G. Fioraso sur son nuage

Geneviève Fioraso, secrétaire d’État, est en forme. Elle a déjeuné aujourd’hui, 20 mai 2014, avec le président François Hollande, en compagnie de Benoît Hamon, son ministre de tutelle, et cinq présidents, acquis à la cause des regroupements d’établissements et d’universités, imposés par la loi ESR de juillet 2013. Jean-Loup Salzmann (CPU et Paris 13), Jean-Yves Mérindol (Sorbonne Paris Cité), Marie-France Barthet (Toulouse), Hélène Pauliat (Limoges) et Yvon Berland (Aix-Marseille Université, déjà fusionnée). Deux femmes et trois hommes : la parité ! Aucun président(e) des Sciences humaines et sociales, des Lettres et Langues invité(e).

Entretien imaginaire avec Geneviève Fioraso. Vous me semblez être heureuse sur votre petit nuage. Oui, pensez-donc ! Ma loi à moi, ma loi ESR de juillet 2013, s’applique sans problème, à part quelques pétitions fort minoritaires. J’ai gagné le combat par KO ! 25 regroupements en cours (20 Comue et 5 associations).

Mais je suis galante : j’accorde un « petit délai » pour que les regroupements qui traînent un peu la patte puissent être finalisés. Le délai imposé par ma loi à moi pour voter les statuts des COMUE était juillet 2014 ; je concède le 1er septembre ; les équipes de direction sont tellement dévouées à l’intérêt collectif qu’elles supprimeront leurs vacances d’été pour bosser un peu.

Et de plus, je suis magnanime. J’aime les universités de Paris 8 et de Paris 10. Ma directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, Simone Bonnafous, a été maladroite dans les lettres qu’elle a adressées à leurs présidents. En fait, bien que dégradée Secrétaire d’Etat, c’est moi qui demeure la chef, sous-chef de Benoît Hamon. Pour preuve, la lettre que je viens d’envoyer à mes deux chers présidents. J’ai employé un style maniéré mais l’essentiel pour moi était d’enfoncer le clou : bravo, vous avez raison de vous COMUER en Paris-Lumières ! Pour le contrat quinquennal, nous trouverons les arrangements nécessaires. Vos universités complémentaires sont autonomes ».

Mais au fait, pourquoi 30 regroupements ? Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à bouleverser en un temps record l’organisation de son système public d’enseignement supérieur ? Du jamais vu depuis 44 ans ! Geneviève Fioraso : je suis tellement bien sur mon petit nuage que je ne sais plus pourquoi ; je donne ma langue au chat.

Mais au fait, où en est votre réforme du 1er cycle ? Geneviève Fioraso : j’aime l’UNEF et la FAGE et ces deux organisations me le rendent bien : pas de mouvement étudiant dans la rue ; j’ai sanctuarisé l’absence de sélection à l’entrée de l’université et des droits d’inscription symboliques. L’échec en premier cycle ne recule pas : c’est vous qui le dites !

Fin de l’entretien imaginaire. Excusez-moi, il faut que j’appelle un des cinq cuisiniers de mon ministère, non… de mon Secrétariat d’État. La cuisine de la rue Descartes se doit d’être excellente ; elle doit transporter mes invités dans les nuages !

7 Commentaires

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7 réponses à “G. Fioraso sur son nuage

  1. Homo bulla

    LA VIE EN ROSE (Suite imaginaire de l’entretien imaginaire) :
    Mais au fait, que pensez-vous de la situation à l’UTBM décrite dans cet article très argumenté : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-maillard/160514/neoliberalisme-autoritaire-et-democratie-universitaire ?

    Oh, vous savez, ma Simone avec ses lettres, elle pousse parfois le bouchon un peu loin. Il était vraiment inutile de tancer ainsi le pauvre directeur de l’UTBM. D’ailleurs vous voyez bien qu’il a mis en oeuvre toutes les recommandations de l’IGAENR avant même que Simone lui écrive. C’est qu’on a des recteurs qui font bien leur travail! En fait, je crois qu’elle devrait prendre de la hauteur, ma Simone, et venir avec moi sur mon nuage. De là-haut je vois des COMUE(s) partout, même en Bourgogne. Vous ne vous rendez pas compte? Pouvoir faire fusionner PSA, la cancoillotte et le Gevrey-Chambertin, ils vont voir la vie en rose en Bourgogne-Franche-Comté! Moi, j’aime bien le rose. Je suis entourée de plein de petits nuages roses et toutes les nuits, vous savez, je fais le même rêve, un grand rêve pour l’université française, un rêve rose : repeindre tous les bâtiments en rose! Imaginez une Sorbonne rose et des campus rose à la place des campus vert, des IDEX roses, des masters roses, des pétitions roses, des syndicalistes roses… Ce serait plus joli, non?

  2. François Brunet

    « Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à bouleverser en un temps record l’organisation de son système public d’enseignement supérieur ? Du jamais vu depuis 44 ans ! » La réponse n’est-elle pas dans la question? Ce système est si jeune, si incertain, si incompréhensible, si peu valorisé et si minoritaire dans la formation des élites qu’il est possible, voire nécessaire, de le réformer à tout bout de champ. Ce bouleversement dont vous parlez, Pierre, c’est le combientième depuis juste 15 ans?

  3. François Brunet

    Je complète: ce bouleversement est-il le ènième, ou le même, depuis 15 ans, depuis 44 ans, depuis le plan Langevin Wallon? Ce bouleversement n’est il pas le symptôme de l’absence en France d’universités au sens normal de cette notion dans les pays comparables, et de la volonté sincère peut-être et mal orientée sans doute des gouvernants récents et actuels, qui n’y connaissent pas grand-chose en universités, de remédier à cette bizarrerie?

  4. François Brunet

    Il semble que mon commentaire précédent (avant « je complète ») ait disparu. En substance je disais: la réponse n’est elle pas dans la question? « Depuis 44 ans »: le « système » est si jeune, si incertain, si incompréhensible et si étranger à la formation des élites de ce pays que le bouleversement semble s’imposer à toute heure, a fortiori en période de disette. Nous sommes dans le bouleversement depuis des années, voire des décennies. J’ai 53 ans; ma génération y aura passé — usé — sa vie.

  5. romain

    de la revolution permanente en apparence…., mais dans les faits un quasi immobilisme: l’université s’épuisant a mettre en place les nouvelles instituions alors que celles objet de la précédente révolution font toujours l’objet de parlottes et de discours au nom de la « démocratie » universitaire quand elles sont en place !!!!

  6. Paulo de Carvalho

    Au fait: quels sont déjà les titres universitaires de Mme Fioraso?

  7. https://www.facebook.com/uageguadeloupe?ref=hl
    Page Facebook sur l’Université des Antilles victimes de gabégie (entre 10 et 20 millions) sur 15 ans.

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