Paris 5. Les crobars du Président

Fusion des quatre universités du Sorbonne Paris Cité ? Après La Sorbonne part en vrilleLa fusion combattue à Paris 3, Paris 7. Vincent Berger s’en va, que se passe-t-il à Paris 5 René Descartes, dont Frédéric Dardel est le président, élu le 21 décembre 2011 pour succéder à Axel Kahn. Photo du Patio de la présidence de Paris 5 (mai 2011).

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Frédéric Dardel est (était ?) partisan de la fusion / fédération des établissements de Sorbonne Paris Cité. Il explique pourquoi dans un document de 7 pages transmis à la Commission de concertation de SPC le 1 juillet 2013 (donc avant le séminaire du Bureau du Pres, le 3 juillet). J’ai d’abord cru que c’était un faux tant le ton employé est inhabituel et d’un cynisme débridé : « fragments de réflexions personnelles et subjectives, qui n’engagent que moi… Comme j’aime bien les crobars, je vous résume graphiquement ma vision de notre situation ».

La situation actuelle du PRES Sorbonne Paris Cité n’est pas du tout satisfaisante : « nous sommes 8 établissements. Ça fait 9 CA délibératifs (en fait 10 avec la FNSP). Nous nous entendons bien, mais les mutualisations réelles sont faibles et la viscosité de montage de projet est élevée » (page 1).

Le statu quo (le PRES devient une Communauté d’universités et d’établissements – CUE) ne change rien : « on se contente de la CUE, avec juste un minimum de mutualisations peu intrusives, mais visibles. On serre les fesses en espérant que le Commissariat général à l’investissement n’y verra que du feu et nous laissera la dation Idex«  (page 2). Frédéric Dardel commente : « ce n’est pas pour en arriver là que je me suis décarcassé depuis trois ans ».

La transformation du PRES en Association d’établissements présente plus d’inconvénients que d’avantages : « la conduite de projet à chaque transfert de compétence sera lourde (9 CA à convaincre…). Il reste des coûts de transaction élevés entre les établissements. On peut anticiper des résistances à toutes les étapes. Moins convaincant pour les tutelles qu’une intégration plus forte et donc risque pour la pérennisation du capital Idex » (page 3).

La fusion ou la fédération des établissements du PRES est le modèle préconisé par le président Dardel. Ses avantages : « intégration des fonctions support et création de masse critique dans des domaines où les moyens étaient dispersés. Réduction des coûts de transaction (plus de conventionnement inter-établissements, mobilité des personnels possible). Les divisions intégrées se voient déléguer des moyens par la structure unifiée (postes, investissement…), ce qui leur permet d’élaborer et de mener une politique scientifique et pédagogique cohérente. Très structurant et très visible« .

Ses inconvénients : « Nécessité du développement d’une gestion de proximité (par campus). Besoin de déconcentrer les décisions (pas de micro-management par le centre = préserver la proximité et la réactivité). Nécessité de faire converger les process métiers entre les établissements concernés par la fusion pour que la machine tourne. Si les fonctions support coincent, on sera en effet sans pitié taxés de mastondontisme« .

La L’emploi systématique des mots « avantages » et « inconvénients » est, pour le cas de la fusion / fédération », une erreur politique commise par le président de Paris de René Descartes : j’espère que les inconvénients qu’il signale seraient en fait des objectifs à atteindre ou des difficultés à surmonter !

Ancien chercheur CNRS et surtout ancien directeur d’un Département scientifique du CNRS, Frédéric Dardel se laisse enfermer dans son passé de chercheur. Aucun développement sur l’offre de formation dans chacun des trois modes possibles de regroupement des établissements du PRES. Un fil conducteur unique pour juger de l’opportunité de tel ou tel modèle : récupérer les centaines de millions d’euros de la dotation IDEX !

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