Paris Lumières à la soviétique

Suite de la chronique : COMUE : scrutins inquiétants. 11 juillet 2014, le Conseil d’administration de Paris Lumières (Paris 8 et Paris 10) a voté les statuts de la COMUE : 19 pour, 2 contre. Statuts, version soumise au Comité technique. Toutes les chroniques sur Paris Lumières.

19 à 2. Ce score à la soviétique ne traduit pas les réticences, voire l’hostilité à la COMUE, exprimées dans les scrutins des instances de niveau inférieur. Les CA des universités Paris 8 (le vendredi 4 juillet) et Paris Ouest Nanterre (le lundi 7 juillet) ont approuvé les statuts d’une éventuelle COMUE Université Paris Lumières. Le premier des deux l’a fait à une majorité massive (21 voix contre 5 et une abstention) ; le second a approuvé lesdits statuts de très peu (14 voix pour, 12 contre, 2 abstentions).

SONY DSCAnalyse du scrutin par le Collectif Pour Paris 8. Après le vote : quelques enseignements tirés des votes sur les statuts d’une éventuelle COMUE UPL.

Premier enseignement. Le vote massif du CA de Paris 8 en faveur de la COMUE est en contradiction totale avec le vote (certes consultatif) du Comité technique : L’approbation apparemment massive du CA de Paris 8 relève d’un effet d’optique dû aux modalités d’élection mises en place par les lois LRU et Fioraso : elle ne correspond en rien à une adhésion aussi massive à ce vote de la communauté universitaire. D’ailleurs, dans nos deux universités, le CT a rejeté à deux reprises, et à l’unanimité de tous les syndicats des personnels, les statuts de la COMUE. De très nombreuses motions exprimant le clair rejet de la COMUE ont également été adoptées par plusieurs UFR et par nombre de départements. À Paris 8, une pétition contre la COMUE a été signée par près de 300 membres du personnel en cinq semaines (janvier-février).

Avant le vote des statuts par le CA, le Collectif alerte : Face à cette parodie de démocratie, Pour Paris 8 redit son opposition à la fois à la COMUE et aux méthodes brutales par lesquelles celle-ci est imposée à une communauté universitaire qui lui est majoritairement hostile.

Trois autres enseignements du scrutin. La composition des CA post-LRU explique en grande partie l’adoption de la COMUE : dans les deux votes, et surtout à Paris Ouest Nanterre, le rôle des personnalités extérieures a été déterminant… A Paris Ouest Nanterre, les 14 voix qui se sont exprimées en faveur de la COMUE ne représentent pas la majorité absolue des administrateurs. Celle-ci est pourtant requise par le code de l’éducation pour adopter toute modification statutaire… Aucun contrôle de légalité n’a été fait par le Ministère sur les textes des statuts de COMUE votés devant les différents CA.

Paris 10 Nanterre et Paris 8 Vincennes à Saint-Denis, deux universités pionnières dans les combats enseignants et étudiants. Deux universités désormais rentrées dans le rang. Une page de l’histoire de l’Université qui se tourne. Danielle Tartakowsky, présidente de Paris 8, porte une lourde responsabilité politique dans cette reniement de mouvements sociaux historiques. Portée à la présidence par une liste SNESUP, syndicat hostile aux COMUE à marche forcée, la présidente est professeur d’histoire contemporaine et spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux dans les périodes de crise politique. Pourquoi cette contradiction ? Une hypothèse : Danielle Tartakowsky a toujours été, idéologiquement, partisane du centralisme démocratique à la soviétique ; la COMUE Paris Lumières en est une résurgence. Photo, la présidente lors de la table ronde, La face cachée de la loi Fioraso, Le Mans, mai 2013.

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