Paris 7. Vincent Berger s'en va

Fusion des quatre universités du Sorbonne Paris Cité ? Après La Sorbonne part en vrille et La fusion combattue à Paris 3, que se passe-t-il à Paris 7 Denis Diderot, dont Vincent Berger est le président ? Comme Marie-Christine Lemardeley, présidente de la Sorbonne Nouvelle, le rapporteur des Assises oubliées, ardent partisan des IDEX (caricature ci-dessous), aurait lui aussi la tête ailleurs. Deux présidents qui prennent la tangente quand la fusion est en jeu : cela fait désordre !

Des bruits courent : « Vincent Berger devrait remplacer Jean-Yves Mérindol, en tant que conseiller pour l’enseignement supérieur et la recherche à l’Élysée auprès de François Hollande, d’après les informations recueillies par AEF. L’ancien président de l’ENS Cachan, nommé au cabinet du président de la République en mai 2012 devrait en effet quitter ses fonctions vers mi-octobre pour reprendre ses fonctions de professeur à l’université de Strasbourg. Le départ de Vincent Berger de Paris-Diderot devrait quant à lui entraîner des élections générales dans son université, les premières depuis la promulgation de la loi ESR de juillet dernier ».

Des élections générales et donc l’élection d’un nouveau président de Paris 7 ! C’est ce que prévoit la loi Fioraso. « Le conseil d’administration de l’université en exercice à la date de publication de la présente loi adopte dans un délai d’un an, par délibération statutaire, des statuts en conformité avec les dispositions de cette même loi et, notamment, la composition du nouveau conseil d’administration et du conseil académique. Le conseil d’administration, le conseil académique et le président d’université sont désignés conformément à la présente loi à l’échéance du mandat des représentants élus des personnels du conseil d’administration en exercice à la date de publication de cette même loi ».

Toutefois, dans le cas où le président de l’université cesse ses fonctions, pour quelque cause que ce soit, il est mis fin au mandat des membres du conseil d’administration, du conseil scientifique et du conseil des études et de la vie universitaire et un conseil d’administration, un conseil académique et un président sont désignés dans les conditions prévues à la présente loi, si les statuts de l’établissement ont été modifiés ».

Ce qui devrait être le cas : de nouveaux statuts devraient votés le 8 octobre 2013 au CA. Mais ! Les dispositions transitoires de ces statuts (qui prévoient l’absence d’élection en cas de cessation de fonction du président) seraient en contradiction avec la loi. A suivre !

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10 Commentaires

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10 réponses à “Paris 7. Vincent Berger s'en va

  1. Martinville

    Bah, il a trouvé une belle récompense. L’Elysée, c’est un beau bâton de Berger !!! Le cursus honorum des universitaires-collabos du pouvoir. Ce carriérisme écoeurant fait vomir. il illustre la connivence des élites qui nous mènent à la faillite. Je sers servilement le pouvoir, et je me sers… Si Berger avait un peu le sens de l’honneur, il retournerait travailler, à son métier… comme Cincinnatus, qui après avoir servi la République, était retourné dans son domaine, humblement, avec panache… L’Université crève du collaborationisme et du carriérisme de certains universitaires, assoiffés de pouvoir et d’honneur. Vanité, tout n’est que vanité…

  2. joel

    Bravo, milles bravo M. Le president.
    Recrute prof en 1999,
    Directeur d’Ufr de physique : 2005,
    President d’universite : 2009,
    Conseiller du President : 2013 ???
    Belle carriere dans le superieur.
    Au fait, l’enseignement et la recherche. ?
    Missions premieres de l’universite, en avez vous fait ?
    Beaucoup d’enseignants-chercheurs aimeraient avoir une carriere identique.
    Quand aux AITOS ? Exemple perso
    docteur en 81, ingenieur Cnam en93, Hdr en 94 ?
    1968 : tech,
    1987 : Asi,
    1994 : Ige,
    2008 : Ige 1classe.
    2012 : retraite sans fleurs ni couronnes. Ne parlons pas de medailles.
    Le moindre responsa ble de service part avec les palmes, voir Commandeur,
    Dans les labos et services d’enseignement ce n’est pas le cas
    Seulement les chefs de service ont des responsabilites qui justifient la promotion en Igr (dixit la Drh de P7). L’ancien Drh, tech en 95, Asi puis Ige, nomme Drh et Igr en 2007 vire en 2011 ?
    Avec une telle politique bureaucratique, les universites francaises vont progressees dans les classements internationaux.

  3. blandin

    DU CYNISME : PAR VINCI BERGER
    Les personnages de ce roman étant réels, toute ressemblance avec des individus imaginaires, serait fortuite

    1- On valide une déclaration d’effectif non valide pour les permis de construire
    2- on signe un avenant N°2 ou les travaux de mise en conformité sont à la charge de l’université à partir de 500 000 €.
    3- On se fait la malle pour « pantoufler chez Hollande »
    4- On laisse l’université Paris VII dans une situation délicate du fait que de nombreux locaux du contrat de PPP sont dangereux et inaccessibles aux étudiants . . .

  4. François Brunet

    @Joel: »Beaucoup d’enseignants-chercheurs aimeraient avoir une carrière identique. » Vous êtes sûr? Moi pas. Le tas d’embarras, pour rester poli, que n’importe quel président d’université doit gérer n’est pas à la portée du premier venu, et ça ne se bouscule pas au portillon pour la fonction. « Pantoufler chez Hollande »: belle perspective en réalité; aller travailler pour un président en perdition dans les sondages, sur un dossier hyper exposé, est-ce vraiment du pantouflage? Allez, regardons un peu la réalité en face. Le problème n’est pas Berger, camarades. Le problème est le risque de disparition des universités en général. En France c’est relativement invisible parce que les universités n’ont jamais servi à la formation des élites. Mais c’est malheureusement la tendance lourde un peu partout.

  5. Joel

    @Brunet : En 68 on criait contre les mandarins et Zamansky. Les universitaires ont obtenu leur autonomie. Je rappelle que les enseignants-chercheurs étaient majoritaires dans les conseils d’administration et seulement eux pouvaient être élus président. J’ai connu de nombreux présidents, des dévoués (on disait de l’un d’eux qu’il était nobélisable), des convaincus, des fatalistes, mais aussi, au fil des années, des ambitieux, surtout après 81 puis la loi de 84.
    Mais depuis ? Qu’a ton fait de nos universités ?
    La France, pays de la Révolution et des Droits de l’Homme, pays qui a guillotiné un roi, une reine, des milliers de nobles pour éradiquer la féodalité, n’a cessé depuis de refaire des féodalités « républicaines ».
    La décentralisation de l’état aux collectivités territoriales a servi de marchepied à des centaines d’opportunistes pour établir de nouvelles féodalités au nom des citoyens. L’état transfère les charges mais pas l’argent, alors on crée de nouveaux impôts.
    Il en est de même pour les universités et les dernières lois. L’avant dernier président de P7 avait déclaré en amphi pour présenter les nouveaux avantages de la LRU et de la RCE : « l’université avait un budget de 100 millions d’euros maintenant, avec la masse salariale il est de 300 millions d’euros ». Je lui ai fait remarquer qu’une erreur de 10% sur la masse salariale aboutirait à une réduction de 20% des budgets enseignement recherche. Grâce à la RCE à Paris 7 on a commencé par embaucher des cadres administratifs A+ à budget constant c’était au détriment des postes d’enseignement et de recherche.
    Depuis 2005, les postes de catégorie A mis au concours par les 3 grandes universités scientifiques parisiennes ont été entre 50 et 70 % pour des postes d’administration centrale ou de direction d’UFR et la répartition entre concours externes et promotions internes se répartissant :
    – les UFR ont majoritairement des concours externes, les directeurs de labo sont contents car ils peuvent embaucher leurs doctorants faute de postes d’enseignants ou de chercheurs. Quelques postes pour la promotion des IATOS !!!
    – un nombre de postes important pour le recrutement à la présidence et les promotions des chefs de services en IGR.
    Dégouté, j’ai arrêté cette étude en 2008.
    Quant au transfert de Paris 7 dans le 13ème !!!!!
    J’y étais.
    – Condorcet, le premier bâtiment construit pour l’UFR de physique a été bloqué par la commission de sécurité pendant plusieurs mois. Les services d’enseignements déménagés en juin pour la rentrée de septembre n’ont pu emménager quand janvier ! La catastrophe. Dans ce bâtiment on ne peut pas ouvrir les fenêtres car elles tombent.
    – Le bâtiment de biologie Buffon comporte 2 parties. La partie enseignement-recherche de l’UFR de biologie et la partie où se trouve l’institut J.Monod. Ces 2 parties sont reliées par 2 passerelles qui supportent au plus 1 tonne. Il y a un ascenseur pour le personnel dans chaque partie, mais un monte-charge côté UFR. On ne peut livrer dans les étages de J. Monod que des charges de moins d’une tonne. Erreur de conception.
    – Je ne parle pas des paillasses de biologie, peu profondes et sans dosseret. Si, en poussant votre cahier, vous faites basculer de la paillasse un flacon de produit, c’est le dos du voisin qui l’arrêtera. Et réciproquement.

    Mais le président de l’époque était content. Il ne partageait plus un campus dominé par la tour du président de l’autre université. Il avait son campus. Paris 7 est caractérisée depuis sa création par une direction dominatrice d’enseignants qui avaient le pouvoir politique mais avaient aussi dépossédé les cadres administratifs de leurs responsabilités. Le nouveau campus en est un exemple.

    Les Université sont dans la … il nous faut des présidents dévoués, universitaires et non des présidents qui se servent de l’université comme marchepied pour accéder à des fonctions politiques (conseillers, maires, députés, …).

  6. François Brunet

    @Joel. Long commentaire, je suis en accord avec plusieurs points et de toute façon je ne suis pas là pour défendre les présidents successifs de P7. Quelques réponses. Et je ne prends pas de pseudo donc je parle en conscience. Je suis d’ailleurs étonné que sur ce blog pourtant assez confidentiel la plupart des correspondants utilisent des pseudonymes, comme si nous étions en effet dans un régime tyrannique.
    – la France a guillotiné un roi mais est restée féodale: eh oui, je le constate tous les jours, dans tous les domaines (notaires, autoécoles, litiges fonciers, représentativité des corps intermédiaires, etc.). L’université n’est pas plus coupable que d’autres, à mon avis elle fait partie des rares forces anti-féodales de longue durée. Mais elle reste structurellement dépendante et victime du système féodal de l’enseignement (supérieur).
    – les RCE sont une catastrophe pour les universités: nous sommes beaucoup beaucoup d’accord là-dessus. J’ai siégé au CSU de Paris 7 de 2007 à 2012 et j’ai freiné des quatre fers devant toute une série de dérives qui nous menaient, ne serait-ce que budgétairement, droit dans le mur (décharges etc.). Mais tout le monde était pour, notamment parce que le référentiel des tâches administratives et de recherche apportait une reconnaissance selon une vieille revendication du Snesup et autres. Accessoirement, les RCE ont obligé de fait à recruter des personnels administratifs de cadre A au détriment en effet des EC.
    – l’opération PRG: très vaste sujet, en effet, dont nous ne sommes pas sortis. Là je me déclare largement incompétent, même si je connais les pbs de Lamarck, Buffon, Condorcet et maintenant Olympe de Gouges et Sophie Germain où je suis logé. Je ne comprends pas très bien l’argument sur la « direction dominatrice d’enseignants » venant après la nostalgie de l’époque où on a dégommé Zamansky et C. Fouchet. Mais le fait principal est ailleurs: a-t-on gagné quelque chose ou non à sortir de Jussieu, indépendamment de la tour X ou Y? et si on n’a pas pu faire mieux, la faute à qui? aux présidents de P7, aux enseignants « dominateurs », ou à la structure féodale de la société française, qui continue au 21e s. à traiter l’université en général comme une variable d’ajustement pour une politique malthusienne de reproduction endogène et anti-scientifique des élites? Allez, faisons encore un effort pour être universitaires.

  7. Patrice Brun

    Reprocher à Vincent Berger de rejoindre le cabinet du Président de la République revient à admettre que seuls les énarques seraient capables d’une telle mission.

  8. Pierre Dubois

    @ Patrice Brun. Vincent Berger va remplacer Jean-Yves Mérindol, ancien directeur de l’ENS Cachan, ancien président de l’université Louis Pasteur (Strasbourg).

    A ma connaissance JYM n’est pas énarque http://www.letudiant.fr/educpros/personnalites/merindol-jean-yves-149.html
    Il n’a été que membre du comité d’administration de l’ENA de 2005 à 2009.

    Sinon bien sûr d’accord avec vous : ce serait bien si le pouvoir politique, quel qu’il soit, se désencombrait d’une partie de ses conseillers énarques !

  9. François

    Logiquement l’étape suivante : le Conseil d’Etat

    « Jacques Fontanille devrait succéder, début octobre, à Lionel Collet aux fonctions de directeur de cabinet de Geneviève Fioraso.
    Lionel Collet, professeur des universités-praticien hospitalier et ancien président de l’université Lyon 1, a quant à lui été nommé conseiller d’Etat lors du Conseil des ministres du 25 septembre 2013 « 

  10. Au JO

    La nomination est officielle :
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028056579
    Rien en revanche sur le site de Paris 7. Un président cumulard ?