1214. Bouvines, la Sorbonne

Dimanche 27 juillet 1214, la bataille de Bouvines. Mais pourquoi donc la République française ne commémore-t-elle pas le huit-centième anniversaire de la la victoire de Philippe Auguste (1165-1223) sur les troupes coalisées des comtes de Flandres et de Boulogne, de Jean Sans Terre, l’anglais, d’Otto de Brunswick, le bien temporaire empereur du Saint Empire Romain germanique ?

P1160111La victoire de Bouvines. Elle a donné au Royaume de France une base géographique décuplée par rapport à celle du début du règne de Philippe Auguste (cartes ci-dessous, in Georges Bordonove, Philippe Auguste, Pygmalion, 1983). Elle a fait de Paris la capitale du Royaume et de son université la rivale gagnante de Bologne.

Étudiants et maîtres de l’université se sont unis, ont lutté pour se faire reconnaître des privilèges tant par Philippe Auguste que par les Papes Innocent III, puis Grégoire IX, jouant intelligemment des conflits entre la puissance temporelle et la puissance de l’Église. Autonomie garantie par trois textes : 1200, un diplôme de Philippe Auguste ; 1215, une confirmation par le légat pontifical ; 1231, la bulle Parens Scientiarum du pape Grégoire IX (André Tuilier, Histoire de l’université de Paris et de la Sorbonne, Tome 1, Nouvelle Librairie de France, 1994).

2014, huit cents ans après Bouvines, le pouvoir temporel impose à marche forcée des regroupements franciliens n’importe nawak. Maîtres et élèves laissent assassiner leurs libertés académiques.

Et pendant ce temps-là, les universités d’Angleterre et d’Allemagne rigolent doucement de l’effondrement de leurs consœurs qui s’arrachent la marque Sorbonne. 2014, la revanche de Bouvines pour les anglais et les allemands. Les titulaires d’une licence d’histoire qui nous gouvernent, Manuel Valls et Benoît Hamon, en ont-ils conscience ? Hier, à l’Assemblée nationale, Benoît Hamon réglait des basses questions d’intendance : application de frais de sélection dans les établissements publics d’enseignement supérieur.

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1 commentaire

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Une réponse à “1214. Bouvines, la Sorbonne

  1. bonjour
    Comme vous le dites si bien, pourquoi le gouvernement français n’était-il pas représenté lors du 800e anniversaire de la bataille de Bouvines, nous commémorons le débarquement, 1914, Jean Jaures et notre gouvernement est complètement absent à Bouvines…(Bouvines ne fut pas seulement la victoire du roi de France, mais pour la première fois, gens des communes, bourgeois, artisans réunis en milices, combattirent à côté de la noblesse. Le mot « patrie » n’existait pas encore, mais c’était bien le sentiment patriotique qui animait tous ces hommes), de nombreuses personnes ont effectué le déplacement, le prince de Bourbon, duc d’Anjou, des personnalités de l’institut de la Maison de Bourbon étaient là, et même les anglais avec un représentant de la reine Sir Robert Worcester, Manuel Walls s’est désisté au dernier moment pour assister au départ du tour de France…chercher l’erreur…
    un Bouvinois…Renaud Avez..