Une CUE : pour faire quoi ?

Suite de la chronique J’ai mal aux regroupements (6) sur le projet de création de l’Université fédérale interrégionale Bretagne – Pays de la Loire

Communauté d’universités et d’établissements à 3, 6, 7, 10… Communiqué du 19 novembre 2013, signé par des responsables et correspondants syndicaux FSU de Bretagne et des Pays-de-la-Loire.

Extraits du Communiqué. Une grande question vient immédiatement à l’esprit : quels seraient les objectifs à court, à moyen et à long termes du regroupement en termes de recherche et de formation ? Et une autre en découle : quelle en serait l’incidence sur les conditions de travail des personnels et des étudiants ?

Nous tenons à mettre en exergue trois catégories de problèmes qui peuvent naître des regroupements d’universités, en particulier à cause des mesures brutales d’austérité imposées par le ministère, qui ont pour effet d’accélérer la déstructuration du service public universitaire.

1) Répartition des moyens. Un seul contrat pluriannuel est conclu entre le MESR et la CUE… La fusion de deux CUE permettra-t-elle de mieux éviter d’éventuelles inégalités de répartition, ou au contraire les renforcera-t-elle ?…

2) Collégialité, démocratie et management. La couche supplémentaire de super « gouvernance » induite par le regroupement en CUE ne peut-elle pas faire craindre, pour les personnels, un nouvel éloignement des processus de décision ? Moins de droit de regard sur les choix les concernant ? Encore moins de démocratie et de collégialité ?…

3) Carte des masters et des formations, carte de la recherche. Les mentions de master seront-elles de la compétence de la CUE en tant qu’EPCSCP ? Ne devrait-on pas craindre dans ce cas une hyperspécialisation des universités de la CUE aux dépens d’un service public de proximité ?…

Aujourd’hui, certains partisans de la fusion des CUE Bretagne et Pays-de-la-Loire évoquent une meilleure « visibilité internationale », une hypothétique plus grande facilité à récupérer un IDEX (dont on connaît le rôle néfaste dans la répartition inégalitaire des moyens), un danger moindre qu’une seule université devienne dominante au sein de la CUE… Aucun de ces arguments ne nous semble très solide, sinon valide… Nous récusons la précipitation qui semble aujourd’hui, sous le puissant aiguillon des politiques d’austérité, présider au destin précaire des universités de ce pays. Il est temps d’arrêter la course à l’urgence pour ouvrir un débat approfondi. Il est temps de comprendre dans quelle direction est poussé notre service public d’enseignement supérieur et de recherche. Il est temps de prendre nos affaires en main.

2 Commentaires

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2 réponses à “Une CUE : pour faire quoi ?

  1. Martin T.

    Quand on crée une CUE aussi vaste que celle en train d’émerger en Bretagne/Pays de la Loire, il me semble judicieux de ´s’intéresser à ce qui se fait et qui fonctionne ailleurs. Les CUE sont certes assez uniques en leur genre, mais il existe deux institutions comparables (sous certains aspects) aux Etats Unis: L’Université de Californie et l’Université du Texas, qui sont chacun des systèmes d’universités publiques, composés à chaque fois d’une dizaine d’établissements qui gardent toute leur indépendance, tout en réussissant à coordonner la recherche et les services administratifs à un niveau global. En parallèle, les différents campus ont réussi à construire chacun leur propre identité auprès des étudiants, tout en communiquant sous une meme marque. Ce sont des exemples de regroupements qui ont permis à leurs membres de rayonner à la fois collectivement et individuellement, en témoigne la renomée de UC Berkeley, UC Los Angeles, UC Irvine en Californie, UT Austin ou encore UT Dallas au Texas

  2. Martinville

    La CUE. Allez, et hop, une couche de bureaucrates, de technocrates, d’apparatchiks en plus !!! Vous avez aimé le mille-feuilles des collectivités locales, vous aimerez le mille feuille universitaire…