40/10. Beckmann, Picasso…

Baden-Baden, Musée Frieder Burda (architecte Richard Meier), exposition jusqu’au 26 octobre 2014 : 40/10, les 40 ans de la collection, les 10 ans du Musée. A ne pas rater !

« La collection Frieder Burda rassemble 1000 œuvres d’art moderne et contemporain – sculptures, objets, travaux sur papier et avant tout peintures ». Parmi les œuvres exposées, j’ai choisi de photographier des toiles de peintres, particulièrement appréciés par Frieder Burda, Max Beckmann, Pablo Picasso, Gerhard Richter : album de 60 photos. Toiles de Richter (1991).

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Éléments de biographie des 3 peintres : formation professionnelle, contextes de la production des œuvres présentées dans 40/10.

Pablo Picasso (1881-1973) est « né à Malaga (Andalousie)… Il est le premier enfant de José Ruiz Blasco, alors professeur de peinture à l’école provinciale des Arts et métiers de la ville… Encouragé par son père, Picasso peint ses tout premiers tableaux à l’âge de huit ans, son préféré étant Le Petit Picador jaune (1889), sa première peinture à l’huile… C’est durant l’hiver 1895, qu’il peint sa première grande toile académique : La Première Communion. L’année suivante, il entre à l’école des Beaux-Arts de Barcelone »Formation professionnelle : père peintre et professeur d’art et métiers, premiers tableaux à moins de 15 ans, entrée dans une école des Beaux-Arts à 16 ans.

Les toiles de la Collection Frieder Burda, exposées à Baden-Baden, datent de la fin des années 60 ; elles ne sont pas mentionnées dans Wikipédia. « Picasso se marie avec Jacqueline Roque [rencontrée en 1954] à Vallauris, le 2 mars 1961, et en juin, s’installe au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins (près de Cannes). Il travaille sur les tôles découpées et peintes, La Chaise, la Femme aux bras écartés, la Femme à l’enfant, les Footballeurs. En novembre 1962, il peint, l’Enlèvement des sabines dont une version se trouve au Musée national d’art moderne de Paris. Photos des toiles de l’exposition 40/10, dont Nu couché, 1968, ci-dessous).

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L’inauguration de la rétrospective au Grand Palais et au Petit Palais se déroule le 19 novembre 1966. En avril 1971, la galerie Louise Leiris expose les 194 dessins réalisés entre le 15 décembre 1969 et le 12 janvier 1971. Nouvelle exposition à la galerie Louise Leiris, en janvier 1973, qui montre cette fois les 156 gravures réalisées entre fin 1970 et mars 1972. Picasso meurt le 8 avril 1973 d’une embolie pulmonaire ».

Max Beckmann (1884-1950) est « né à Leipzig, est le plus jeune de trois enfants; son père est négociant en céréales (celui-ci meurt en 1899). Durant sa scolarité, Beckmann peint ses premières aquarelles. En 1899 [à 15 ans], il décide, malgré l’opposition de sa famille, de devenir peintre. Il passe l’examen d’admission à l’académie des Beaux-Arts de Dresde et est refusé. En 1900, il est admis à l’Ecole des Beaux-Arts de Weimar. En 1901, il peint son premier Autoportrait«  (photo) – il en peindra plus de 200. « En 1902, au cours d’une soirée de carnaval, il fait la connaissance de sa future femme, Minna Tube (1881-1964). 1903-1904 : il quitte l’école de Weimar et part six mois à Paris, où il fréquente la très populaire Académie de Colarossi. En 1904, il déménage pour Berlin, où il prend un atelier à Schöneberg. En 1905 [21 ans], il commence à tenir une liste de ses œuvres ». Source : Beckmann par Reinhard Spieler, Taschen, 1995.

P1180462Quatre toiles de Beckmann sont présentées dans l’exposition du Musée Frieder Burda. La première date de 1928 (photo) : à 44 ans, Beckmann est reconnu internationalement et particulièrement en Allemagne. Mais dès 1931, il est attaqué par la presse nazie. Les deux toiles de 1935-1936 (photos) correspondent à des séjours à Baden-Baden, suite à des premiers malaises cardiaques. En 1937, une partie de ses toiles et de ses dessins est classée « Art dégénéré » et est confisquée par le pouvoir Nazi. Beckmann part en exil aux Pays-Bas et y demeure, dans des conditions difficiles, jusqu’en 1947 ; la 4ème toile – Akademie II – exposée à Baden-Baden est peinte en 1944 (photo ci-dessus). Le 29 août 1947, Beckmann prend le bateau pour émigrer aux États-Unis, à New-York ; il y décèdera le 26 décembre 1950, suite à une nouvelle crise cardiaque ; il se rendait à une exposition où était présenté son dernier Autoportrait : L’homme à la veste bleue (photo). Les deux Autoportraits sont extraits du livre de Spieler.

Gerhard Richter est né à Dresde le 9 février 1932. A la fin de la guerre, il se trouve en zone d’occupation soviétique. Années de formation à l’Est, puis à l’Ouest. « Il tenta d’entrer à l’Académie d’Art de Dresde pour y étudier l’Art de la peinture. Après une première candidature refusée, les examinateurs lui ont recommandé de trouver un emploi dans une entreprise nationalisée afin d’augmenter ses chances d’être accepté, ce qu’il fit… Après huit mois au poste de peintre à l’usine de textile Dewag de Zittau, il envoyait une dernière candidature qui fut alors acceptée. Il est donc retourné vivre à Dresde, à l’été 1951 [Richter a 19 ans)], prêt à redémarrer des études qui le mèneront au métier de peintre »…

« Le cursus de cinq ans était rigoureux, démarrant à 8h le matin et consistait en huit heures de cours par jour. « C’était une école classique très académique, où vous appreniez en observant des répliques en plâtre et des modèles vivants ». Parallèlement à l’enseignement quotidien du dessin d’après nature, de natures mortes et de la peinture à l’huile figurative, l’école avait un programme comprenant l’histoire de l’Art, le russe, la politique et l’économie »… « Bien que traditionnelle et à bien des égards conservatrice, l’Académie parut au début assez libérale par rapport au programme des autorités soviétiques de l’Allemagne de l’Est – un programme qui allait être de plus en plus imposé à l’Académie pendant la période où Richter y étudiait. Celui-ci commentait: « Le but c’était le réalisme socialiste et l’Académie de Dresde était particulièrement docile en la matière ». Lors sa dernière année, une première commande importante a été faite à Richter dans le cadre de son projet de thèse : celle de peindre une fresque pour le Musée allemand de l’Hygiène ».

« Ayant brillamment achevé ses études à l’Académie en 1956, il fut admis dans un programme géré par l’école pour les diplômés prometteurs. En échange de son enseignement des cours du soir, on lui a accordé, pour les trois années qui suivirent, l’accès à un atelier ainsi qu’un revenu modeste… À bien des égards, les choses allaient bien pour l’artiste, qui faisait un début de carrière réussie comme artiste officiel de l’état« …

En 1961, Gerhard Richter « passe à l’Ouest » et recommence, à l’âge de 29 ans, ses études à l’Académie des Arts de Düsseldorf, « pour venir y étudier, en partie pour être mieux informé sur les tendances actuelles du monde de l’art occidental, mais aussi pour trouver d’autres artistes avec lesquels il pourrait vraiment s’associer. En tant qu’étudiant, il avait droit à une bourse, ce qui était essentiel pour sa survie au cours de ces premières années à l’ouest. Débutant son cursus en Octobre 1961, il peint intensément »…

P1180595« Richter, Lueg, Polke et Kuttner exposèrent ensemble en mai 1963, dans une boutique vide louée, au centre de la vieille ville de Düsseldorf,  à l’administration publique, et en octobre de cette année, Richter et Lueg ont organisé une exposition et une performance au magasin de meubles de la ville intitulée: « Vivre avec le Pop : manifestation en faveur du réalisme capitaliste« .

Frierder Burda, né en 1936, est donc un contemporain de Gerhard Richter. Né en Allemagne comme lui, il collectionne, depuis 1974, ses œuvres. Dans l’exposition 40/10, ce sont les plus nombreuses et couvrent toutes les périodes de la production artistique (photos dans l’album)… Y figure un de ses tout premiers tableaux : la Fête, peinte en 1963, à l’âge de 31 ans. « L’intérêt particulier de Richter pour l’actualité, la société de consommation, les médias et la culture populaire a commencé à se manifester de plus en plus dans ses tableaux, dont notamment les premiers exemples sont la Fête, représentant un homme présentateur de télévision accompagné par quatre des femmes les plus glamour au cours de la soirée du Nouvel An d’une émission de variété allemande typique de l’époque ».

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