Minerva, le futur de l’Université ?

Bulletins-electroniques.com : veille technologique internationale. Projet Minerva : le futur de l’Université ? Merci à Samuel Bliman pour ce signalement. Minerva, Small is beautiful alors que, pour Jean-Yves Mérindol, Big is always beautiful.

Extraits de veille. « Il est utile de distinguer les hypermédiatisés MOOC (Massive Open Online Courses) des SPOC (Small Private Online Classes) qui sont des cours privés très proches du principe de la classe inversée à distance
Les SPOC, en tant que séquences pédagogiques accessibles par un petit groupe d’étudiants et travaillées (en ligne ou en présentiel) avec les enseignants, sont régulièrement décrites comme présentant un potentiel plus grand dans les structures universitaires…

Dans la classe inversée, l’élève visionne au préalable des lectures ou vidéos proposées par l’enseignant : dans un second temps, il s’essaie à l’application de ces connaissances à la résolution de problèmes et à des travaux pratiques en classe…

De nombreux créateurs de startups technologiques à visée éducative (on parle du secteur de l’EdTech) pensent révolutionner les méthodes d’apprentissage dans la Baie de San Francisco. Le fondateur et CEO du projet Minerva, Ben Nelson, est lui convaincu d’avoir trouvé la clé du succès.

La startup – ou devrais-je dire l’Université ? – basée à San Francisco a commencé à donner des cours à la première promotion d’étudiants en août 2014 : 33 étudiants seulement, triés sur le volet. Pour assurer la sélection de jeunes talents, Minerva offre à chaque étudiant de cette promotion initiatrice une bourse de 10.000 dollars annuels courant sur quatre ans, et loge gratuitement les élèves durant la première année. L’objectif est d’avoir une promotion 2015 composée de 200 à 300 étudiants, une taille que le fondateur aimerait voir progressivement augmenter au cours du temps. Les futurs étudiants paieront eux 28.000 dollars par an pour suivre les formations, une économie considérable par rapport aux institutions d’élite comme Harvard, Stanford ou le MIT auxquelles la jeune startup souhaite faire concurrence. Ben Nelson insiste : la qualité des cours dispensés par Minerva est égale voire supérieure à celle de ces établissements prestigieux…

Minerva n’est pas un MOOC. Ses cours ne sont pas massifs, ils sont limités à 19 élèves maximum, ni ouverts : la sélection est ouvertement élitiste, et la plateforme en ligne non accessible sans codes d’accès sécurisés. Les lectures traditionnelles sont bannies. Toutes les classes prennent la forme de séminaires intensifs où les élèves sont constamment sollicités, engagés dans des débats et questionnés à travers cette plateforme…

Le projet Minerva a reçu 25 millions de dollars de financement de Benchmark Capital en 2012 (le plus gros investissement de la firme à ce jour). Le but affiché est de fournir aux étudiants une expérience d’éducation plus riche que celle des universités d’élite traditionnelles, et ce pour une fraction du coût…

L’une des stratégies principales de l’équipe est de réussir à séduire des académiques issus d’universités prestigieuses : deux superbes prises de Minerva cette année sont le français Eric Bonabeau et la psychologue Diane Halpern »…

2 Commentaires

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2 réponses à “Minerva, le futur de l’Université ?

  1. La diversification des offres de formation va dans le bon sens : ce qui conviendra à certains (MOOC) ne conviendra pas à d’autres, qui pourront préférer les SPOC, voire les SMOC, et autres PMOC.

    D’autre part, cet article a le mérite de rappeler qu’en France, l’instruction est quasi-gratuite jusqu’au doctorat (ceux qui s’offusquent du prix exorbitant des droits d’inscription dans le supérieur n’ont qu’à aller voir ailleurs le coût réel d’une formation adossée à la recherche). La France a là un atout majeur qu’elle devrait utiliser pour développer des formations de masse gratuites et de qualité (pas besoin de business plan ni de modèle économique lorsque les enseignants-chercheurs sont fonctionnaires).

  2. LB

    MOOC; PMOC; SPOC; cela va faire PSCHITT un moment donné…(comme dirait un ancien Pésident)