La secrétaire d’Etat Dir’Com’

28 mai 2014, Rennes, colloque de l’AMUE. Le programme : la mise en œuvre de nouveaux modèles de coopération territoriale par les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche induit une nécessaire réflexion sur la mutualisation tant en termes d’organisation que d’élaboration d’un Système d’Information cohérent et fiable entre les différents acteurs de cette coordination. Il s’agit donc, pour l’Amue, d’anticiper les besoins qu’exprimeront les établissements au fur et à mesure de leur démarche de regroupement et d’accompagner les transformations de ce nouveau paysage institutionnel.

L’AMUE est dans son rôle : concevoir un système d’information cohérent et fiable pour les regroupements. Elle n’a pas à s’interroger sur deux points : les regroupements institutionnels permettront-ils une meilleure coopération territoriale (en recherche et en formation) ? Quel territoire doit être concerné par cette coopération : la métropole, la région, plusieurs régions, des régions transfrontalières, des réseaux associant centres de recherche et entreprises d’un territoire infra ou supra régional, plusieurs territoires métropolitains ? Le monde ? Lire : L’AMUE et ses progiciels.

Long communiqué de Geneviève Fioraso : coordination territoriale, anticiper les changements.

La secrétaire d’État perd très vite le fil de son sujet : elle ne pense plus coopération territoriale, elle pense regroupements institutionnels (Fusions, COMUE, Associations) comme condition de l’efficience et de l’efficacité de cette coopération. Un lien de cause à effet entre regroupement institutionnel et coopération efficace a-t-il déjà été prouvé ? Oui, mais pas pour une coopération instituée sur la base de frontières administratives de type Région ou Académie.

Ce que la Dir’Com’ du MENESR dit de la coordination territoriale est affligeant. Nous voulons engager une nouvelle étape de la coordination territoriale entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche…
La nécessité d’une coordination territoriale n’est pas une idée nouvelle, ni en France, ni dans le monde… Un triple défi : prendre place dans la globalisation des économies et dans la compétition scientifique internationale. Ensuite, contribuer au développement des territoires. Et enfin, poursuivre jusque dans l’enseignement supérieur l’élévation du niveau de formation de notre population et en particulier de la jeunesse. De ce triple défi est née la nécessité non pas de reconcentrer des dispositifs territoriaux bien implantés, mais de mettre en œuvre des synergies nouvelles… Toute recherche efficace est aujourd’hui coopérative et passe par l’Europe pour rayonner à l’international. Il n’y a donc aucun doute : les regroupements sont indispensables.

Maîtriser la communication est un métier  : quel est donc le conseiller de la Secrétaire d’État qui a écrit un tel galimatias ? A moins que ce ne soit Geneviève Fioraso elle-même ? Cette intervention devra être étudiée dans les écoles de management, dans les formations en communication : un véritable cas d’école.

Une intervention improvisée sur site ? Le reste de l’intervention me le laisse croire : il n’est consacré qu’aux bienfaits des regroupements, des COMUE en particulier. A la fin cependant, une belle prise de pied dans le tapis : à l’heure de la réforme territoriale et de la réflexion qui s’engage sur le dessin optimal de nos régions, plus généralement de nos collectivités locales, le travail qui s’achève fait figure d’exemple dans la démonstration de ce qui est possible. Vous démontrez ici les vertus d’une métropole, là, celles du rapprochement des régions, ailleurs, une autre organisation infra-régionale possible.

Retour au programme du colloque de l’AMUE et à la liste des intervenants, thuriféraires des regroupements prévus par la loi, flattés de la présence de la Secrétaire d’État. Lequel d’entre eux est encore aujourd’hui un chercheur qui mène des recherches en coopération intra ou extra-universitaire, en coopération locale, régionale, nationale ou internationale ? Les COMUE dirigeront la stratégie de la recherche des laboratoires : je gage qu’elles seront un frein, un obstacle à la coopération efficiente et efficace en recherche ! Le pire est devant nous ! Le pire : des enseignants-chercheurs qui jetteront l’éponge devant les diktats d’une gouvernance coupée des réalités du travail de recherche.

Enfin, Geneviève Fioraso a eu tort de se mettre en valeur : j’ai suffisamment d’expérience pour savoir qu’une coopération bien conduite peut s’étendre rapidement, dès lors que les acteurs concernés en ressentent les bénéfices. Son expérience ? Geneviève Fioraso, parlez-nous de Corys !

La Secrétaire d’État ne devrait pas jouer à la Dir’Com !

1 commentaire

Classé dans Non classé

Une réponse à “La secrétaire d’Etat Dir’Com’

  1. Martinville

    Grandes régions, grandes universités, l’inspiration technocratique est la même. La crise des institutions que nous traversons n’est pas une question de taille ou de gouvernance (ça c’est la vue d’en haut, celle des hommes du pouvoir qui font leur carrière à la tête des institutions), mais bien une crise de fonctionnement (les petites mesures, celles qui supprime la bureaucratie donc le pouvoir des bureaucrates, mais qui changent tout) et la crise du sens (la vraie question politique que nos politiciens ne veulent pas soumettre au peuple, parce que le peuple se révolte contre ses élites, comme aux municipales ou aux européennes).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s