 Sud (37ème en 2012, 39ème en 2013) se disputent la première place française, sans être engagées réellement dans un processus de fusion avec d’autres universités franciliennes.

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L’université de Strasbourg améliore son classement grâce, en particulier, au Prix Nobel 2011 de Jules Hoffmann : 97ème en 2013 (dans le groupe 101-150 en 2012). Chronique du 7 octobre 2011 : Hoffmann. Prix Nobel et Shanghaï. Mieux encore : l’université est classée 16ème pour la Chimie ; c’est le meilleur rang pour les universités françaises.

13 Commentaires

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13 réponses à “Fioraso, Shanghaï 2013, Strasbourg

  1. Martinville

    Une fois de plus, on constate que la solution à la crise des universités françaises est un tripatouillage artificiel (comme nos élites savent en faire) pour jouer sur les chiffres… c’est pareil pour le chômage… Les élites trichent avec la réalité (mais un jour, et peut être l’an prochain, la réalité et le pays réel exploseront le paysage politique et électoral). Ce n’est pas en fusionnant qu’on améliorera les universités : les fusions menées actuellement provoquent le découragement des universitaires face à cette bureaucratisation, cette soviétisation forcée… Décidément, la faillite des élites dirigeantes est patente…. et navrante…. Il faut conspuer Fioraso ses épigones et ses valets !!! tricheurs, menteurs mais très intéressés à la récompense financière de leur carrière.

  2. Pierre

    Cher Pierre,
    Je suis un peu triste de vous voir reprendre sans réelle critique ce marronnier. Depuis des années, je demande à mes collègues étrangers que je rencontre dans des congrès leur avis sur le classement de Shanghai; leur réponse est presque toujours : le classement de quoi? Hors de France, ce classement est généralement ignoré. Son but, qu’il remplit bien, est de donner aux étudiants chinois une idée approximative du niveau des universités; l’utiliser comme outil de gestion scientifique est absurde.

    Il n’est pas vrai que ce classement se soit « imposé au niveau mondial »; c’est en France que des dizaines d’article comme le vôtre donnent cette impression. Dommage de vous voir participer à cela.

    Les résultats sont grotesques : la fusion a permis aux universités de Marseille d’accéder au rang 101, car la plage 101-150 est classée alphabétiquement, et l’université réunifiée a pris comme nom le barbarisme « Aix-Marseille Université »… Manque de pot, cette année elle recule de quelques places, et devient du coup 151ème… Et on appelle ces opérations de marketing de la gestion de la recherche! C’est plutôt ce genre de choses que vous devriez dénoncer, au lieu d’étudier à la loupe des changements de place sans signification (quelle importance pour les étudiants qu’il y ait un prix noble à Strasbourg?).

  3. EGS

    (2° envoi) Classement, bons points, bonnet d’âne : autant de hochets inadéquats et ridicules qui détournent l’attention des problèmes réels -le régime de disette des établissements « autonomes », l’orientation erratique des étudiants, le découragement pédagogique des enseignants… Mais ces hochets ne sont que l’une des multiples formes de la tyrannie de l’évaluation tous azimuts à laquelle, tout comme d’autres corporations, les universitaires ont eux-mêmes docilement consenti à s’assujettir. L’arroseur arrosé, en somme, et dominant la scène, le fétichisme de l’évaluation dans une société de la peur.

  4. Marianne

    Heu pour les maths les universités françaises sont mieux classées que seizième il me semble et rentrent dans le top dix…Ce qui est cohérent avec le nombre de médailles fields françaises. Par contre en maths, grosse supériorité des franciliennes.

  5. Marianne

    P6 est cinquième et P11 est huitième…

  6. Marianne

    @Pierre : ce que vous dénoncez pour Aix-Marseille Université est juste une mauvaise lecture du classement par les journalistes….qui n’ont pas vu que le classement précis n’est pas indiqué au delà de la centième place….

  7. François

    Les statistiques par pays pour l’ensemble math-physique-chimie-informatique-économie/business données par les 3 tableaux de la page http://www.shanghairanking.com/ARWU-SUBJECT-Statistics-2013.html (universités dans les 20 meilleures mondiales pour chacune de ces matières, puis dans les 100 meilleures et enfin dans les 200 meilleures)donnent une image qui paraît mieux rendre compte de la réalité internationale.

  8. Erwann

    Même si la publication du classement annuel de Shanghai est devenu un marronnier avec son lot d’incantations, il est malgré tout probable qu’il reflète une certaine vérité.
    Il y a plusieurs visions du monde et ce classement met en lumière une certaine approche du monde universitaire mondial.
    Libre à nous de partager ou non cette vision, néanmoins jouer à l’autruche n’est pas sain.
    Je souhaite partager avec vous quelques réflexion qui sont miennes en tant que parent d’élève et d’étudiant.

    1/ La « fuite » des cerveaux ne commence pas avec Erasmus ou avec les post-docs, elle tend à se généraliser dès la sortie du lycée. La Belgique et la Suisse en sont devenues les « victimes » pour différentes filières, au point de devoir mettre en place des quotas d’étudiants français (Belgique) ou bien de durcir les critères d’admission (Suisse).
    Ma question est toute simple :
    Pourquoi la mise en place d’une sélection à l’entrée du 1° cycle universitaire est-elle refusée en France, tandis que les étudiants recherchent (et privilégient) les filières sélectives tant en France qu’à l’étranger ?

    2/ Le rayonnement de certaines universités à l’étranger n’est pas récent. Quelque soit la valeur intrinsèque des INSA, le choix d’intégrer une INSA ou l’EPFL (Poly Lausanne) ne conduit pas (plus) forcément à une décision en faveur des écoles d’ingénieur françaises ; pourtant à l’EPFL, la sélection est redoutable tout au long du parcours.

    3/ Plusieurs camarades de lycées de mes enfants ont quitté la France dès le Bac en poche (Belgique, Suisse, mais aussi Allemagne, Roumanie, …). Outre l’attrait pour des universités souvent réputées, la qualité des locaux et de l’accueil ainsi que le « professionnalisme » de nombreuses écoles et universités hors de France séduisent bien des jeunes qui semblent être quelque peu désabusés par un système d’enseignement Français souffrant de réformites aigües (cf. le nombre élevé de réformes qu’un bachelier des années 2009-2013 a vécu au cours de sa scolarité).

    4/ Le monde universitaire Français – même s’il est d’un bon niveau général – s’asphyxie dans des querelles de chapelle directement issue de débats « clochemerledesques ».
    Le résultat en est un manque certain d’efficacité et d’une gabegie des moyens.
    Alors qu’en France les combats entre filières ressemblent trop souvent aux luttes féodales, force est de constater que certaines universités (par exemple en Suisse) savent partager en interne les moyens dont elles disposent pour une plus grande efficacité et pour atteindre l’excellence.
    Ainsi, des étudiants en biologie, en chimie, en médecine, en pharma et en physique peuvent-ils se retrouver dans le même amphi, à suivre le même cours, puisque le contenu de ce cours est au programme de ces différentes filières.
    Les économies réalisées grâce à une telle mutualisation libèrent des moyens pour d’autres actions.

    5/ Contenu des programmes et durée de l’année universitaire :
    Quelque soit la valeur et l’importance du traité de Bologne (dont je suis un ardent défenseur car il m’a manqué lorsque j’ai fait une poursuite d’étude en école d’ingénieur en Allemagne dans les années 1980, sans reconnaissance en France), je suis sidéré des différences significatives quant au contenu et à la durée des enseignements ainsi que sur les critères de validation des acquis.
    Deux étudiants en 1° Année de Biologie :
    – France: Année universitaire mi-septembre – fin Avril; partiels finis courant Mai
    – Suisse: Année universitaire mi-septembre – fin Juin; partiels (sans les rattrapages) finis fin Juillet (voire début Août).
    – France: obligation d’atteindre la moyenne par centre de compétence.
    – Suisse: obligation d’atteindre une moyenne de 4/6 pour chaque centre de compétence (environ 8 centres de compétence pour la première année) avec obligation de réussite pour tous les modules du centre de compétence ou bien un seul échec toléré.

    Si tout se passe bien, ces deux étudiants recevront leurs 60 crédits à la fin de leur 1° année, auront-ils pour autant le même niveau et les mêmes connaissances ?

    Sans être devin, je parierai volontiers que les contenus des travaux de Master (et de Doctorat) ne seront pas d’un niveau comparable pour ces deux étudiants.
    Sachant que très souvent les doctorants assurent une présence (TP, TD) auprès des étudiants en L1, L2 et L3, la différence de niveau se reportera « mécaniquement » sur les générations suivantes.

    En résumé:
    Oui ! Le classement Shanghai est critiquable.
    Non ! Les universités françaises ne sont pas les « victimes » de ce classement.

    Les universités françaises ne sont pas (plus) à la pointe, même si plusieurs d’entre elles restent excellentes.

    Dernière remarque:
    Le parisianisme est insupportable.
    A lire la presse et certains politiques, puisque l’une ou l’autre université parisienne est moins mal classée que les autres, tout semble aller pour le mieux.
    Un tel argumentaire est tout à la fois faux, réducteur et insultant pour les 80% de Français ne vivant/travaillant pas en Île de France !!!

  9. Pierre Dubois

    Merci aux lecteurs pour ces commentaires pertinents. Au temps pour moi, cher Pierre Arnoux : le classement de Shanghaï ne s’est pas imposé au plan mondial. Mais il s’est imposé en France. Pour preuves, la foule d’articles, d’entretiens qui y ont été consacrés, cette année comme les années précédentes. J’ai ajouté, dans la chronique, la photo des Dernières Nouvelles d’Alsace en date du 16 août 2013.

    Pourquoi me serais-je privé de faire également un article ? Ma chronique est centrée sur la communication de la Ministre. Elle est typique d’une communication à la française : on porte attention aux données, on critique les critères (ce que j’ai fait également en renvoyant, dans le 1er paragraphe, à la chronique de l’an dernier), et on invente une autre usine à gaz : U-Multirank.

    Pourquoi la France est-elle fascinée par les classements, par les notations ? Hypothèse : la France est tombée dans les classements depuis Napoléon. L’histoire de l’agrégation au 19ème siècle est une histoire de notation de plus en plus détaillée. L’histoire de la fonction publique est une histoire de classement dans les concours (classement de l’ENA, des agrégations du supérieur, de l’admissibilité et de l’admission dans les concours, des mentions dans les examens…). L’histoire de la méritocratie est aussi une histoire de classement.

    La France, pays centralisé, demeure une bureaucratie qui classe et classe encore, qui gère selon des classements, des données chiffrées. Réduire le nombre d’établissements pour mieux les classer selon leur performance : le rêve des bureaucrates d’hier et d’aujourd’hui, le rêve de nos managers faussement libéraux qui gouvernent aujourd’hui l’enseignement supérieur et la recherche. Débattre !

  10. Erwann

    En Mai 2012, j’avais déjà fait un commentaire concernant le « mécano universitaire » en cours justifié au moins en partie par le « nécessité » de progresser dans le classement de Shanghai.

    Je ne peux que me répéter !
    Une telle justification est un mensonge car de nombreuses universités ou écoles parmi les mieux classées sont en fait de « petites » structures (<20'000 étudiants).

    D'ailleurs, les anglo-saxons ne disent-ils pas "Small is beautiful" ?

    Une fois de plus, la bureaucratie des chiffres de quelques énarques et autres agrégés s'autoproclame "vérité" en se substituant à la réalité.

  11. Pierre

    @marianne : je sais bien ce que veut dire ce classement. Je dis seulement que l’appellation barbare « Aix-Marseille Université » avait justement pour but de permettre à l’université de gagner quelques places, du fait qu’à partir de la centième place, le classement est alphabétique par groupe de 50. C’est lamentable que la politique d’une université soit dirigée par ce genre de considération. Du coup, revers de la médaille, ce qui est probablement un recul statistiquement sans signification de 3 ou 4 places (comme on le voit quand on plonge un peu plus loin dans le site) apparaît comme un recul de 50 places. L’université d’Aix-Marseille va-t-elle faire une communication triomphale à ce sujet?

    @erwann: oui, le classement de Shanghai reflète une certaine vérité; l’université Paris 7 est sûrement de plus haut niveau que celle de Pau ou de Vannes. Il n’est pas contre pas clair qu’elle soit meilleure pour ses étudiants, de licence comme de master.
    Les filières pour lesquels les suisses et les belges rencontrent des problèmes sont exactement celles pour lesquels les français ont mis en place avec succès une sélection très efficace à l’entrée : médecine, kiné, archi… Et c’est d’ailleurs à cause de cette sélection qu’ils rencontrent ces problèmes. Votre solution n’en est pas une. Le problème de la licence, de science en particulier, n’est pas celui d’une abondance d’étudiants non sélectionnés : c’est celui d’une pénurie d’étudiants qualifiés, ajoutée à un dysfonctionnement général. La sélection est d’ailleurs bien plus redoutable tout au long du parcours dans une université française que dans n’importe quel université étrangère : je ne connais aucun autre exemple au monde d’une université qui connaisse un taux d’échec de 80% au niveau de la licence.

    Je suis par contre totalement d’accord avec ce que vous dites sur les réformes, les programmes et les calendriers : c’est largement là qu’est le problème. Le classement de Shanghai n’est qu’un moyen de détourner l’attention.

    @Pierre Dubois : il y a un proverbe dans les discussions sur internet qui dit qu’il ne faut pas nourrir le troll. Le classement de Shanghai, tel qu’il est utilisé en France (il est fort utile pour les étudiants chinois) est un troll, et c’est dommage de le nourrir au lieu de se consacrer aux vrais problèmes. 80% d’échec en licence, y compris dans les universités consacrées par ce fameux classement, c’est un problème gravissime, auquel l’université risque de ne pas survivre à moyen terme.

  12. Petit Cerveau

    @Pierre, je suis en position en Grande-Bretagne, ou je vois beaucoup d’etudiants chinois. Ils ne s’interessent pas tant que ca au classement de Shangai, car leurs premiers choix est avant tout de rester en Chine dans une des meilleures universites. Si ce n’est pas possible, ils iront dans les meilleures universites americaines. Pour le reste, il s’agit essentiellement d’enfants issus des classes aises, pour lequel le facteur dominant est d’obtenir un diplome tout en etant loge dans de bonnes conditions sans etre trop loin du foyer familial, ou alors dans une ville culturellement attractive: ca ne recouvre pas les criteres du classement de Shangai.

    Pour comprendre l’interet du classement de Shangai pour les medias (et surtout pour les gouvernements), il faut se rappeler que celui ci n’a pas ete initialement concu pour les etudiants (c’est en fait une belle legende) a la difference de la plupart des classements anglo-saxons, mais pour permettre au gouvernement chinois d’evaluer les performances scientifiques des universites chinoises, voir par exemple la presentation qui en est faite par les auteurs (« the initial purpose of ARWU was to find the global standing of top Chinese universities »),

    http://www.shanghairanking.com/aboutarwu.html

    Ce classement est d’ailleurs publie chaque annee par une societe de consultants dont les clients sont en particulier les gouvernements (« The Academic Ranking of World Universities (ARWU) is published and copyrighted by ShanghaiRanking Consultancy. ShanghaiRanking Consultancy is a fully independent organization on higher education information and not legally subordinated to any universities or government agencies. »)

    http://www.shanghairanking.com/aboutus.html

    Ceci s’inscrit dans le contexte de la politique universitaire du gouvernement chinois qui a ete de chercher a avantager les universites chinoises qui se placaient bien internationalement. Il se pourrait bien que ce classement ne revele finalement que l’interet des gouvernements pour ce genre d’approche, d’ou les maladresses de la ministre dans sa communication.

  13. Erwann

    Soyons clairs, les « 80% d’échec » en licence sont d’abord des échecs en L1.
    Ce n’est pas la licence qui est sélective, ce sont les nouveaux bacheliers qui sont soit immatures, soit n’ont pas le niveau requis pour un cursus en enseignement supérieur.

    En revanche, je pense que la barre est placée souvent très haut dans des universités étrangères, tandis que nombre d’universités en France tente de « limiter la casse », parfois même au dépend du niveau final.

    Ma remarque concernant la Suisse et la Belgique ne concernait pas (seulement) les études médicales. J’étais à Bruxelles en Septembre 2012 pour le travail et j’entendais les commentaires à la radio sur « l’invasion des étudiants français », cela concernait presque toutes les disciplines.

    Si l’EPFL a décidé de remonter la barre (de 14 à 16) pour admettre les bacheliers français à partir de 2014, c’est exactement pour la même raison. (en outre les 85% de réussite au Bac ne renforce pas l’idée d’une sélection rigoureuse).

    Quant à la sélection pour les études de santé telle qu’elle est réalisée depuis 30 ou 40 ans en France, je n’en pense absolument aucun bien.

    1/ Un médecin ne doit pas être une « bête à concours ».

    2/ Un médecin ne doit pas être considéré comme un « looser » par ses pairs lorsqu’il a décidé de pratiquer dans une ville de taille moyenne ou à la campagne (effet pervers du mode « bête à concours »).

    3/ Je n’ai pas encore vu le rapport entre médecine et pharma qui justifie une première année commune et un concours commun.

    4/ Je ne pense pas que les kinés en Allemagne, Suisse ou Autriche soient beaucoup plus mauvais que leurs collègues français, au prétexte qu’ils n’ont pas suivi la sacro-sainte 1° année de médecine. En revanche, les élèves kinés en D-A-CH sont bien dans leurs peaux.