Mémo pour Secrétaire d’Etat

Publié au BO du 3 avril 2014. Recherche Secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche. Audition : samedi 5 avril 2014. Date de prise de fonction : semaine du 7 au 13 avril 2014. Ci-joint un modèle de lettre de motivation pour les candidat(e)s à la fonction. [Entre crochets, le pense-bête d’un postulant].

1. Je promets à Manuels Valls et à Benoît Hamon de réduire les dépenses de l’ESR et d’obliger les établissements à rechercher davantage de ressources propres.

2. Pour ce faire, je réorganise le secrétariat d’État pour être plus économe, plus efficient et plus efficace : moins de conseillers, moins de chargés de mission, moins de groupes de réflexion, fin de la commandite de rapports… [Je vais quand même éviter de parler de dégraissage du Mammouth!]. Deux directions seulement : une direction en charge de l’enseignement supérieur de 1er cycle (Licences, DUT, BTS, CPGE), une direction en charge des formations de 2ème et 3ème cycles, de la recherche, de l’innovation. Une sous-direction, transversale aux deux précédentes, en charge de l’insertion professionnelle, de l’alternance, de la formation tout au long de la vie.

3. Réduire les dépenses. J’arrête immédiatement le processus de contractualisation quinquennale par vagues successives. Le contrat avec l’État, créé à la fin des années 80, est obsolète, n’apporte aujourd’hui que de l’argent de poche aux établissements. La contractualisation leur coûte plus cher (temps de coordination) que l’argent qu’elle leur apporte. Quelques dizaines de millions d’économies.

4. La contractualisation disparue, j’applique la loi du 22 juillet 2013 et mets fin à l’Agence d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche (AERES), dont la mission est essentiellement centrée sur la contractualisation quinquennale. Quelques dizaines de millions d’économies.

5. Dans la foulée, je supprime tous les comités Théodule, inutiles, redondants, coûteux : il est temps de simplifier le mille-feuille institutionnel. [J’en donnerai la liste lors de mon audition ; je vais devoir y passer la nuit prochaine].

6. Je demande que, par ordonnance, soit décidé un moratoire pour la mise en œuvre de la coopération et des regroupements d’établissements. La date du 22 juillet 2014 pour le vote des statuts des COMUE est abrogée. Il faut laisser du temps au temps. [Certes, les présidents d’universités et leurs équipes de direction auront travaillé en vain pour construire des mastodontes voués à l’échec, mais il est temps d’arrêter le massacre ! Les regroupements COMUE en cours sont du n’importe nawak].

7.J’estime cependant que la fusion entre universités doit demeurer l’objectif prioritaire : parvenir à une quinzaine d’université de recherche, internationalement lisibles et visibles. J’en confie la mission à la direction en charge des formations de 2ème et 3ème cycles, de la recherche, de l’innovation. Elle fera rapidement des propositions pour permettre à ces universités de collecter des ressources propres, abondées – au même niveau – par le budget de l’État : droits d’inscription limités à 2.000 euros par an, tarification en hausse pour la formation continue et la VAE, taxe d’apprentissage, activités industrielles et commerciales. Dans la loi de finances 2015, 2 milliards d’euros du Crédit Impôt Recherche seront réorientés vers la recherche en partenariat entreprises / centres de recherche publics, vers le financement des doctorants (conventions CIFRE) et le recrutement des docteurs. [Il y en a marre de se foutre de la gueule des doctorants et des docteurs].

8. Pour parvenir à une quinzaine d’universités de recherche, de taille raisonnable et donc gouvernables, il faut créer des établissements de premier cycle, réorganisant licences universitaires, DUT, BTS et CPGE, établissements de 500 à 2.000 étudiants, associés à une université de recherche. Ces établissements de proximité sont nécessaires pour faire progresser le taux de succès en premier cycle et parvenir à 50% de jeunes, titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur. La démocratisation de l’enseignement supérieur en passera par là. [Il me faut penser à relire le projet porté par le blog Histoires d’universités et à tacler l’ex-Ministre : elle n’a pas encore publié l’Atlas régional des formations supérieures pour l’année 2012-2013].

9. Je m’attacherai à convaincre les syndicats des personnels que la régionalisation de l’enseignement supérieur de 1er cycle est une excellente chose : accès garanti à l’enseignement supérieur pour tous les bacheliers (mais pas forcément en formation initiale), pas de droits d’inscription à payer, cofinancement État/Région, dépense par étudiant portée à 13.500 euros par an. Certes ça coûte, mais on s’y retrouve vite. [C’est démontré pour le projet des IES, mais il y a comme un petit problème : l’État compte diminuer de 10 milliards d’euros ses dotations 2015 aux collectivités territoriales].

10. Je m’attacherai à convaincre les syndicats des personnels que la régionalisation de l’enseignement supérieur de 2ème et 3ème cycles est une excellente chose parce que l’argent européen (les fonds du FEDER) transite désormais par les régions. [Je crains de devoir expliquer ce qu’est la stratégie européenne 3S Smart spécilisation. Mes futurs ministres de tutelle en ignorent sans doute l’existence].

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Une réponse à “Mémo pour Secrétaire d’Etat

  1. Samuel BLIMAN

    Il manque un point dans ce petit mémo: Où place-t-on les écoles, certaines grandes, d’autres moins? Envisagerait-on comme en d’autres pays, le grade de docteur en technologie? D’autant que dans le cadre européen, ce serait bien.