Tirage au sort en STAPS

Université de Poitiers, Faculté des Sciences du Sport. Capacités d’accueil : un tirage au sort à l’entrée à l’Université ?

La diversification des métiers du champ du sport et de l’activité physique associée à la qualité de la formation en STAPS a permis d’améliorer continuellement l’insertion professionnelle de nos diplômés. Cette réussite de la filière dans son ensemble a eu comme conséquence une augmentation linéaire depuis 2010 des vœux d’inscription en première année sur l’application PostBac (environ 20% par an).

Faute de moyens suffisants pour absorber cet afflux important d’étudiants tout en maintenant une formation de qualité et surtout la sécurité des étudiants dans les pratiques sportives, un grand nombre de structures STAPS a opté pour la mise en place de capacités d’accueil. Elles étaient douze en 2012, vingt six en 2013 et trente deux en 2014.

Cette procédure peut, dans certaines conditions, procéder à un tirage au sort pour constituer la liste des lycéens qui seront autorisés à s’inscrire en Licence STAPS. La presse locale et nationale s’est régulièrement faite l’écho de l’émoi provoqué par ce dispositif…

Ce tirage au sort relève simplement de l’application de la Loi. L’article L 612-3 du Code de l’Éducation prévoit en effet que le premier cycle universitaire est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat, sans possibilité de sélection tant que les candidats relèvent de l’académie d’appartenance de l’Université…

Injuste par essence, ce dispositif représente néanmoins la moins mauvaise solution, si l’on veut respecter le principe d’égalité face à l’accès à l’université des bacheliers. Il convient de garder à l’esprit que ce ne sont pas les Universités, et encore moins les structures STAPS elles mêmes, qui opèrent ce tirage au sort, mais l’application PostBac…

Pour aller plus loin. 75 chroniques du blog sur la sélection à l’entrée de la Licence ou du Master.

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Une réponse à “Tirage au sort en STAPS

  1. Quel avenir pour le droit d’accès automatique de tout bachelier à une première année de l’enseignement supérieur universitaire ? Quel statut futur pour le baccalauréat ?

    Pour parcourir la France (et au delà dans les lycées français de l’étranger) afin d’y faire des conférences sur le passage dans l’enseignement supérieur, présenter la procédure APB … je peux témoigner du désarroi de nombreuses familles lorsqu’elles découvrent cette incongruité récemment apparue qu’ est l’existence de « filières universitaires non sélectives, mais à effectifs limités ». Avec en effet, comme mode de régulation des flux à l’entrée, l’application rigoureuse du principe de sectorisation (« si tu n’es pas de l’académie, ou de la partie de l’académie concernée par la zone de recrutement de la L1 demandée, tu ne rentres pas »), et si ça ne suffit pas à ajuster le nombre de candidats, on passe en effet au tirage au sort.

    Vous signalez justement qu’en STAPS, c’est en voie de généralisation, mais comme on peut l’observer , d’autres filières sont touchées par le phénomène, ou se préparent à y venir.

    Au train ou vont les choses, c’est tout un pan de nos premiers cycles universitaires qui, de facto, ne sont plus automatiquement accessibles. Jusqu’où ? Ne va-t-on pas devoir un jour (peut être pas si lointain que cela) poser clairement la question de savoir si cette extension de la sphère de « régulation des flux à l’entrée », ajoutée au développement non moins spectaculaire des filières clairement sélectives (bi licences, collèges de droit, Paris Dauphine, classes préparatoires universitaires aux grandes écoles, etc.), n’ouvre pas la « boite de Pandore » que serait la remise en cause du principe de libre accès de tout bachelier à une première année de premier cycle universitaire. Autrement dit, n’ouvre-t-on pas ainsi le chemin qui pourrait conduire à la généralisation du principe de sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur français ?

    Parallèlement, cette évolution oblige à se pencher sur le statut du bac : combien de temps encore sera-t-il réglementairement porteur d’un droit automatique d’entrée en une première année de l’enseignement universitaire. Pronostic : au train ou vont les choses, le baccalauréat va cesser d’être le « premier grade universitaire », porteur de ce droit automatique d’accès à un grand nombre de filières universitaires (pas toutes cependant), pour devenir une sorte de « brevet des lycées » (à l’image du brevet des collèges), simple certificat de fin de scolarité secondaire, mais n’ouvrant plus automatiquement les portes du plus grand nombre de filières de l’enseignement supérieur universitaire.

    Bruno Magliulo
    Inspecteur d’académie honoraire
    Auteur de : « APB (l’admission post bac décryptée) pour les nuls » aux éditions First/L’Etudiant