Pagaille pour Admission Post Bac

Pagaille monstre annoncée pour Admission Post Bac 2014. Les bacheliers de l’année prochaine, leurs enseignants et leurs familles vont s’arracher les cheveux quand ils vont vouloir saisir, à partir de la mi-janvier, leurs vœux d’études supérieures, en particulier leurs choix de faire une licence à l’université. Conséquence prévisible de la pagaille : fuir toujours plus la licence universitaire.

Deux changements cruciaux concernent en effet la rentrée universitaire 2014 : 1. la mise en œuvre d’une nouvelle nomenclature des mentions de licence, 2. la création de capacités d’accueil, imposées, dans certaines licences, par la grave crise financière qui affecte une majorité d’universités et dans le but de maintenir la qualité de l’enseignement.

Premier changement : le cadre national des formations. La concertation sur le décret en préparation s’achève cette semaine : chronique Formations : j’en perds mon latin. Objectif de cette réforme ? Simplification de l’offre de formation pour une meilleure lisibilité. Qu’en est-il ? 60 mentions de licence dans Admission Post Bac 2013 (soit un choix à possible entre 2.388 licences, une même mention étant proposée par plusieurs universités). Le décret en préparation réduit l’offre de mentions de licence à 45.

Des mentions disparaissent : fin des Lettres classiques et modernes, disparition des mentions en STAPS… D’autres apparaissent : Humanités, Sciences sociales, Arts plastiques… Le contenu de certaines nouvelles mentions n’est pas immédiatement compréhensible : différence entre Sciences et technologies et Sciences pour l’ingénieur ? entre Sciences sanitaires et sociales et Sciences pour la santé ? entre Sociologie, Sciences sociales, Sciences de l’homme, anthropologie et ethnologie ? La nouvelle version des mentions sera-t-elle prête pour la mi-janvier ? Pagaille annoncée.

Second changement : la création de capacités d’accueil dans certaines licences de certaines universités. Dans admission post bac 2013, figuraient 3 critères spécifiques de choix que le futur bachelier pouvait cocher pour éclairer sa recherche : formation en apprentissage, formation pour sportif de haut niveau, formation pour artiste de haut niveau. Un quatrième critère sera-t-il proposé : formation à capacité d’accueil limitée ? J’en doute !

De plus en plus d’universités mettent en place des capacités d’accueil. C’est le cas depuis toujours pour la 1ère année des Sciences de la santé. Ce fut souvent le cas pour les STAPS…

Situation dans l’académie de Montpellier selon Admission post-bac 2013 : 8 mentions de licence à Montpellier 1, 9 à Montpellier 2, 44 à Montpellier 3 (dont 6 à Béziers), 22 à Perpignan, 12 à Nîmes. Le Conseil d’administration de l’université de Montpellier 3 a décidé de mettre en place des capacités d’accueil à la rentrée 2014 ; le recteur d’académie doit donner un accord préalable.

20 novembre 2013. Arguments développés par le vice-président en charge du Conseil d’administration de Paul Valéry pour la mise en place de capacité d’accueil dans certaines filières de licence. Le CA, comme le CEVU avant lui, n’ont pas voté « le tirage au sort« . Les conseils ont voté la demande de mise en place de capacités d’accueil l’année prochaine. C’est le recteur, donc le ministère, qui décidera. Ces capacités ont été définies en fonction des effectifs que les collègues des départements concernés peuvent assumer et en fonction des inscrits des années précédentes. Ce sont donc des raisons pédagogiques beaucoup plus que des raisons économiques qui ont déterminé les conseillers. Tous les étudiants de l’académie qui souhaitent suivre ces formations pourront le faire l’année prochaine comme cette année et les étudiants des autres universités qui sélectionneront ces formations en premier choix pourront également s’inscrire.

Le vote du CA pose la question en terme de politique nationale de l’enseignement supérieur. Nous avons présenté les chiffres publiés par les autres universités. UM3 accueille 1/3 des étudiants en cinéma de toute la France parce que les autres universités appliquent déjà les capacités d’accueil. Il y a 609 inscrits en L1 cinéma cette année à Montpellier 3. A Bordeaux les capacités d’accueil en cinéma sont de… 60 places! 55 places à Marne la vallée, 52 à Paris 7…

C’est la même chose en psychologie. Il y a 945 étudiants cette année et les capacités d’accueil ont été proposées à… 940. Dans le même temps, elles sont de 280 à Angers, 380 à Nantes, 70 à Paris 7 (!) et 300 à Paris 8 … Quant à l’infocom, nous avons cette année 484 inscrits en L1 et les capacités d’accueil sont de 160 places à Bordeaux, 120 à Clermont-Ferrand et Angers, 150 à Paris 13 et 175 à Paris 8, plusieurs universités prévoyant un accès « sur dossier » en toute illégalité et les autres n’acceptant que les étudiants de l’académie.

Les étudiants de ces villes sont obligés de chercher ailleurs, avec les frais et les contraintes que cela suppose, la formation qui leur convient. Et la situation n’est pas tenable pour les collègues et peut affecter la qualité des enseignements. Le taux d’encadrement par des titulaires pour les Arts plastiques est de 30,20%, de 34,60% pour le cinéma et le théâtre, etc… De fait, les autres universités reportent le problème sur Montpellier 3 et nous ne pouvons pas être la seule université de France à accueillir, sans moyens, les étudiants qui ne trouvent pas de place ailleurs. C’est au ministère d’obliger les autres universités à offrir dans leur académie les formations souhaitées par les étudiants.

Pour aller plus loin : toutes les chroniques du blog sur l’université de Montpellier 3 Paul Valéry.

7 Commentaires

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7 réponses à “Pagaille pour Admission Post Bac

  1. Sirius

    Cher M. Dubois,

    Il est difficile de vous suivre dans vos différents combats. Votre défense sans condition de l’Université Montpellier 3 est contredite par la description que vous faites vous-même de l’offre de formation de cette université dans ce post.

    44 mention de licence, alors qu’il n’y en a que 8 ou 9 dans les deux autres université de Montpellier. 600 inscrits en L1 de Cinéma, c’est à dire 1/3 de tous les inscrits en France dans une filière qui fait rêver beaucoup de jeunes, mais avec peu de débouchés. 945 en L1 de Psycho, c’est à dire le record de France, etc. Sans parler des règles de passage d’une année à l’autre, qui sont particulièrement laxistes.
    Montpellier 3 demande donc à la communauté nationale de financer sans limite une offre de formation totalement non maîtrisée, d’un point de vue quantitatif comme du point de vue qualitatif.

    De même on attend avec intérêt les conclusions de l’audit approfondi de l’université de Versailles Saint-Quentin, dont il semble bien que la déroute financière vient plus de la folie des grandeurs de l’ancienne présidente (dont l’actuel président était l’adjoint) que de raisons « nationales ».

    L’autonomie des universités, est-ce le droit de faire n’importe quoi aux frais de la princesse ?

  2. Pierre Dubois

    @ Sirius. Merci pour vos commentaires réguliers sur le blog. Je souhaite qu’un jour vous signiez de votre nom. Qu’est-ce qui vous en empêche ?

    Dans quelle chronique ai-je écrit que je défendais sans condition l’université de Montpellier 3 ? La chronique d’aujourd’hui en fournit la preuve inverse : je n’ai pas hésité une seconde à publier le nombre de licences fort important et les effectifs pléthoriques dans des filières n’ayant pas un marché du travail à la hauteur du nombre de diplômés.

    J’approuve le combat de Montpellier pour la défense de l’autonomie universitaire contre la politique de ce gouvernement, politique qui est la même que celle du gouvernement précédent et qui menace à coup sûr le modèle français, et plus largement européen, de l’Université publique.

    L’équipe de direction de l’université Paul Valéry, avec qui j’ai eu l’occasion de longuement discuter début octobre, sait fort bien que je ne suis pas en faveur du type d’antenne universitaire localisée à Béziers. Et encore moins pour la création d’une université de plein exercice en Guyane !

    Je défends, vous le savez fort bien, la création d’Instituts d’enseignement supérieur de 1er cycle (IES), associés à une université de recherche (dédiée aux masters, aux écoles d’ingénieur, de management…, et au doctorat).

    Béziers mérite un Institut d’Études Supérieures de premier cycle et un seul, fusionnant l’antenne de Montpellier 3, l’IUT de Montpellier 2, la CPGE et les BTS de la ville. IES associé à l’université de recherche de Montpellier, enfin réunifiée.

    Ce qu’est l’IES en quelques mots :
    – il accueille les bacheliers mais pas forcément immédiatement après le bac (droit à l’enseignement supérieur en formation tout au long de la vie) ; il pratique donc une orientation sélective à l’entrée.
    – il est organisé en cinq grandes filières préparant aux études longues et à l’entrée sur le marché du travail après la licence
    – l’étudiant inscrit assume une partie du coût de la formation, paie donc des droits d’inscription plus élevés qu’actuellement
    – la dépense de l’État pour un élève inscrit en IES est celle d’un élève actuel en CPGE / BTS, soit de l’ordre de 13.500 euros par an, ce qui assure de bien meilleures conditions d’études que dans la licence actuelle, licence qui a été assassinée et qui est moribonde…

    Au vu de la dégradation observée partout dans les universités, je suis de plus en plus persuadé que ce modèle d’IES est une solution qui tient la route. Je ne connais pourtant aucun responsable politique, universitaire, syndical, étudiant qui partage mon analyse. Tout le monde crache sur les « Collèges universitaires »

    Mon combat depuis cinq ans est un combat solitaire. Un combat perdu. Je publierai une dernière chronique début janvier 2014 après 5 années de blog. Elle sera intitulée : « Pour un développement du 1er cycle à Béziers ».

  3. Fabien Feschet

    Cher monsieur Dubois dont je lis régulièrement les blogs avec grand intérêt. Il faut en effet que des voix s’expriment sur tous les sujets. Bien entendu, je suis loin de partager l’ensemble de vos idées mais je reste, comme vous semblez l’être, que c’est d’une discussion saine, sereine qu’émergeront enfin un vrai projet pour les établissements.
    La situation de Montpellier 3 est singulière : sans capacité d’accueil réaliste, il n’y a probablement aucune sortie financière à la situation. Qui plus est, même si l’argent publique était disponible – on entend parler de 1 milliard demandé par un syndicat – la responsabilité de chaque acteur devant la dépense publique ne pourra laisser de côté cette question de la légitime dépense.
    Quant aux IES, je n’ai jamais lu – mais peut être l’ai-je manqué – mais pourquoi votre projet ne pourrait-il pas être tout simplement le premier cycle de nos universités que nous aimons et défendons ardemment ? Après tout, il s’agit ni plus ni moins d’unifier et de laisser s’exprimer différent acteurs de formation au sein du même ensemble. Il manque visiblement une volonté pour se poser toutes les questions en France car toute tentative de réforme mène à des blocages et des frustrations. Pour autant, personne ne me semble satisfait de la situation ? Et je fais parti de ceux qui pensent que l’argent n’est pas la solution à tous les maux mais que la cohérence et une véritable politique de formation en est certainement une.
    Que chacun continue un combat de convictions et nous en sortirons tous… grandis !

  4. Yann Bisiou

    Cher Pierre Dubois, cher Sirius,

    Il n’y a pas 44 mentions de licence à l’université Paul Valéry Montpellier 3, mais 19 mentions très « classiques » sur deux « domaines » : Lettres, Philosophie, langues et littérature étrangère, langues étrangères appliquées, Arts du spectacle, géographie-aménagement, histoire, psychologie, sociologie …

    En revanche, Paul Valéry Montpellier 3 a fait le choix de présenter ses formations au niveau des « parcours » et non des « mentions » contrairement aux autres universités citées qui comptent, quant à elles, une vingtaine ou une trentaine de « mentions » par « domaine ».

    Vos réactions soulèvent la question de la pertinence de ce choix. Nous estimons que la présentation au parcours permet une meilleure orientation professionnelle des étudiants et plus de clarté dans l’orientation. Ce n’est pas la même chose d’étudier la littérature étrangère ou les langues étrangères appliquées, l’anglais, le russe ou le chinois… et les débouchés scientifiques et professionnels ne sont pas les mêmes.

    L’université Paul Valéry Montpellier 3 propose 8 langues en littérature étrangères et 12 en langues étrangères appliquées ce qui multiple les « parcours » possibles, mais nous pensons, peut-être à tort, qu’un bachelier qui veut approfondir sa formation linguistique veut savoir s’il devra apprendre l’anglais ou le chinois dans le cursus qu’il retient…

    Au-delà, le débat sur la « simplification» des intitulés me rappelle à bien des égards celui sur « l’autonomie » des universités. On prend une notion simple et consensuelle sans en définir le contenu et on l’utilise pour tout autre chose. La « simplification » proposée par le ministère n’a pas grand chose à voir avec une meilleure orientation des étudiants ; elle est d’abord destinée à réduire le nombre d’étudiants en LLASHS en réduisant progressivement le nombre de licences et de masters.

    Il suffit de regarder le nombre d’étudiants par mention proposée par le MESR pour s’en convaincre. Personne ne critique la multiplication des intitulés sur les formations d’ingénieurs (sans parler des formations en « management » même pas évoquées) et Sirius ne trouve pas raisonnable la diversité proposée en LLASHS alors qu’elle couvre des champs scientifiques sans rapports les uns avec les autres. Cela me rappelle un débat vécu au moment des « IDEX ». Revendiquer l’identification de 2 « domaines » pour les lettres et les sciences sociales paraissait scandaleux à nos interlocuteurs qui, dans le même temps, trouvaient normal de revendiquer 3 domaines pour les poissons des mers, des rivières et des étangs…

    La « simplification» des intitulés ne passe pas nécessairement par la réduction du nombre des licences, mais d’abord par une réflexion sur les « grades » qui ont permis la multiplication de formations privées et publiques aux contenus, aux exigences et à la reconnaissance très aléatoire en particulier sur le « grade » de master.

    Par ailleurs je distingue la « simplification » des problèmes d’orientation. À la sortie du Lycée il y a des étudiants qui sont déterminés dans leur projet professionnel ; ceux-là recherchent une formation précise conforme à ce projet. Et puis il y a les autres, ceux qui doutent de leur orientation. Et pour eux la question n’est pas celle du nombre des intitulés, mais celle du manque de formations généralistes qui permettrait de préciser leur projet professionnel.
    Cordialement
    Yann Bisiou
    Vice-président du Conseil d’administration
    Université Paul Valéry Montpellier 3

  5. Béa

    Mettre en place des capacités d’accueil et donc restreindre celui-ci n’est pas la bonne solution. Certes, les universités concernées par beaucoup de demandes (il n’y a pas que Montpellier) ont et auront du mal à donner un enseignement de qualité mais si toutes les filières avaient une capacité d’accueil, où s’inscriraient les étudiants qui n’ont pas eu de place. S’inscrire par défaut dans une filière que l’on a pas choisie n’est pas n’ont plus la solution pour les étudiants qui risquent de se retrouver en échec. Il y a des filières fortement demandées. Certaines comme la PAES, où il y a 1350 étudiants d’inscrits (URCA) cette année avec du coup des conditions d’apprentissage déplorables (amphi bondés, queues devant les amphis dès 6h45 du matin,…) devraient limiter leur capacité d’accueil systématiquement mais il est difficile de dire à un élève qui a toujours rêvé de faire Médecine ou pharma de renoncer à s’inscrire. En même temps, cela limite énormément ses chances de réussite. Beaucoup d’étudiants de PAES se retrouvent donc en deuxième semestre (15 %) réorientés et choisissent bien souvent par défaut la licence BBTE qui ne leur garantie pas non plus une totale réussite surtout en matière d’insertion. Il y a aussi beaucoup de demandes pour la filière STAPS mais qu’en est-il des débouchés. Plutôt que de limiter la capacité d’accueil dans certaines filières, il faudrait adapter les formations à l’offre sur le marché du travail et à la demande et SURTOUT bien préparer les élèves avant leur saisie sur APB à leur réflexion de choix et TOUT prendre en compte.

  6. Damien

    @Béa
    « Plutôt que de limiter la capacité d’accueil dans certaines filières, il faudrait adapter les formations à l’offre sur le marché du travail »

    Mais qu’est-ce que cela veut bien dire ? Quand une filière forme trop d’étudiants par rapport aux débouchés potentiels, mieux vaut encore la fermer plutôt que de limiter ses capacités d’entrée ?
    Vous citez « BBTE » (il a fallu que je fasse une recherche pour comprendre que ce sigle signifiait « Biologie-Biochimie-Terre et Environnement », je le précise donc pour les gens aussi ignares que moi sur le sujet). Pensez-vous que l’actuel surplus d’étudiants (au regard des débouchés) dans ce parcours se corrigerait de lui-même en « adaptant l’offre de formation » (tout en gardant une formation orientée « sciences de la vie et de la terre », bien sur, à moins que vous ne considériez que le marché du travail n’offre strictement aucune place en « BBTE ») ?

    « et SURTOUT bien préparer les élèves avant leur saisie sur APB à leur réflexion de choix et TOUT prendre en compte. »

    En gros, on demande à des lycéens de jouer parfaitement à un « jeu » 1) dont ils ne connaissent que très imparfaitement les « règles » 2) à leur premier essai 3) avec comme enjeu la majeure partie de leur formation supérieure et de leur vie professionnelle à venir (vive la France et sa culture du diplôme).

    Et ça ne serait qu’un problème de « préparation » (en leur mettant une bonne dose de pression « surtout prenez bien TOUT en compte ») ?
    Mais qui peut sérieusement dire ici, face à un lycéen qui a des résultats A, des envies B, des rêves C avec une part d’indécision D, que le « bon » choix pour lui (en prenant en compte le marché du travail dans 3/5 ans, les formations disponibles, et les choix des autres lycéens) est E ? C’est trop facile de se défausser sur le choix des lycéens, ce n’est quand même pas de leur faute si l’enseignement supérieur français est si mal fichu !

  7. Bruno

    Bonjour,

    Pour avoir travailler sur le système d’information Scolarité dans plusieurs universités parisiennes, je regarde la discussion sur le nombre de domaine, de mention ou de parcours avec un certain scepticisme. Prenons pour exemple la disparition annoncée des spécialités, croyez vous vraiment que le nombre d’étapes proposées à l’inscription va diminuer ? Je crains que les universités vont simplement remplacer les spécialités par des parcours, le perdant au final c’est l’étudiant qui va devoir mieux s’informer sur le contenu de l’étape de licence qu’il choisit pour ne pas avoir de surprise.

    De manière plus générale, face aux difficultés budgétaires j’observe deux comportements au sein des universités : les contestataires et les réformistes (un vieux débat).
    Les premiers sont dans l’opposition complète à la RCE avec pour objectif une réévaluation des dotations sans conditions, partant du principe que les conditions notamment financière de l’autonomie ne sont pas réunis (pas forcément à tord).
    Les seconds sont plus dans une logique comptable avec parfois une position plus intermédiaire, « nous faisons un effort mais l’autorité de tutelle doit en faire un aussi ».
    Dans ces efforts de maîtrise de l’offre de formation j’observe trois grosses stratégies :
    1) On réduit le nombre de TD (ca marche surtout en licence)ou pire on augmente le nombre d’étudiants par TD. Si l’Université avait la maîtrise réelle de ces effectifs cette stratégie pourrait se comprendre mais ca n’est pas le cas, rappelons que les rectorats ont l’obligation légale de proposer à chaque bachelier qui le demande une solution d’inscription en université…
    2) la réduction du nombre d’heures enseignées, là où le cours durait 36h il ne dure plus que 33h.
    Si on considère qu’un crédit ECTS c’est 25 heures de travail de l’étudiant cours compris (norme européenne) alors la réduction des heures enseignées signifie qu’à crédit constant on reporte la charge de travail sur le travail personnel de l’étudiant, un choix délicat. A mes yeux c’est probablement le pire choix, il revient à appauvrir l’ensemble de l’offre de formation y compris dans les formations qui fonctionnent bien.
    3) enfin la suppression d’un parcours, d’une étape voir d’un diplôme
    Le choix le plus difficile, celui que j’ai observé très rarement mais c’est peut être aussi celui qui fait le moins de mal aux étudiants.

    Pour le point 2) et 3) c’est un peu comme un arbre malade, dans le cas 2) on coupe 10 ou 15cm de toutes les branches dans le cas 3) on coupe la branche malade. Alors bien sûr cette analogie est un peu facile, la vrai difficulté c’est de déterminer ce qui est malade et ce qui ne l’est pas. Et puis pour un Président décidé de supprimer un master c’est très compliqué, ca nécessite un courage politique que je n’ai pas vu souvent…
    Sans compter que ce n’est pas parce qu’un diplôme a un effectif réduit d’étudiants et possède une charge d’enseignement lourde qu’il ne présente pas pour autant un intérêt scientifique très élevé parfois même au niveau national, une évaluation compliquée.

    Comme toujours il n’y a pas de réponses simples à problème complexe.

    Toutes ces difficultés posent au fond la question de l’autonomie. Pour moi la véritable autonomie (pas forcément souhaitable d’ailleurs) c’est :
    1) le droit de fixer le prix de ses diplômes
    2) le droit de maîtriser ses effectifs d’étudiants et de les sélectionner
    3) le droit de recruter son personnel.

    En donnant ces trois droits aux Universités elles deviennent vraiment autonomes. Mais bien évidemment si on fait ca alors on casse complètement le modèle de l’enseignement supérieur français et soyons clair je ne crois pas que ce soit souhaitable. Le problème c’est qu’actuellement nous sommes exactement entre deux eaux, plus tout à fait dans le giron étatique mais pas réellement dans l’autonomie et c’est clairement la plus mauvaise position.

    Bon j’ai assez écris, je vous laisse réagir.