Université. Confettis ultramarins

Depuis 2006 et la création des PRES, devenus COMUE en 2013, les établissements d’enseignement supérieur sont sommés de coopérer et de se regrouper. Big is beautiful ne concerne pourtant pas les universités d’Outre-Mer : small more beautiful dans leur cas ?

Suite aux conflits se renforçant d’année en année entre les 3 sites de l’université des Antilles et de la Guyane, le gouvernement et Geneviève Fioraso ont lâché du lest, en acceptant la scission. Le décret n°2014-851 du 30 juillet 2014 a ainsi constitué le pôle universitaire de la Guyane en université de plein exercice.

Que faire dès lors des sites de la Martinique et de la Guadeloupe, amputés de la Guyane ? Créer deux confettis de plus ou s’accrocher à une unité brinquebalante ?

La Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale en a débattu le 11 février 2015. Sur la proposition du député rapporteur Christophe Premat, enseignant-chercheur de profession, la voie de l’unité maintenue a été retenue, au moins temporairement… Mais il faut publier un décret prévoyant la composition des nouveaux conseils centraux (exeunt les Guyanais), organiser des élections (dont celle du / de la président(e) par le conseil d’administration).

La commission souhaite que le décret déroge à la loi ESR pour la candidature à la présidence de l’université. Celle ou celui qui veut faire le président doit se présenter en ticket trio, composé de lui-même et de deux vice-présidents (un pour le pôle martiniquais, un pour le pôle guadeloupéen), trio affichant une stratégie et un programme communs.

Cette innovation suggérée par la Commission est-elle viable ? Patrick Hetzel, membre de la commission, voudrait y croire, mais n’y croit pas trop.

Je doute également de sa durabilité. Très vraisemblablement, deux trios de candidats s’affronteront, l’un conduit par un Guadeloupéen, l’autre par un Martiniquais. Le président élu pourra faire alliance avec le vice-président de sa communauté contre le vice-président de l’autre communauté. Ce sera toujours deux contre un.

Pourquoi ne pas avoir envisagé un duumvirat de présidents ? N’était pas à l’ordre du jour de la Commission la question de la pertinence de l’existence d’universités de plein exercice dans les départements et territoires d’Outre-Mer.

Signalement des débats de la Commission de l’Assemblée Nationale par Michel Abhervé.

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