Insertion : valoriser les talents

Manuel Valls et Benoît Hamon partagent un point commun : ils sont tous deux titulaires d’une licence d’histoire, obtenue dans une période où la majorité des diplômés de licence poursuivaient des études en maîtrise (bac+4), une minorité poursuivant ensuite en DEA ou en DESS (bac+5). Ils n’ont pas eu besoin d’être diplômés de sciences politiques et de devenir énarques pour réussir une  » belle » carrière : happés immédiatement par la politique, ils ont valorisé leurs talents au sein du Parti socialiste et dans des mandats électoraux successifs. Ce type de trajectoire ne concerne que quelques dizaines de diplômés par an et c’est heureux !

Le futur secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche est attendu sur ses actes et non sur ses belles paroles. Aura-t-il la marge de manœuvre financière pour accorder 40 millions d’euros par an aux universités (500 K€ en moyenne par établissement) en vue de consolider, de développer, de réussir leur mission d’insertion professionnelle ? Crédits récurrents et non sur Appels à projets : moyens humains et financiers pour les Bureaux d’aide à l’insertion professionnelle, pour les Observatoires de la formation et de l’insertion, pour les Services d’information et d’orientation. Ce serait là un respect de la parole donnée : priorité à la Jeunesse.

Avant de présenter, dans la chronique à suivre, trois initiatives excellentes mises en œuvre dans trois universités (Talent Campus en Bourgogne, Lilagora dans le Nord, Alumni en Alsace), il est important de rappeler les décisions et les actes des trois derniers ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le champ de l’insertion professionnelle, de la valorisation des talents des diplômés du supérieur. Les deux ministres de droite ont fait davantage que la ministre de gauche.

Octobre 2008. Valoriser les talents des diplômés pour leur permettre d’accéder plus facilement à l’emploi : une des missions des universités, celle de l’insertion professionnelle. En octobre 2008, Valérie Pécresse prescrit aux universités de produire un schéma directeur de l’insertion et de créer un Bureau d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP). Elle attribue un financement : 55 millions d’euros en 5 ans. Patrick Hetzel, directeur de la DGESIP, s’implique personnellement pour rendre cette mission opérationnelle (chronique du 6 mai 2010).

Mars 2012. Dans le cadre des Investissements d’avenir et à l’initiative de Laurent Wauquiez, un jury international labellise 37 initiatives d’excellence en formations innovantes (IDEFI). Les 8 projets intégrés à des Initiatives d’excellence sélectionnées recevront de leur IDEX une dotation minimum de 37,2 millions d’euros et les 29 autres projets retenus se voient attribuer 149 millions d’euros correspondant aux moyens réservés spécifiquement à l’action IDEFI.

Mai 2013. Geneviève Fioraso est ministre. C’est le début de la fin pour l’Association pour faciliter l’insertion des jeunes diplômés du supérieur (Faut-il sauver le soldat AFIJ ?). Novembre 2013, la mort de l’AFIJ est analysée par Michel Abhervé sur son blog : AFIJ, cette fois cela semble bien fini. La gauche ne peut cependant se satisfaire de l’échec de l’AFIJ. Encore heureux !

Février 2014. Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, et le Ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, Michel Sapin, signent un protocole pour l’insertion professionnelle des étudiants. Ils décident la création du comité Sup’emploi, pour approfondir les questions liées à la transition entre les études et l’emploi avec l’ensemble des parties prenantes, étudiantes, socio-économiques, expertes et institutionnelles et concevoir dans la concertation des réponses concrètes. Un Comité bidule de plus, un mille-feuille institutionnel avec une couche supplémentaire, et aucun engagement financier : trois des travers exécrables de la Gauche.

2 Commentaires

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2 réponses à “Insertion : valoriser les talents

  1. Comme tu as l’amabilité de citer mon article sur l’AFIJ je me permets d’indiquer le lien sur ce qui concerne
    le protocole « Un protocole pour l’insertion professionnelle des étudiants »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2014/02/27/un-protocole-pour-linsertion-professionnelle-des-etudiants/
    la commission Sup’emploi « L’ESS représentée au comité Sup’Emploi »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2013/12/09/l%e2%80%99ess-representee-au-comite-supemploi/

  2. BLOC-NOTES

    Vous parlez beaucoup d’engagement financier. Certes, il faut des moyens financiers mais pas que. Les universités peut s’investir et se sentir impliquer dans l’insertion professionnelle de ses étudiants sans financement de la part du ministère. En effet, il aurait même fallu qu’elle s’y investisse « d’elles-même » au moment de la LRU. Certaines universités ont un résultat positif sur leur dernier bilan et plutôt que de verser une prime aux enseignants qui gagnent déjà beaucoup d’argent; il serait plus judicieux d’investir dans l’avenir des étudiants car leur avenir est le nôtre !