4 contrats de sites franciliens

Les quatre premiers contrats de site, s’inscrivant dans le cadre de la loi ESR, ont été signés le 17 juillet 2014 : Paris Lumières, Paris Sciences et Lettres, Sorbonne Universités, Sorbonne Paris Cité. Communiqué du Secrétariat d’État.

SONY DSCGeneviève Fioraso est très heureuse et le fait savoir chaque jour. Et pourtant…

1. Elle marche sans vergogne sur les ersatz de démocratie qui subsistent dans l’enseignement supérieur. Le CNESER se réunira le 21 et 22 juillet pour donner son avis sur les statuts des COMUE soumis à son examen. Pour le Secrétaire d’État, l’affaire est déjà dans le sac.

« La nouvelle carte de l’enseignement supérieur en France s’organise, à partir de la rentrée prochaine, autour de 25 regroupements dont 20 communautés d’universités et d’établissements ou COMUE, parmi lesquelles 4 inter-régionales (Normandie, Bourgogne/Franche Comté, Bretagne/Pays de Loire, Centre/Limousin/Poitou-Charentes) et 5 associations pour l’essentiel autour d’établissements déjà fusionnés ».

2. Geneviève Fioraso ne manque pas d’air quand elle annonce un fort soutien financier de l’État. « Les quatre contrats signés ce 17 juillet bénéficient d’un soutien financier fort du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR) avec 204 emplois sur 3 ans dont 85 dès la première année, fléchés en priorité sur la réussite étudiante ».

Le détail des dotations d’emplois par COMUE. 204 emplois sur 3 ans (le contrat de site est pourtant de 5 ans). Il faut rappeler qu’il s’agit d’emplois d’enseignants-chercheurs et de BIATSS. Je laisse les lectrices et les lecteurs faire le calcul : combien de postes en moyenne par an, par corps professionnel et par établissement ?

Ces postes sont désormais affectés aux COMUE et non à chaque établissement : les équipes dirigeantes des COMUE en maîtriseront le profil, l’affectation, le recrutement, sans contrôle des conseils académiques et des CA des établissements membres. Il est même probable – la loi ESR le permet – que ces postes soient affectés au sein de la COMUE elle-même.

Se dessine donc une politique d’emploi qui va donner bien du plaisir aux établissements. Les CA de ceux-ci, comme les années précédentes, vont continuer à geler des postes (ce qui signifie très souvent « annuler des recrutements, ne pas remplacer des départs en retraite »). Mauvais rôle pour les établissements, tueurs de coûts, et beau rôle pour les état-majors des COMUE. Éclatement et division des corps professionnels tant enseignants que non-enseignants. Primes et promotions aux uns et non aux autres.

Les établissements membres des COMUE sont cocufiés par les contrats de sites. Ils seront amenés à fusionner. La mort de l’Université et la mort de l’Universitaire sont inscrites dans ces contrats.

Pour aller plus loin : 352 chroniques du blog sur l’enseignement supérieure et la recherche en Ile-de-France.

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