Primes, primes : Strasbourg

Suite de la chronique : Primes, primes à Metz. Cap à l’est : Primes, primes à Strasbourg. Deux universitaires sont élus au conseil municipal. L’un occupe un poste de vice-président, l’autre est maire-adjoint. Nicolas Matt (36 ans), élu à Strasbourg et à la Communauté urbaine, est 20ème vice-président de la CUS en charge de l’enseignement supérieur, du plan Campus, de la recherche. Chantal Cutajar (54 ans) est 8ème adjointe au maire en charge des marchés publics. Ils sont tous deux maîtres de conférences à l’université de Strasbourg : CV de Nicolas Matt, CV de Chantal Cutajar. Transparence : quel est le montant de leur indemnité de fonction ? perçoivent-ils un salaire d’universitaire à temps plein ?

Conseil municipal de Strasbourg du lundi 28 avril 2014. Les DNA du 29 avril : « les rémunérations des élus dans le viseur de l’opposition« . Point à l’ordre du jour : fixation des indemnités de fonction des membres du conseil municipal.

Le maire « Roland Ries a rectifié in extremis avant la séance une délibération qui lui octroyait « par erreur » une augmentation de 10 %, portant ses indemnités à 135 % du montant maximal théorique » des indemnités cumulables (145 % de l’indice brut terminal de l’échelle indiciaire de la Fonction Publique – indice brut : 1015). Les temps sont durs : ce sera 125 % seulement.

« Et le maire d’ajouter qu’il entendait renoncer, par ailleurs, pour montrer sa bonne foi, à ses indemnités de représentation. Ses rétributions, à savoir 5.939,80 € sont, selon lui, suffisantes dans un contexte difficile. « En ce qui concerne les adjoints et les conseillers délégués, nous restons au statu quo, on ne touche à rien », a mentionné Roland Ries. Qui a rappelé qu’il ne touche en réalité que « 1.200 € en tant que maire et 1.200 € en tant que vice-président de la Communauté urbaine de Strasbourg. Étant donné que ses revenus sont écrêtés, en tant que sénateur (jusqu’en septembre) – où il gagne environ 5.500 € ». Bref, Roland Ries est écrêté.

J’ai beaucoup de sympathie et d’estime pour Catherine Trautmann, députée européenne et ancienne 2ème vice-présidente de la CUS en charge de l’université et du développement économique, et pour Jacques Bigot, ancien président de la CUS. Ces deux élus pourraient très bien subir les effets pervers du système du cumul d’indemnités.

Aujourd’hui, Catherine Trautmann (63 ans) est députée européenne, élue conseillère à Strasbourg et à la CUS. Candidate à la députation pour la prochaine législature du Parlement européen, en deuxième position sur la liste PS, elle ne sera pas réélue si le PS fait un score en-dessous de 15%. Se maintiendra-t-elle, sera-t-elle maintenue à la présidence du Port autonome de Strasbourg si elle est battue aux européennes. Transparence : bénéficie-t-elle d’une indemnité pour cette présidence ? Blog de Catherine Trautmann.

Aujourd’hui, Jacques Bigot (62 ans) a été réélu maire d’Illkirch-Graffenstaden et demeure conseiller à la CUS. Au terme de ce qui est apparu à beaucoup de strasbourgeois(e)s comme un petit arrangement entre amis, il a cédé son fauteuil de président de la CUS à Robert Hermann, celui-ci ne se portant pas candidat à la mairie de Strasbourg contre Roland Ries. Il devrait « récupérer » le fauteuil de sénateur, abandonné par Roland Ries à cause des nouvelles règles de non-cumul des mandats. Et si Jacques Bigot n’était pas élu sénateur à l’automne prochain ? Il ne lui resterait plus que ses indemnités de fonction de maire ? Reprendrait-il alors son métier d’avocat ?

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Une réponse à “Primes, primes : Strasbourg

  1. Martinville

    La politique, ça paye plus que l’Université. Et la France demeure le pays des fromages et notre République fromagère sait récompenser les amis. On se souvient, quand la gauche était de gauche, avant 1981, comme elle fustigeait l’argent, l’appât du gain, la corruption des élites, la tentation du pouvoir, le carriérisme, le cumul des mandat, la professionnalisation de la politique. Une fois arrivée au pouvoir, elle a trouvé la soupe bonne et multiplié les assiettes : la décentralisation, c’est génial pour cela. Fascination du modèle apparatchik, le pouvoir ça paye, ça paye bien, plus que la science, et bien plus que l’Université. Et dans notre monde d’argent, la valeur se mesurant à l’argent, les salaires de l’Université vous donne une aperçu de la considération de la société et du pouvoir.