La Sorbonne autonome

1200, Fondation de la Sorbonne 2014, éclatement de l’université de Paris en un puzzle n’importe nawak : Sorbonne Université, Sorbonne Paris Cité, Paris Saclay, HESAM, Paris Lumières, Paris Lettres et Sciences, Paris-Est…

L’affirmation de Paris comme capitale de la France s’appuya sur le développement et le rayonnement de l’Université de Paris. Celle-ci vit le jour au cours du XIIe siècle au terme d’une croissance continue des écoles parisiennes regroupées sur la Montagne Sainte-Geneviève.

SONY DSCCes écoles dispensaient un enseignement qui préparait à trois grades : le baccalauréat (grammaire, dialectique, rhétorique), la licence (arithmétique, géométrie, astronomie, musique) et le doctorat (médecine, droit canonique, théologie).

Ce succès rendit rapidement nécessaire une organisation structurée au début du XIIIe siècle. Le roi Philippe Auguste décida alors de donner aux maîtres et étudiants des conditions de vie convenables et de garantir par des diplômes la qualité d’études qui étaient en train de devenir une voie nouvelle d’ascension sociale. 

Le système d’organisation des écoles fut alors redéfini selon deux grands principes. Le premier était le regroupement des maîtres et des étudiants en une communauté appelée universitas et régie par des statuts fixant les règles de la vie commune au sein d’un système commun d’enseignement.

Le second principe était celui d’une autonomie que vinrent garantir au début du XIIIe siècle trois textes officiels : en 1200, un diplôme de Philippe Auguste ; en 1215, une confirmation par le légat pontifical ; en 1231, la bulle Parens Scientiarum du pape Grégoire IX…

Dès le XIIIe siècle, la communauté universitaire était européenne. Le modèle commun de formation et la maîtrise du latin facilitaient les échanges. Les maîtres étaient appelés à enseigner dans l’Europe entière, souvent suivis de leurs étudiants.

1231, bulle Parens Scientiarum. « Cette bulle, émanant de la chancellerie du pape Grégoire IX (1227-1241) est datée du 13 avril 1231. Elle fait suite aux lettres du légat Robert de Courçon (de l’année 1215), donnant ainsi les principaux privilèges qui consacrèrent l’indépendance juridictionnelle et intellectuelle de l’Université de Paris« .

SONY DSC

1 commentaire

Classé dans AE. Histoire médiévale, C. Ile-de-France, E. Mobilité internationale

Une réponse à “La Sorbonne autonome

  1. Taillevent

    L’histoire de l’université médiévale est un peu plus compliquée que cela. D’accord pour dire qu’elle délivrait déjà baccalauréat, licence et doctorat mais ce n’était ni en grammaire, rhétorique ou dialectique, ni en arithmétique, géométrie, astronomie ou musique. Ces 7 disciplines constituaient les arts libéraux: à la faculté des arts, où l’on commençait ses études, on pouvait effectivement recevoir le baccalauréat, la licence et la maîtrise ès-arts. C’est seulement cette dernière acquise (au bout de 5 ans minimum) qu’on pouvait suivre les études des facultés supérieures (droit, médecine et théologie) en passant à nouveau, dans chacune des spécialités, baccalauréat, licence et doctorat. Bref, les études supérieures étaient fort longues (encore plus qu’aujourd’hui !) et beaucoup en sortaient sans diplôme ou avec un diplôme intermédiaire. Mais, au final, l’université ne rassemblait qu’une infime partie de la population et c’est la grosse différence avec aujourd’hui.