La surcharge informationnelle

2ème chronique consacrée à la trajectoire professionnelle de Serge Bolidum, chef d’entreprise et doctorant. Sa carrière de cadre international au sein du Groupe Sanofi commence en 1998. Il est successivement développeur, consultant interne, chef de projet, directeur de département, puis enfin responsable mondial de la gestion de base de données en produits pharmaceutiques.

En 2007, il crée son entreprise et choisit le nom de McErnest. En novembre 2012, il s’est inscrit en doctorat de gestion : de l’alignement des cultures numériques au sein des organisations vers la minimisation de la surcharge informationnelle liée à l’usage des technologies de l’information et de la communication. Chronique d’aujourd’hui : parcours de 2007 à 2011.

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« En 2007, je ne pense pas encore au futur. Je suis bien dans mon poste, j’ai une belle responsabilité (jalousée par certains), je gagne très bien ma vie (j’ai même une voiture de fonction). Un jour, je vais rencontrer le directeur des systèmes d’information et lui dis : je veux créer mon entreprise et donc démissionner. Il me dissuade et j’ai encore tenu six mois. Intellectuellement, j’avais fait le tour de la question, je livrais les projets en temps et en heure, mais ceux-ci devenaient répétitifs ».

« Créer une entreprise comme mes parents : avoir la tête sous l’eau, je suis né dedans. Mais l’équipe va-t-elle me manquer, vais-je m’ennuyer ? Les premiers mois, je donne des conseils en SAP ERP  ; mon lieu de travail était le Café Brant à Strasbourg, seul Café strasbourgeois disposant alors d’une connexion Internet gratuite. Au bout de six mois, Sanofi m’a rappelé, mais je n’ai pas accepté de retourner chez eux. McErnest garde toutefois une grosse activité avec eux, en particulier en Allemagne ».

2008, les conséquences d’une anecdote. « Je me suis cassé le bras en jouant au foot. J’ai voulu continuer de bosser, mais j’ai pris le temps d’aller écouter une conférence lors des journées de l’informatique à Strasbourg : une conférence sur les méfaits des powerpoints« . De fil en aiguille, Serge se rapproche du réseau de l’École de Management de Strasbourg : le conférencier était Michel Kalika, alors directeur de l’EM. Le choc est assez rude pour un jeune chef d’entreprise : « j’ai assisté à une conférence sur l’épiphanie entrepreneuriale, je lisais des articles que je n’ai pas toujours compris ».

« Toujours avec mon bras cassé, je suis invité à partager un déjeuner. Lors du repas, Isabelle Walsh, qui a fait une thèse avec Michel Kalika, veut m’interviewer sur mon parcours ». Serge trouve bientôt des liens pertinents entre son parcours, son statut de chef d’entreprise et certaines questions qu’il se pose : le pourquoi du comment de l’épiphanie entrepreneuriale, du passage du statut de cadre à celui de chef d’entreprise.

Il découvre la problématique de l’adoption des systèmes d’information par les entreprises. « Pourquoi  je m’informatise ? Les cabinets conseils n’apportent pas d’innovations : ils se contentent de copier-coller des solutions toutes faites. Je découvre le problème de la surcharge informationnelle, qui conduit à des outils, des bases de données qui sont mal utilisés (encore une couche d’informations, et une nouvelle couche). Et au final, ça ne marche pas. Pourquoi attend-on la solution de l’adoption d’un logiciel providentiel ? Dans mon entreprise, j’observe effectivement que mes clients veulent des outils ; ils ne s’intéressent pas au processus de production et d’analyse de données dans une organisation. Si on n’analyse pas la situation en amont de l’informatisation, les projets de plantent. Il faut investir dans l’organisation, dans les hommes, dans la compréhension du travail réel ; il faut avoir des relations proches avec les utilisateurs concernés« .

Serge Bolidum connaît maintenant la plupart des enseignants et chercheurs de l’EM qui travaillent sur le management des organisations, sur les systèmes d’information. Fort logiquement, il est intégré dans le réseau des professionnels qui donnent des cours. « Je fais des heures en Parcours Grande École et en Master universitaire sur la gouvernance des organisations, la gestion de projet, les systèmes d’information »

Juin 2011, le tournant. Lors d’échanges informels dans le réseau, Serge se voit proposer de s’inscrire en master recherche, voire en executive doctorate. « A la rentrée universitaire 2011, je m’inscris en master recherche. Le thème de mon mémoire : l’usage des smartphones et des tablettes ».

3ème chronique à suivre : du Master au Doctorat.

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